dimanche 2 avril 2017

Arbre aux hérons : la carrière à moitié pleine ou à moitié vide

L’Arbre aux hérons, on l’a dit hier, entend « préempter le thème de l’Arbre et tous ses attributs ». Mais qu’on se rassure, il devrait servir aussi à séduire les touristes. Il a été affirmé à maintes reprises, ici ou , qu’il attirerait 400.000 visiteurs par an. Les bases de cette prévision n’ont jamais été explicitées. Elles sont sûrement fragiles car le communiqué de presse commun diffusé le 8 février par Nantes Métropole et la CCI Nantes St-Nazaire ne table implicitement que sur 350.000 visiteurs, soit quand même 12,5 % de baisse d’un seul coup.

Quels sont les atouts de cet Arbre pour drainer tant de monde ? Les hérons mécaniques, bien sûr. Ils seront le clou de la visite. Pas pour leur altitude puisque, notent Pierre Orefice et François Delarozière dans leur présentation de l’attraction, « l’arbre culmine à 30 mètres de hauteur ». Ce n’est que la moitié du Bomber Maxxx qu’on peut voir en ce moment à la fête foraine du cours Saint-Pierre, qui emmène seize passagers à 60 mètres de hauteur. À une quarantaine de mètres au-dessus de la surface de la Loire, les hérons seront aussi à une quarantaine de mètres au-dessous de la pointe du clocher de
La représentation "officielle" de l'Arbre
le montre en vol au-dessus du clocher de
Sainte-Anne. Posé au fond de la carrière,
il aura moins belle allure.
Sainte-Anne, à 200 mètres de là. Au-dessous, aussi des étages supérieurs du 14 rue des Garennes, qui leur fera face immédiatement. Ils donneront une impression de hauteur côté sud, de rase-mottes côté nord. C’est l’inconvénient de s’installer dans le trou d’une ancienne carrière.

À défaut d’altitude, il y aura l’expérience. Pierre Orefice et François Delarozière s’étendent avec lyrisme sur le vol des hérons : « L’enfant vole, il sent dans la machine chaque battement d’aile, il fait partie de l’animal », etc. Cette littérature vous rappelle quelque chose ? Bien sûr, elle fait écho aux descriptions officielles du Carrousel des mondes marins du genre « spectateurs d’étranges et inquiétantes créatures marines qui tournent dans une gigantesque pièce montée sur trois niveaux, vous découvrez la mer dans tous ses états, depuis les fonds marins, les abysses et jusqu’à la surface de la mer ».

Bon, supposons que l’Arbre soit en définitive plus épatant que le Carrousel : cela suffira-t-il pour attirer les 400.000 visiteurs annoncés ? On y reviendra sous peu.

2 commentaires:

Jobarde Rollande a dit…

Retenons que nous avons été nombreux sur ce site à penser que le coût dispendieux de cette attraction serait un argument pour stopper ce projet. Les arguments employés pour lever les réticences ne sont pas publics. Les belles histoires racontées par la PQR ne sont que le reflet paresseux de recopie du dossier de presse.

Presse Océan titré dans son édition du 7 juillet 2016 : 35 millions d'euros seront nécessaires pour financer le titanesque arbre aux hérons. Sans compter l'autre tenant du projet, le "jardin extraordinaire."

Les mécènes se bousculent pour verser leur écot, car ainsi des fonds publics seront engagés. Nantes a du souci à se faire, les LGV mettent Rennes à 1h27 de Paris et Bordeaux à2hO5, alors que Nantes retrouve le temps de parcours initial de 1h56 théorique, le temps commercial sera en général de 2h07.

Ces temps de parcours vont modofier l'attractivité des villes. Si le TGV a été le véritable "booster" de Nantes, désormais les pôles rennais et bordelais bénéficient des mêmes atouts d'accès ferroviaire, plus leurs qualités propres.

L'arbre aux hérons sera une animation locale de plus dans la nurserie métropolitaine. Et ce n'est pas à l'aéroport de N-D des Landes que débarqueront les foules enthousiastes attendues du monde entier. La nouvelle gare, toujours coincées dans son goulot d'étranglement offrira des quais supplémentaires pour les liaisons intercités.

Gageons que les enfants scolarisés sur les communes alentours auront une visite obligatoire de l'arbre aux hérons. Les Comités d'entreprise ajouteront leurs contingents de bénéficiaires et les nantais paieront l'addition. Trop heureux d'être les hérons de la farce.

Sven Jelure a dit…

Tout à fait d'accord, comme pour les Machines existantes, la clientèle sera fatalement locale pour une grande part. Les scolaires forment un contingent important -- et les contribuables paient la visite via le département tout en couvrant via les subventions municipales ce que le prix d'entrée ne suffit pas à financer.
Problème : comme le nombre de collégiens n'est pas extensible, ce qui sera gagné par l'Arbre ne sera-t-il pas pris en partie aux Machines ?