samedi 13 janvier 2018

Les propagandistes de la ville de Nantes veulent embaucher des journalistes mais confondent vitesse et précipitation

Le 26 novembre 2017, la ville de Nantes publie au Bulletin officiel des annonces des marchés publics (BOAMP) une annonce portant sur la « création d’une équipe de reporters professionnels et amateurs, puis l’organisation et l’animation de débats et conférences pour le dispositif les " Hauts-Parleurs " ». Les candidats doivent déposer leur offre avant le lendemain de Noël à midi.

En quoi consiste le « dispositif » ? L’annonce ne le dit pas. Les sites web de Nantes et de Nantes n’en disent pas plus : les « Hauts-Parleurs » sont inconnus au bataillon. Mais le CCTP de l’avis de marché révèle qu’il s’agit d’« une invitation à découvrir, à partager, à parler collectivement de la manière de faire la ville ». Ce qui ressemble assez à une nouvelle version des « grands débats », dans laquelle l’expression des citoyens serait encore plus strictement encadrée…

Apparemment, le marché n’arrive pas à son terme puisque, le 11 janvier la ville publie un nouvel avis sur le même thème. Et ce marché soulève quand même quelques questions :

  • Les « Hauts-Parleurs » s’inscrivent « dans le cadre d’une opération qui se tiendra au printemps 2018 sur une durée de 80 jours dans la carrière de Chantenay du 12 avril au 30 juin 2018 ». À trois mois du coup d’envoi, il ne semble pas que le conseil municipal en ait été informé.
  • Le prestataire retenu « devra composer une équipe de journalistes professionnels qui accompagnera et formera une équipe de reporters amateurs dans la création et diffusion (des) contenus » destinés à l’opération. Mais la ville précise que tout sera contrôlé par sa direction générale à l’information et à la relation au citoyen – c’est-à-dire son service de propagande. Où trouvera-t-on les « journalistes professionnels » pour se livrer à cet exercice ?
  • Le calendrier de mise en œuvre devra prévoir de former les « reporters d’un jour » en « janvier-février » et de fournir les premiers contenus en février-mars. Le temps qu’un opérateur soit désigné et s’organise, la formation risque d’être légèrement bâclée. Comment former en si peu de temps des « reporters » capables de produire des « contenus » qui informeront vraiment les Nantais ? À moins d’en faire des « hauts-parleurs » qui réciteront un discours pré-enregistré ?
Cela dit, la ville de Nantes a fait de son mieux pour raccourcir les délais : l’avis de marché a été publié dans l’après-midi du 11 janvier et les offres doivent être remises le 16 janvier avant midi. Oui, vous avez bien lu : un avis publié le 11 janvier, des offres remises le 16 janvier avant midi ! Même pas cinq jours, dont un week-end, pour préparer une réponse ! On n’imaginera pas que le futur élu soit déjà secrètement désigné puisque ce serait illégal.


Pour cet appel d’offres, la ville a décidé de recourir à une procédure adaptée. C’est déjà un peu bizarre puisque pour l’appel d’offres du mois de novembre, portant sur les mêmes prestations, elle avait jugé nécessaire un appel d’offres ouvert. Mais ce passage à la procédure adaptée a un avantage : elle permet d’échapper au délai de réponse de 35 jours fixé par la loi. Dans une procédure adaptée, le délai est laissé à l’appréciation de l’acheteur.

Cinq jours là où il en aurait fallu plus de seize

Ce qui ne signifie pas que tout soit permis. Le délai fixé doit être suffisant pour préparer un dossier de candidature et une offre. À quoi peut ressembler un délai suffisant ? « Ex : Un délai de remise des offres de 16 jours est insuffisant pour un marché s’élevant à 60 000 euros HT et pour lequel la visite des lieux s’imposait », spécifie la direction des affaires juridiques du ministère de l’Économie, jurisprudence à l’appui. Coïncidence : 60.000 euros HT, c’est justement le montant maximum prévu par la ville de Nantes. La visite des lieux s’impose puisque une partie du travail sera effectué dans la carrière de Miséry. En outre, la complexité des prestations demandées est telle qu’il faut beaucoup de temps pour établir une offre.

Nantes a fixé un délai de cinq jours là où seize jours ne suffiraient pas ! Pour rester dans les clous signalés par Bercy, donc, la date limite aurait dû être fixée au-delà du 27 janvier. Ce qui aurait rendu encore plus impraticable le calendrier prévu… Résultat : au cas où un opérateur potentiel voudrait contester la validité de l’appel d’offres, la ville de Nantes s’est mis d’elle-même la tête sur le billot.

Et les dégâts pourraient ne pas s’arrêter là. Comme indiqué plus haut, la ville dit elle-même que les missions des « reporters » sont à réaliser « dans le cadre d’une opération qui se tiendra au printemps 2018 », etc. Elles sont donc une partie d’un ensemble, non pas une série d’opérations mais « une » opération. Toujours dans le cadre de celle-ci, la ville a lancé d’autres appels d’offres (pour les constructions, la restauration…). Un esprit malveillant pourrait la soupçonner de se livrer à la technique illégale du « saucissonnage », qui sert à échapper aux seuils légaux en matière de marchés publics.

22 commentaires:

Anonyme a dit…

Apparemment, le marché n’arrive pas à son terme... mais est plutôt clôturé le 26/12/2017
https://www.nouma.fr/appel-offre/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/707479
puis republié : 12/01/2018.
On peut imaginer que le lieux, la carrière miséry, serve à nous vendre l'arbre aux hérons et promouvoir le financement participatif en ligne qui sera lancé début mars.

Sven Jelure a dit…

L'avis n'est pas vraiment "republié" puisque le nouvel avis porte sur une procédure adaptée et non plus sur un appel d'offres ouvert.

Anonyme a dit…

Les propagandistes et autres trademarks à l'oeuvre :

"Nantes a rejoint cette année le classement mondial des villes où il fait bon travailler dans une start-up, devant Shanghai, New-York ou Londres" Nantes hype™
@Nanteshype

Sven Jelure a dit…

Nantes est sûrement une ville où il fait relativement bon travailler, que ce soit dans une start-up ou une entreprise traditionnelle, indépendamment de ces classements de complaisance, car un esprit entreprenant y règne au moins depuis le 15ème siècle !

Anonyme a dit…

Tout à fait d'accord avec vous @Sven, si j'ai migré dans la région, c'est qu'elle ressemble à tout sauf à un désert économique !

Sven Jelure a dit…

Notez que si le dynamisme d'aujourd'hui est un titre de gloire, il en va autrement du dynamisme d'avant-hier : les plus belles start-ups du 18e siècle se consacraient au commerce des esclaves.

Anonyme a dit…

En quelques siècles, on est donc passé du commerce des esclaves aux esclaves du commerce, que l'on voit pédaler dans nos rues, le soir... Autant de start-uper. Voilà donc qui devrait nous enchanter : il fait bon travailler à Nantes !

Anonyme a dit…

On cultive la spontanéité à Nantes.
Un nouvel appel d'offre pour faire notre bonheur participatif et fédérateur à tous, en prélude au VAN :

Date et heure limite de remise des plis :
16/02/2018 12:00

CONCEPTION ET MISE EN OEUVRE D'UN PROGRAMME DE MEDIATION AUTOUR DE L'EVENEMENT CULTUREL PARTICIPATIF FEDERATEUR

1.1- Objet de la consultation
Le présent marché porte sur la conception et la mise en oeuvre d' un programme d'actions de médiation répondant aux objectifs suivants:

• En amont de la manifestation (entre mars et mai 2018):
◦ Soutenir les structures culturelles dans leurs propres actions de médiation: relayer les appels à participation, via les réseaux du prestataire et sur l'espace public.
◦ Faire comprendre et faire connaître la démarche de l'événement autour de la participation culturelle des habitants: par exemple, imaginer des modalités d'action afin de créer une communauté entre les différents participants aux projets, valoriser les effets produits par les projets (portraits, témoignages, vidéos, réseaux sociaux, etc)
◦ Faire connaître la programmation et donner envie aux habitants de prendre part à l'événement (rencontres en amont avec les artistes, visite de coulisses, etc)
• Pendant la manifestation (le week-end du 25, 26 et 27 mai 2018):
◦ informer les Nantais sur la programmation de l'événement et susciter la fréquentation par tous les Nantaises et les Nantais et non uniquement ceux et celles qui sont en proximité géographique du centre ville, faire des liens avec les phases amont de préparation pour faire comprendre le lien entre la démarche participative et l'événement en lui-même (diffusion de portraits, témoignages de participants, etc)
◦ animer l'espace central d'animation et d'informations (tenue d'un stand, diffusion de supports de communication, projections vidéos, animations à proposer, etc)

1- Présentation du Commanditaire

La Ville de Nantes conduit une politique culturelle fondée sur la définition de grandes orientations stratégiques :
- Défendre une approche de la culture ouverte, décloisonnée et imaginative,
- Stimuler une relation vivante entre l'art, les acteurs culturels et la population,
- Conforter une création foisonnante et plurielle,
- Entretenir et animer un réseau dynamique de lieux, de manifestations, et d'initiatives culturelles,
- Cultiver l'ouverture au monde et les coopérations culturelles à l'échelle métropolitaine, régionale, nationale et internationale.

Dans ce contexte, elle s'est notamment donnée pour objectifs de permettre un égal accès de tous à l'art et la culture sur le territoire nantais, d'élargir la participation à la vie culturelle, de promouvoir l'innovation sociale par la culture et de favoriser la créativité et l'expressivité culturelle des habitants.

2- Contexte

La Ville de Nantes organise, le week-end du 25, 26 et 27 mai 2018, un événement singulier à l'occasion duquel plus de vingt structures culturelles vont proposer aux habitants d'expérimenter de nouvelles manières de fabriquer les projets artistiques et culturels.

Les projets sont nombreux, et répartis en différents endroits de la ville: un grand karaoké dansé, des cabarets de quartier, un mapping de jeux vidéos sur les façades d'immeubles, un vide grenier artistique, une exposition montée sous commissariat
participatif, une pièce chorégraphique participative dans des lieux insolites, la création de fleurs hydrauliques, des ateliers de dessin sur l'espace public, un atelier de découverte d'instruments, un orchestre participatif, une grande manifestation pour l'anniversaire de mai 1968, un projet sur les événements climatiques, des créations partagées, etc. Le jour J, d'autres surprises ponctueront l'événement, invitant les visiteurs, promeneurs, passants et spectateurs à prendre part à la fête.

Les horaires seront précisés très prochainement.

Anonyme a dit…

Spontanéité affublée d'un sobriquet pas piqué des hannetons, à défaut d'abus de psychotropes :

"Selon nos informations, la ville de Nantes met en ce moment la dernière main à la création d’un nouveau festival culturel. Il est prévu du 25 au 27 mai, dans les quartiers nantais, et s’appellera « Carrément biscuit ». Ce n'est pas une blague, ni l'idée d'une agence de com' en mal d'inspiration. Le nom est issu d’un « brainstorming » des acteurs culturels. « L’idée était de trouver un nom simple, qui n’est pas déjà vu et fait un clin d’œil à la ville », plaide David Martineau (PS), adjoint au maire chargé de la culture."

Ma grande magnanimité me conduit à ne pas lier avec le dessin d'un illustrateur de presse jugé médiocre.

Herminie44 a dit…

Et bien j'avais raté l'information.
Mazette : quel programme ! Entre la création de fleurs hydrauliques et l'orchestre participatif mon coeur balance... A moins que l'atelier de dessin sur l'espace public (l'autre nom des tags maintenant ?)ne l'emporte sur la pièce chorégraphique participative.
J'ai cru un instant lire un article du Gorafi et je crois qu'il vaut mieux en rire en effet et quel dommage qu'il n'y ait plus de Molière pour croquer nos précieuses ridicules municipales.
Philippe Muray reviens : ils sont devenus encore plus fous depuis que tu es parti

Sven Jelure a dit…

Cela sent la panique de fin de règne.

Herminie44 a dit…

Si seulement c'était vrai !
Mais même en ayant atteint le fond, il est encore possible de creuser :
https://www.nantes.fr/home/actualites/ville-de-nantes/administration/seances-du-conseil/conseilmunicipal09022018/temps-de-nuit.html

Anonyme a dit…

Cet "évènement", à peine discriminatoire, ne produit-il pas exactement l'opposé de sa prétendue autoproclamée, à grand renfort de poncifs éculés, "mixité sociale"?

"La Ville de Nantes est particulièrement attachée à la mixité des publics de ces représentations, qui devront s'ouvrir aux personnes éloignées de l' offre culturelle pour des raisons géographique et symbolique. Aussi, la prestation demandée consiste à "aller vers les Nantaises et les Nantais" sur l'espace public, par une présence continue avant et pendant l'événement (week-end du 26 mai), et notamment sur les quartiers prioritaires de la ville: Dervallières, Bellevue, Breil, Nantes Nord, Bottière, Port Boyer/Ranzay, Malakoff, Clos Toreau."

"Il s'agirait d'être présent à des points clés des quartiers (marchés, sortie de centre de loisirs, des équipements ou événements sportifs, bibliothèques, aires de jeux, etc.), et d'informer le public sur l'événement."

"Le prestataire, présent pendant l'événement interrogera les personnes sur leur origine géographique, savoir comment elles ont pris connaissance de l'événement, leurs impressions "à chaud"."

LIVRABLES
"Le prestataire devra établir un document final précisant les dates et médiateurs présents par lieu géographique, le nombre de personnes rencontrées. Il précisera dans le document final les remarques des spectateurs interrogés, leur origine géographique, leur mode d'information sur ce spectacle, leurs impressions sur l'événement."

ENVELOPPE FINANCIERE
"Dans le cadre de cette mission, la Ville de Nantes a défini une enveloppe maximale de 20 000 € TTC."

20 000 mille balles pour les "quartiers" quand au "quartier" de la création on règle ça à coup (coût?) de millions, car pour une brique t'as plus rien :

"Avec la création de deux pôles artistiques sur l’Île de Nantes et dans le centre-ville, la Ville mène une politique en faveur des arts visuels à la fois innovante et sans précédent par les moyens engagés".

"L’engagement pris par Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, de « doubler le nombre d’ateliers d’artistes et de les répartir dans toute la ville afin d’offrir, sur ce mandat, de nouveaux espaces aux créateurs » se concrétise. La Ville de Nantes soutient en effet les arts visuels par la création de 21 nouveaux ateliers d’artistes."

"Le coût prévisionnel du programme :

990 000 euros pour les ateliers de l’Îlot de l’Île (960 000 e pour l’acquisition et 30 000 e pour les travaux d’aménagement).
75 000 euros pour Félix Thomas.
40 000 euros pour le fonctionnement du collectif Bonus"

C'est l'ile de Nantes bordel, pas les sans dent. L'art et la cuculture passent, la pierre reste.

Herminie44 a dit…

J'ajouterai que si certaines de ces actions nocturnes peuvent être sympathiques comme les balades nocturnes dans les jardins (mais avons nous vraiment besoin des subventions de la Mairie pour aller nous promener ?), celle ci "co-construction et réalisation d’un spectacle musical avec des artistes de tous horizons (sans abris, personnes précaires...Ce projet souhaite participer à lutter contre les préjugés des personnes en situation de pauvreté") me parait une version post moderne particulièrement cynique du célèbre "S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche"...
Mais celui qui a inventé cela s'en rend il seulement compte ?

Sven Jelure a dit…

Herminie44, je pense que les Allumées occupent une place centrale dans la mythologie de Johanna Rolland et de son entourage (peut-être un peu Nuit debout, aussi). Ils voudraient bien retrouver la recette de la potion magique. Ce qu'ils ne voient pas, c'est que Les Allumées étaient d'abord un phénomène générationnel : parvenus à la quarantaine, les Baby-Boomers s'emparaient du haut du pavé. Les conditions sont très différentes aujourd'hui. Johanna Rolland et consorts, qui ont le sentiment (légitime je pense) d'avoir perdu la main, multiplient les bouteilles à la mer. Ils essaient différentes choses en croisant les doigts pour que l'une d'elles fonctionne -- et s'ils trouvent une bonne piste, ils bétonneront là-dessus l'année prochaine, seul espoir qui leur reste pour conserver leurs places aux prochaines municipales.

Anonyme a dit…

Retrouver la recette avec autant de génies locaux à disposition, n'est-ce pas un peu paradoxal?

A moins que le génie des locaux de ces trente dernières années est surtout celui d'avoir su tenir la place dans la durée sans avoir à en user (du génie)?

N'oublions pas ceux qui ont oeuvré dans l'ombre de ces génies :
http://docnant.blogspot.fr/2016/11/luc-douillard-nantes-est-une-fete.html

Décédé le 12 avril 2017 dans la quasi indifférence locale.

Anonyme a dit…

Et s'ils retrouvaient la recette, peut-être que quelques ingrédients mériteraient de n'être point réutilisés, car indigestes :
https://www.lalettrealulu.com/Annulees-A-Trafics-Blaise-a-mange-froid_a264.html

Herminie44 a dit…

Les Allumées ont quand même plus de vingt ans maintenant (comme nous le rappelle l'article cité ci dessus). C'est beaucoup ! Presque une génération...Johanna devait être encore lycéenne non ? A t'elle seulement vécu les fameuses Allumées ?
C'est l'inconvénient d'avoir conservé la vieille garde...qui veut fêter l'anniversaire de 68. Euh comment dire...Y a t'il quelqu'un que cela intéresse encore ?
En tout cas, la frénésie du festif tout azimut et le galimatias "participatif" qui l'accompagne donne l'effet c'est vrai d'une machinerie emballée devenue folle, d'un disque rayé qui tourne désormais en boucle.


Anonyme a dit…

Les Allumées ont un aspect mythologique pour la municipalité actuelle, d'autant plus que l'évangile selon saint JMA a été réécrit par la com' pour ne garder que les côtés avantageux. Et qui s'en souvient réellement?

C'est arrivé au bon moment pour accompagner "le réveil de la belle endormie" comme le voudrait la réécriture officielle.

Mais on a tendance à penser l'inverse, cette intrusion de la "culture" comme instrument du pouvoir à eu l'effet de tout scléroser petit à petit.

Ce n'est pas nouveau et ce n'est pas la "démocratie participative" encadrée par des sociétés parisiennes de com' qui va changer la donne.

Déjà en 2001, l'Inédit de Nantes dénonçait "la loi du grand féodal" artisan de la décentralisation voulue par Mitterand.

Page une du n°1 de L'Inédit de Nantes (édition externe vendue en kiosques), février 2001 : http://docnant.blogspot.fr/search/label/L%27In%C3%A9dit%20de%20Nantes

Là ils sont mal, c'est que même le socle idéologique a disparu. Si l'on doit choisir un parti libéral pour diriger la ville, pourquoi un plus qu'un autre?

Sven Jelure a dit…

Comme quoi les choses viennent de loin... Je crois que vous avez raison sur la relation culture/sclérose. Pour être complet, pourtant, il faudrait aussi l'inverser : l'intrusion du pouvoir comme acteur de la culture... A son arrivée à la mairie de Nantes, JMA voulait instrumentaliser la culture, ou en tout cas, il avait à ses côtés des gens qui avaient lu Gramsci et comptaient quadriller la ville avec des commissaires culturels. Et le message "la culture c'est nous" était l'un des traits les plus forts du positionnement du P.S. dans les années d'après Mitterrand. D'où fonctionnarisation de la culture, d'où en effet sclérose. Les gens ne se renouvellent plus, ils voudraient toujours reproduire ce qui a fait leur succès initial ; le cas de Jean Blaise est presque caricatural à cet égard. Quand on pense à l'argent, aux bonnes volontés et au potentiel créatif dilapidés depuis vingt ans pour un résultat minime c'est rageant. Même l'autosatisfaction n'est plus ce qu'elle était ! On se dit toujours géniaux, mais j'ai l'impression qu'on y croit de moins en moins...

Anonyme a dit…

Les passations de pouvoir sont en cours.

A cet égard, il va être instructif de suivre le cas du projet "Transfert" sur le site des anciens abattoirs de Rezé.

Du CRDC on passe maintenant à Pick Up Production. Le sang sera neuf mais l’institutionnalisation sera présente.

Idées neuves et vieilles méthodes...

Anonyme a dit…

Voici enfin formalisé l'objet de l'obscur appel d'offre :

Nantes. Une opération de com' à plus de 400 000 € dans la carrière Miséry

"« Gare, CHU, transfert du MIN à Rezé… Nous sommes au cœur d’un cycle d’investissements importants. La ville et la métropole tournent à plein régime. Il y a un enjeu à faire savoir, à partager », insiste la métropole (PO du 25 janvier) qui s’apprête à organiser un événement dans la carrière Miséry : 80 jours pour présenter les projets urbains aux habitants et débattre de la ville de demain. Ce sera du 12 avril au 30 juin. Des échafaudages sont en cours d’installation sur le site. Il y aura des expositions, des ateliers participatifs, mais aussi des événements et festivités : bals, concerts, 48 heures de l'agriculture urbaine... Combien coûtera cette grande opération de communication sur les projets métropolitains ? Plus de 400 000 €, selon les premières informations de Presse Océan."

Quel humour dans la mégapole, un évènement à 400 000 euros pour faire du lobbying de projets qui fleurent bon soit la gentrification, soit la surdensification, soit un emplacement inapproprié, soit... mais déjà avalisés, en maquillant le tout façon dialogue participatif zé citoyen.

Ca rappelle vaguement les camionnettes publicitaires affrétées par Auxiette pour vanter les mérites de feu l'ayraultport.

Et c'est qui le con qui paye? Toujours le même!