dimanche 30 décembre 2018

Arbre aux Hérons : la Cité dans le ciel clouée au sol

Un peu prématurée, peut-être, l’étude d’ingénierie relative au risque incendie de l’Arbre aux Hérons que Nantes Métropole s’apprête à faire réaliser ? Les documents joints à l’avis de marché précisent par exemple que « des études seront menées afin de rendre l’Arbre aux Hérons accessible à tous ». Pourquoi étudier le risque incendie d’une installation dont on ne sait même pas si elle sera accessible à tous ?

En l’état, néanmoins, ces documents en disent assez pour qu’une conclusion s’impose : l’Arbre aux Hérons tel qu’il est envisagé aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec l’élégante « Cité dans le ciel » fantasmée par les dessins de Stéphane Muntaner.

http://nantesplus.org/plus-detais-pour-larbre-aux-herons/

vendredi 21 décembre 2018

D’Adolphe Moitié à Johanna Double ?

Depuis la reconstruction d’une seule tour LU, Nantes multiplie les choix étriqués. Pourquoi faire toujours les choses à moitié ? Avec la Beaujoire, pour une fois, on va peut-être les faire en double...
http://nantesplus.org/

La maquette de Nantes en 1900, au château des ducs de Bretagne,
 montre bien les deux tours LU d’origine.
(Photo Pinpin — Travail personnel, CC BY-SA 3.0,
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3305361)


vendredi 14 décembre 2018

La liste des donateurs de l’Arbre aux Hérons ouverte à tous les vents

Les contributeurs de la campagne de financement participatif pour l’Arbre aux Hérons, s’ils ont donné au moins 10 euros, ont reçu un beau « titre de copartage » signé par Bruno Hug de Larauze, président du Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons.

Vous avez égaré votre titre ? Pas de problème : il suffit d’aller sur le site des Machines de l’ile et de descendre tout en bas de la page de l’Arbre puis de saisir le numéro d’ordre envoyé par le Fonds de dotation. Vous retrouverez votre titre nominatif.

À partir de la même page, les petits curieux pourront le trouver aussi et faire défiler toute la liste des donateurs. Mais avoir donné est un sujet de fierté, n’est-ce pas ? Nul ne s’offusquera donc que tout un chacun puisse lire son nom sur le site.

http://nantesplus.org/5511-copartageux-pour-larbre-aux-herons/

Mise à jour du 16 décembre : Ce matin, j'ai voulu vérifier mon certificat de copartage de l'Arbre aux Hérons sur la page ad hoc du site des Machines de l'île. Plus moyen de constater son existence ! Le système ne fonctionne plus ! L'interrogation retourne une « erreur ». Ce qui ressemble assez à une désactivation précipitée. Qui serait en même temps l'aveu d'une bourde majeure dans la conception de la campagne Kickstarter.

Mais justement, la campagne promettait aux donateurs, à partir de 10 euros, de recevoir un certificat de copartage « vérifiable à tout moment sur le site des Machines de l'île ». Cette promesse n'est plus tenue. Kickstarter va-t-il à présent le reprocher au Fonds de dotation de l'Arbre aux Hérons ?


Mise à jour du 23 décembre : Il n'est même plus possible aujourd'hui de vérifier son certificat de partage sur le site des Machines de l'île. La fonction a été carrément supprimée. La promesse faite aux donateurs de la campagne Kickstarter n'est plus tenue, bien qu'elle soit toujours faite sur le site (voir "Contribution de 10 € ou plus). Le dossier de L'Arbre aux Hérons avance à reculons. 

Arbre aux Hérons : voulez-vous copartager avec moi ?

Parmi les « récompenses » promises aux donateurs de la campagne de financement participatif lancée sur Kickstarter, au premier semestre de cette année, figurait un « Titre de copartage », numérique à partir de 10 euros, imprimé à partir de 50. Un document « nominatif, numéroté, signé par les auteurs ».

Un privilège ? Il faut le dire vite ! Aujourd’hui, la boutique en ligne des Machines de l’île propose à la vente des « titres de copartage » du Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons (merci E.L. pour avoir repéré cette loufoquerie). Et l'assignat à la nantaise ne coûte que 16 euros.

La déception n’est pas seulement morale : pour certains, elle pourrait être fiscale aussi !

http://nantesplus.org/des-complications-fiscales-pour-les-donateurs-de-larbre-aux-herons/

mercredi 12 décembre 2018

Bolopoly (39) : la SoNantes a abattu sa dernière carte

L'annuaire de la SoNantes ne recense plus à ce jour que 179 adhérents professionnels. Ils étaient 206 en début d’année. Les adhérents particuliers seraient 1 445. Combien d’actifs ? Combien parmi eux seraient même capables de dire où ils ont rangé leur carte de paiement rouge ?

Avis aux intéressés : plus besoin de carte, on paie avec son téléphone portable. Plus commode ? Moins cher, surtout à cause des terminaux et des cartes à renouveler bientôt : « cela devenait intenable », avoue La SoNantaise, l’association qui a hérité du système quand le Crédit municipal a pris la tangente. La monnaie complémentaire nantaise est un « échec cuisant » a admis Pascal Bolo interrogé par Médiacités


mercredi 5 décembre 2018

Pour L’Arbre aux Hérons, le temps file et l’argent ne rentre pas assez

Dans Presse Océan, ce mercredi 5 décembre, Stéphane Pajot rapporte les propos de Pierre Orefice à propos de L’Arbre aux Hérons : « nous avons récolté 4 millions grâce à 40 entreprises. Il nous reste trois ans et demi pour atteindre les 12 millions à notre charge. » Trois ans et demi : comme souvent, on se demande si le directeur des Machines de l’île a bien tourné sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler ; accessoirement, on se demande aussi pourquoi Stéphane Pajot s’en est tenu là.

Il y a un an, le 8 décembre 2017, le conseil métropolitain décidait de lancer des « pré-études conclues pour une durée de deux ans », visant à « vérifier la faisabilité technique de l’œuvre dans le cadre des contraintes du site et d’en stabiliser le coût de réalisation. Nantes Métropole disposera à l’issue de ces études des éléments techniques et financiers pour confirmer la réalisation de l’Arbre. ».

Le marché de ces pré-études a été attribué début janvier 2018. Deux ans, cela nous mène donc à janvier 2020. C’est alors que Nantes Métropole doit disposer des éléments financiers pour confirmer – ou pas – la réalisation de l’Arbre. Pierre Orefice le sait parfaitement puisque c’est à lui et à François Delarozière que ce marché a été attribué ! Il sait qu’il ne lui reste pas trois ans et demi mais treize mois seulement.

Et il ne peut guère compter sur un rab’ de temps, car le délai de deux ans n'a sûrement pas été fixé au hasard. Comme les élections municipales auront lieu en mars 2020, Johanna Rolland tiendra à proclamer sa décision avant – du moins si c’est oui. Or elle, elle s'y est engagée, elle ne donnera son feu vert que si les financements privés couvrent le tiers de la construction – soit plus de 12 millions d’euros.

Alors que près de la moitié du délai officiel est écoulée, et qu’en réalité la chasse aux financements privés est ouverte depuis des années, les généreux donateurs ne se sont engagés que pour un tiers du financement. Début octobre, on en était à près de 3,5 millions, d'après ce que Bertrand Roussel assurait au conseil métropolitain. Au rythme de 250.000 euros par mois, il manquerait encore 4,75 millions d'euros en janvier 2020. Le fait que Pierre Orefice cherche à ruser avec le calendrier n’annonce rien de bon.

jeudi 29 novembre 2018

Avec le Pas de côté, Johanna Rolland décale à plein tubes

Johanna Rolland et Jean Blaise « pérennisent » en catimini deux statues de Philippe Ramette installées pour Le Voyage à Nantes, plaçant l’architecte des bâtiments de France devant un fait accompli : s’il prétend faire son boulot, il aura l’air d’un méchant. (Après le toboggan du château, est-ce que ça va devenir une habitude ?)

Le problème n’est pas tant qu’on nous impose deux œuvres d’une valeur artistique incertaine : elles ne sont pas les premières, ni sans doute les dernières.

Non, le problème, c’est qu’on justifie leur présence avec un discours en toc, voire carrément mensonger quand l’adjoint à la culture parle de la création des deux œuvres. En bref, on prend les Nantais pour des gogos.


vendredi 9 novembre 2018

La Dame de l'Erdre

Ooooh ! mais quelle peut donc être la statue dissimulée sous ce long drap blanc, plus seyant qu’une burqa, il faut bien dire ? C’est sûr, ça n’est pas le Minotaure : il est parti pour Toulouse. Alors ? Cet intolérable mystère devrait être levé dimanche.

En attendant, par ces nuits tempêtueuses et sans lune, plus d'un passant croira voir... qui donc ?  Ophélie noyée dans l'Erdre ? Une Valkyrie rendant hommage à Odin ? Mais non, bien sûr : la Dame du lac, Viviane, tendant Excalibur au roi Arthur sorti de sa dormition en Avalon !

Après tout, à l'heure où la presse mondiale s'épate d'un folklore en contreplaqué fabriqué de toutes pièces dans un but commercial à Toulouse, Nantes a bien le droit de prendre une petite revanche avec la mythologie que les siècles nous ont léguée. Geoffroy de Monmouth avec nous !

Souvent Délivrance varie

Johanna Rolland fait remettre en place la statue de La Délivrance devant le monument aux morts de 14-18. Ce qu’elle avait pourtant exclu quatre ans plus tôt, comme le signale EL (merci à lui une fois de plus). Aujourd’hui un peu éclopée, elle a donc changé d’avis. Il faut savoir terminer un centenaire.


La réponse sans appel de madame le maire de Nantes n’avait pas tardé :

Il suffisait pourtant d’attendre un peu :




mardi 30 octobre 2018

Johanna Rolland : bientôt La Délivrance

Le 11 novembre verra la statue de La Délivrance revenir après trois quarts de siècle au haut de sa colonne du square du Maquis de Saffré. En a-t-elle fait couler de l’encre jadis, cette statue !

S’y intéresse-t-on encore aujourd’hui ? Un indice : les dons récoltés sur le site de la Fondation du Patrimoine, où Johanna Rolland a lancé une grande souscription en faveur de la statue. Le montant de la collecte est à peine croyable !

lundi 29 octobre 2018

Le musée d’arts de Nantes essaie de faire scandale

Pourquoi donner à une exposition un nom de gaine ? (Créée en 1933, la gaine Scandale, qui « amincit la silhouette sans comprimer le buste » a acquis une immense notoriété grâce à ses publicités aguicheuses – « obscènes », disait même Raymond Queneau.) Pour émoustiller le bon peuple, à n’en pas douter, et gonfler sans trop de peine les statistiques de fréquentation du musée d’arts en 2018.

Le Scandale impressionniste, exposition visible au musée jusqu’au 13 janvier 2019, porte un titre clairement mensonger. Le visiteur s’en aperçoit vite. Le musée ne s'évertue d’ailleurs pas à entretenir l’illusion : l’objet réel de l’exposition, c’est le Salon tenu à Nantes fin 1886, où étaient exposées 1.799 œuvres « réalisées par les plus grands représentants des différents courants artistiques de cette fin de XIXe siècle, de l’académisme à l’impressionnisme ». Elle vaut le coup d’œil à condition de ne pas y chercher de scandale, et pas trop d’impressionniste.


mercredi 17 octobre 2018

Inondations dans l’Aude, catastrophe à Nantes

Depuis 48 heures, la question travaille Carcassonne : pourquoi avoir construit un hôpital à Montredon ? Le nouvel hôpital de la ville, en service depuis quatre ans, a été gravement touché par le débordement de l’Aude ces derniers jours. « Il a été inaccessible pendant plusieurs heures avant que les accès ne soient dégagés et débarrassés des véhicules qui bouchaient les entrées après avoir été transportés par la montée des eaux », raconte La Dépêche. « Le plus grave pour cet établissement est l'inondation dans les sous-sols du bâtiment, en particulier dans les fosses des ascenseurs qui se sont retrouvées de fait immobilisés. »

Depuis que c’est arrivé, on dirait que tout le monde savait que ça arriverait. La presse et les réseaux sociaux sont pleins de prophéties rétrospectives. Il est vrai que Carcassonne a déjà subi des inondations graves (1820, 1891…). Le quartier de Montredon, où se dresse l’hôpital, se trouve à 1 km des rives de l’Aude. Selon le plan de prévision des risques d’inondation (PPRI) établi par l’État en 2013, il était inondable. La construction de l’hôpital était déjà bien avancée. Quelles précautions la municipalité de Carcassonne a-t-elle prises alors ? Elle a demandé que Montredon soit retiré du projet de PPRI…

La direction de l’hôpital insiste : le permis de construire était assorti de conditions très strictes, elles ont été respectées et malgré ça…

Comparaison n'est pas raison, mais tout de même, on ne peut s'empêcher de penser. On parie que le budget prévisionnel du futur CHU de Nantes, déjà annoncé comme le plus cher de France, vient de prendre encore 10 % d’augmentation d’un seul coup ?

jeudi 11 octobre 2018

Médiacités s'interroge sur les comptes de La Machine

Le site d'investigation Médiacités publie aujourd'hui une enquête détaillée d'Erwan Seznec sur l'opacité financière de l'association La Machine. On ignore ce que pourrait vraiment coûter le projet de L'Arbre aux Hérons, qualifié de « magnifique bricolage au surcoût inestimable ». Et encore plus ce que pourrait coûter son fonctionnement.

Pourquoi, alors, Toulouse Métropole s'engage-t-elle dans la même galère avec la Halle aux Mécaniques de Montaudran ? Parce que, révèle Erwan Seznec, les conditions ne sont pas les mêmes « il n’y aura pas un centime d’argent public versé pour de nouvelles créations de François Delarozière ». Un article éclairant et inquiétant !

Toujours dans Médiacités, lire aussi le récent article de Thibault Dumas et David Picot sur le projet YelloPark, pas du tout indispensable aux J.O. contrairement à ce que disait expressément Johanna Rolland.

dimanche 7 octobre 2018

Cinq nouvelles questions sur L’Arbre aux Hérons

La région des Pays de la Loire subventionne les collectivités locales. Elle a réservé 17 millions d’euros à Nantes Métropole. Chaque commune aura droit à quelque chose. Ce « ruissellement » de l’argent pris dans la poche des contribuables via les services de l’État puis ceux de la région pour aboutir aux communes est-il efficient ? Cela dépend sans doute de ce qu’il finance. Le plus gros morceau, 4 millions d’euros est destiné à L’Arbre aux Hérons.

Au conseil métropolitain du 5 octobre, Johanna Rolland a tenu à insister lourdement : ce choix a été approuvé par Christelle Morançais, présidente du conseil régional, pour qui L’Arbre est une priorité. Ce qui n’a pas empêché l’opposition métropolitaine d’exprimer une vague défiance. « Notre groupe ne conteste pas ce projet ni son intérêt mais son financement » a déclaré Rozenn Hamel au nom de la droite et du centre. Et de demander où en sont les études économiques sur L’Arbre aux Hérons, pour lesquelles le conseil métropolitain a voté en décembre 2017 un budget de 2,5 millions d’euros*.

La réponse de Fabrice Roussel, vice-président de Nantes Métropole, soulève plus de questions qu’elle n’en règle.

Première question : L’Arbre

Les études sont en cours, a assuré Fabrice Roussel, « nous aurons le modèle économique début 2019 ». Puisque ce modèle n’est pas encore validé, n’aurait-il pas été plus sage d’inviter la région à financer autre chose ? Si les études concluent finalement que L’Arbre aux Hérons n’est pas un bon projet, Nantes Métropole se sera bêtement privée de 4 millions d’euros de subventions régionales.

Deuxième question : La Machine

Il est bien possible, cependant, que Nantes Métropole ait déjà, des mois à l’avance, sa petite idée sur le résultat des études. « Depuis des années, nous avons des relations confiantes avec La Machine » a constaté Fabrice Roussel. Confiantes assurément, au point de lui avoir confié les études en question sans appel d’offre**. La Machine validera-t-elle les projets de La Machine ? Le suspense n’est pas vraiment insoutenable... Mais la confiance de la Métropole est-elle si bien placée ? Elle n’a pas empêché La Machine de créer La Halle aux Mécaniques de Toulouse, qui concurrencera directement Les Machines de l’île. Un bon contrat d’exclusivité vaut souvent mieux qu’une confiance aveugle !

Troisième question : l’argent public

Indépendamment des études, il faut trouver 12 millions d’argent public autre que celui de Nantes Métropole pour que L’Arbre aux Hérons se fasse. Voici donc 4 millions apportés par la Région. D’où viendront les 8 autres ? « Nous sommes en discussion avec le département et je ne doute pas que l’État sera au rendez-vous », a indiqué Fabrice Roussel. Est-il pas étrange que sur trois interlocuteurs publics, le plus empressé ait été une région de droite ? Le département socialiste et le gouvernement LREM se rallieront-ils au choix de celle-ci ?

Quatrième question : l’argent privé

Et puis il y a les financements privés. « Sur les engagements financiers des entreprises, nous en sommes aujourd’hui à près de 3,5 millions d’euros » a assuré Fabrice Roussel, sans citer un seul nom. Comme il faut une douzaine de millions, ce serait à peu près 30 % du chemin de fait depuis la création du Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons voici onze mois (à supposer que le fonctionnement du Fonds ne coûte rien, ce qui n’est pas le cas, évidemment). En décembre 2017, Nantes Métropole s’est donné deux ans pour disposer « des éléments techniques et financiers pour confirmer la réalisation de l’Arbre ». À ce train-là, on n’y arrivera pas. Comment la Métropole compte-t-elle accélérer le mouvement ?

Cinquième question : le fisc

« Nous avons encore quelques dispositions fiscales à régler », a admis Fabrice Roussel à propos des dons des entreprises. De quelles dispositions peut-il s’agir ? Probablement de celles qui permettent aux entreprises de déduire de leurs impôts 60 % du montant de leurs dons destinés à l’achat d’œuvres d’art. Hélas, la loi fiscale a défini ce qu’est une œuvre d’art (article 98 A de l’annexe 3 du code général des impôts). Sur la base de ce texte, la chambre régionale des comptes a expressément affirmé que les éléments du Carrousel des mondes marins « ne constituent pas des œuvres d’art ». On ne voit pas pourquoi ce qui s’applique au Carrousel ne s’appliquerait pas à L’Arbre. Sans réduction fiscale, les dons coûtent deux fois et demie plus cher aux entreprises : comment la Métropole compterait-elle alors les convaincre ?
__________
* En réalité, c’est dès le 10 février 2017 que Nantes Métropole a voté la réalisation d’études confiées à Nantes Métropole Aménagement. La décision de décembre 2017 a simplement « autorisé » qu’elles soient effectuées en fait par l’association La Machine.
** Argument invoqué : les règles habituelles des marchés publics ne s’appliquent pas aux œuvres d’art. En réalité, il s’agit d’une simple possibilité ouverte par l’article I-3-a du décret 20116-360 du 25 mars 2016. Les acheteurs publics peuvent parfaitement procéder à une mise en concurrence. 

jeudi 4 octobre 2018

L’Arbre aux Hérons, priorité stratégique pour la région des Pays de la Loire

 « L’action se passe dans les Pays de la Loire, c’est-à-dire nulle part »
Sven Jelure, d’après Alfred Jarry, Ubu roi

Si l’information ne venait pas d’Ouest France, on croirait à un canular : Laurence Garnier, au nom de la région des Pays de la Loire, va attribuer une subvention de 4 millions d’euros au projet de L’Arbre aux Hérons. Soit 11,4 % de son coût prévisionnel. La question servira de hors-d’œuvre au conseil métropolitain ce vendredi.

L’étonnant n’est pas que Laurence Garnier arrose L’Arbre aux Hérons. Après l’avoir radicalement condamné en 2014, elle rame pour expliquer que si, quand même, au fond, elle est pour, juste un peu différemment. Par exemple, elle proposait de faire parrainer les feuilles de l’Arbre par des particuliers. L’étonnant est plutôt qu’elle parle au nom de la Région, dont elle est vice-présidente chargée de la culture.

Un aspirateur à subventions ?

L’Arbre aux Hérons relèverait donc de la culture ? Puisque tout fait culture de nos jours, pourquoi pas ? Le budget primitif de la région des Pays de la Loire a prévu 21,5 millions d’euros d’investissements au chapitre « Culture, sport, vie associative, bénévolat et solidarités » en 2018. L’Arbre aux Hérons absorberait donc à lui seul près d’un cinquième du budget régional d’une année pour l’ensemble de cette rubrique. Toutes les associations culturelles, sportives et autres qui voient leurs projets retoqués sauront où l’argent est allé !

Mais ça ne colle pas ! La région a solennellement adopté une « nouvelle stratégie pour la culture » en juin 2017. Une stratégie articulée selon trois axes, « Pour les territoires et les publics », « Pour les artistes, les créateurs et les projets » et « Pour entrer dans la culture du 21e siècle » (au bout de dix-huit ans, il serait temps !). L’Arbre aux Hérons n’entre dans aucune de ces trois catégories.

Un appel à projets bouclé d’avance

Aussi n’est-ce pas dans le budget dont elle a la charge que Laurence Garnier range le projet mais dans la politique contractuelle de la Région. « La Région passe des contrats de territoires avec toutes les communautés de communes, pour venir appuyer leurs politiques », explique la vice-présidente*. « On leur demande quels projets sont prioritaires à leurs yeux. Cela ne veut pas dire qu’on les cautionne. Que n’aurait-on pas entendu si la Région avait choisi certains projets et pas d’autres, se substituant ainsi aux élus métropolitains ? »

La Région serait donc une simple chambre d’enregistrement où les élus métropolitains dicteraient leurs désirs aux élus régionaux, et Laurence Garnier une préposée aux coups de tampon malgré ses presque 4.000 euros mensuels d’indemnité de vice-présidente…

Heureusement, c’est faux. Les contrats passés avec Nantes Métropole, Angers et Le Mans ne sont pas des chèques en blanc. Ils se traduisent concrètement par des appels à projets. « Les thématiques de ces appels à projets seront élaborées en concertation avec les chefs de file des trois territoires sur la base de priorités stratégiques partagées avec la Région », spécifie cette dernière. Qui insiste lourdement : « Dans une logique d’optimisation, la Région recherchera systématiquement la complémentarité avec ses dispositifs sectoriels »

Conclusion logique : si la Région finance L’Arbre aux Hérons, ce n'est pas qu'il lui a été imposé, c’est qu’elle le considère comme une priorité stratégique mitonnée en concertation avec Nantes Métropole ! 
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* Qui d’ailleurs se plante : avec Nantes Métropole, Angers et Le Mans, la Région ne signe des « contrats de territoire » mais des « contrats de développement métropolitain ».

lundi 24 septembre 2018

Arbre aux Hérons : une explication de non-gravure s'impose

Des « récompenses » ont été promises aux donateurs de la campagne menée sur Kickstarter en faveur de L’Arbre aux Hérons. Cinq mois après, elles arrivent au compte-goutte. Mais la plus remarquable manque à l’appel.

lundi 17 septembre 2018

Que doit vraiment coûter L'Arbre aux Hérons ?

Vous pensiez que L'Arbre aux Hérons coûterait 35 millions d'euros ? Moi aussi : depuis au moins cinq ans, ce montant quasi officialisé par Nantes Métropole était cité un peu partout.

Pourtant, La Machine recrute un chargé de mission afin de refaire le calcul à partir de zéro...

mercredi 12 septembre 2018

Le Voyage à Nantes : un été 2018 formidable – enfin, presque

C’est si prévisible que c’en est presque décevant : Le Voyage à Nantes bidonne le bilan de son opération estivale 2018 comme il avait bidonné les bilans de 2017, 2016, 2015, 2014, 2013 et 2012.


En revanche, contrairement aux années précédentes, il ne s’est pas empressé de publier ses chiffres dans un dossier de presse trop facile à décortiquer. Il faut le croire sur parole.
La saison 2018 n’était pas bien bonne ? Pas grave, par définition elle est réussie quand même, et de toute façon, ça sera encore mieux l’année prochaine. En attendant les 7 millions de visiteurs annoncés par Nantes Plus pour 2021 !

mardi 11 septembre 2018

L’esprit de l’escalier

« C’est de la folie de refaire la même chose en espérant un résultat différent », disait paraît-il Einstein. Quand des militants ont peint l’escalier de la rue Beaurepaire en six couleurs au mois de juin, d’autres l’ont partiellement barbouillé de blanc quelques jours plus tard. Que se passerait-il si les mêmes, munis cette fois de toutes les herbes de la Saint-Jean municipales, repeignaient à nouveau les marches ? Devinez un peu ?
Si l’on tenait vraiment à repeindre l’escalier au lieu de le nettoyer, il fallait le protéger, comme Nantes sait si bien faire d’habitude. Y mettre des caméras, la police municipale, des patrouilles de l’Opération Sentinelle, les vigiles de Lynx Assistance... À moins de viser une posture victimaire, genre si l’on te frappe sur la marche gauche, tend la marche droite. L’auréole du martyr se porte bien, surtout quand on l’a acquise d’un coup de pinceau. C’est sans doute moins douloureux que d’être boulotté par les lions.
« La ville va porter plainte et interviendra au + vite pour effacer les dégradations », annonce Johanna Rolland sur Twitter. Attention à bien rédiger la plainte pour qu’elle ne vise pas aussi les peintres amateurs. Quant à effacer les dégradations, on se souvient des résultats du nettoyage au Kärcher pratiqué par les services municipaux en juin : « c’est de la folie de refaire la même chose », etc.
Si Johanna Rolland tient absolument à refaire son escalier polychrome, qu’elle prenne les précautions nécessaires. Et elle n’a pas besoin d’aller bien loin pour savoir quoi faire. Le long des marches de granit, entre l’escalier et la boutique Rougier & Plé, un escalator mécanique témoigne de la technicité à la nantaise. Soigneusement enfermé depuis des années, il est à l’abri de toute dégradation. Placer l’escalier de la rue Beaurepaire sous sarcophage, voilà une solution efficace et consensuelle !

Derrière la tôle de gauche, un escalier mécanique parfaitement protégé 


P.S. La mairie de Nantes n’a pas toujours manifesté le même intérêt pour l’art urbain, ainsi que le rappelle excellemment E.L. En 2012, sur un mur pourtant destiné aux graffeurs, avait été inscrit en lettres énormes : « Où sont les gens du Voyage à Nantes ? ». Comme le racontait alors le blog de l’académie de journalisme du Monde, la décoration avait été « grossièrement recouverte de peinture grise, trois jours plus tard, par les services de la ville ».

samedi 8 septembre 2018

Plus de couleurs à Nantes

Nantes a du mal avec les couleurs. Elle a fourni gracieusement des peintures de différentes couleurs à un groupe qui entend badigeonner aujourd'hui même l'escalier de la rue Beaurepaire, au milieu du cours des 50 otages. Ce que son Plan de sauvegarde et de mise en valeur proscrit par ailleurs. La police municipale va devoir jouer les caméléons.

mardi 4 septembre 2018

Nantes, dindon de la farce, va se faire hacher menu par les Mécaniques de Toulouse

« Les Machines de l’île sont un projet artistique unique au monde », répète avec application Nantes Métropole. Dans deux mois, l’unique, c’est fini : la Halle aux Mécaniques de Toulouse aura mieux à proposer, sous la direction de François Delarozière soi-même.

Les moyens offerts à ce dernier par Jean-Marc Ayrault en 2004 vont se retourner contre Nantes, qui n’a rien vu venir. Pendant que ses amis amusaient la galerie nantaise avec L’Arbre aux Hérons, François Delarozière a pu travailler discrètement à ce projet plus capital pour lui. À encenser les hérons, Nantes se retrouve dans le rôle du dindon de la farce.


jeudi 30 août 2018

La gestion approximative du Fonds de dotation de L'Arbre aux Hérons

Avec retard, le Fonds de dotation de L'Arbre aux Hérons a fini par publier ses comptes pour 2017. Son déficit a contribué à diminuer celui du Voyage à Nantes. Serait-ce pour cela qu'ils ne sont pas certifiés par son commissaire aux comptes ?
Un article à lire sur Nantes+ (http://nantesplus.org/fonds-de-dotation-de-larbre-aux-herons-le-diable-et-ses-details/)

Les entreprises ne sont pas pressées de se payer L'Arbre aux Hérons

Nantes Métropole avait annoncé que quinze entreprises étaient prêtes à apporter chacune 50.000 euros à L'Arbre aux Hérons.  Mais en 2017 le Fonds de dotation de L'Arbre aux Hérons n'a pu récolter que trois fois 15.000 euros. A ce train-là, il faudrait plus de 42 ans pour financer la construction... Un article à lire sur Nantes+ (http://nantesplus.org/plus-de-donateurs-a-trouver-pour-larbre-aux-herons/)

mercredi 29 août 2018

Arbre aux Hérons ou vache à lait ?

Pour les services qu'il lui a rendus en 2017 (moins de deux mois d'activité), Le Voyage à Nantes a facturé au Fonds de dotation de L'Arbre aux Hérons une somme à peine croyable ! Oui, Le Voyage à Nantes pompe les sous de L'Arbre aux Hérons... A découvrir sur Nantes+ aujourd'hui.

Réparé d'un bout, le palais de justice craque de l'autre

Encore jeune bâtiment de huit ans seulement, le palais de justice vient d'être coûteusement rénové. Et ça n'a pas suffi... Voir le billet publié aujourd'hui par Nantes+.

dimanche 26 août 2018

Le Voyage à Nantes 2018 : encore un instant M. le bourreau

Le Voyage à Nantes 2018 est prolongé d'une semaine. Parce qu'il remporte un immense succès ou pour améliorer ses statistiques ? Réponses dans quelques jours. En attendant, voici de quoi faciliter la comparaison...

La suite est à lire sur Nantes Plus -- http://nantesplus.org/le-voyage-a-nantes-plus-2018-encore-un-instant-monsieur-le-bourreau/

mercredi 8 août 2018

Le square Daviais, pays de cocagne selon Le Voyage à Nantes

Le touriste zélé qui s’applique à suivre dans l’ordre la ligne verte tracée au sol par Le Voyage à Nantes part de la gare, passe par le Lieu Unique et le château des ducs de Bretagne puis rejoint la place du Bouffay pour admirer l’Éloge du pas de côté. Jusque-là tout va bien.

Puis il plonge dans les profondeurs du Carré Feydeau pour contempler Outside, de Firman (claustrophobes s’abstenir), enfile la rue Kervégan et fait halte au Temple du goût avant de déboucher sur la place de la Petite-Hollande et le stade Daviais. Oh-ho, se demande-t-il alors, où sommes-nous donc là ?


Il consulte son programme officiel du Voyage à Nantes. Oui, il y a bien là une étape sur la ligne verte, le numéro 11 du parcours, intitulé « Stations gourmandes ». « Chacun peut venir pique-niquer ou cueillir fruits, légumes et herbes aromatiques dans ces vergers et potagers urbains » explique le programme. Ah ! que d’agrestes réjouissances -- à ne pas confondre avec la soupe populaire -- proposées à chacun par le service des espaces verts de Nantes Métropole.

Mais le touriste n’est pas seul et doit partager les lieux. « Les insectes et les oiseaux trouvent aussi nourriture et abri dans ces nouveaux refuges aux multiples cachettes », avertit Le Voyage à Nantes. Ils sont maousses, les insectes réfugiés dans ces cachettes nantaises, pense notre touriste zélé.

jeudi 2 août 2018

La campagne de L’Arbre aux Hérons sur Kickstarter a rapporté moins qu’on ne croit

Consternation des « gros » contributeurs du projet Kickstarter Arbre aux Hérons / The Herons’ Tree à la lecture d’Ouest France la semaine dernière. Interrogée par Stéphanie Lambert, Karine Daniel, directrice du Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons, révélait que leurs récompenses n’arriveront pas avant septembre. Ils devaient initialement les recevoir « entre mai et juillet 2018 ».

Pour expliquer le retard des récompenses « numériques » ‑ affiches et certificats de copartage transmis via internet sous forme de fichier – les animateurs de la campagne avaient avancé une excuse légèrement vaseuse : les certificats devant être numérotés et personnalisés, il fallait disposer de tous les noms avant de les établir. Comme s’ils ne savaient pas ajouter un nom à un fichier existant…

Bien entendu, l’excuse ne vaut pas pour les récompenses « matérielles »* ‑ affiches, croquis, casquettes ou sacs en coton. Karine Daniel invoque à présent le risque de retours postaux : beaucoup de destinataires pourraient être partis en vacances ces jours-ci. Ce qui aurait été une raison de plus pour envoyer les récompenses à la date prévue, « entre mai et juillet », non ? Tout était annoncé de longue date, il suffisait de faire rouler… Et qu’on ne vienne pas invoquer le nombre élevé de donateurs : il y en a eu 5.511 alors que Pierre Orefice en espérait 10.000.

Kickstarter, ça a eu payé

Au fait, ces récompenses, quel en est le prix ? Aux 373.525 euros officiellement récoltés, « il faut soustraire 80 000 à 100 000 € de frais », assure Ouest France. Entre 21 et 27 %, donc. En effet, la production et l’envoi des récompenses ont un coût. « N'oubliez pas que les fonds engagés par les contributeurs pour couvrir les frais de livraison sont comptés dans votre objectif de financement », rappelle Kickstarter aux porteurs de projet.

Un contributeur qui voulait faire un don de 50 euros, par exemple, devait payer 7 euros en plus pour l’envoi de ses récompenses. Et la somme inscrite dans la masse des dons était de 57 euros… Cela concerne quand même 2.211 contributeurs, soit un montant total d’au moins 15.477 euros. Pour les donateurs de 100 euros et plus, l’envoi postal d’un croquis imprimé était facturé 9 euros, soit au moins 696 x 9 = 6.264 euros**.

À ces 15.477+6.264 = 21.741 euros de frais d’envoi (qui ramènent le montant réel des dons à 351.784 euros), il faut ajouter plusieurs autres postes de dépense :

  • une quote-part du salaire de la directrice du Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons. Il n’a pas été publié, mais quand le recrutement a été lancé, l’ordre de grandeur envisagé pouvait dépasser 60.000 euros par an
  • l’impression des affiches et croquis, et éventuellement celui de leur dédicace par les créateurs de l’Arbre,
  • la confection des casquettes et sacs en coton,
  • les prestations assurées par Troopers Agency (qu’elles soient facturées en direct par le prestataire ou refacturées par Nantes Métropole, qui ne peut subventionner un fonds de dotation),
  • les gravures sur les bancs des Machines de l’île promises aux contributeurs à 1.000 euros. Or il ne s’agit pas de graver de simples plaques en plastique puis de les coller sur des bancs. La campagne Kickstarter est tout à fait claire à cet égard : les noms seront gravés sur les bancs, ce qui revient beaucoup plus cher.
Tout ça paraît déjà beaucoup ? Attendez voir ! Les récompenses futures à provisionner représentent un morceau encore plus difficile à avaler. On y reviendra.
_____________
* Sauf pour les donateurs de 500 ou 1.000 euros, récompensés par des croquis personnalisés et numérotés de 1 à 250 – ce qui confirme qu’on avait vu large puisque 125 dons seulement ont été reçusdans cette catégorie.
** Le montant réel est probablement supérieur, les frais étant plus élevés pour certains contributeurs habitant à l’étranger


À lire dans Capital,
un article de Rozenn Le Saint
qui ne semble pas très convaincue par
les glorieuses perspectives de L’Arbre aux Hérons


mardi 31 juillet 2018

L’Éléphant des Machines de l’île finit juillet en panne

La Cantine du Voyage ne marche pas très fort, révélait Ouest France hier soir. Elle n’est pas seule. Le Grand éléphant des Machines de l’île n’en finit pas d’enchaîner les pannes. Aujourd’hui encore, en plein milieu de la saison, par un temps idéal, beau mais pas trop chaud, il s’est trouvé mal à côté du Carrousel des mondes marins (qui du coup a vu sa fréquentation remonter subitement). Décidément, le nouveau moteur de la Machine, dont on attendait des merveilles, est un désastre.

Le pronostic n’a pas l’air trop favorable

Pierre Orefice vient constater la situation

jeudi 26 juillet 2018

Les « récompenses » de L’Arbre aux Hérons posent plus de questions qu’elles n’en résolvent

Les promoteurs de l’Arbre aux Hérons bougent enfin ! Les interpellations de donateurs sur la page Kickstarter du projet, relayées ici-même, ont dû causer quelque émoi. Le 25 juillet en fin de journée, les donateurs ont commencé à recevoir leurs « titres de copartage », qui ne leur donnent droit à rien de spécial, et une affiche électronique. On suppose que les récompenses « en dur » suivront.

L’envoi a beau être tardif, il donne pourtant un sentiment d’impréparation. Le projet semble emberlificoté dans une situation juridique complexe où s’entremêlent trois entités en principe distinctes : un établissement public de coopération intercommunale régi par le code général des collectivités locales (Nantes Métropole), une société publique locale régie par le code de commerce (Le Voyage à Nantes) et un fonds de dotation régi par la loi du 4 août 2008 (le Fonds de dotation de L'Arbre aux Hérons). Prêt pour la visite ? Accrochez vos ceintures !

  • Le courriel annonçant l’envoi des récompenses émane de l’adresse contact@arbreauxherons.fr
  • Il contient des liens destinés au téléchargement des récompenses. Ces liens renvoient vers une page du site web des Machines de l’île.
  • Sur cette page des Machines de l’île figurent des liens destinés au téléchargement des récompenses (bis). Ces liens dirigent vers une page dont l'URL commence par arbre-aux-herons sur un autre site géré par l’agence web Troopers Agency. Va-t-on continuer longtemps ce renvoi de balle ?
  • Non : le téléchargement s’effectue enfin. Voici le titre de copartage. Daté du 5 mai, il était donc prêt depuis longtemps. Le délai mis à son envoi suggère que quelque chose ne tourne pas rond, héron, héron, petit patapon.
  • Sur le site web des Machines de l’île, on a aperçu au passage un joli logo symbolisant, on suppose, L’Arbre aux Hérons entouré de la mention : « Les Machines de l’île ». Mais sur le titre de copartage, pourtant à en-tête des Machines de l’île, le même logo est entouré de la mention « Le fonds de dotation ».

En fait de logos, ce titre de copartage daté du 5 mai 2018 en comporte aussi un autre, assez étonnant : « Les Machines de l’île – 10ème année – juillet 2006-juillet 2017 ». Et d’une, 2006-2017, ça fait onze ans et pas dix. Et de deux, juillet 2006 n’a rien à faire là puisque Les Machines de l’île ont ouvert leurs portes le 30 juin 2007. Et de trois, juillet 2017 ne rime plus à rien en juillet 2018. Un indice de la confusion qui règne au sommet de l’Arbre ? Mais ne nous égarons pas, l’histoire est déjà assez compliquée comme ça. Revenons à nos hérons.

  • Sur le titre de copartage figurent les signatures de Bruno Hug de Larauze, « Président du fonds de dotation », de François Delarozière, « Co-auteur », et de Pierre Orefice, « Co-auteur ». Or il n’existe aucun lien juridique entre Les Machines de l’île et le fonds de dotation, pas plus qu’entre ce dernier et les co-auteurs, ni entre François Delarozière et Les Machines de l’île.
  • Les Machines de l’île ne sont d’ailleurs pas une entité juridique mais une marque, propriété de la société Le Voyage à Nantes. Celle-ci n’a aucun rôle officiel dans le projet de L’Arbre aux Hérons. Et Pierre Orefice, qui est à la fois l’un de ses dirigeants et l’un des co-auteurs du projet, doit marcher sur des œufs : toute dépense en faveur de L’Arbre aux Hérons qui ne serait pas faite aussi au bénéfice des Machines de l’île, ou plus largement du Voyage à Nantes, risquerait d’être qualifiée d’abus de biens sociaux*.
  • On suppose donc que les frais de conception, de réalisation et d’envoi des récompenses ont été supportés par le Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons, dont c’est le boulot ; Les Machines de l’île ne seraient là que pour faire joli. D’ailleurs, on l’a dit, le courriel annonçant l’envoi des récompenses venait du site arbreauxherons.fr n’est-ce pas ? Mais en réalité, le domaine arbreauxherons.fr n’appartient pas au fonds de dotation, et pas davantage aux Machines. Il appartient à Nantes Métropole – également propriétaire de la marque « L’Arbre aux Hérons ».

  • Quant à l’agence web Troopers Agency, d’où sont téléchargées les récompenses, elle ne mentionne pas le Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons parmi ses clients. En revanche, elle mentionne Nantes Métropole.
Ouest France, qui a aussitôt signalé l’envoi des récompenses, n’a pas semblé remarquer la moindre anomalie. Il est vrai que cette salade russe ne change rien pour les donateurs : ils ont versé leur argent, ils ont leur titre de coparticipation, ils auront (peut-être) L’Arbre aux Hérons.  Mais pour les citoyens et les contribuables, il en va peut-être autrement, car si la loi permet aux collectivités locales de créer des fonds de dotation, elle leur interdit de les subventionner, même indirectement. Ces bizarreries signalent au moins une vie occulte du projet qui n’annonce rien de bon.
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* Le délit d'abus de biens sociaux est prescrit au bout de trois ans ; 2018 + 3 = 2021, ce qui mène quand même au-delà des prochaines élections municipales. (Remarque sans aucun rapport avec le sujet, NDLR.)

mardi 24 juillet 2018

Arbre aux Hérons : où donc les contributions se sont-elles envolées ?

Le silence des promoteurs de l’Arbre aux Hérons devient vaguement inquiétant pour les 5 511 contributeurs du projet via Kickstarter. En remerciement pour leur argent, ils devaient recevoir des « récompenses » promises initialement en mai ou juin. Au 24 juillet, il semble que tout le monde attend encore.

Sur la page Kickstarter de L’Arbre aux Hérons / The Herons’ Tree, on en est à deux douzaines de commentaires réclamant les contreparties, ou au moins des nouvelles. « Nous sommes déjà fin juillet et toujours rien », écrit par exemple ACW. « Ni récompenses ni même la moindre communication à notre égard. Malheureusement, cela sème le trouble et perturbe un peu notre confiance dans ce si beau projet. »

Pourtant, les interlocuteurs possibles ne manquent pas :

  • M. Bruno Hug de Larauze, président du Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons, désigné par Kickstarter comme responsable du projet et donc des récompenses.
  • Mme Karine Daniel, ex députée socialiste, embauchée par Nantes Métropole comme directrice générale du Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons, dont les fonctions incluent la communication autour du projet.
  • M. Pierre Orefice, directeur des Machines de l’île, qui n’a pas de fonction officielle dans le projet mais a toujours fait comme s’il en était le patron au courrs de la campagne Kickstarter.
  • Mme Johanna Rolland, maire de Nantes, qui a toujours tenu à informer ses électeurs des étapes franchies par le projet.
Toutes ces personnes si empressées quand il s’agissait de faire rentrer l’argent sont-elles parties en vacances en oubliant leur smartphone ? « Les contributions s’envolent », lit-on sur le site web de Nantes Métropole (ci-dessous). On espère quand même qu’elles ne se sont pas envolées à tout jamais.


mercredi 18 juillet 2018

Les donateurs de L’Arbre aux Hérons ne voient toujours rien venir

Les 373.525 euros recueillis pour financer un petit bout* de L’Arbre aux Hérons ont suscité des clameurs enthousiastes voici trois mois. Les clameurs se sont tues. Et des voix plus timides commencent à demander : « Et maintenant ? ».

Comme toute campagne de financement participatif qui se respecte, la campagne L’Arbre aux Hérons / The Herons’ Tree proposait une gamme de contreparties en fonction des montants donnés : du simple remerciement à dix ans d’entrées gratuites en passant par différents goodies du genre casquette ou certificat de propriété dessiné par Muntaner. Les récompenses devaient parvenir aux contributeurs entre mai et juillet 2018.

« Tous les donateurs ont reçu entre autre un titre de copropriété de l’Arbre aux Hérons pour toute la vie de l’Arbre », assure la ville de Nantes. C'est complètement faux. Il semble que personne n’ait rien reçu à ce jour. Depuis une dizaine de jours, le site Kickstarter a commencé à enregistrer des interrogations angoissées de donateurs qui ne voient rien venir. Bon, on n’en compte encore qu’une douzaine. Mais c’est déjà assez significatif en comparaison du nombre total de commentaires exprimés pendant la campagne de financement : 71.


Face à ces interrogations, silence total côté Arbre aux Hérons. Nantes Métropole a pourtant pris soin de créer un Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons, chargé de la communication autour du projet et dirigé par l’ancienne députée socialiste Karine Daniel. Si elle ne montrait pas plus de diligence envers ses administrés, on comprend pourquoi elle n’a pas été réélue.

Une bonne partie des cadeaux prévus consistait pourtant en simples documents papier. Ils étaient déjà conçus puisque leur fac-simile était visible sur le site Kickstarter. Restait à les imprimer et à les envoyer : faut-il vraiment trois mois pour cela ? « N’ayant pas encore reçu la totalité des formulaires, nous ne pouvons pas commencer l’envoi des contreparties », écrivaient les organisateurs début juin. Rien ne les obligeait pourtant à attendre d’avoir tous les formulaires.

Mais au fait, qui est responsable de l’envoi de ces récompenses aux contributeurs ? La règle de Kickstarter est claire : c’est le « créateur » du projet. C’est-à-dire, toujours selon Kickstarter, Bruno Hug de Larauze. C’est à lui, en principe, que Kickstarter a versé l’argent. Cela pourrait bien susciter quelques difficultés comptables. Mais difficultés ou pas, les donateurs, eux, ont apporté leur argent en mars-avril. M. Hug de Larauze, qu’attendez-vous pour honorer votre engagement ?
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* Selon Les Machines de l’île, la longueur cumulée des vingt-deux branches de L’Arbre aux Hérons sera de 1.400 mètres, dont 500 mètres seulement accessibles au public, pour un coût total de 35 millions d’euros. La construction reviendra donc à 25.000 euros du mètre linéaire, le financement Kickstarter couvrant un peu moins de quinze mètres. Le donateur moyen (67,78 euros) aura financé 2,7 millimètres d'une branche.

samedi 14 juillet 2018

Cycliste à Nantes : (8) la continuité cyclable nord-sud interrompue en son milieu

La bande cyclable qui relie le cours des 50 otages au cours Olivier de Clisson en traversant la ligne 1 du tram avait déjà un air un peu étrange, partagée qu’elle était par un poteau de feu tricolore avant d’aboutir côté sud sur un rond-point à la signalisation énigmatique.

Depuis quelques jours, son aménagement est devenu carrément ubuesque. Elle est barrée dans le sens nord-sud par trois balises jaunes interdisant le passage. Les cyclistes doivent effectuer un crochet en pleine circulation, avec la circonstance aggravante du franchissement des rails du tram et de va-et-vient piétonniers anarchiques.

Qui parviendra à fournir une explication logique à ce dispositif incompréhensible et dangereux ?




mardi 10 juillet 2018

Quand le Grand éléphant des Machines de l’île devient un boulet

« Comment gâcher un weekend avec une réservation annulée et du personnel détestable » : tel est le titre d’un commentaire publié sur TripAdvisor voici quelques jours à propos des Machines de l’île. Et son auteur tourangeau d’expliquer : « Apres avoir réservé 3 places, un voyage et une nuit d'hôtel pour voyager en éléphant. On nous annonce très sechement au moment du départ qu'il est en panne depuis hier et qu'aucun dédommagement n'est prévu... »

Même si les commentaires favorables, voire dithyrambiques, sont très majoritaires, ce genre de critique n’est pas à prendre à la légère. Que le Grand éléphant tombe en panne n’émeut pas les Nantais : ils reviendront le voir une autre fois. Mais quand une famille tourangelle vient à Nantes pour un tour dans la machine, c’est un gros revers pour elle.

Or cette famille n’est sûrement pas seule : les pannes du Grand éléphant se multiplient depuis sa rénovation de l’hiver dernier. Après un arrêt planifié du 25 au 29 juin, il n’a pu être remis en service normal. Il a fallu annuler des trajets ce week-end et hier.

Ni international ni de grande qualité

Quand le conseil communautaire de Nantes Métropole a voté la création des Machines de l’île, le 18 juin 2004, il a précisé : « Le projet retenu doit être de grande qualité et capable d’attirer un public à la fois national et international. » Un équipement souvent en panne n’est sûrement pas « de grande qualité ». Quant à « attirer un public à la fois national et international », l’échec est évident : le public des Machines de l’île est en grande partie local et régional. Et il est probable que leurs visiteurs nationaux et internationaux, pour beaucoup, viennent les voir « en passant », sur la route des plages ou du Puy du Fou : elles ne sont pas une attraction en soi.

"Merci de votre compréhension", mais pas un mot d'excuse !
Quand Les Machines de l’île déçoivent un visiteur, la moindre des choses serait de s’en excuser et de se mettre en quatre pour compenser. Un « personnel détestable » est gravissime dans un contexte touristique. Et il est vrai que Les Machines de l’île prennent leur responsabilité à la légère. Une panne, c’est désormais la routine. Quand elles arrêtent l’Éléphant, elles le signalent par une simple pancarte et ne font rien pour cajoler les visiteurs déçus. Elles leur proposent simplement de prendre un billet pour la Galerie des Machines – qui du coup se trouve engorgée par un public trop nombreux.

Il ne serait pourtant pas compliqué d’assurer un accueil spécifique – qui pourrait être confié aux servants de l’Éléphant, puisque les voilà désœuvrés – et de proposer des billets à prix réduits pour le Carrousel, qui tourne presque toujours en sous-régime, ou des consommations au bar. La SNCF fait mieux dans un contexte plus difficile. Hélas, l’imagination dont se targue volontiers Pierre Orefice, patron des Machines, ne s’applique pas au bien-être des visiteurs.

lundi 2 juillet 2018

VAN 2018 : éloge du pas de côté, ou la ligne verte en crabe

L’Éloge de la transgression de Philippe Ramette exposé cours Cambronne par Le Voyage à Nantes a déjà été montré ailleurs, en particulier au Centre Georges Pompidou de Paris en 2011. Quid de l’Éloge du pas de côté visible place du Bouffay, qui sert d’affiche à la manifestation estivale ? Davantage original, il ne l’est quand même pas tout à fait. Ramette a déjà présenté un Éloge du pas de côté à la galerie Xippas de Paris en 2016. Le format était plus petit, le matériau différent, le costume de l’autoportrait plus casual, mais le concept était exactement identique, comme son nom.

Saisir un personnage dans un instant d’équilibre transitoire est une idée vieille comme l’Antique : elle inspirait déjà le Discobole de Myron voici vingt-cinq siècles. Si l’on veut des exemples d’équilibre sur un pied, on en trouvera des quantités, tantôt gracieux (comme les Arabesques d’Edgar Degas) tantôt plus robustes (comme le Sinnataggen de Josef Vigeland).

Mais ce qui intéresse le sculpteur, ici, n’est pas le mouvement, ni l’équilibre, ni la beauté. Peu importe que son personnage rigide et inexpressif s’apprête à se casser la figure – en tombant à droite, horrible détail ! Son souci est conceptuel. À propos de l’Éloge du pas de côté de 2016, Éric Simon, dans le blog Actuart, écrivait qu’il continuait « une des réflexions chères à Ramette, celle autour de la question du socle ». 

Clairement, cette réflexion se prolonge avec Le Voyage à Nantes – chère à Ramette, elle devient coûteuse aux Nantais. « Dédié à la ville de Nantes, Éloge du pas de côté rend hommage à la ville, à son engagement et à son rapport étroit avec la culture », assure le cartel posé place du Bouffay. Qui oserait ne pas s'émouvoir devant tant de bonne grosse flagornerie ?

Le jeu entre la statue et son socle est une idée rigolote mais pas neuve. C’est un classique de la sculpture animalière et de l’art funéraire, par exemple. Ce qui est nouveau, peut-être, chez Ramette, c’est qu’il y va à la serpe, avec un clin d’œil appuyé, afin que le populo ne risque pas de passer à côté. Chez lui, le socle n'est plus seulement un élément de l’œuvre mais son point focal.

Ses prédécesseurs traitaient l’idée de manière plus subtile. Il n’est pas nécessaire d’aller bien loin pour le constater. Tous les Nantais connaissent par exemple le groupe de Charles Correia dont le socle forme un balcon fictif sur la façade arrière du théâtre Graslin. Nos œuvres verniennes illustrent aussi la « question du socle » :

  • Le Buste de Jules Verne, de Georges Bareau, au Jardin des plantes, est juché sur un piédestal qui englobe lui-même deux statues, celles d’une femme et d’un enfant lisant les Voyages extraordinaires, assis sur leur propre socle.
  • Le Michel Ardan, de Jacques Raoult, rue de l’Héronnière, repose sur un socle divisé en quatre parties qui prolongent comme des ailettes l’obus géant de De la Terre à la Lune.
  • Le Jules Verne enfant d’Élisabeth Cibot, qui orne depuis 2005 la montée de la butte Sainte-Anne, est assis sur son socle en forme de banc (dans un mouvement moins raide que celui de l’autoportrait de Ramette).
Toujours à propos de socle, on ira voir L’Épave de Paul Auban, dans le square Maurice-Schwob (le récif sur lequel la Bretonne recueille le corps de son fils noyé), le Gorille enlevant une femme d’Emmanuel Frémiet, au musée d’arts (un rocher sur lequel le grand singe hisse sa proie), La Cigarière, de Jacques Raoult, à la Manufacture des tabacs (des outils du métier), ou Aristide Briand, également de Jacques Raoult, sur la place du même nom (une évocation de l’Europe). Mais personne n’a traité la « question du socle » plus radicalement que Jean Fréour avec son Anne de Bretagne, devant le château. De plain-pied avec ses sujets, la duchesse n’a pas besoin d’un piédestal pour s’imposer.

Au fait, toutes ces sculptures ont un point commun : le parcours du Voyage à Nantes les ignore. Il s’acharne en revanche à signaler des œuvres comme la Canadienne, qui dépare la terrasse du Un (étape 16), L’Absence, qui aggrave l’état esthétique de l’École d’architecture (étape 19) ou le Cours à travers, qui encombre les jardins de l’hôtel de ville (étape 49). Il signale bien sûr le Jardin des plantes mais n’y voit, en fait de statues, que « quelques oeuvres restées permanentes de l'artiste Claude Ponti, telles que les "Bancs processionnaires", le "Banc géant" ou le "Dormanron" une sorte d'ours faisant la sieste sur la pelouse ».

Nantes, avant Blaise, n’existait pas. Éloge du pas de côté, soit, à condition de marcher en crabe le long de la ligne verte !
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P.S. Un lecteur (merci E.L.) signale cette statue de Charles La Trobe par Charles Robb installée à l’université Latrobe de Melbourne (Photo RB30DE sur Wikipedia) :