mardi 23 août 2016

VAN 2016 : (3) Pour voyager à l’ombre

Les trois jours de canicule qui nous attendent sont-ils l’occasion de visiter les œuvres du Voyage à Nantes exposées en intérieur, pour ceux qui les auraient snobées jusqu’ici ? Le tout est de savoir ce que vous pouvez supporter !

Au théâtre Graslin, La Syzygie. Appelez ça de l’art si vous voulez, moi j’appelle ça du foutage de gueule. C’est une œuvre sonore : différentes voix choisies par James Webb commentent le bâtiment. Il faudrait des heures pour en faire le tour et dénicher les passages qui pourraient vous intéresser. Si vous n’avez qu’un temps limité à lui consacrer, c’est une loterie, et je vous assure, il y a du très casse-pied là-dedans. En contrepartie, la clim’ du théâtre vous met à l’abri des grosses chaleurs, la pénombre est propice à une petite sieste sur les sièges de velours, la rareté des visiteurs vous assure une certaine tranquillité et les toilettes sont accessibles.

Au manoir Dobrée, L’Inconnu me dévore. Je n’aime pas dire du mal des gens, mais effectivement il est gentil, Julien Amouroux, alias Le Gentil Garçon. Du musée désaffecté, il a fait un vaste cabinet de curiosités. On y trouve des phasmes vivants, un zèbre empaillé, un cœlacanthe en plastique couleur chocolat, quelques œuvres empruntées au musée des Beaux-arts voisinant avec quelques œuvre non empruntées (seul un crochet d’accrochage les signale, ah ! ah ! ah ! on a de l’humour au VAN), des bras porteurs de torches (électriques) qui dépassent du mur, une défense de narval transformée en nez de Pinocchio… L’ensemble est sympa et ne fait pas mal à la tête. Et puis c’est l’occasion de revoir les charpentes du manoir, car on peut monter en haut de la tour.

À la HAB Galerie, La mer allée avec le soleil. C’est peut-être l’œuvre la plus ambitieuse de cette édition du Voyage à Nantes. Sur quatre immenses murs d’images, Ange Leccia (l’auteur de la projection du visage de Laetitia Casta sur le canal Saint-Félix), expose sa vision de la mer, du ciel et des jeunes filles. Tantôt sombre, tantôt lumineux, le spectacle est puissant et prenant. Hélas, la HAB Galerie surchauffée par le soleil, et imprégnée d’une odeur tenace de poulet rôti venue sans doute de la Cantine du voyage voisine, s’avère un lieu bien inconfortable.

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