mardi 21 février 2017

Lobbying pour NDDL (41) : Jean-Marc Ayrault a déjà la tête ailleurs

Dire que certains l’imaginaient naguère siégeant au Conseil constitutionnel ! Jean-Marc Ayrault vient de révéler des lacunes juridiques étonnantes pour un homme qui a si longtemps voté les lois comme député. Interrogé par Ouest France, il n’a pas seulement parlé de sa retraite politique, il s’est aussi aventuré sur le terrain de Notre-Dame-des-Landes. « Il y a eu un référendum », a-t-il dit, « il faudra bien que l'on passe à la mise en œuvre de la décision ».

A-t-il déjà oublié que le vote du mois de juin n’était pas un « référendum » mais, différence capitale, une « consultation locale » ‑ et donc pas une « décision » ? C’était écrit partout, même sur les bulletins de vote. Mais Jean-Marc Ayrault a pu voter les yeux fermés…

Il a pu aussi accorder trop de crédit à son camarade Alain Supiot qui, quoique professeur au Collège de France, a commis la même erreur dans une tribune publiée par Le Figaro. Ou bien s’agirait-il d’un acte manqué dû à son antagonisme avec Manuel Valls, qui lui a pris sa place de premier ministre ? Car c’est Manuel Valls qui, au lieu du « référendum local » annoncé par le président de la République, a décidé de créer une formule de « consultation locale » pour les besoins de la cause. Ignorer la « consultation », serait-ce ignorer son auteur ? Ce qui permet au passage d’ignorer aussi que, dix mois après, l’ordonnance créant ladite consultation n’a toujours pas été ratifiée.

L’ancien maire de Nantes ne s’en est pas tenu là. « Notre-Dame-des-Landes n’est pas un but en soi », a-t-il dit. « Ce n’est un trophée pour personne. C’est la question de l’aéroport actuel de Nantes dont le trafic ne cesse d’augmenter. On sera bientôt à cinq millions de passagers, l’actuel aéroport ne répondra plus. » A-t-il déjà oublié que depuis des années la saturation a été annoncée à 4 millions de passagers ? L’obstacle ayant été franchi sans encombre, on a seulement déplacé le curseur, et c’est reparti pour un tour ! Mais Jean-Marc Ayrault a-t-il déjà oublié aussi que la loi du 3 août 2009 a exclu de créer de nouveaux aéroports ? Elle n’autorise que les transferts « pour raisons environnementales ». En invoquant une raison technico-économique, il patauge dans la mare aux tritons crêtés.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

L'on imagine l'effroi suscité à la lecture de Ouest-Presse en Mai 2017 : "Disparition inquiètante d'une famille quartier Canclaux" Le combi n'était plus dans le garage [...] les voisins décrivent un monsieur discret propre sur lui..."