samedi 29 juin 2019

Les grands donateurs de l’Arbre aux Hérons doivent se serrer pour s’asseoir

« Les NOMS des 250 grands donateurs seront GRAVÉS SUR LES BANCS installés sur le site des Machines de l'île ! », avait promis le Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons, lors de sa campagne de levée de fonds sur Kickstarter au printemps 2018.

Faits de métal découpé, deux bancs ont enfin été installés voici quelques semaines, sous les Nefs des chantiers navals et non au beau milieu du site. C’est mieux ainsi : si on les mettait au soleil par ces chaleurs, en fait de bancs, ce seraient plutôt des planchas.


On y lit en creux, percés au laser, les noms des généreux donateurs d'au moins 1.000 euros, bien moins nombreux que prévu. Certains étaient attendus : François Delarozière, Pierre Orefice, Bruno Hug de Larauze. En revanche, d'autres tout aussi attendus n’y sont pas…


vendredi 28 juin 2019

Pourquoi la P.J. vient-elle si tard aux Machines de l’île ?

La police judiciaire enquête sur les Machines de l’île, annonçait Ouest France hier soir. L’étonnant n’est pas que la P.J. enquête, c’est qu’elle s’y prenne si tard.

Ouest France*, qui a interrogé Jean Blaise, estime que l’enquête fait suite au rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion du Voyage à Nantes, dont les Machines de l’île sont l’une des activités. La Chambre n’avait pas tout décortiqué, mais elle avait étudié en détail la construction du Carrousel des mondes marins. Pour cette seule opération, elle avait trouvé pas moins de dix infractions aux règlements.

Pour lire le rapport d’observations définitives de la Chambre, cliquer sur ce lien : https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2017-12/ROD-2017-238-SPL-Voyage----Nantes.pdf. On lira les p. 25 et suivantes du rapport, en particulier le tableau de la p. 34. Voir aussi les annexes 5 et 6.

Oh ! la Chambre n’avait pas montré une grande férocité. Elle s’était même laissé convaincre que la construction du Carrousel avait respecté le budget prévu, ce qui n’était pas le cas. Mais certains des « manquements » qu’elle avait signalés pouvaient tomber sous le coup de la loi. Seulement, ils dataient d’avant l’inauguration du Carrousel des mondes marins en 2012.  

Si certains faits étaient délictueux, ils sont prescrits (le délai de prescription des délits est de six ans). La justice a mieux à faire que d’enquêter sur des dossiers dont elle sait déjà qu’il ne sortira rien. Alors, pourquoi aujourd’hui, si longtemps après le rapport de la chambre régionale des comptes ? Parce que la situation politique a évolué ? Parce que le projet de l’Arbre aux Hérons éveille des soupçons ? À suivre…

(Sur ce sujet, il est utile de lire les enquêtes de Médiacités, en particulier "Les Machines de l'île, ingénieuse machine à transformer l'argent public".)
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* Innocente question annexe : pourquoi Presse Océan; en général si friand de tout ce qui concerne les Machines de l'île, ne dit-il rien de cette enquête ?

samedi 22 juin 2019

Vocations et complications des Fonds de dotation nantais

Harmonie Mutuelle est l'un des mécènes du Fonds à
vocation culturelle de Nantes et Nantes Métropole
Outre le Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons, Nantes Métropole a créé un Fonds à vocation culturelle de Nantes et Nantes Métropole (2017) et un Fonds de dotation pour le développement culturel (2010). Forcément, une structure à triple fonds, ça complique.

Nantes Métropole ne cherche pas à faire semblant : ces fonds sont des outils à sa disposition pour récolter auprès de mécènes des fonds qu’elle dépensera à sa guise. La Loi avait tenté d’éviter ce genre d’instrumentalisation : même créés par des collectivités, les fonds de dotation devaient être autonomes et leurs comptes certifiés par un commissaire aux comptes puis publiés au Journal officiel.

Le Fonds à vocation culturelle de Nantes et Nantes Métropole vient de publier ses comptes 2018. Est-il vraiment dans les clous pour autant ? Pas vraiment…


Lire aussi sur Nantes + : Promis c'est gratuit, l'éditorial de Victor Hublot sur la "gratuité" des transports publics selon Johanna Rolland.

lundi 10 juin 2019

Un belvédère pour voir pas grand chose

Nantes Métropole semble faire grand cas du « belvédère » bientôt inauguré rue de l’Hermitage, sur la butte Sainte-Anne. Un belvédère à 1,3 million d’euros, censé être artistique parce que Tadashi Kawamata va camoufler ses pylônes à l’aide de quelques planches.

L'idée vient du Voyage à Nantes : qui dit belvédère dit touristes. Mais les touristes viennent-ils pour le belvédère ou pour la vue ?

Ici, l'équipement soulève un point d’interrogation majeur. La table d'orientation de la montée de l'Hermitage offre une vue bien plus étendue et intéressante. Le seul avantage du belvédère est qu'on y verra mieux la circulation sur le quai du marquis de l'Aiguillon.

Plus de belvédère à Nantes… mais pas plus de vue pour autant

samedi 8 juin 2019

Favet Neptunus Tabularii

Le plus compliqué, dans L’Arbre aux Hérons, ce n’est pas la conception, ce n’est pas la construction, ce n’est pas la tenue au vent, ce n’est pas la sécurité, ce n’est même pas l’exploitation : c’est la comptabilité. Du moins celle du Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons. La loi l’oblige à publier ses comptes 2018 avant début juillet. Mais certaines écritures pourraient donner des migraines à son cabinet comptable, Strego, et à son commissaire aux comptes, RSM.

Du moins si ces prestataires n’ont pas changé. L’an dernier, les comptes du Fonds à fin 2017 avaient bien été publiés au Journal officiel, mais ils étaient hors délai et, surtout, ils n’étaient pas certifiés par le commissaire aux comptes, comme la loi l’exige. Eau dans le gaz ou simple erreur de transmission ?

Depuis lors, le Fonds s’est engagé dans des opérations autrement plus compliquées. On attend donc avec impatience le Journal officiel.


jeudi 6 juin 2019

Knights Who Say "Nids" !

Le Voyage à Nantes 2019 va multiplier les nids géants de Tadashi Kawamata, en commençant par celui de la gare. Érigés en œuvres d’art, les nids sont désormais sacrés, comme les  « Ni! » des chevaliers débiles de Monty Python Sacré Graal.

Pourquoi ça ? Parce que les chevaliers débiles en ont décidé ainsi. Jusqu’au moment où ils décideront qu’ils sont désormais les chevaliers qui disent « Ekke Ekke Ekke Ekke Ptang Zoo Boing! »

Comment représenter ce nouveau tabou ? Oh, pas d’inquiétude, Kawamata et Jean Blaise trouveront sûrement un moyen.