mardi 4 mars 2014

Le palmarès touristique où Nantes a failli figurer

Rough Guides, qui appartient au groupe Penguin, est l’un des grands éditeurs mondiaux de guides – et principalement de guides de voyage. Il publie chaque année un palmarès des dix villes à visiter dans l’année. Le classement 2014 a quelque chose de déprimant.
  • Il comprend une ville qui organise un carnaval, mais ce n’est pas Nantes : c’est Rio de Janeiro, n° 1 pour son football. Le FCNA ne fait pas le poids.
  • Il comprend une ville gravement endommagée par la guerre, mais ce n’est pas Nantes : c’est Sarajevo, n° 2 pour son centre-ville convivial. Le pavé chinois ne fait pas le poids.
  • Il comprend une ville qui organise un spectacle de Royal de Luxe, mais ce n’est pas Nantes : c’est Liverpool, n° 3 pour la renaissance de son quartier portuaire. L’île de Nantes ne fait pas le poids.
  • Il comprend une ville d’estuaire, mais ce n’est pas Nantes : c’est Umea, en Suède, n° 4 pour ses événements culturels. Le Voyage à Nantes ne fait pas le poids.
  • Il comprend une ville desservie par un réseau de trams, mais ce n’est pas Nantes : c’est Lviv, en Ukraine, n° 5 pour ses ambitions touristiques. Le Voyage à Nantes ne fait pas le poids (bis).
  • Il comprend une ville française, mais ce n’est pas Nantes : c’est Marseille, n° 6 pour ses aménagements de capitale européenne de la culture, qui ont loupé le coche en 2013 mais seront enfin disponibles en 2014. Le musée des Beaux-arts ne fait pas le poids.
  • Il comprend une ville qui a jadis été une capitale nationale, mais ce n’est pas Nantes : c’est Almaty, au Kazakhstan, n° 7 pour ses nouveaux quartiers luxueux. Le Carré Feydeau ne fait pas le poids.
  • Il comprend une ville portuaire, mais ce n’est pas Nantes : c’est Rotterdam, n°8, pour son côté « Manhattan-sur-Meuse ». Euronantes ne fait pas le poids.
  • Il comprend une grande ville celtique, mais ce n’est pas Nantes : c’est Glasgow, n° 9 pour son Riverside Museum. Le musée d’histoire de Nantes ne fait pas le poids.
  • Il comprend une ville de l’Ouest, mais ce n’est pas Nantes : c’est Portland, n° 10 pour ses innovations vertes. La serre volante ne fait pas le poids.
Caramba ! Encore raté !

7 commentaires:

Tatave a dit…

C'est pas de chance !
Et en terme de budgets déployés on se classe comment ?

VertCocu a dit…

Toujours très instructif de feuilleter les pages des guides.
Je ne retrouve pas le nom du guide nippon qui sert de base à tous les touristes asiatiques... Mais en tombant sur la version chinoise et en demandant ce qu'on disait de la ville... bah, pas grand chose! Rien à plus de 2** (et on ne trouve rien dans tout le livre à moins de 2** de toute façon!).
Après tout, c'est bien normal, Nantes a d'autres atouts que d'être une destination touristique. L'avis de l'amie traductrice sur la ville est que c'est une ville à vivre, pas à séjourner et que le 1er critère est bien plus important que le 2nd.

Si on peut rire, pour éviter de se désoler vu les sommes investies, que Nantes ne fasse jamais partie d'un quelconque classement de guides malgré les efforts de la ville, cela reste souvent du simple marketing.
Je n'ai malheureusement pas eu la chance d'aller dans toutes ces villes, mais je ne serais pas surpris que certaines vont payer un certain prix si leurs efforts récents ont boosté artificiellement l'offre touristique.
Je préfère voir Nantes dans le top 3 des ports français que dans celui des guides.

Nantes est une ville étape. C'est légitime de vouloir que ces étapes s'allongent un peu avec les équipements des Machines. La curiosité peut piéger le touriste assez d'heures pour lui faire envisager d'ajouter une nuitée (le VAN, je ne pense pas, le touriste n'est pas assez captif) mais est-ce que le jeu en vaut la chandelle ?

Nantes, c'est une porte d'entrée ou de sortie d'un tourisme breton et de la façade atlantique.
Elle ne l'est pas sur le parcours indétrônable des châteaux de la Loire. La voir présentée de plus en plus dans cet espace est une grave erreur.

PS: on sait tous que rien ne vaut une place en Ligue des Champions pour la reconnaissance et attirer des cars d'étrangers les weekends hors-saisons.
Les années 00 resteront une page triste de l'histoire nantaise.

Anonyme a dit…

Mauvaise foi,infos non fondées, fidèle à vous même ! Continuez, je me marre bien.

Anna

VertCocu a dit…

@Anna

Au fait, Batz ?

Anonyme a dit…

FCN! Pas FCNA!

Sven Jelure a dit…

@VertCocu :
D'accord avec votre amie traductrice, Nantes est une ville agréable à vivre, mais elle manque d'une attraction majeure qui en ferait une destination touristique. Ou plus exactement, elle pourrait en avoir une mais préfère ne pas trop en parler : c'est d'avoir été la capitale d'une Bretagne indépendante. (Le problème vaut d'ailleurs pour tout le département quand on voit le nombre d'offices du tourisme qui rament pour rappeler que la Loire-Atlantique est en Bretagne, alors que la région s'acharne à leur savonner la planche !)
Avec Les Machines, JMA a pensé créer d'un coup une attraction touristique internationale (cf. ses déclarations de 2004). Non seulement le concept n'était pas suffisant, mais il a bouffé le site des Chantiers, qui était une arme à un seul coup. Le VAN est une sorte de parachute ventral, mais le VAN n'est qu'une gesticulation, même pas un vrai concept, son effet touristique n'est pas proportionné aux efforts et aux budgets engagés.
D'accord avec vous aussi, il n'est pas indispensable d'être une destination touristique, et il y a tant de villes candidates aujourd'hui que Nantes ne sera pas la seule déçue.
Hélas le problème nantais est plus large : pour faire enfin de Nantes une ville de congrès, il fallait attirer de grands hôtels... et pour attirer les hôtels, il fallait leur promettre une offre touristique solide. Or si les hôtels sont venus, JMA n'a pas tenu ses promesses touristiques. Au lieu d'un cercle vertueux tourisme d'affaires/tourisme de loisirs/hôtellerie, on a un cercle vicieux. Le système ne tient (et encore, pas très solidement, les hôteliers s'en plaignent souvent) qu'à coups de subventions à la fois côté tourimes d'affaires et côté tourisme de loisirs. Cela restera l'un des échecs les plus sévères de la période Ayrault et nous continuerons à le payer pendant longtemps.

VertCocu a dit…

@Sven
Ô grand gourou, merci encore pour cet insigne honneur de partager mon opinion.

Pour devenir une ville de congrès, ne vaut-il mieux pas d'abord être une ville entrepreneuriale de 1er ordre ?
Si le tourisme est si important là-dedans, j'espère que Nantes et la Baule arrive à travailler efficacement ensemble.

Quels sont les atouts de Nantes dans le tourisme ?
La mer.
La gastronomie ? Elle est pauvre mais le poids conséquent de l'agro-alimentaire de la région pourrait soutenir des initiatives type "caramel au beurre salé" qui cartonne depuis une dizaine d'années. Ca a l'air de rien mais c'est quand même un petit beurre qui a fait le plus pour la reconnaissance de Nantes (et dans Wallace et Gromit contre le Lapin-Garou, c'est une carotte de Chantenay en VO :D).
On passe sur la gestion musées...

C'est le bling-bling qui a été retenu.
Les Machines vont certainement apparaître dans un top 10 l'an prochain. Ces tops n'étant que du marketing pour les éditeurs.
Le projet reste à mon sens prometteur (de toute façon, il faut parce que sinon...).
Mais Estuaire / VAN, ça ne prend pas, il faudrait vraiment laissé ça tomber, ça parasite les efforts (je pense que de toute façon, on va garder le nom pour ne pas froisser les sensibilités mais que ça va être bien plus modeste).
Quitte à être bling-bling, je n'ai jamais compris pourquoi "Nantes, centre du monde" n'est pas utilisé dans une communication 2nd degré.

Et puis un peu de sagesse quoi.
Nantes n'a pas vocation à être une destination touristique internationale, assumer sa vocation inter-régionale (là, les efforts de la municipalité semble porter leurs fruits), c'est pas honteux.
Elle éviterait alors beaucoup de critiques (mais bon l'onanisme, la plus grosse, les élections, tout ça...).

Ave Sven!

PS: le nom du guide en chinois est Zou Bian Faguo mais impossible de retrouver l'éditeur japonais.