jeudi 15 juin 2017

Médusant, le musée d’arts : (7) notre Guggenheim à nous Nantais

Tapez « le voyage à nantes » dans un moteur de recherche, et vous en aurez confirmation : Nantes est une ville renversée par l’art. Les touristes affluent du monde entier pour se gaver d’émotions artistiques. Et tout ça sans un musée d’art digne de ce nom, puisque le musée des beaux-arts est fermé depuis 2011. Trop fort, Le Voyage à Nantes !

En faisant avaliser la création des Machines de l’île par le conseil communautaire en 2007, Jean-Marc Ayrault avait fait référence explicitement au musée Guggenheim de Bilbao. Avec la (ré)ouverture du musée d’arts le 23 juin, Nantes va d’un coup doubler sa mise artistique. Ce n’est plus un équivalent-Guggenheim que nous aurons mais deux.

Ou presque. Le Guggenheim a coûté 89 millions de dollars. La rénovation du musée d’arts de Nantes, 88,5 millions d’euros. Compte tenu de l’inflation et de l’évolution des cours des monnaies, 89 millions de dollars de 1997 représentent à peu près 102 millions d’euros aujourd’hui ‑ mais le Guggenheim, lui, a été construit ex nihilo. Compte tenu de l’existant, l’investissement total est donc plus élevé à Nantes.

En revanche, même augmentées de 30 %, les surfaces d’exposition du musée de Nantes resteront inférieures d’environ un cinquième aux 11.000 m² du Guggenheim. Sur le papier, l’affaire n’est donc pas bonne.

Reste à voir quel sera l’effet de cet investissement sur l’économie touristique nantaise. La comparaison entre Nantes et Bilbao n’est pas absurde. La ville de Bilbao compte environ 350.000 habitants ; Nantes environ 300.000. L’aire urbaine de Bilbao, environ 1 million d’habitants ; celle de Nantes, un peu plus de 900.000. Bilboko Aireportua a vu passer l’an dernier près de 4,6 millions de passagers, Nantes Atlantique près de 4,8 millions.

Le musée Guggenheim a accueilli 1 169 404 visiteurs l’an dernier. À Nantes, on en espère… 200.000 par an ! Pourtant, on casse les prix : le billet d’entrée coûte 13 euros à Bilbao ; il en coûtera 8 à Nantes. Il suffira d'un peu plus de 55 ans pour couvrir le coût du musée, à condition que chacun des 200.000 visiteurs annuels paie plein tarif. La ville renversée par l’art se relèvera-t-elle ?

6 commentaires:

Anonyme a dit…


Nantes, cité de l'Amour et du Sexe ? Jean Blaise nous propose encore et encore un hôtel lors de son voyage et cette fois quai de la Fosse. Ajoutons à cela les mariages nocturnes inaugurés récemment par Johanna Rolland et Sophie Lévy qui déclare, le plus sérieusement du monde, dans l'émission "Porte-Plume" sur Radio Fidélité : "Pourquoi ne pas organiser des soirées Meetic au musée ?"

Verrons-nous très bientôt Oréfice et Delarozière reconstituant instruments et scènes de torture pour le plus grand bonheur des amateurs BDSM ?

Herminie44 a dit…

Il convient de se rappeler que la précédente responsable du musée dit alors "des beaux arts" avait demandé son propre rappel au ministère de la culture et claqué la porte en 2015 sur fond de désaccord avec les orientations artistiques de la Mairie.

Mme Lévy, avec son diplôme d'HEC, est manifestement plus Blaiso-compatible et les soirées "mousse au musée" ainsi que les concours de T-shirts mouillés "comme dans un tableau" vous seront vendus comme un effet de la démocratisation de l'art.

Le pire n'est pas toujours sûr disait Claudel : pourvu qu'il ait raison !

Anonyme a dit…

Le pire n'est pas toujours sûr, certes, mais Nantes étant la ville de tous les possibles, le pire est tout de même... assez possible.
Herminie44, vous avez plus que possiblement raison : le choix de la personne n'est pas neutre, et la complaisance de Mme Lévy à l'égard de l'instrumentalisation de l'art par la Mairie a certainement été un atout. Sa volonté de s'ouvrir au graphisme, au numérique, son enthousiasme vis à vis de la jeunesse ("... ils ont tellement à nous apprendre...") laissent craindre le pire. A lire ses déclarations, on est bien vite convaincu qu'elle sera dans le ton. Tous les clichés y passent : Nantes berceau du surréalisme, ville ouverte & marchande, etc.
Pourquoi a-t-on si souvent le sentiment de vivre dans le monde caricatural décrit par Philippe Muray, à Nantes ?

Sven Jelure a dit…

A en juger par les conditions de lancement du musée d'arts le 23 juin, Mme Lévy fait plutôt profil bas ! Je compte en parler très bientôt.

Anonyme a dit…

Rectif : l'hôtel éphémère de Jean Blaise donnera rue de la fosse et non quai de la Fosse ! Je copierai 100 fois le programme du VAN...

Anonyme a dit…

@Anonyme du 18 juin 2017 à 18:58

Festivisme : le concept et son auteur m'étaient totalement inconnus. Une personne qualifiée de nouveau réactionnaire par les milieux bien-pensants parisiens ne peut être foncièrement mauvaise.

Après quelques recherches sur Philippe Muray, l'on se demande si la douceur angevine n'est pas plus propice à l'intelligence que l'effet côté ouest !?