17 mars 2026

Les fontaines (électoralement miraculeuses?) de Nantes Métropole ?

Le petit parking de la Duchesse-Anne était naguère orné par un personnage de Jean Jullien, Le Débitumeur. Cette effigie en métal découpé roulait des bandes de bitume comme on roule un tapis, révélant la terre naturelle. Pour faire un jardin, on a enlevé Le Débitumeur puis le revêtement du parking... qu’on a remplacé pour l’essentiel par un autre revêtement, plus clair. Histoire de parler quand même de jardin, on a semé un peu de gazon. Impossible de faire mieux : le tunnel du canal Saint-Félix passe juste au-dessous. 

Mais rien n’aurait empêché la création d’une fontaine. La re-création, plutôt. Il y en avait une là, magnifique, jusqu’au percement du canal en 1929. Son bassin de pierre d’environ 20 x10 m a été réutilisé comme pataugeoire au jardin d’enfants de Procé et s’y trouve toujours. L’absence d’une nouvelle fontaine a de quoi étonner.

On connaît le rapport particulier de Johanna Rolland avec les arbres, qu’elle n’hésite pas à abattre en grand nombre tout en en plantant d’autres à grands frais. On connaît moins sa relation avec les fontaines. Depuis une douzaine d’années, Nantes a créé le miroir d’eau, l’aire de jeux aquatiques du Clos-Toreau, les brumisateurs du square des Lauriers, les huit « fontaines Feydeau » de la nouvelle place du Commerce, quatre nouvelles fontaines Wallace, la cascade du Jardin extraordinaire, le rideau d’eau temporaire de Stéphane Thidet sur le théâtre Graslin, etc. Elle a aussi rénové la fontaine de la place Royale, après lui avoir fait subir diverses avanies sous prétexte de Voyage à Nantes (paroi d’escalade, chambre d’hôtel, lieu d’échouage...).

Des fontaines où coule plus d’argent que d’eau

Tout cela coûte fort cher. L’installation du miroir d’eau devant le château des ducs de Bretagne a coûté plus de 3 millions d’euros. Le coût des fontaines Feydeau, non précisé, se chiffre certainement en millions d’euros lui aussi. La rénovation de cinq fontaines Wallace et la création de quatre nouvelles par Cyril Pedrosa auraient coûté environ un demi-million. En comparaison, les 497 687,40 euros HT de la fontainerie et de la brumisation du nouveau bassin en cours d’aménagement au Jardin extraordinaire paraissent presque modérés.

Une fois les fontaines construites, reste à les gérer. Qui croirait que l’eau coule toute seule ? En plein centre-ville, les fontaines du Pont-Morand, de la place de l’Écluse et même de la place Graslin ne fonctionnent qu’épisodiquement. La cascade du Jardin extraordinaire, quant à elle, propulse quotidiennement des quantités énormes d’eau et de kw/h devant un public parfois très réduit. La cascade de l’île de Versailles débite bien ; en revanche, la cascade du Jardin des plantes est souvent réduite à un goutte-à-goutte.

Ce n’est pas faute de consacrer des moyens à ces équipements. Le parc de fontaines de Nantes Métropole comprend officiellement 23 fontaines à eau recyclée, 3 fontaines à eau perdue et 32 bornes à eau perdue. Leur entretien et leur maintenance a fait l’objet en 2024 d’un contrat dont le montant peut atteindre 498 287,00 euros hors TVA. Ce qui ne paraît pas si cher en comparaison du coût de la maintenance des huit fontaines Feydeau : jusqu’à 320 000 euros HT pour deux ans. Soit à peu près le double de celle du miroir d’eau.

13 mars 2026

Petite histoire du « Nantes bashing »

À qui a l’outrecuidance de les critiquer, Johanna Rolland et les siens reprochent volontiers un Nantes bashing :

  • « Nous avons toujours fait l’objet d’un "bashing" de l’opposition. Cela remonte à 1983 avec Michel Chauty » Jean Blaise, Presse Océan, 21 mai 2014

  • « Les campagnes de bashing de Nantes et les émissions à la c… qui sont toujours à charge », Yann Trichard, Presse Océan, 26 septembre 2023

  • « Le Nantes bashing entendu ces dernières années ne résiste pas à l’épreuve des faits », Johanna Rolland, France 3 Pays de la Loire, 27 mars 2025

  • « Les acteurs économiques sont nombreux à demander de ne pas alimenter le Nantes Bashing », Francky Trichet, communiqué, 11 décembre 2025

  • « Loin du Nantes bashing et du pessimisme des conservateurs de tous bords, les faits parlent », Robin Salecroix, X, 4 février 2026

  • « Voilà qu'il dénigre les acteurs locaux qui travaillent sur un projet exceptionnel qui incarne une métropole durable et fait la fierté de notre territoire. Encore du Nantes bashing. » Thomas Quéro, Facebook, 8 février 2026

L’anglicisme fait peut-être chic (« bashing » signifie simplement « dénigrement »), mais le reproche est mal fondé. Les critiques s’adressent à ceux qui ont pris de mauvaises décisions, pas à la ville de Nantes elle-même. Parlez de Rolland bashing, si vous y tenez.

Certes, une hostilité institutionnelle envers Nantes a pu exister à travers l’histoire. Quand Jules César a soutenu la construction de Ratiatum, c’était, pensent certains historiens, pour embêter la tribu des Namnètes, alliés aux Vénètes contre Rome. Quand les Normands ont brûlé la ville et décapité l’évêque Gohard en 843, ils leur voulaient sans doute du mal. Quand le roi de France Charles VIII a vainement attaqué la capitale de François II en 1487, ses intentions étaient clairement hostiles. Quand, cent deux ans plus tard, Henri III a d’un trait de plume transférés à Rennes la chambre des comptes et l’université, il voulait ostensiblement punir la ville du duc de Mercœur. Et même les bombardements américains de 1943 n’étaient pas forcément une amabilité envers la ville.

Alain Croix, relais contemporain du Nantes bashing historique

Mais le « bashing », le dénigrement systématique d’une ville en tant que telle, en vue de salir sa réputation, n’est pas si fréquent. Parmi les auteurs anciens, les bons connaisseurs de Nantes n’en ont rien dit de mal. Rabelais, pourtant prompt aux sarcasmes, en dit plutôt du bien. Les romans arthuriens voient en elle une cité prestigieuse. Le grincheux Jean Meschinot, auteur local des Lunettes des princes, premier livre imprimé en France, ne la critique pas. Machiavel, qui peut avoir la dent dure, n’a pas commenté ses séjours dans la cité des ducs.

La première médisance avérée est rapportée par Dubuisson-Aubenay dans son Itinéraire de Bretagne en 1636(1). À l’époque, les clochers de quatre églises nantaises portent des « gyrouettes » en forme de main (au lieu du coq traditionnel), Elles s’expliqueraient ainsi : en 1341, pendant la Guerre de Succession de Bretagne, « les Nantois ayans livré pour argent aus partisans de Charles de Blois le comte Jean de Montfort qui estoit à Nantes, se fiant à eux, Jean le Conquérant son fils […] voulut, pour marque de cela, que des mains fussent mises au ault des clochers de cette ville, in signum ac monimentum corruptelae, parce qu’ils s’estoient là-dedans laissé graisser et corrompre les mains. » 

Noyades de Nantes, par Joseph Aubert

Des traîtres cupides, les Nantais de 1341, qui avaient pourtant soutenu trois semaines de siège contre l'armée française ? À vrai dire, Dubuisson-Aubenay doute de cette explication : il a vu une girouette identique à Coetz (Les Couëts), où elle ne pouvait servir qu'à indiquer le sens du vent.

Cette calomnie médiévale trouve néanmoins un relais là où on ne l’attendrait pas : dans le Dictionnaire de Nantes publié en 2013 grâce à une copieuse subvention municipale. Alain Croix affecte d'y voir une tradition avérée parce qu’elle a été exposée à Dubuisson-Aubenay par « le très savant dominicain Albert Le Grand ». En fait de « très savant », ce Nantais d'adoption est l'auteur d'une Vie des saincts de la Bretaigne armorique réputée très fantaisiste. Entre historiens, on sait se ménager...

Le même Alain Croix, pour une raison opaque, a tenu à publier en appendice du récit de Dubuisson-Aubenay le fort dénigrant Profil de Bretagne de Jean-Baptiste Babin (1663), Nantais mais surtout fonctionnaire royal. Les « Nantois » montrent une « horrible ardeur pour le bien » ainsi que « des rudesses choquantes et des aspretez qui surprennent les étrangers ». Qui plus est, « comme il n’est pas de peuple plus sujet à l’envie et que chacun y souffre le martire des prospéritez de son voisin, ils se déchirent tous par la médisance et sans se faire justice ny penser à leurs desfautz, ils n’ont de plaisir qu’à parler de ceux des autres. » Nous voilà habillés pour l'hiver.

Du Nantes bashing soft en littérature

Chacun connaît les quelques lignes féroces de Jules Verne sur Nantes (« Il faut que cette inepte ville de Nantes ne soit en partie habitée que par des crétins, des vachers, des albinos »). Ce sont des propos privés, tenus dans une lettre à son père par un garçon de 19 ans sous le coup d’un chagrin d’amour. Il n’a pas cherché à leur donner de publicité.

En revanche, de nombreux littérateurs ont publiquement évoqué Nantes dans leurs œuvres(2). Le Nantes bashing n’y abonde pas. Quelques auteurs glissent néanmoins des vacheries en douce. « Je crois que Nantes est une ville assez bête, mais j’y ai tant mangé de salicoques que j’en garde un doux souvenir », écrit ainsi Flaubert.

Le plus faux-jeton est probablement Julien Gracq : « D’où vient que cette ville qui n’est pas immense, constituée aux trois-quarts d’immeubles de sous-préfecture, ingrate pour le regard, dénaturée dans son assise primitive sur la Loire par des comblements artificiels […] donne si fortement le sentiment d’une "grande ville"… ? » L’image fabriquée qui prend le pas sur le réel : on comprend pourquoi Jean-Marc Ayrault manifestait tant de respect à l’écrivain de Saint-Florent-sur-Loire.

« Ville négrière », ça n’est pas du bashing, ça ?

Or, puisqu’on parle de lui, Jean-Marc Ayrault lui-même est l’instigateur principal du Nantes bashing le plus manifeste de notre époque. Et en plus il s’en dit fier ! Grâce à lui, Nantes est présentée ici et là comme une « ville négrière ». C’est par exemple le titre d’un documentaire de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) où l’on retrouve... Alain Croix. Et, circonstance aggravante, la ville aurait cherché à dissimuler ses fautes (ce qui est parfaitement faux).

L’essentialisation est grossière ! Il y a eu des négriers à Nantes ; cela ne signifie pas que leur trafic soit consubstantiel à l’identité de la ville (en son temps, la traite ne dépassait pas un cinquième de l’activité du port de Nantes, qui lui-même n’était pas la seule industrie de la ville, et elle se déroulait exclusivement outremer, entre l’Afrique et l’Amérique) et encore moins que les Nantais contemporains composent, deux ou trois siècles plus tard, une cité esclavagiste. Mais cet auto-bashing reste pratiqué et subventionné au plus haut niveau. Et cette persévérance produit ses effets : quel Nantais ose aujourd’hui se rebeller contre l’étiquette accolée à sa ville ? La construction médiatique entreprise depuis plus d’une génération est devenue vérité d’évangile. Et Agnès Chauveau, nouvelle présidente de l’INA, présente son institution en « garante de la vérité »(3).

Entre « Nantes, ville insécure », bashing contemporain qui exaspère les chapeaux à plumes municipaux et « Nantes, ville négrière », autobashing pratiqué par les mêmes depuis quarante ans, franchement, lequel est le plus offensant et le plus excessif ?

  1. Voir le formidable La Bretagne d'après l'itinéraire de Monsieur Aubenay-Dubuisson, coordonné par Alain Croix, Presses universitaires de Rennes et Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, Rennes, 2006.

  2. Voir l’indispensable Nantes et la littérature – Anthologie de Patrice Locmant, Coiffard édition, Nantes, 2006.

  3. Caroline Sallé « Le fonds d’archives de l’INA peut devenir un garant de la vérité », Le Figaro, 27 janvier 2026.

06 mars 2026

Foin des « Imaginaires » gazeux, c'est Jules Verne qu'il nous faut !

 Nantes Métropole recrute un dircom pour la Cité des Imaginaires – Musée Jules Verne. Le poste est à pourvoir à partir du 1er mars ! S'agit-il de désigner quelqu'un en vitesse pour occuper le poste en cas de malheur électoral ? Car la stratégie de communication suivie pourrait dépendre fortement du résultat des urnes.

Foulques Chombart de Lauwe promet un « grand musée Jules Verne », L'équipe Rolland prévoit une Cité des Imaginaires, au sein de laquelle il y aura un musée Jules Verne. Ce n’est pas du tout la même chose. Le double nom Cité des Imaginaires – Musée Jules Verne est d'emblée un handicap. Le public ne retient pas deux noms à la fois. Et Nantes Métropole elle-même, en réalité, n'en connaît qu'un. Quand elle évoque le futur établissement sur son site web, c'est toujours sous le seul non « Musée des Imaginaires ».

Buste de Jules Verne au Jardin des plantes

Qui trop embrasse mal étreint. Au lieu d'attirer le public international avec le nom du plus célèbre de ses enfants, Nantes risque de dépenser beaucoup d'argent pour proclamer un concept gazeux qui ne dira rien à personne. Il ne suffit pas de mettre 50 millions dans un bâtiment pour faire venir les touristes si l'on n'a pas un message parlant à y attacher.

J'enfonce là une porte ouverte. Mais pourquoi Nantes tient-elle à la maintenir fermée ? De toute évidence, l’idéologie s’en mêle ! Si quelqu’un dit « Jules Verne », il y a toujours un demi-intellectuel pour ressortir le cliché de l’écrivain colonialiste et antisémite au nom d'une demi-douzaine de phrases anecdotiques, dispersées dans une œuvre abondante. Des clichés anodins, courants sous la plume des écrivains de son temps, mais devenus condamnables de nos jours.

Jules Verne pourrait inspirer mille messages enthousiasmants. Alexandra Müller, directrice de la Cité des imaginaires, a déjà promis que le musée mettra en valeur ses textes « mais aussi ce qu’ils peuvent avoir, parfois, de choquant aujourd’hui ». La cause est entendue : on administrera au visiteur une leçon de morale. On y amènera les enfants des écoles, qui de toutes façons n'auront pas leur mot à dire. Faire venir les touristes risque d'être plus difficile.

Voir article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/jules-verne/

Nantes a le Jules Verne honteux

 _________________________________________________

Pub !

L'Arbre aux Hérons : comment Nantes s'est prise à rêver et ce qui s'est passé ensuite

Toute l'histoire de l'Arbre aux Hérons rapportée dans un livre de 152 pages, 12 €


27 février 2026

Grève aux Machines de l’île : quelle baguette magique pour sortir d’un très mauvais pas ?

Une grève aux Machines de l’île en période de vacances scolaires ? En voilà, du pas de côté ! Et le reste du Voyage à Nantes s’y met ! La société publique locale, gestionnaire du tourisme à Nantes par délégation de service public (DSP), n’est pourtant pas un mauvais patron. Sauf qu’elle compte beaucoup de salariés à temps partiel, qui ont du mal à finir le mois. Ce n’est pas une surprise, la plupart des activités touristiques connaissent ce problème. Jean-Marc Ayrault ne pouvait l’ignorer en 2004 quand il a décidé de doter Nantes, ex nihilo, d’une activité ludique à vocation internationale.

Les Machines de l’île sont chères aux Nantais ? Elles leur coûtent cher aussi. Les salaires sont payés par des subventions publiques à hauteur de 30% environ. Satisfaire les grévistes supposerait de prendre encore plus dans la poche des contribuables (ce que, théoriquement, la législation des DSP ne permet pas). On recherche la « magie », comme dans les parcs Disney, mais le réel s’impose.

Le problème n’est pas né tout à coup début 2026 ! Le déséquilibre est allé en s’aggravant depuis des années au vu de tous. Il suffisait de regarder les comptes, comme le présent blog le fait depuis des années. Personne n’a su imaginer de solution autre que toujours plus de subventions. C’est la longue inaction de Jean Blaise en tant que patron du Voyage à Nantes, et de Johanna Rolland, en tant que maire de Nantes, qui sont en cause. L’Arbre aux Hérons – mauvais projet par ailleurs, mais c’est une autre affaire ‑ était censé donner un second souffle aux Machines. Il a été abandonné sans être remplacé. Sans un coup de baguette magique, l’avenir des Machines paraît mal engagé.

Voir article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/greve/

Grève au Voyage à Nantes : l’argent manque, le rêve aussi


24 février 2026

Qu’attendre des juges au cours des prochains mandats municipaux ?

Au fait, où en est l’affaire du Carrousel des mondes marins ? Le décès d’un des premiers mis en examen, patron de la Samoa et ancien directeur de cabinet de Jean-Marc Ayrault, aurait pu être l’occasion de faire le point sur l’état de la procédure judiciaire le mois dernier, mais personne n’a eu l’outrecuidance d’évoquer le sujet. Plusieurs personnes, dont Jean Blaise, restent quand même mises en cause dans cette affaire qui remonte à 2011/2012 et qui a été révélée en 2017. Qui donc disait que la justice est lente ?

Elle n’a pas l’air très pressée non plus à Saint-Sébastien-sur-Loire. La commune a passé contrat en 2020 avec le Voyage à Nantes selon une procédure qualifiée « d’irrégulière » par la chambre régionale des comptes en 2022. D’où enquête et perquisition à la mairie en 2024. Mais rien de plus pour le moment, semble-t-il.


Même genre d’irrégularité, doublée de « dérives budgétaires » et d’un possible « conflit d’intérêts » à La Chapelle-sur-Erdre. Mais la chambre régionale des comptes n’est intervenue qu’en 2025 : il faut attendre que ça percole.

La SAEM La Folle Journée a déjà donné lieu à une affaire judiciaire retentissante, avec condamnation de la directrice et du commissaire aux comptes à la clé. Mais ça n’est peut-être pas fini : le tribunal de commerce a mis la société en liquidation en juillet 2023, et la procédure traîne. Peut-être parce que les derniers bilans signés par le président n’étaient pas francs du collier et que la société a obtenu deux gros prêts garantis par l’État juste avant de fermer boutique.

L’action de la Compagnie La Machine et de MM. Orefice et Delarozière contre Nantes Métropole sera sûrement intéressante, mais un peu de patience, elle ne date que de quelques semaines…

Voir article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/des-procedures-qui-durent-autour-de-nantes-metropole/

Des procédures qui durent autour de Nantes Métropole

21 février 2026

Mémoires nantaises (2) Jean Blaise et le grenier du siècle

Les mémoires de Pierre Orefice ont fait l’effet d’un coup de tonnerre et d’un pied dans le plat, voire d’un crachat dans la soupe. On attend avec curiosité celles de Jean Blaise. Il va se « remettre » à écrire, prévenait Véronique Escolano en conclusion du portrait aimable qu’elle lui a consacré dans Ouest-France le jour de son départ en retraite.

Car, s’il a très peu publié, Jean Blaise a pas mal écrit, principalement sous la forme des introductions du livret annuel de présentation du Voyage à Nantes estival, toujours signées de sa main. Des textes très travaillés et dont le tirage (180 000 exemplaires en 2016) en faisait l’égal de best-sellers littéraires.

Ces manifestes ciselés abondent en morceaux de bravoure stylistiques, en oracles ésotériques et en visions sociologiques fulgurantes. « Nous avons la réputation ici d’une grande modestie » écrivait-il en 2012. Allons, allons, il ne faudrait pas non plus en faire trop dans la modestie. À défaut de mémoires formelles, ces pages mériteraient d’être rassemblées en un recueil de citations.

Les critiques littéraires y retrouveront sûrement la source d’inspiration littéraire de l’auteur. Il l’a lui-même affichée en déposant dans le Grenier du siècle, qui occupe la façade sud du Lieu Unique, un exemplaire de La Vie, mode d’emploi, de Georges Perec. Ce livre qui traite de choses minuscules avec une précision maniaque pourrait en dire éclairer pas mal de choix du Voyage à Nantes. 


Voir article complet, avec de nombreuses citations, sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/memoires/

Mémoires nantaises (2) Jean Blaise a-t-il perdu le mode d’emploi oulipien ?

 _________________________________________________

Rappel : 

L'Arbre aux Hérons : comment Nantes s'est prise à rêver et ce qui s'est passé ensuite

Toute l'histoire de l'Arbre aux Hérons rapportée dans un livre de 152 pages, 12 €


09 février 2026

Du bulletin de vote comme un billet de loto

 Avec un peu de chance, on aurait pu pasticher les Frères Jacques :

Encore heureux qu’il ait fait beau
Et qu’la Marie-Johanna soit un bon bateau !

Mais voilà, il n’a pas fait beau. La barge qui devait livrer à Nantes le tablier du pont Anne-de-Bretagne n’a pu affronter le mauvais temps, on a chargé le tout, barge plus tablier, sur un énorme navire  qui atteindra l’estuaire de la Loire dans trois ou quatre jours. Le coût du transport aura probablement été multiplié par quatre ou cinq par rapport à l’estimation initiale. La consommation de fuel aussi : la proclamation écologique de Nantes Métropole est devenue ridicule.

Et tous les gars du côté de Noirmoutier Ne sont pas prêts de s'arrêter de rigoler

Ce n’est pas le premier coup de malchance de ce chantier. Mais on a vu pire avec l’Arbre aux Hérons, quand Johanna Rolland a dû abandonner le projet parce que le prix de l’acier avait monté. Peut-être un peu aussi parce qu’elle avait elle-même décrété que le secteur privé financerait un tiers du budget et que le fonds de dotation à la tête duquel elle avait nommé Karine Daniel était très loin du compte.

On a échappé au pire

De YelloPark à la SEM La Folle Journée en passant par l’IEA, Johanna Rolland a souvent eu le mauvais œil. Et ça pourrait même être contagieux. Quand Anne Hidalgo a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2022, les sondages lui donnaient 5,5 % des voix. Elle a nommé Johanna Rolland directrice de campagne et elle a fini à 1,7 %. Alors, pour les municipales de mars prochain, effet pied gauche ou pas ?

Voir article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/johanna-rolland-4/

Johanna Rolland a-t-elle de la chance ?


03 février 2026

Nantes aurait dû tourner sept fois sa langue dans sa rue

Le conseil municipal de Nantes a-t-il voulu fourguer en vitesse avant les élections des noms de rue qu’une autre municipalité n’aurait jamais validés ? Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation : sa dernière promotion du 30 janvier comprend au moins deux cas très litigieux, dont on n’a probablement pas étudié le pedigree avec assez d’attention. 

Le premier est celui de Sanité Bélair (1781-1802). Pas vraiment la « figure de la révolution haïtienne » annoncée au conseil municipal puisqu’elle n’avait que 10 ans en 1791, mais une victime quand même, exécutée par l’expédition Leclerc en 1802 en même temps que son mari le général Bélair. Ce dernier avait d’abord choisi le camp français, puis avait changé de bord. Pour rejoindre sa femme captive, il s’était rendu à son ancien collègue le général Dessalines, futur empereur de Haïti qui, allié des Fançais à cette date, l’avait aussitôt livré au peloton d’exécution. Un souvenir plutôt gênant pour Haïti, donc.

Le second cas est celui de Madeleine Pelletier (1874-1939), présentée comme psychiatre et féministe. On n’avait vraiment pas mieux en magasin ? Mesures chiffrées en main, elle assure que « Les races inférieures [...] ont le maxillaire plus développé que la race blanche » ou que « c'est le crâne masculin qui, beaucoup plus que le crâne féminin, se rapproche de celui du singe ». Elle milite pour l’euthanasie et l’eugénisme. C’était l’ambiance de l’époque, plaident ses partisans. Cette époque était aussi celle d’Alexis Carrel (1873-1944), prix Nobel de médecine, mais Nantes a débaptisé pour cause d’eugénisme le boulevard qui portait son nom. On le re-nomme au prochain conseil municipal ?

Lire l’article complet sur Nantes Plus

https://nantesplus.org/nouveaux-noms-de-rues-nantais/

Nouveaux noms de rues nantais :
deux grosses erreurs de casting

28 janvier 2026

Un livre en souvenir (provisoire ?) de l’Arbre aux Hérons

Près de vingt-deux ans après ses débuts, l’aventure de l’Arbre aux Hérons est-elle terminée ? En guise d’épitaphe, je viens de publier un livre sur lesujet. Tous les aspects de l'histoire y sont rappelés en 152 pages :


Cependant, pour livrer le fond de ma pensée, je ne suis pas sûr du tout que cet « ensuite » soit complètement achevé. « Quand c'est fini, N.I. ni ni, ça recommen-ence », chantait Léo Ferré. Les zombies, ça existe ! Plus exactement :

1)       Le prototype de Héron construit à grands frais est toujours là, branlant et rouillé, entre les Machines de l’île et l’école Aimé-Césaire.

2)       Il a fait l’objet d’une promesse explicite : « Johanna Rolland et Fabrice Roussel ont confirmé aux mécènes que les fonds collectés par le fonds de dotation financeront la mise en exploitation du Grand Héron, déjà visible sur l’esplanade des nefs et déjà propriété de la Métropole. » 

3)       À l’automne 2024, Nantes Métropole a passé avec un grand bureau d’études un marché public intitulé Diaghéron et portant non seulement sur un diagnostic de la machine mais aussi sur un suivi de sa remise en état.

4)       Les Machines de l’île ont désespérément besoin d’une nouveauté pour se relancer et réduire leur trou financier.

5)       Johanna Rolland elle aussi a besoin d’une annonce forte, pas seulement pour dynamiser sa campagne mais aussi pour faire oublier la manière chaotique dont elle a géré le dossier. 

Comment faire ? Mais en annonçant la prochaine ressuscitation du Grand Héron, quels qu’en soit le coût et l’équation économique ! Une telle annonce lors de la réouverture des Machines de l’île, le 7 février, dynamiserait du même coup leur saison 2026. On prend le pari ?

En attendant, ne manquez pas de lire L’Arbre aux Hérons : comment Nantes s’est prise à rêver et ce qui s’est passé ensuite, qui relate en détail l’histoire du projet et les raisons de son échec.

  • Disponible sur Amazon et à la librairie Coiffard, rue de la Fosse à Nantes.

·         ISBN 979-8279277322, 152 pages, 12 €.


Lire article complet sur Nantes Plus : 

https://nantesplus.org/arbre-aux-herons-3/

Un livre sur l’Arbre aux Hérons : histoire d’un flop extraordinaire peut-être pas achevé



Libérez nos camarades !

 

23 janvier 2026

Le Muscadet du Voyage, muscadet commun mais pas communal

Chapeau bas devant les vignerons du pays nantais. Des décennies d’efforts ont fait du muscadet un grand vin. Leur démarche culmine avec dix dénominations communales : Clisson, Gorges, Le Pallet, Goulaine, Château-Thébaud, Mouzillon-Tillères, Monnières-Saint-Fiacre, La Haye Fouassière, Vallet et Champtoceaux. « Chaque "communale" possède une personnalité qui lui est propre » souligne la Fédération des vins de Nantes. « Le terroir est bien là pour les différencier les uns des autres, et leurs signes distinctifs se ressentent dans le verre. » Issus de vignes à faible rendement, ils sont élevés sur lie pendant au moins vingt-quatre mois.

Le Voyage à Nantes a décidé de faire exactement l’inverse : des vins issus de cinq terroirs mélangés dans une cuve unique cinq mois après la vendange. Zéro différenciation. Les négociants en vin pratiquent de tels assemblages depuis plus d’un siècle. Leur produit n’est pas forcément mauvais : il est « générique », un adjectif pas exactement flatteur.


Le Voyage à Nantes se pique de « promotion culinaire ». Son dernier-né n’aura été sélectionné ni par un vigneron, ni par un négociant, ni par un œnologue mais par un journaliste. Il s’appellera le Muscadet du Voyage. Le risque est évidemment que le touriste pressé le considère comme « le » muscadet de référence et reparte avec le sentiment d’un petit vin. Et dire que, cet été, Le Voyage à Nantes avait présenté à l’admiration des foules, place Royale, une statue hyperréaliste de Jo Landron, l’un des vignerons les plus représentatifs de la démarche des « communales »…

Voir article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/muscadet/

Muscadet ou bibine pour Le Voyage à Nantes ?