mercredi 22 février 2012

Labex : la région patine toujours

« L’action se passe dans les Pays de la Loire, c’est-à-dire nulle part »
Sven Jelure, d’après Alfred Jarry, Ubu roi

La deuxième vague de l’appel à projets Laboratoires d’excellence (Labex) est moins pire que la première pour l’université de Nantes : cette fois-ci, deux projets « portés » par le PRES régional ont été retenus parmi les 71 lauréats.

Un bémol quand même : leur dotation représente au total 10 millions d’euros, soit 1,87 % de l’enveloppe de 534,5 millions d’euros mise en distribution. IGO (Immunothérapies Grand Ouest), un labex purement breton qui associe des laboratoires de Nantes, Brest et Rennes, touchera 5,5 millions d’euros. IRON (Radiopharmaceutiques innovants en oncologie et neurologie), disposera de 4,5 millions d’euros à répartir entre… onze équipes de recherche situées à Strasbourg, Caen, Rennes, Tours, Orléans, Nantes/Saint-Herblain et Angers !

En comparaison, l’École d’économie de Toulouse touchera à elle seule 15 millions d’euros pour le labex IAM-TSE, consacré aux « Nouveaux paradigmes pour la régulation des marchés et les politiques publiques ».

On ne peut donc pas dire que cette deuxième vague ait vraiment remis les pendules à l’heure. Étant donné la qualité de la recherche médicale nantaise, on peut même dire qu’il était difficile de faire moins. « C’est une vraie satisfaction que de constater que les observateurs extérieurs et que les jurys internationaux confortent notre analyse », écrit néanmoins Christophe Clergeau, vice-président du conseil régional des Pays de la Loire. Ah ! bon ? Il n’avait pas visé plus haut ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Rétrospectivement, on constate qu'il n'y avait guère à ironiser sur l'Idex. N'ont été retenus que 4 grands sites non parisiens, ayant donné lieu à fusion d'universités.
A Toulouse, justement , l'idex va être un facteur de divisions internes importantes, puisqu'elle s'appuie sur un suppose "périmètre d'excellence", excluant une bonne partie de la communauté des personnels et des étudiants. C'est un label nombrisliste de gens qui se jugent "excellents".

Sven Jelure a dit…

Oui, le message implicite de l'appel à projets Idex est sûrement centralisateur (Labex aussi, au fond). Les résultats ont privilégié des universités puissantes. Peut-être l'argent sera-t-il un ferment de discorde, comme souvent. Mais quand même, il vaut mieux se disputer des milliards comme à Toulouse que des miettes comme à Nantes...