mercredi 30 mars 2011

Le CHU de Nantes victime d'un phénomène de rejet

Et de trois en moins d'une semaine : après les Laboratoires d'excellence et les Initiatives d'excellence, Nantes (comme le reste de la Bretagne, et même la moitié nord-ouest de la France hors Paris) est presque ignorée par l'appel à projets Instituts hospitalo-universitaires (IHU). Trois des six lauréats se trouvent à Paris, les autres à Strasbourg, Bordeaux et Marseille. Ils se partageront plus de 800 millions d'euros.

Le jury a daigné considérer comme "prometteur" le projet de Centre européen des sciences de la transplantation et d'immunothérapie (TSI-IHU) du professeur Jean-Paul Soulillou. Cinq autres projets sont dans le même cas. Ces six-là se partageront... 35 millions d'euros !

La région s'était fendue d'un communiqué de presse en mai dernier pour souligner que le dossier était présenté avec son soutien et celui de Nantes Métropole. Peut-être aurait-elle mieux fait de ne pas le clamer sur les toits.

5 commentaires:

PR27 a dit…

Toutes ces argumentations sont assez légères, dignes de la droite nantaise se plaignant de l'inaccessibilité du centre-ville en jaguar décapotable.

Sven Jelure a dit…

Je sens comme une aigreur dans ce commentaire sur un post qui ne contenait aucune argumentation mais seulement un constat... Reeeeespirez.

Anonyme a dit…

Hum il serait à noter quand même que Bordeaux, Strasbourg et Marseille sont des villes où les maires sont UMP...

Sven Jelure a dit…

Bordeaux et Marseille, oui, mais pas Strasbourg, qui a un maire PS. De plus les communautés urbaines des trois villes sont à majorité socialiste. Quatre IHU sur six étant situés dans des villes à direction PS, je ne pense pas qu'on puisse incriminer un favoritisme politique.

Leblanche a dit…

Pourquoi poser comme postulat que dans un environnement dont on souligne les importantes évolutions, le modèle du CHU demeure immuable. Cette position fait écho au rapport Marescaux, dans lequel on peut lire en conclusion :
La Commission a établi le constat que le modèle mis en place il y a quelque 50 ans
par l’ordonnance du 30 décembre 1958 créant les CHU était toujours valide et devait être préservé dans ses fondamentaux.

Ce constat pourrait être utilement ré-interrogé si l’on analyse sans dogmatisme les effets de la loi Debré.

En effet cet invariant partagé avec le rapporteur semble sujet à caution. la loi Debré qui a fondé les Centres Hospitaliers Universitaires a favorisé dans le temps un retour à la situation antérieure, à savoir avant l’hôpital d’excellence qui devait succéder à l’ancien modèle. Les CHU parents pauvres des soins font figure d’hospices au regard de cliniques privées. Mal gérés, sous-équipés, un personnel dévoué au service de professeurs plus préoccupés par leur mandarinat que par les prestations hospitalières, la liste des effets néfastes de la loi Debré serait longue alors que le constat s’impose aux yeux de qui fréquente un jour l’hôpital. Si l’accueil des indigents et des urgences est assuré avec plus ou moins de compétence, il y a longtemps que la clientèle économiquement rentable a déserté les CHU au profit des cliniques. Il suffit à Nantes, comme ailleurs, d’observer l’essor des cliniques privées et de se pencher sur les organigrammes pour comprendre que le tropisme de ces établissements n’est pas sans rapport avec la qualité des équipements et des moyens mis à disposition.

Quant à l’implantation du futur hôpital, le Comité Médical d’Etablissement s’est prononcé pour un site central et le ministère de la Santé ayant autorité en la matière avalisera ce choix début 2011.

Il n’est pas de la compétence des urbanistes quel qu’ils soient de décider de l’implantation d’un CHU pas plus que pour l’aéroport. Monsieur Smets n’emboitera pas le pas de M. Chemetoff, il connaît les limites de l’exercice. Les inquiétudes sur les capacités foncières n’existent que si l’on pose encore un autre invariant, le gel des emprises SNCF. Peut-on raisonnablement bâtir une hypothèse sur un monde immuable dans lequel la SNCF ou plutôt RFF ne souhaiterait pas aliéner une emprise foncière de stockage sur une plate-forme maritime disparue. Qui voudrait croire qu’une plate-forme multimodale d’une telle superficie trouverait sa place dans le développement de ce site, sauf à croire que le Hangar à Bananes nécessite un apprivisionnement considérable de marchandises.