mercredi 1 avril 2015

Les prévisionnels fantastiques de l’Arbre aux hérons : (1) la menace météorologique

« En cas de fortes pluies ou de vents soufflant à plus de 50 km/h, le Carrousel ferme », assure le site web des Machines de l’île. Il en va de même pour le Grand éléphant. Le principe de précaution s’exprime ici dans toute sa rigueur, car le Grand éléphant comme le Carrousel sont évidemment capables de supporter des vents bien plus forts. Mais il vaut mieux être trop prudent que pas assez, n’est-ce pas ?
Même par beau temps, le vent souffle parfois fort sur l'île de Nantes...
Or voici ce que précise, au détour d’un commentaire sur l’article précédent, un lecteur manifestement bien informé : « les voyages en éléphant ne sont annulés que lorsque les rafales de vents dépassent 50 km/h. Sur les horaires d'ouvertures des Machines, cela arrive à peu près 4 fois par an. Les mêmes bourrasques peuvent entrainer la mise hors service de certains éléments du troisième étage du Carrousel des Mondes Marins : depuis son ouverture en 2012, le cas s'est présenté 5 fois. » Cinq fois en deux ans et demi, alors que dans le même temps le Grand éléphant aurait été arrêté dix fois ? Quand le vent souffle à 50 km/h pour l’Éléphant, il se pourrait donc qu’il souffle moins fort pour le Carrousel (qui au surplus ne fermerait que « certains éléments ») ? Cela paraît déjà assez étrange.

Mais plus étrange encore est ce bilan météorologique implicite : « sur les horaires d’ouvertures des Machines », on constate des rafales à plus de 50 km/h « à peu près 4 fois par an ». Car la station météo de Nantes Atlantique enregistre des rafales à plus de 50 km/h au moins cinquante jours par an. Six jours pour le seul mois de mars 2015, par exemple. Dimanche dernier, de telles rafales ont été enregistrées toute la journée au-delà de 10 heures du matin avec un maximum de 70,3 km/h entre 17 heures et 18 heures.

La barre est sûrement placée trop bas. Si les Machines la respectaient, leur économie déjà mauvaise deviendrait exécrable. Fermer l’Éléphant et le Carrousel une journée d’été, c’est au bas mot 30.000 euros de recettes perdues, or le vent a soufflé à plus de 50 km/h quatre jours l’été dernier (de 10 heures à 17 heures le dimanche 10 août, par exemple). La règle des 50 km/h est d’autant plus importune que le mauvais temps est l’ami des Machines : en été, les touristes viennent visiter Nantes quand ils ne peuvent bronzer sur la plage…
...et par mauvais temps, c'est pire.
Avec l’Arbre aux hérons, hélas, la météorologie serait autrement contraignante. La maquette exposée dans la Galerie des machines est éloquente : l’attraction présenterait une forte prise au vent. Elle culminerait à 35 mètres d’altitude : ça souffle, là-haut ! Au sommet, les visiteurs s’embarqueraient dans des nacelles suspendues sous des hérons portés par des bras métalliques, soit deux risques mécaniques pour le prix d’un seul. Il n’est pas envisageable que l’Arbre aux hérons échappe à des règles de sécurité impérieuses.

Et puis, si l’Éléphant et le Carrousel assurent une protection élémentaire contre la pluie, ce ne serait pas le cas de l’Arbre aux hérons. La moindre averse un peu soutenue aurait de quoi faire fuir les visiteurs.

Toutes les fermetures potentielles auxquelles les Machines échappent aujourd’hui frapperaient inévitablement l’Arbre aux hérons. Fermer trente ou quarante fois par an serait évidemment ravageur pour son compte d’exploitation mais, à moins de construire une cloche autour, on voit mal comment faire autrement.

1 commentaire:

Leblanchet a dit…

Vous exposez un argument qui plaide pour l'abandon de ce projet. A moins de faire passer des intérêts particuliers avant les intérêts et la sécurité des citoyens. La Présidente de Nantes Métropole devrait trancher avant la tempête. A moins de Pierre Oréfic et François Delarozière ne soient en mesure de maîtriser les vents contraires à leur projet, ce dont je ne doute pas.

La météo n'étant ni de droite, ni de gauche, on arguera pas du jugement de Dieu en cette période de laïcité épidermique, mais il serait souhaitable que des essais en soufflerie soient programmés pour convaincre les Machines de faire machine arrière toute.