samedi 4 juillet 2015

Le Voyage à Nantes 2015 : voyage autour de ma ville

La Nuit du VAN 2015 n’a pas lésiné sur les dépenses pour attirer… pour attirer qui, au fait ?

Le Voyage à Nantes a été créé, soulignait naguère Nantes Métropole, « afin d’assurer la mise en œuvre de la politique touristique de l’agglomération et notamment de travailler sur la création d’évènements d’envergure nationale et internationale ».

Les disques publicitaires multipliés
sur les vélos nantais confirment le
rétrécissement des ambitions du
Voyage à Nantes : ce n’est pas avec
eux qu’on attirera les touristes inter-
nationaux. Mais on s'achète ainsi
la sympathie des cyclistes nantais…
En fait d’envergure nationale et internationale, un événement organisé un vendredi soir avant le vrai début de la saison touristique ne pouvait être destiné qu’aux résidents des alentours. Les effets médiatiques de La Nuit du VAN sont d’ailleurs modestes en dehors de la région.

Faute de Berlinois, on compte sur les Herblinois, faute de Japonais, on espère les Clissonnais. Sans le crier sur les toits, les responsables du tourisme nantais ont, dans les faits, recentré la stratégie du Voyage à Nantes sur les Nantais et leurs voisins. Jean Blaise lui-même a adapté ses éléments de langage. Son discours demeure superlatif mais fait désormais dans le localisme au lieu de présenter Nantes comme le phare culturel de la planète.

Du point de vue du contribuable, ce changement de bord paraît raisonnable. Mais il acte l’échec de la politique touristique conduite à grands frais par Jean-Marc Ayrault et Jean Blaise depuis des années : les moyens employés jusqu'à présent pour attirer à Nantes le monde entier n'étaient pas les bons. Ce qui n'est pas une grande surprise.
Ne manquez pas le dernier numéro de L'Express : il contient, p. IX du supplément spécial Voyage à Nantes rédigé par Eric Lecluyse, un petit article sur La Méforme d'une ville. Pas un panégyrique, certes, mais quand même plus objectif que certains ne l'auraient sans doute souhaité.

9 commentaires:

Cyril44 a dit…

Bonjour Sven,
je ne t'ai pas vu faire un article sur le bar Le Nid.
J'ai l'impression que la fréquentation a chuté depuis qu'il est devenu payant au point que la gratuité est remise à l'ordre du jour par d'événements ponctuels notamment le VAN dernièrement.

Qu'en penses-tu ?

Sven Jelure a dit…

Bonjour Cyril44. En effet, je n'ai rien dit du Nid. Trop de choses à faire... L'effet recherché en mettant fin à la gratuité était probablement la baisse de fréquentation, plus encore que les recettes obtenues. Si la fréquentation baisse, c'est que ça a marché ! Le lieu est exigu, l'afflux de visiteurs était gênant à certains moments. Quant à la sécurité...

marc-jean a dit…

Article un peu injuste car, si la stratégie pour attirer des touristes et non des résidents est assurément critiquable, le VAN n'en demeure pas moins un évènement destiné aussi aux Nantais.
Entre le VAN et les Heures d'été (principalement), il me semble que l'on peut se sentir en vacances à Nantes l'été, notamment si l'on ne part pas. Je ne pense pas que cet aspect soit négligeable.

Sven Jelure a dit…

Ah ! mais je n'ai pas dit qu'il était anormal de faire des choses pour les Nantais avec l'argent des Nantais ! Le Voyage à Nantes tel qu'il évolue a des aspects très sympathiques : espaces de pique-nique, jeux pour les enfants, décorations originales, etc.
Mais ce n'était pas du tout le projet de Jean-Marc Ayrault et de Jean Blaise au départ. Avec Le Voyage à Nantes, ils voulaient créer de toutes pièces une destination touristique internationale. Ils y ont mis beaucoup d'argent (enfin, pas le leur, celui des contribuables) et ça n'a pas marché.
Johanna Rolland est sans doute plus réaliste : Nantes est revenue à une formule qu'on trouve dans beaucoup de villes. Jean Blaise doit être réaliste aussi, à sa façon : il s'est adapté, tout en faisant semblant de rien !

Anonyme a dit…

Sven, les disques publicitaires sur les vélos n'attirent pas forcément la sympathie des cyclistes, loin de là. La société ECOVELO qui commercialise cette publicité au nom d'un soit-disant "green marketing" est très critiquable à de nombreux égards (et par extension le VAN). En effet, loin de participer au développement de la pratique du 2 roues à Nantes (ce qui peut être louable), cette société rémunère les cyclistes essentiellement si leur vélo est statique, stationné dans un endroit très fréquenté (plein centre ville). Personnellement je trouve cela déplorable, car ça n'encourage aucunement à la pratique du vélo en ville, ça rajoute de la publicité à outrance (on a déjà Decaux)et le vélo - symbole même de la liberté, de la gratuité - devient un support de publicité déguisé...De la pub, partout de la pub et sur les vélos encore de la pub !

Sven Jelure a dit…

Allons bon, j'espère au moins que les propriétaires des vélos concernés trouvent agréable de toucher le montant du contrat. Avec un soupçon de mauvaise conscience, donc ?

Anonyme a dit…

Vous avez raison : le VAN du point de vue du tourisme semble être un échec (il est impossible de toute façon de connaître son impact réel...). Il y a bien des touristes étrangers à Nantes, mais il y en a dans toutes les grandes villes, en été (Paris, Bordeaux, Marseille, Lyon, Dijon, etc., ont également les leurs). Et le Hellfest en a attiré également.
D'un point de vue artistique, ou simplement culturel, c'est une catastrophe. De vagues divertissements, dont on jugera de la réussite à l'aulne de leur seule fréquentation (tel nombre de joueurs de foot, de skateurs...). De vagues gags visuels, dont raffole Jean Blaise. Autant dire, rien.
Des artistes, pourtant parfaitement intégrés (spécialistes de la commande, sachant être aimables quand il le faut) commencent même à prendre leur distance : voyez la page Facebook de Régis Perray, et sa lettre ouverte au VAN ("Cher Voyage à Nantes..."). Un jour peut-être, on effacera de son C.V. une participation devenue honteuse...

Anonyme a dit…

Concernant les fameux disques publicitaires, Ecovelo fait un bilan de l'opération pour LVAN : "50 vélos sur 1 mois de campagne : des retombées considérables" (sic). Attention les chiffres (invérifiable comme pour toutes opérations liées au LVAN d'ailleurs) sont extraordinaires, puisque selon leur unité de mesure (ODV : les occasions de voir) c'est 13 108 000 passages qui ont été comptabilisés à
proximité de vos vélos ! 13 millions quand même, c'est à dire autant que le nombre de pages vue sur des sites comme letelegramme ou telestar.
Par déduction on apprend également le coût de l'opération de communication pour ces disques publicitaires : 10.000 €HT.
Je vous laisse découvrir les autres chiffres (comme les 900 barres de chocolat brulées ou les 935 cigarettes évitées...)
http://www.ecovelo.com/wp-content/uploads/2015/07/Bilan-de-campagne-VAN2015-VF.pdf

Sven Jelure a dit…

Merci pour cette référence ! Le souci d'analyse est remarquable mais, comme vous dites, les chiffres sont invérifiables. Sauf exception : Ecovélo indique que "en moyenne chaque cycliste aura roulé 153 km sur la durée des 30 jours de campagne > soit environ 6 km/cycliste/jour". Bien entendu, 153/30 = 5,1 et non 6 !