jeudi 20 juillet 2017

Du Carré au square : Fleuriot mieux que Feydeau ?

Faut-il sauver le square Fleuriot ? Ce n’est pas du tout la même question que : Faut-il laisser le square Fleuriot en l’état ? Cet état est lamentable. Depuis des années, il a de quoi consterner les milliers de Nantais qui font la queue devant L’Entrecôte. Il faut faire quelque chose pour le square Fleuriot.

Square Fleuriot, 22 février 2014 : déjà les derniers outrages
La municipalité nantaise a annoncé la construction d’un immeuble commercial. C’est quand même étonnant : elle se vante d’aménager des jardins et veut en supprimer. Évidemment, planter des arbres d’un côté, vendre des terrains de l’autre, ça fait toujours circuler l’argent. Avec quel profit pour Nantes et les Nantais ? 

Si encore Nantes manquait de surfaces commerciales… Mais des locaux vides, il y en a déjà plein dans les environs, au Carré Feydeau ou dans l’extension du passage Pommeraye. Il y a déjà un preneur pour l’immeuble projeté ? Le Carré Feydeau était demandé aussi avant sa construction… En définitive, pour qu’une grande surface alimentaire y ouvre, il a fallu aller devant les tribunaux…

Et puis, franchement, l’esquisse du bâtiment parue dans la presse est très moche. On dirait un collège des années 1970 dans un quartier sensible. Ou peut-être une caserne de gendarmerie dans un département négligé ? Il y a sûrement moyen de faire mieux.

Quoi ? Je ne sais pas. Mais ce mieux n’est probablement pas fait de béton. je crois que je vais signer la pétition « Contre le projet de bâtiment commercial square Fleuriot à Nantes » lancée par Dorothée Laverton sur Change.org.

11 commentaires:

Anonyme a dit…

La technique de "l'abandon" fonctionne à merveille : on laisse sciemment se dégrader un square, un monument, un aéroport et le tour est joué pour les bétonneurs désignés par les élus. Ou peut-être est-ce l'inverse !?

Anonyme a dit…

PO ce jour

"La CCI demande que le calendrier prévu pour la réalisation de cette opération, ne soit pas différé par rapport aux délais indiqués dans le dossier"

Les futurs squaristes sont prévenus !

Anonyme a dit…

Le dogme de la reconstruction de la ville sur elle-même a encore frappé et suscite quelques émois :

"À commencer par l’association Forum Nantes Patrimoines, constituée d’un groupe d’experts et de spécialistes du patrimoine, de l’urbanisme et de l’histoire de la ville. « On peut déjà trouver hypocrite le renvoi actuel par Alain Robert à un débat qui n’a pas pu avoir lieu lors de la révision du Plan de sauvegarde et de mise en valeur de la ville (PSMV) », estime le Forum, qui déplore la disparition progressive des squares « espaces de respiration au profit de constructions nouvelles, livrées aux promoteurs… On remarque aussi un parti d’aménagement des places publiques où le tout minéral tient lieu de religion : Bouffay, Royale, Graslin, Félix-Fournier… »."

Mais ces "aménagements" ne sont pas réellement des surprises car le menu figure dans le PMSV : http://www.psmv-nantes.fr/2_2_vivre.html

C'est joli et coloré, rempli de co-construction mais quand on regarde dans le détail, ça ressemble à de la com' à deux balles dont la métropole nous abreuve:
- "Un centre-ville habité" : l'illustration à elle seule à de quoi donner la gerbe devant cet infâme clapier de plus.
- "Un centre-ville accessible" qui vante la cohérence avec le PDU, qui lui-même est redéfini régulièrement sans que les objectifs minimalistes du précédent plan n'aient été atteint.
- "Un centre-ville actif" : "La création de nouvelles surfaces commerciales est en cours ou prévue", oui on voit ça effectivement.
"Développement du quartier d’affaires EuroNantes Gare, notamment avec le projet de nouvelle gare", nouvelle gare qui va de pair avec une nouvelle esplanade entièrement minéralisée, des vrais gradins pour tomber à l'eau lors des soirées trop arrosées près de l'écluse Saint Félix et 3 vrais arbres qui vont sortir du jardin des plantes en guise de lot de consolation. Tous les autres en béton. Mais pas n'importe quel béton, du béton Ricciotti, le même que celui du Mucem.

Projet qui d'ailleurs à peine lancé à déjà eu droit à sa rallonge budgétaire.



Anonyme a dit…

Tout est affaire de mots : la délinquance galope ? La ville a ouvert la maison de la tranquillité.
Le jardin des plantes est l'un des endroits les plus prisés de Nantes ? On fait un grand parvis piétonnier devant la gare pour que les voyageurs puissent s'y précipiter en arrivant...
Entre parenthèses, Nantes avait la chance d'avoir une gare avec deux entrées, on en supprime une de fait car les voitures ne pourront avoir accès à la gare nord mais les vélos si !!! On s'imagine allant chercher ou conduire une personne à la gare avec elle sur le cadre et ses bagages sur le porte-bagage... Bref, un rêve de bobo-zinzin.
Quant au centre-ville accessible, cela ne fait plus rire personne mais Madame la maire est contente, l'adjoint à l'urbanisme aussi alors tout va très bien madame la marquise !

Anonyme a dit…

@nonyme préced.

La semaine passée fut particulièrement sanglante, éloquente :

Un type mort, égorgé dans le tram, station Hôtel Dieu. Un couteau planté dans le dos d'un fêtard au hangar à petits pois. Une mini-rafale d'AK47 à Malakof. Une reformulation trash de "l'aveugle et le paralytique" à Pirmil...

L'effet côte ouest, l'effet des grands lacs, Nantes-Chicago...

À propos de nos bobos à roulettes, vous ne connaissez donc pas les vélos-cargos !

Anonyme a dit…

Et les magnolias tombèrent, comme les platanes sous le règne de JMA, alors que le rapport d'enquête publique n'a pas été encore remis :
« Sans aucune concertation préalable et ignorant une pétition signée sur Change.org par 621 personnes à ce jour, déplore, de son côté, l'association Forum Nantes patrimoine, la collectivité a décidé de commencer les travaux préparatoires pour réaliser les fouilles archéologiques obligatoires, avant de pouvoir construire le bâtiment prévu. »

Anonyme a dit…

Un exposé sur les antagonismes locaux en général, mais qui peut s'appliquer au cas particulier :
"A Nantes, la réponse politique de choisir un adjoint au patrimoine
et de créer une nouvelle Direction du Patrimoine et de l'Archéologie au début du
quatrième mandat de Jean-Marc Ayrault en 2008, est significative, d’autant que Nantes
n’a jamais été considérée, du moins par les acteurs politiques locaux, comme une ville
patrimoniale, à la différence de Lyon ou Bordeaux par exemple."

"Dans le même temps, les urbanistes amenés à
prôner la densification par temps de ville renouvelée sur elle-même rencontrent plus
souvent qu’avant des contre-arguments alors qu’ils s’estiment légitimes sur la place."

https://rge.revues.org/5067

Anonyme a dit…

"...la métropole a lancé la démolition au mois d'août pour ne pas trop perturber les riverains. "On sera particulièrement attentif à ce que le chantier ne débute pas à l'aube et qu'une vraie pause soit effectuée au moment du déjeuner" détaille Alain Robert (PS). "Le bureau métropolitain a accepté la vente à l'unanimité et le permis de construire a été validé par l'architecte des bâtiments de France. Ces travaux sont préparatoires aux fouilles archéologiques"".

"Ce bâtiment à deux étages côté Commerce, puis un étage ensuite, abritera l'enseigne japonaise Uniqlo sur 1300 m2. Et une centaine de logements sont également prévus, à l'horizon 2019."

Bizarre ce programme. Unigogo sur 1300 m2, passe encore car la place fait 1900 m2 au raz des murs des autres bâtiment, moins les marges de recul, on doit y être.

Par contre, une centaine de logements, comment est-ce possible?

Si on a un niveau 1 à 1300 m2 puis niveaux 2 et 3 partiels à 700 ou plus m2 chacun, on arrive à un total de 2700 à 3000 m2. Et 3000/100 = 30 m2 compris les espaces communs.

Serait-il prévu une résidence universitaire, pour parfaire la mixité sociale chère aux consommateurs à fort pouvoir d'achat, du moment que ça soit pas près de chez eux?

Marie a dit…

Après le "carré Feydeau", la ville de Nantes nous gratifie d'une nouvelle verrue en plein centre historique, avec la bénédiction de l'architecte des bâtiments de France ! Mais comment est-ce possible de défigurer une ville à ce point ? L'ancien bâtiment Neptune, qui n'avait déjà pas su attiré en son temps les marchands du temple, il suffisait juste de le démolir pour laisser place à des espaces verts et attirer des cafés et petits restos en bordure de l'île Feydeau, rendue enfin à son aspect originel, quand un marché aux poissons se tenait au bout de l'île et laissait admirer les façades 18 ème. Au lieu de çela, on a re-construit un bâtiment aussi laid que le précédent, qui cache bien ce qu'on a plus beau, à savoir notre patrimoine ancien, qui est la seule chose avec l'art à faire venir des touristes dans une ville, et non pas les chalartaneries du VAN, des machines ou de Royal de Luxe...Maintenant, on sacrifie les ultimes espaces verts qui font respirer le centre ville pour y construire un immeuble aussi laid qu'inutile...Je vais quitter cette ville que j'ai aimée car je n'en peux plus d'assister à ce massacre, pour m'installer dans une région où on respecte le patrimoine, et où le sens du beau prime sur le mercantile de bas étage.

Sven Jelure a dit…

Selon la doctrine du Voyage à Nantes, Nantes ne possède pas d'attraits intrinsèque, ses seuls atouts en tant que ville touristique étant ceux fabriqués de toutes pièces par les fonctionnaires commis à cet effet. Cette position a aussi l'avantage de légitimer n'importe quelle destruction.

Anonyme a dit…

Les attraits intrinsèques sont enfouis, mais creuser les fait ressurgir au grand jour :

"le bassin du square Fleuriot abritait en sous-sol des vestiges du passé : les fondations de l’ancienne Poste, édifiée en 1884, démolie en 1972, celles du bâtiment qui s’y trouvait avant, l’ancienne Halle au Blé, mais surtout une partie de l’extrémité ouest de la muraille médiévale construite à partir du XIIIe siècle, la cour dite du « Connétable » et une portion de sa courtine."

"Mais ces éléments médiévaux remettent en cause la réalisation du sous-sol prévu pour le futur immeuble qui doit accueillir l’enseigne Uniqlo. Il semble que les échanges entre la Ville, les services de la Direction régionale des Affaires Culturelles (Drac) ont été nombreux. L’inspection du ministère de la Culture, intervenue mardi dernier a visiblement confirmé l’exigence de conservation des vestiges et qu’aucun permis de construire ne serait délivré si le sous-sol était réalisé."

"La Ville qui est déterminée à implanter à cet endroit une locomotive commerciale étudie donc toutes les solutions, notamment la réalisation d’un sol vitré transparent au-dessus des vestiges."

La ville, arcbouté sur le jusqu’au boutisme quasi diabolique, va déterrer des solutions abracadabrantesques pour monter qu'elle se préoccupe du petit commerce urbain (à l'image de la grande réussite du Carré Feydeau).

Est-ce que le denier public va encore être de mise? Qui va casquer ce plancher en verre dispendieux?

L'argent public ne coûte pas cher à celles et ceux qui en dispose selon leur bon vouloir.