mercredi 14 décembre 2016

Trois fois rien pour Royal de Luxe

Coucou le revoilux ! Le prochain conseil de Nantes Métropole doit voter une subvention de 310.000 euros à Royal de Luxe, nous apprend ce matin Presse Océan sous la signature de Stéphane Pajot et Emmanuel Vautier. Il faut bien songer à la gamelle, et pour cela se manifester de temps en temps auprès des édiles nantais, apparemment prêts à signer des chèques en échange de vagues promesses.

Il y a longtemps que Royal de Luxe ne remue plus une oreille à Nantes, sauf dans les 10.000 m2 de bâtiments gracieusement mis à sa disposition dans le Bas-Chantenay. La dernière balade en ville de sa grand-mère date de début juin 2014, ce qui ne la rajeunit pas. Elle-même n’était d’ailleurs qu’un sous-produit d’une famille née il y a vingt-trois ans, en 1993, avec Le Géant tombé du ciel

Le mur bâti en 2011 place de la Bourse, déplacé à grands frais place Ricordeau quatre mois plus tard et rénové en 2013, est à l’agonie. Apparemment, plus personne ne s’en préoccupe.

Le site web de Royal de Luxe est entré en léthargie. À la rubrique « Actualités » (pardon, « News », on a affaire à une troupe d’envergure internationale), l’information la plus récente date du 19 février 2016 : « Le 6 mars prochain, nous célèbrerons la fête de la Grand-mère Géante de Nantes ainsi que la fête de toutes les grands-mères. » Voilà qui ne mange pas de pain.

Il est vrai qu’il n’y a pas grand chose à raconter pour 2016. La troupe s’était persuadée qu’elle défilerait à Chicago au mois de juin. L’affaire est tombée à l’eau. Une fois de plus. Car Royal de Luxe a souvent eu tendance à vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. La première recommandation émise à son intention par la chambre régionale des comptes dans son rapport de 2013 était celle-ci : « Trouver les moyens de garantir et de mieux sécuriser les recettes issues des contrats de cession ». Ça n’était pas mal vu. Peine perdue !

Et, au fait, la deuxième recommandation de la chambre régionale des comptes était ainsi rédigée : « Définir des règles de gouvernance plus abouties et mieux sécurisées juridiquement ». Comme toute association qui reçoit des subventions publiques à hauteur de 153.000 euros ou plus, Royal de Luxe est tenu de publier ses comptes chaque année au Journal officiel (décret 2006-887). Il ne l’a fait qu’une seule fois, pour ses comptes de 2012. Les subventions reçues de la ville de Nantes, de la DRAC, de la région et, pour une pincée, du Crédit mutuel, s’élevaient à 1.459.602,80 euros. Depuis lors, la troupe s'est assise sur cette obligation légale.

Nantes Métropole osera-t-elle voter une subvention à une association hors-la-loi ? Il y aurait de l’abus. En plus, ce serait inutile. « La compagnie Royal de Luxe ne cesse de prouver qu’avec trois fois rien, on peut faire mille belles choses », écrit la ville de Nantes sur son site web (cf. copie d'écran ci-dessous). Formidable ! Puisque avec les poches pleines ces gens ne font plus grand chose, donnez-leur trois fois rien et tout s’arrangera.


3 commentaires:

Anonyme a dit…

c'est un peu ridicule cet article... les géants viennent a Nantes tous les 4ans depuis les années 90 (une exception en 2011)... ca fait 3ans.. ils ont soudainement une subvension...pour lannée prochaine? comme si ils revenaient 4ans plus tard?

C'est censé être "la décadence", "moins bien qu'avant"?

Sven Jelure a dit…

Les Géants ont défilé à Nantes en 2009, 2011 et 2014, ce qui fait un défilé tous les deux ans, et il n'est pas question de Géants en 2017 mais d'un petit spectacle de place. Royal de Luxe n'a pas "soudainement" une subvention mais en reçoit tous les ans. Les critiques de la chambre régionale des comptes sur la politique des arts vivant à Nantes n'ont pas été prises en compte.
Moins bien qu'avant ? C'est incontestable. Royal de Luxe s'est montré créatif jusqu'aux premières années de son installation à Nantes, puis de moins en moins. Il n'a plus rien créé d'original depuis la Visite du sultan des Indes en 2005. Ou devrais-je dire depuis le départ de Delarozière ?

Cyril44 a dit…

Le fait d'avoir mis une grand mère comme personnage lors du dernier spectacle en 2014 traduit une fin de vie de la compagnie Royal de Luxe.
Quand on n'a plus l'âge d'innover, on n'a plus l'âge de vivre.