samedi 25 avril 2015

Les prévisionnels fantastiques de l’Arbre aux hérons : (2) un peu comme l’Atomium

L’Arbre aux hérons serait « un peu comme l'Atomium de Bruxelles », a assuré Pierre Orefice à Frédéric Brenon, de 20 Minutes. « On viendra du monde entier pour le voir. » La comparaison avec l’Atomium, énorme structure métallique de 102 mètres de haut (35 pour l’Arbre aux Hérons) n’est pas absurde. Mais vient-on « du monde entier » pour voir l’Atomium ?

L'Atomium a reçu 612.000 visiteurs en 2014
En un sens, oui. Français, Allemands et Néerlandais sont nombreux parmi ses visiteurs. Mais ils viennent en voisins. Et Londres n'est qu'à 2 heures d’Eurostar. Cent millions de personnes résident dans un rayon de 300 km autour de Bruxelles contre 12 millions à tout casser autour de Nantes.

Et ce monde entier vient-il à Bruxelles pour voir l’Atomium ? Ce n’est pas faux, c’est juste très exagéré. Une étude de l’Observatoire du tourisme à Bruxelles s’est penchée sur les motivations des visiteurs. Elle date de 2006. La période était favorable : l’Atomium venait juste de rouvrir, avec force communication, après deux ans de travaux de rénovation intégrale. Il a établi son record de fréquentation cette année-là avec plus de 700.000 visiteurs. Or même en cette année record, les touristes étaient là avant tout pour visiter des musées (67,2 %) et aller au restaurant (58,3 %). Les visites d’attractions ne venaient qu’en troisième position (53,3 %) devant le shopping, les amis et la famille, les expositions, l’artisanat, etc.

L'Atomium nétait donc qu'une raison parmi d'autres de se rendre à Bruxelles. Il venait cependant au premier rang des attractions citées : 10 % des personnes en séjour dans la capitale belge disaient avoir l’intention de le visiter. Est-ce beaucoup ou peu ? On peut en discuter. Mais si l’Arbre aux hérons devait fonctionner « un peu comme l’Atomium de Bruxelles », il faudrait attirer 5 millions de visiteurs à Nantes pour que l’Arbre aux hérons vende les 500.000 billets espérés.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Si Delarozière est incontestablement un bon dessinateur, cela ne fait pas de lui un visionnaire. L'Atomium était lié à une époque, celle du triomphe de l'atome, tandis que les productions des Machines sont passéistes, et versent ouvertement dans le rétros. Un pseudo XIXème (qui déborde sur le XXème) est complaisamment décliné, un pseudo Jules Verne, tandis que quelques centaines de mètres plus loin, des bâtiments de l'époque parodiée, bien réels ceux-là, sont démolis, "réaménagés" - pour le plus grand bonheur des spéculateurs. Bruxelles, qui disposait d'un patrimoine art nouveau exceptionnel, a su célébré l'avenir (ce que l'on pensait alors être l'avenir, la science et le progrès), Nantes se reconstruit un pseudo passé, tandis qu'elle n'est même pas capable de conserver celui qui existe. Ce n'est pas tout d'avoir de l'ambition, il faut en avoir les moyens, et de la cohérence.
L'Atomuim, de plus, est un monument, les œuvres de Delarozière ne seront jamais que des attractions foraines. On pourrait, sans peine, refourger son "arbre" à quelque Centre Parcs (à condition que les gestionnaires de la firme soient aussi naïf que nos élus, bien sûr).

Sven Jelure a dit…

Je crois que le problème de la cohérence entre Nantes et les Machines n'est pas celui de Delarozière, créateur talentueux par ailleurs, mais celui de Jean-Marc Ayrault, qui s'est laissé fourguer un projet mal pensé et incohérent avec l'existant nantais.

Anonyme a dit…

Avez-vous lu le dernier article de "La tribune de l'art" (le site de Didier Rykner) ?
Il traite de la destruction imminente des Salons Mauduit... et égratigne, au passage, la mauvaise foi de la mairie.

http://www.latribunedelart.com/les-salons-mauduit-un-ensemble-art-deco-menace-de-destruction-a-nantes