lundi 7 juillet 2014

Pour planter un grand Arbre aux Machines de l’île, il faudrait creuser un gros trou dans les finances publiques

François Delarozière et Pierre Orefice ont de la suite dans les idées : interrogés par Emmanuel Vautier, Stéphane Pajot et Simon Auffret dans Presse Océan, ils reprennent exactement la même chanson qu’au printemps 2013 et à l’hiver dernier : il faut construire un Arbre aux hérons pour pérenniser les Machines.

Hélas, ils ont l’art de scier la branche sur laquelle ils voudraient s’asseoir.

« Avec l’Arbre aux hérons, nous franchirons le cap du million de visiteurs », promettent MM. Orefice et Delarozière*. Qu’est-ce qui leur permet de l’affirmer ? Mystère. Le million ! Le million ! annonçait déjà Pierre Orefice à 20 Minutes en 2013, en ajoutant : « Les Machines enregistrent déjà 600 000 visites par an ». Ce chiffre au présent de l'indicatif était bidon : Les Machines n’ont vendu que 520.000 billets l’an dernier. Si Pierre Orefice, en 2013, surévaluait de plus de 15 % la fréquentation de son établissement en 2013, de combien surévalue-t-il en 2014 sa fréquentation en 2020 ?

Et comment justifier qu’il relève de 20 % d’un coup sa prévision de fréquentation de l’Arbre ? Car pour parvenir au million en 2020, il comptait l’an dernier sur 400.000 visiteurs supplémentaires ; aujourd’hui, il table sur 480.000… Faut-il avoir l’esprit très mal tourné pour supposer que le million de 2013 était un chiffre au doigt mouillé, et qu’il a suffi de mouiller un peu plus en 2014 ?

Faisons semblant d’y croire un instant. Les Machines de l’île dans leur configuration actuelle (Grand éléphant, Galerie et Carrousel des mondes marins) ont attiré 520.000 visiteurs en 2013 et l’Arbre aux hérons en attirerait 480.000. Or, signalent eux-même MM. Orefice et Delarozière, les Machines existantes représentent un investissement de 20 millions d’euros. L’Arbre, lui, réclamerait 35 millions d’euros : il faudrait 75 % d’investissement en plus pour attirer 8  % de clients en moins ! Voilà un investissement qui se présente mal.

Mais d’où viendrait l’argent ? MM. Delarozière et Orefice assurent que les 35 millions d’euros de l’Arbre seraient « autofinancés par les Machines de l’île à hauteur de 8 millions d’euros ». Louable intention, sauf que pour dégager un autofinancement, il faudrait que les Machines soient bénéficiaires. Or, depuis leurs débuts, elles ont toujours été lourdement déficitaires. L’an dernier encore, Nantes Métropole a dû allonger 1,2 million d’euros d’argent public pour boucher le trou. Chaque fois qu’un visiteur a acheté un billet, les contribuables nantais ont versé 2,30 euros.

Et s’il fallait en faire autant avec les 480.000 visiteurs supplémentaires attendus grâce à l’Arbre, la facture pour les contribuables passerait à 2,3 millions d’euros par an…
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* On notera que MM. Delarozière et Orefice persistent à confondre « visiteurs » et « billets vendus ». En fait, comme il faut acheter un billet pour chaque attraction, et que certains visitent deux ou trois attractions, 520.000 billets vendus représentent tout au plus 350.000 visiteurs réels.


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Les 1,2 millions d'euros de subvention de Nantes Métropole ne sont pas tout. Il faudrait compter aussi
-- l'utilisation gratuite du site des Chantiers
-- la subvention annuelle de 220 000 euros versée par la ville de Nantes pour l'exploitation du site des Nefs
-- les services de commercialisation et de communication fournis par Le Voyage à Nantes (qui touche plusieurs millions d'euros de subventions) et par la ville
-- les achats de billets par les écoles et collèges

Anonyme a dit…

C'est effectivement une folie. Quand nous voyageons dans une ville étrangère qui pense à regarder si cette ville possède un manège ?
Par contre nous regardons tous les richesses du Musée d'Art de la ville. Et avec 35 millions d'euros il serait possible de faire de belles acquisitions(pérennes) d'un haut niveau culturel. Et 35 c'est la moitié du budget travaux de notre prochain Musée. Mais un Musée est une vraie richesse pour tous avec un véritable objectif culturel et non une simple animation de rue.
alain le provost