dimanche 1 septembre 2013

Old Brother

La dépendance ?
Il y a des maisons
pour cela !
Quel est donc ce riant bâtiment en voie d'achèvement, dont la façade bardée de tôles marron jouit d'une vue imprenable d’un côté sur la paroi uniformément glauque de la Maison de l’avocat, de l’autre sur les hautes grilles du palais de justice ? C’est le « gérontopôle » construit par la Région et que celle-ci présente comme « une structure (…) conçue pour être à la fois un lieu d’information, de recherche, d’exposition permanente sur les aménagements adaptés au grand âge et de formation sur les métiers liés à la longévité et à l’accueil des aînés ».

Nom de baptême de ce charmant édifice consacré à la dépendance et à la fin de vie : Maison régionale de l’autonomie et de la longévité. Cela rappelle l’Oceania de 1984, où la guerre est confiée au ministère de la Paix, le maintien de l'ordre au ministère de l’Amour et la propagande au ministère de la Vérité.

C’est bien, de s’occuper de nos vieux jours. Mais franchement, à voir ce bâtiment, ça fait pas envie.

3 commentaires:

Leblanchet a dit…

C'est un avis sur l'architecture, sur l'équipement?
Sur la "silver économie" qui devrait vous concerner, comme chacun d'entre nous à terme.
Le catalogue architectural de l'Ile de Nantes se compose de réalisations signées de noms réputés qui n'ont à l'évidence pas offert le meilleur de leurs prestations. Ceci remet-il en en cause l'installation d'un Gérontopôle qui constitue un équipement partagé par de nombreuses "city break"

Anonyme a dit…

Le lien social, cette curieuse substance immatérielle, qui graisse les rouages et les maintient ensemble (par effet ventouse), semble ne pas concerner tout le monde : aux vieux les joies plus rêches de l'autonomie... Qu'ils sèchent donc, en toute longévité. Qu'ils sèchent loin, de préférence, parfaits candidats à l'exode urbain, lorsque tout est fait pour leur rendre ici la vie impossible. Julien Gracq le notait déjà : Nantes n'était plus la ville de petits rentiers qu'il avait connu, et aimé ; une certaine agressivité avait gagné les rues. 30 ans plus tard, que dirait-il ? Quel commentaire pourrait lui inspirer la vue des multiples tranchées qui découpent un Disney-Land généralisé ? L'arrogance des parvenus qui se faufile, glisse entre des grumeaux de misère alcoolisée ?
Pas grand chose, sans doute. Peut-être : à éviter. Comme toute personne sensible éviterait, effectivement, d'entrer dans ce bâtiment, aussi froid que laid, que la région a eu la générosité de dédier aux "aînés".
Nos brillants décideurs se regardent-ils parfois dans une glace ? Visage bouffis, rides incrustées, rougeurs... tellement certains de leur propre éternité, ils semblent ignorer que se sont eux, les prochains sur la liste, des vieux relégués à l'oubli.

Sven Jelure a dit…

Je n'ai pas à ce jour d'opinion bien arrêtée sur l'utilité de ce "gérontopôle". Etant donné son origine, je crains une initiative budgétivore. Et puis je me dis que si le beau et l'utile font souvent la paire, la laideur de ce bâtiment est mauvais signe.