dimanche 14 juin 2015

Bolopoly (26) : Nantes, cobaye de la cashless society

La SoNantes se distingue de la plupart des autres monnaies locales par sa totale dématérialisation. Avec elle, ni pièces ni billets mais des cartes de paiement et autres moyens électroniques. Pourquoi ? Parce que. En fait, ses promoteurs n’ont jamais vraiment justifié ce choix. Pascal Bolo n’en a rien dit au conseil municipal de décembre dernier.

Y aurait-il quelque chose à cacher ? Toujours est-il qu’au nom de l’économie locale, Nantes a mis en test le rêve des gouvernements contemporains : la cashless society !

En l’absence d’inflation, les États surendettés n’auraient qu’une voie pour alléger leur charge financière : les taux d’intérêt négatifs, brièvement testés par la BCE ces dernières semaines. Or si l’on vous proposait de « rémunérer » votre épargne à un taux négatif, vous préféreriez la conserver sous forme de pièces et de billets : elle ne vous rapporterait rien du tout, mais c’est toujours mieux que si elle vous coûtait quelque chose.

Le retrait général de l’épargne serait une catastrophe pour les banques et pour les États. Voilà pourquoi la disparition des pièces et des billets est un préalable à la pratique en grand des taux négatifs.

Il se trouve que le WIR, modèle avéré de la SoNantes, était à l’origine affecté d’un taux négatif appelé la « fonte ». Son but était d’accélérer la circulation de la monnaie : il fallait la dépenser vite pour ne pas y laisser des plumes. Mais la coïncidence tombe rudement bien ! Et elle a de quoi donner des idées à Bercy : les taux négatifs, un nouvel impôt sur l’épargne ? Qu'allez-vous imaginer là, c’est juste une disposition vertueuse pour faire tourner l’économie !

Les promoteurs de la SoNantes n’ont pas retenu cette disposition punitive, susceptible d’effaroucher les adhérents potentiels. Cela pourrait changer : dans un entretien avec Fragil, Pascal Bolo a reconnu il n’y a pas si longtemps que des « moyens coercitifs » étaient bel et bien envisagés. Le cashless avance masqué !

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