lundi 9 juin 2014

Royal de Luxe 2014 (1) : enthousiasme admiratif, marasme créatif

« Voilà la reine ! Voilà la reine ! » s’écrie un petit garçon sur le cours des 50 otages en apercevant la grand-mère géante. On espère qu’il confond avec le Carnaval et non avec S.M. la reine Elizabeth, qu’il vient sans doute de voir à la télévision pour l’anniversaire du D-Day. L’énervement monte dans un service d’ordre nombreux mais brouillon, la foule se presse en masse. Pour voir quoi ? C’est bien là l’étonnant : vu de Sirius (ce qui est légitime quand on vient de derrière le mur de Planck), il y a beaucoup moins de spectacle que de spectateurs !

Dans son fauteuil roulant, la grand-mère roule en roulant les yeux. Bof. On dirait un char du carnaval  décroché du défilé. Tout compte fait, la grue qui la suit est plus impressionnante. Quand elle se lève – la grand-mère – ses sphincters la trahissent. Très drôle et du meilleur goût. Royal de Luxe est-il subventionné par les fabricants de couches pour seniors ?

La petite géante avait déjà fait le coup du pipi public dans le passé. Le petit géant noir est aussi du déjà vu, tout comme le mur de lumière. Il y a vingt ans que Royal de Luxe fait des géants, et les premiers de la famille étaient autrement spectaculaires. Le spectacle de 2014 comprend quasiment zéro innovation. Les textes semblent puisés pour l’essentiel chez Stéphane Pajot, mais il est difficile d’en être certain : une sono mal calibrée les rend presque incompréhensibles. Seuls les sourds-muets les auront bien saisis grâce à la traduction simultanée.

Jean-Luc Courcoult proclame à l’envi sa propre créativité. Sincèrement, on voit mal ce qu’il en fait. Peut-être a-t-il eu les lunettes (encore) plus grosses que le ventre ? En réalité, la troupe « fait le job » mais ne crée plus grand chose ; elle a perdu une moitié de son génie en se fonctionnarisant, et une bonne partie du reste quand François Delarozière l’a quittée.

2 commentaires:

Leblanchet a dit…

le pipi-caca est une valeur sûre quand on souhaite amuser les enfants. Et comme on le sait les laudateurs des Barbie géantes de Courcoult revendiquent leur part d'enfant qu'ils ont su eux conserver. La France des pétomanes a encore de beaux jours. Mais je suppose qu'il faut voir dans ces écoulements un rappel de notre humaine condition. Les bons nantais utiliseront ce type d'argument n'en doutons pas. Quand on a plus d'idées on fait fructifier les restes.

Anonyme a dit…

Broyage de nuts ou la véritable histoire des géants

Un jour, un géant de Maulévrier roupillait sur un confortable siège du Palais Bourbon.Un géant coueronnais arriva catastrophé avec une citation à comparaître devant un tribunal correctionnel. Le géant de Maulévrier piqua alors une grosse colère... qui fit pschitt, et accompagna de mauvaise grâce le géant coueronnais jusqu'à la Place Royale. Là, le mariage pour tous entre les deux géants fut célébré par la géante noire Kiki. Ils s'embrassèrent langoureusement puis, à l'issue de la cérémonie, chacun d'eux se contracta afin de flatuler. Ca se mit à puer le délit de favoritisme dans les marchés publics. Quatre gendarmes géants, attirés par la mauvaise odeur, vinrent les arrêter mais durent d'abord abattre quatre géants policiers à la démarche hésitante ayant choisi de s'opposer à l'arrestation tout en brandissant dans chaque main une canette de bière et une bouteille de rhum. Les gendarmes géants ayant procédé à l'arrestation, les deux géants furent traduits devant le juge géant qui les condamna respectivement à 6 mois et à 1 an de prison ferme. Les deux géants furent conduits en prison sous les acclamations de la foule.