lundi 5 janvier 2015

Lobbying pour NDDL (14) : éloge du vieux

On disait que François Hollande cherchait à amadouer les écologistes en songeant à l’élection présidentielle de 2017. S’ils présentent un candidat, selon toute probabilité, c’est fichu pour lui. Mais s’ils acceptent de se rallier à lui dès le premier tour, qui sait ?…

On disait ça. Mais c’était avant. Avant ce matin. Sur France Inter, tout à l’heure, le président de la République a pris position en faveur du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes : « Quand les recours seront épuisés, le projet sera lancé ».

Quant aux avantages de l’aéroport, François Hollande n’en a cité qu’un : « Ce projet est lancé depuis des années ». Depuis des décennies, même, aurait-il pu dire. Mais pourquoi un vieux projet serait-il nécessairement un bon projet ? Le président normal pilote-t-il les yeux braqués sur le rétroviseur ? Reste-t-il convaincu qu’il faut une piste d’atterrissage pour le Concorde dans l’Ouest ?

7 commentaires:

Leblanchet a dit…

vous n'êtes pas sans ignorer que le député et ancien Premier Ministre veille sur son héritière et sur son héritage. Même si celui-ci après avoir été Poperéniste, Mitterrandiste, Jospiniste et Hollandais se possitionne pour devenir Aubriste, dont on connait la position sur l'aéroport. Le gouvernement ne peut se dédire sur tous les projets actés démocratiquement. Marie-Ségolène Royal nous impose 800 millions d'Euros pour un déni de vote démocratique à l'Assemblée par peur des Bonnets Rouges et du lobby routier défendu par des communistes et une CGT qui ne concoivent le changement que dans les zacquis-sociaux des Trente Glorieuses.

Le low-cost aérien ouvre de nouvelles perspectives de développement, les avions polluent moins que bien des véhicules motorisés au regard des personnes transportés.

Nantes qui se glorifie, mais c'est un pléonasme, de la présidence d'Eurocities ne pourra tenir un rang européen qu'en se dotant avec Rennes d'un aéroport régional au standard de demain. Le projet date, le Concorde a laissé la place à des avions plus performants et plus économes.

Les raisons d'autrefois ne sont plus les raisons d'aujourd'hui. Préparer demain, c'est aussi cela gouverner.

Anonyme a dit…

Lors d'une élection à deux tours, les verts cultivent d'abord leur différence avant de monnayer leur pourcentage avec leurs alliés socialistes, oubliant alors les grands principes affichés. Il est cependant plus sage aujourd'hui de prendre ses distances d'avec un pouvoir honnis (qui risque de les entraîner dans sa chute), et pourquoi pas rafler la mise du vote-de-gauche ensuite... Les verts peuvent donc se payer le luxe de la radicalité, sans avoir ensuite à faire oeuvre de "réalisme". Les socialistes, sachant bien n'avoir pas grand chose à attendre des verts, préfèrent visiblement jouer la carte "centriste", c'est-à-dire libérale. C'est-à-dire, capitaliste, productiviste, mondialiste, etc. Vive le développement et les aéroports ! Et tant pis pour les dettes, l'impact écologique, etc.

VertCocu a dit…

@Leblanchet
Vous ressortez l'argumentaire de base (qui vaut ce qu'il vaut et suffisamment pour être réfléchi, raisonnable et convaincant, méritant certainement plus de respect que celui affiché par beaucoup d'antis). Mais ça fait longtemps que c'est accessoire. L'aéroport ne doit plus se faire pour un quelconque développement territorial rationnel. Il doit être fait pour le symbole. Ce n'est même plus vraiment un aéroport. Chez les pros, ils annoncent un age d'or; chez les antis, l'apocalypse. De plus, les Zadistes ont le parfait potentiel de support de com pour Valls/Clémenceau. Ce n'est pas gagné mais une expulsion sans plus d'un mort et ça posera définitivement le mec à poigne dans l'opinion. Ce que veulent terriblement les Français.
L'Etat s'effondre de toutes parts, NDDL donnera le change.

"Le gouvernement ne peut se dédire sur tous les projets actés démocratiquement."
Nous sommes gouvernés dans une république représentative encadrée par le suffrage universel (qui plus est centralisée).
C'est sans aucun doute une démocratie. Ce n'est certainement pas la démocratie la plus poussée, la plus parfaite.
En Suisse par exemple, on n'arriverait pas à une telle paralysie. Le débat serait tranché parce que dès le début, il aurait clairement eu lieu.
C'est faire du mal à la démocratie que de satisfaire de son niveau d'exigence français, sur ces dossiers en particulier. Même l'écotaxe: avec du débat, pas de portiques en Bretagne mais en Alsace ou au Pays Basque (contre-exemple du fumeux NIMBY de l'individu forcément égoïste). Simple plutôt que des contrats dans le dos.
Contrairement à ce dont certains veulent se convaincre, le débat accélère les prises de décisions et l'efficacité des résultats.
Notre époque n'est pas joyeuse pour les valeurs démocrates.
Quand en plus, et classiquement, c'est pour entendre un discours libéral derrière, c'est triste.
Démocratie et libéralisme se sont répondus depuis une paire de siècle, souvent pour le meilleur, mais depuis une paire de dizaines, la première est tellement en retrait du second qu'elle est inaudible et aucun échange ne semble possible. L'exemple chinois montre aussi que le libéralisme ne crée pas seul un terreau pour la démocratie (ils ont pourtant des élections, eux-aussi; comme au Vatican).
La démocratie s'use parce qu'elle n'évolue plus, bloquée qu'elle est dans le processus électoral.

Leblanchet a dit…

"la démocratie la plus parfaite" voir l'article de Marianne sur l'enquête réalisée par l'Economist Intelligence Unit (http://www.marianne.net/La-France--democratie-parfaite-Oui-mais_a178792.html).

« La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage où, grâce la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l'amour de leur servitude ... »
Aldous Huxley, Le Meilleur Des Mondes

et puis des avions sans aéroport, des électeurs enthousiaste à l'idée d'aller voter et des masses éclairées... on pourrait enfiler les perles autour de la quête de la perfection. Elle n'existe pas et n'a jamais existé la démocratie parfaite. Nous ne pouvons que nous en féliciter. Le respect des institutions et de leurs décisions seraient déjà un bon début sur le chemin d'une meilleure démocratie. Les systèmes démocratiques fonctionnent sur des grandeurs de population, les grecs savaient que la démocratie à plus de 80 cela ne fonctionne pas.

Jobarde Rollande a dit…

suite à l'information des Echos à propos de l'hopital :
"C'est l'un des plus grands projets de construction en France. Il s'élève à 528 millions d'euros et couvre 10 hectares.

C'est à l'unanimité d'un jury de douze membres que le cabinet belge Art and Build Architect a été retenu pour la reconstruction ex-nihilo du CHU de Nantes. D'une capacité de 1.384 lits et d'un coût de 528 millions d'euros (940 millions d'euros valeur 2026), il occupera la pointe ouest de l'Ile de Nantes, espace de friches en cours de réhabilitation. Le CHU sera l'épicentre d'un quartier hospitalo-universitaire concentrant également des instituts de recherche. Mandataire, Art and Build est associé à l'architecte Jean-Philippe Pargade, au bureau d'études Artelia et à l'urbaniste-paysagiste Signes. Ce choix ouvre en fait une négociation destinée à mettre au point les termes du marché de maîtrise d'oeuvre. Sa notification officielle n'interviendra que mi-2015, à l'issue de ce travail revêtant des aspects techniques, juridiques et financiers. Les premiers visuels du projet ne seront donc pas dévoilés avant le printemps ainsi que le calendrier des appels d'offres, sachant que l'entrée dans les murs est prévue à l'horizon de 2023-2025. De cette construction découlera d'autres projets dont la réhabilitation des murs de l'actuel Hôtel-Dieu, dans le centre, et celui de l'hôpital Laennëc, au nord de Nantes."

Et puis le 1% artistique financera qui? L'arbre aux hérons "cher" à M. Delarozière et son complice Oréfice?

L'aéroport va passer en arrière-plan, le chantier de l'hôpital va aiguiser les appétits. A surveiller de près.

Sven Jelure a dit…

Je n'ai pas encore d'opinion bien nette sur le projet de CHU. Au début, je n'en avais pas non plus sur NDDL. Je me dis :
1. Que, a priori, nos édiles doivent s'appuyer sur des dossiers sérieux et faire le meilleur choix possible pour la collectivité.
2. Que, cependant, les enjeux financiers sont tels qu'il faut examiner ces dossiers avec l'esprit le plus critique en vue de parvenir à un choix optimal.
3. Qu'on ne peut pas exclure d'emblée, étant donné les enjeux financiers, que certains choix soient faits en considération de ces enjeux plutôt que de l'intérêt public.
4. Que des opérations d'une telle ampleur pourraient très bien permettre de remplir certaines poches sous forme de contrats de conseil, d'achats fonciers, de cessions immobilières, etc., et réclament donc une vigilance d'autant plus grande.
Dans le cas particulier du CHU, un fait me chiffonne : ce dossier est apparu un jour comme un lapin tiré d'un chapeau par Jean-Marc Ayrault, deux ou trois mois après une campagne électorale au cours de laquelle il n'en avait jamais parlé. Il n'a jamais expliqué quelle épiphanie s'était produite en lui.
Et puis il y a ce classement du terrain en zone non inondable qui paraît quand même un peu étonnant.

Sven Jelure a dit…

Et au fait, l'idée du 1% artistique destiné à l'Arbre aux hérons est intéressante mais fragile. D'abord, 1% de 528 millions ne couvrirait que 15% du coût annoncé (avant éventuels dérapages...) de cette machine. Ensuite, les Machines de l'île ont une vocation touristique, elles ont été cofinancée à ce titre par l'Union européenne, et il est probable qu'un financement au titre du 1% artistique serait juridiquement contestable.