samedi 24 juillet 2010

Les Machines de l'île creusent leur trou

Lors de leur création, rappelle le dernier rapport annuel de la ville de Nantes (www.nantes.fr/ext/rapports_annuels/rapan_2009/pdf/rapport_sems_2009.pdf ), on espérait que les Machines de l'île attireraient 160 à 180.000 visiteurs par an. La SEM Nantes culture&patrimoine avait haussé la barre à 200.000*. Avec 243.500 visiteurs en 2008 et 261.450 en 2009, la mission est plus qu’accomplie.

L’exploitation devait atteindre l’équilibre financier à partir de 2009. Avec une fréquentation bien plus élevée qu’attendu, les comptes devraient donc être largement bénéficiaires.

En 2008, pourtant, la subvention d’équilibre prévue par la communauté urbaine, soit 175.000 euros, n’a pas suffi : le contribuable local a dû accorder aux Machines une rallonge de 244.000 euros.

Tarifs en hausse, fréquentation en hausse, déficit en hausse

Heureusement, il y avait une explication : « il a été décidé avec Nantes métropole de ne pas augmenter les tarifs en 2008, comme le prévoyait la DSP », expliquait le rapport annuel 2008 de la ville. « De ce fait, le résultat ressort déficitaire en 2008. »

Puisque seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, les Machines ont augmenté leurs tarifs en 2009. Le tarif plein est passé de 6 euros à 6,50 euros (+ 8,3 %) et le tarif réduit de 5 euros à 6 euros (+ 20 %). Pas mal, quand on songe que l’inflation mesurée par l’INSEE a été de 1 % en 2008 ! Et comme en plus la fréquentation a augmenté, « de ce fait » l’équilibre prévu devait être largement atteint, n’est-ce pas ?

Hélas, le rapport 2009 de la ville avoue que, sur un budget de 3,2 millions d’euros, le trou est proche de 20 % ! Le montant exact du déficit n’est pas précisé – « environ 500 k€ par an », indique prudemment le rapport : pour une fois que les Machines ne gonflent pas leurs comptes… Il se confirme ainsi que, plus la fréquentation augmente, plus le trou financier s’agrandit (http://lameformeduneville.blogspot.com/2009_11_01_archive.html).

Perseverare diabolicum

« Les équilibres annoncés seront tenus », annonçait Jean-François Retière, vice-président de Nantes Métropole, dans un courrier à Presse Océan le 17 janvier 2008. Mais, comme disait Charles Pasqua, les promesses des hommes politiques n’engagent que ceux qui y croient…

Reste quand même une question : comment expliquer que l’équilibre qui devait être atteint avec 200.000 visiteurs ne le soit pas avec 260.000 ? Deux réponses sont possibles :
  a) Nantes culture&patrimoine s’est complètement trompé dans ses prévisions
  b) Nantes culture&patrimoine est très mauvais gestionnaire

La délégation de service public des Machines est renouvelable fin octobre. À qui Nantes Métropole a-t-elle décidé de la confier ? Toujours à Nantes culture&patrimoine, bien sûr...

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