vendredi 20 février 2015

Bolopoly (16) : pourquoi le SoNantes ne marchera pas

À quoi servira le SoNantes ? Pas à supplanter l’euro : « il ne s’agit en aucun cas de le remplacer », a cru devoir préciser Pascal Bolo au conseil municipal du 19 décembre ! Pourtant, ses ambitions sont grandes. Du moins les décrit-on avec de grands mots : « échanges solidaires », « consommation éthique », « développement local »...

La réalité est plus prosaïque. « On pourra, avec la monnaie locale, acheter un ticket de bus », a précisé Pascal Bolo, « on pourra se garer dans les parkings de NGE, on pourra payer certaines prestations du Voyage à Nantes ». Et si l’on n’a pas de SoNantes ? Eh ! bien, on paiera en euros… Alors, pourquoi ne pas commencer par là ? Au lieu de se compliquer la vie à payer son ticket de bus avec une carte de paiement en SoNantes, on sera tenté d’utiliser plutôt la monnaie qu’on a en poche.

Le SoNantes se veut utile mais il se veut aussi monnaie croupion, qui sert à vendre et acheter mais ne s’épargne pas. « Toute sa valeur réside dans l’échange », a souligné Pascal Bolo. « Elle ne peut pas se thésauriser, elle ne rapporte aucun intérêt. C’est une monnaie qui est faite pour être dépensée. » Là, l’adjoint aux finances de la municipalité nantaise en dit trop ou pas assez. En effet, une monnaie qui n’est pas dépensée dans l’instant se trouve forcément « thésaurisée » pendant un certain temps. Comment empêcher que ce temps se prolonge, si ce n'est par quelque moyen coercitif ?

La question se pose d’autant plus que Pascal Bolo insiste : « D’habitude, quand on veut acheter quelque chose, on vérifie que l’on a assez de sous dans son portefeuille avant de l’acheter. Là, avec la monnaie locale, avant d’en accepter en règlement d’un service, d’un salaire ou de quoi que ce soit, on vérifie que l’on aura bien la capacité de le dépenser. » Si j’ai le moindre doute sur ma capacité à dépenser des SoNantes, pourquoi accepterais-je d’en recevoir à la place de ces « sous » familiers, utilisables à ma guise ?

Étrangement, le grand argentier nantais semble considérer ce couple contrainte+incertitude comme un avantage. Pour l’utilisateur lambda, ça ressemble plutôt à un vice rédhibitoire.

1 commentaire:

Jobarde Rollande a dit…

c'est ce que l'on appelle la boloterie nantaise.