lundi 8 décembre 2008

Quand il entend le mot culture, il sort son réverbère

Décidément, les communicants de la municipalité nantaise n’ont pas beaucoup de chance avec Le Monde. Fin octobre, l’air de pas y toucher, le quotidien de l’establishment avait commenté l’urbanisme de l’île de Nantes avec force moqueries distinguées. À présent, c’est M. Blaise qui a droit à un article à double lecture (Le Monde du 3 décembre), louangeur par devant, légèrement sarcastique par derrière.

Déjà, le titre « Jean Blaise, l’allumeur de la vie culturelle nantaise » suscite une douce hilarité. Par devant, l'allusion aux Allumées est transparente. Par derrière, on songe inévitablement à l’allumeur de réverbères du Petit Prince. Sans cesse, il allume et il éteint parce que c’est la culture, bonjour. La culture, bonsoir. En tout cas, il n’y a rien à comprendre, la culture, c’est la culture. (D’accord, Saint-Exupéry écrit « consigne » et non « culture », mais la transposition s’impose d’elle-même. Ou peut-être que c’est là qu’on signe, bonsoir.)

L’incipit de l’article n’est pas mal non plus dans le genre sous-entendu malicieux : « L’histoire commence comme une débâcle ». Sans nul doute, l’auteur de l’article sait pertinemment qu’une débâcle désigne le chaos d’une rivière qui se dégèle, et qu’à Nantes, quand on accole le nom Blaise au mot débâcle, c'est qu'on parle d'Estuaire 2007. Mais non, non, non, qu’allez-vous chercher là, Le Monde évoque en réalité un projet avorté en 1982 à cause de l’échec de la gauche aux municipales. Avec une petite dénonciation au passage : « Le soir des élections, raconte Jean Blaise, on est entrés en résistance ». Ainsi, le responsable culturel n’était pas un démocrate respectueux du choix du peuple et du contrat passé avec la collectivité mais un militant politique intolérant ? Officiel, c'est Le Monde qui l'a dit !

M. Blaise, explique Le Monde, trouve alors refuge à Saint-Herblain auprès de M. Ayrault. Et en 1989, quand celui-ci est élu à Nantes, « il emmène Jean Blaise dans ses bagages ». Le grand homme ravalé au rang de nécessaire de culture, voilà qui a dû faire rire jaune du côté du Lieu Unique !

Le Lieu Unique, justement : Le Monde n'allait pas louper ça. Un coup de maître, écrit-il : « À deux pas de la gare et en plein centre-ville, on y trouve un restaurant, un bar, une librairie, une crèche et même un hammam ». Un bar en centre-ville, admirable ! Assurément, si M. Blaise avait ouvert une supérette ou un sex-shop, ce n’était plus simplement un coup de maître, c'était un coup de génie !

Non, les efforts de relations publiques de la mairie de Nantes en direction du Monde ne sont pas un bon investissement...

2 commentaires:

Patrick a dit…

Tiens le gars Blaise et son fan club ça me rappelle les Allumés du Caire en 95 déjà...La délégation nanatqies débarque en force au CCF pour repérer des artistes et artisans du cru... Il refuse la carnet d'adresse des Culturels du coin qui oeuvrent pourtant au quotidien sur le sujet, lui il a "ses" filières... Au moment de faire venir les dits artisans représentatifs, il faut en plus des billets d'aviojn payés par vos impôts sur Budgets français, illui faut des Visas et beaucoup de Visas. Là le Consul refuse la distribution générale, car le téléphone arabe a marché à Khan el Khalili. Colères et vexaations du Sieur Blaise qui appelle Paris, car il a ses réseaux en haut lieu. Négociations, temporisations diplomatiques, on enverra seulement les artisans mais sans leurs familles au complet !
Voilà comment on vous allume et comment se fait le rabattage sur place. Le saviez-vous ? Le résultat on le connaît... parties de fumeries et de chichas au "Lieu Unique", vraiment c'était unique...et la fête continue depuis 15 années déjà..;

Sven Jelure a dit…

Merci pour ce témoignage éloquent !