dimanche 16 mars 2014

Pourquoi Ayrault ne sera jamais roi Carnaval : (1) des mercenaires plutôt que des bénévoles

La mi-carême tombe cette année entre les deux tours des élections. Les vieux Nantais s’en souviennent : le Carnaval de Nantes a longtemps été la Mi-carême de Nantes (les très vieux Nantais se souviennent, eux, que le Carnaval de jadis avait lieu au mardi-gras, avant le carême). Le Carnaval était une manifestation un peu sur le déclin vers la fin du siècle dernier. Au lieu de revitaliser cette festivité populaire et millénaire, Jean-Marc Ayrault a préféré s’offrir La Machine et Royal de Luxe, marchands de spectacles compradores.

On voit bien pourquoi : les carnavaliers sont gens indépendants ! Un char satirique était toujours à craindre, or le maire de Nantes n’aimait pas qu’on le brocarde (le voilà servi, maintenant qu’il est à Matignon !). Le Comité des fêtes a fait de la résistance : il n’a été repris en main par des proches de la municipalité qu’à la faveur de ses problèmes financiers de 2011.

Si la municipalité Ayrault a cru avoir les mains libres en faisant appel à des mercenaires plutôt qu’à des bénévoles, elle s’est lourdement trompée. Elle qui reprochait au Comité des fêtes un trou accumulé de quelques centaines de milliers d’euros s’est trouvé obligée de couvrir le déficit à sept chiffres enregistré chaque année par Les Machines de l’île et de payer les spectacles de Royal de Luxe près de dix fois plus cher que les villes qui se contentent de les acheter sur catalogue !

La municipalité nantaise est devenue l’otage de ses prestataires : « Si vous ne voulez pas nous construire notre Arbre aux hérons, on s’en va ailleurs », disent-ils en substance. D’ailleurs, le plus doué de la bande est déjà reparti pour Toulouse. La culture de l’ère Ayrault n’était qu’un village Potemkine.

9 commentaires:

Anonyme a dit…

Ah bon les Machines de l'ile et Royal de luxe c'est pas bien ? C'est marrant j'avais pas compris ça en lisant ce blog très très thématique.

Sven Jelure a dit…

En effet, vous avez compris un peu de travers. Le message n'est pas que c'est bien ou c'est pas bien mais, pour faire simple (je ne voudrais pas vous plonger dans de nouveaux abîmes de perplexité), que c'est très cher pour ce que c'est.

Anonyme a dit…

Pas de souci, j'adore la thématique de blog, Nantes (enfin surtout son apocalyptique déclin), c'est surtout Les machines, Jean Blaise, le Royal de luxe. J'approuve, ceux qui diraient qu'il se passe 2-3 trucs en dehors de ça n'ont rien compris.

Sven Jelure a dit…

Là encore, un petit correctif s'impose ! Nous sommes d'accord : comme son titre l'indique, ce blog est consacré à ce qui ne va pas. Ceux qui n'auraient rien compris ne sont pas ceux qui diraient qu'il se passe des "trucs" en dehors de ça, mais ceux qui penseraient que ces "trucs" devraient figurer dans le blog.

Anonyme a dit…

Sur l'image tout en haut, moi je verrais bien l'éléphant, un portait de Jean Blaise, avce en fond une photo des machines de l'ile en panoramique. Ça serait plus sympa et coloré et raccord avec la thématique. Et puis si ça va pas sur tous ces sujets, forcément ça entraîne toute la ville et ses habitants dans un déclin et une dépression inexorables, d'où la "méforme". Non, non, c'est tout à fait ça.

VertCocu a dit…

C'est pourtant un billet qui ouvre d'abord sur la question de la mi-carême: culture, arts de rue, mode de fonctionnement bénévole et populaire.
Ca me donne envie de revoir "la reine Blanche". Vu petit et je pense pas que c'était un chef d'oeuvre mais honnête. Un peu comme tous les Hubert (enfin "le grand chemin", ça justifie largement une carrière).
Pour en revenir au billet, ça me donne aussi le sentiment d'un acte manqué. Un RdL en partenaire ou en parallèle de la mi-carême aurait peut-être donné quelque chose de plus intéressant que deux manifestations qui s'ignorent alors que basiquement, c'est la même chose: balader des gros machins dans les rues.

Sven Jelure a dit…

@ VertCocu
Le Géant de Royal de Luxe, je crois, ne se conçoit pas sans une mise en scène qui le valorise. Il doit être unique, faire l'objet d'un battage médiatique à lui consacré, de telle sorte que la foule s'écrie en le voyant : "C'est lui ! Le voilà !" Inséré dans un défilé de chars, il serait banalisé -- plus haut que les autres, peut-être, mais moins coloré, moins animé... Il ne justifierait pas la différence de budget. Et puis, il y a une question d'hommes, on dirait que le patron de Royal de Luxe ne soit pas du genre à bien travailler en équipe. En revanche, il y aurait sûrement eu quelque chose à imaginer entre le Carnaval et Les Machines (ou La Machine).

Jean-Marc a dit…

Nantais de fraîche date (mais 10 ans au compteur quand même), je n'ai pas eu la possibilité de vivre les « heures glorieuses » (visiblement déjà lointaines) du carnaval de Nantes.

Ce que j'ai vu passer sous mes fenêtres m'a semblé à la fois populaire, dans le sens de succès populaire, mais pas d'inspiration réellement populaire (comme à Dunkerque ou à Bâle) et assez convenu, en tout cas pas du tout subversif.

En fait, comme les parades du Royal de Luxe, notre Carnaval est devenu ce que les Américains appellent un « spectator's sport », un divertissement fait pour être contemplé par des spectateurs massés de part et d'autre du parcours.

Mais j'adore les fanfares et, certaines années, les cliques invitées ont vraiment la pèche.

Quant aux fanatiques des bombes à serpentins : « ces gens sont ridicuuuules, je déteste le Car|na|val » (Catherine DENEUVE, dans Les Parapluies [... de Cherbourg] de Jacques DEMY [Nantais].

Anonyme a dit…

Merci beaucoup Steven Jelure !...Merci !...La vie fait que j'ai connu le Royal à l'époque où tout le monde mourrait de faim...Du temps de Raphaël et de Mimi à Aix (et non pas à Nantes..)...Les temps l'auront donc tant changé !