vendredi 9 novembre 2018

La Dame de l'Erdre

Ooooh ! mais quelle peut donc être la statue dissimulée sous ce long drap blanc, plus seyant qu’une burqa, il faut bien dire ? C’est sûr, ça n’est pas le Minotaure : il est parti pour Toulouse. Alors ? Cet intolérable mystère devrait être levé dimanche.

En attendant, par ces nuits tempêtueuses et sans lune, plus d'un passant croira voir... qui donc ?  Ophélie noyée dans l'Erdre ? Une Valkyrie rendant hommage à Odin ? Mais non, bien sûr : la Dame du lac, Viviane, tendant Excalibur au roi Arthur sorti de sa dormition en Avalon !

Après tout, à l'heure où la presse mondiale s'épate d'un folklore en contreplaqué fabriqué de toutes pièces dans un but commercial à Toulouse, Nantes a bien le droit de prendre une petite revanche avec la mythologie que les siècles nous ont léguée. Geoffroy de Monmouth avec nous !

Souvent Délivrance varie

Johanna Rolland fait remettre en place la statue de La Délivrance devant le monument aux morts de 14-18. Ce qu’elle avait pourtant exclu quatre ans plus tôt, comme le signale EL (merci à lui une fois de plus). Aujourd’hui un peu éclopée, elle a donc changé d’avis. Il faut savoir terminer un centenaire.


La réponse sans appel de madame le maire de Nantes n’avait pas tardé :

Il suffisait pourtant d’attendre un peu :




mardi 30 octobre 2018

Johanna Rolland : bientôt La Délivrance

Le 11 novembre verra la statue de La Délivrance revenir après trois quarts de siècle au haut de sa colonne du square du Maquis de Saffré. En a-t-elle fait couler de l’encre jadis, cette statue !

S’y intéresse-t-on encore aujourd’hui ? Un indice : les dons récoltés sur le site de la Fondation du Patrimoine, où Johanna Rolland a lancé une grande souscription en faveur de la statue. Le montant de la collecte est à peine croyable !

lundi 29 octobre 2018

Le musée d’arts de Nantes essaie de faire scandale

Pourquoi donner à une exposition un nom de gaine ? (Créée en 1933, la gaine Scandale, qui « amincit la silhouette sans comprimer le buste » a acquis une immense notoriété grâce à ses publicités aguicheuses – « obscènes », disait même Raymond Queneau.) Pour émoustiller le bon peuple, à n’en pas douter, et gonfler sans trop de peine les statistiques de fréquentation du musée d’arts en 2018.

Le Scandale impressionniste, exposition visible au musée jusqu’au 13 janvier 2019, porte un titre clairement mensonger. Le visiteur s’en aperçoit vite. Le musée ne s'évertue d’ailleurs pas à entretenir l’illusion : l’objet réel de l’exposition, c’est le Salon tenu à Nantes fin 1886, où étaient exposées 1.799 œuvres « réalisées par les plus grands représentants des différents courants artistiques de cette fin de XIXe siècle, de l’académisme à l’impressionnisme ».Elle vaut le coup d’œil à condition de ne pas y chercher de scandale, et pas trop d’impressionniste.


mercredi 17 octobre 2018

Inondations dans l’Aude, catastrophe à Nantes

Depuis 48 heures, la question travaille Carcassonne : pourquoi avoir construit un hôpital à Montredon ? Le nouvel hôpital de la ville, en service depuis quatre ans, a été gravement touché par le débordement de l’Aude ces derniers jours. « Il a été inaccessible pendant plusieurs heures avant que les accès ne soient dégagés et débarrassés des véhicules qui bouchaient les entrées après avoir été transportés par la montée des eaux », raconte La Dépêche. « Le plus grave pour cet établissement est l'inondation dans les sous-sols du bâtiment, en particulier dans les fosses des ascenseurs qui se sont retrouvées de fait immobilisés. »

Depuis que c’est arrivé, on dirait que tout le monde savait que ça arriverait. La presse et les réseaux sociaux sont pleins de prophéties rétrospectives. Il est vrai que Carcassonne a déjà subi des inondations graves (1820, 1891…). Le quartier de Montredon, où se dresse l’hôpital, se trouve à 1 km des rives de l’Aude. Selon le plan de prévision des risques d’inondation (PPRI) établi par l’État en 2013, il était inondable. La construction de l’hôpital était déjà bien avancée. Quelles précautions la municipalité de Carcassonne a-t-elle prises alors ? Elle a demandé que Montredon soit retiré du projet de PPRI…

La direction de l’hôpital insiste : le permis de construire était assorti de conditions très strictes, elles ont été respectées et malgré ça…

Comparaison n'est pas raison, mais tout de même, on ne peut s'empêcher de penser. On parie que le budget prévisionnel du futur CHU de Nantes, déjà annoncé comme le plus cher de France, vient de prendre encore 10 % d’augmentation d’un seul coup ?

jeudi 11 octobre 2018

Médiacités s'interroge sur les comptes de La Machine

Le site d'investigation Médiacités publie aujourd'hui une enquête détaillée d'Erwan Seznec sur l'opacité financière de l'association La Machine. On ignore ce que pourrait vraiment coûter le projet de L'Arbre aux Hérons, qualifié de « magnifique bricolage au surcoût inestimable ». Et encore plus ce que pourrait coûter son fonctionnement.

Pourquoi, alors, Toulouse Métropole s'engage-t-elle dans la même galère avec la Halle aux Mécaniques de Montaudran ? Parce que, révèle Erwan Seznec, les conditions ne sont pas les mêmes « il n’y aura pas un centime d’argent public versé pour de nouvelles créations de François Delarozière ». Un article éclairant et inquiétant !

Toujours dans Médiacités, lire aussi le récent article de Thibault Dumas et David Picot sur le projet YelloPark, pas du tout indispensable aux J.O. contrairement à ce que disait expressément Johanna Rolland.

dimanche 7 octobre 2018

Cinq nouvelles questions sur L’Arbre aux Hérons

La région des Pays de la Loire subventionne les collectivités locales. Elle a réservé 17 millions d’euros à Nantes Métropole. Chaque commune aura droit à quelque chose. Ce « ruissellement » de l’argent pris dans la poche des contribuables via les services de l’État puis ceux de la région pour aboutir aux communes est-il efficient ? Cela dépend sans doute de ce qu’il finance. Le plus gros morceau, 4 millions d’euros est destiné à L’Arbre aux Hérons.

Au conseil métropolitain du 5 octobre, Johanna Rolland a tenu à insister lourdement : ce choix a été approuvé par Christelle Morançais, présidente du conseil régional, pour qui L’Arbre est une priorité. Ce qui n’a pas empêché l’opposition métropolitaine d’exprimer une vague défiance. « Notre groupe ne conteste pas ce projet ni son intérêt mais son financement » a déclaré Rozenn Hamel au nom de la droite et du centre. Et de demander où en sont les études économiques sur L’Arbre aux Hérons, pour lesquelles le conseil métropolitain a voté en décembre 2017 un budget de 2,5 millions d’euros*.

La réponse de Fabrice Roussel, vice-président de Nantes Métropole, soulève plus de questions qu’elle n’en règle.

Première question : L’Arbre

Les études sont en cours, a assuré Fabrice Roussel, « nous aurons le modèle économique début 2019 ». Puisque ce modèle n’est pas encore validé, n’aurait-il pas été plus sage d’inviter la région à financer autre chose ? Si les études concluent finalement que L’Arbre aux Hérons n’est pas un bon projet, Nantes Métropole se sera bêtement privée de 4 millions d’euros de subventions régionales.

Deuxième question : La Machine

Il est bien possible, cependant, que Nantes Métropole ait déjà, des mois à l’avance, sa petite idée sur le résultat des études. « Depuis des années, nous avons des relations confiantes avec La Machine » a constaté Fabrice Roussel. Confiantes assurément, au point de lui avoir confié les études en question sans appel d’offre**. La Machine validera-t-elle les projets de La Machine ? Le suspense n’est pas vraiment insoutenable... Mais la confiance de la Métropole est-elle si bien placée ? Elle n’a pas empêché La Machine de créer La Halle aux Mécaniques de Toulouse, qui concurrencera directement Les Machines de l’île. Un bon contrat d’exclusivité vaut souvent mieux qu’une confiance aveugle !

Troisième question : l’argent public

Indépendamment des études, il faut trouver 12 millions d’argent public autre que celui de Nantes Métropole pour que L’Arbre aux Hérons se fasse. Voici donc 4 millions apportés par la Région. D’où viendront les 8 autres ? « Nous sommes en discussion avec le département et je ne doute pas que l’État sera au rendez-vous », a indiqué Fabrice Roussel. Est-il pas étrange que sur trois interlocuteurs publics, le plus empressé ait été une région de droite ? Le département socialiste et le gouvernement LREM se rallieront-ils au choix de celle-ci ?

Quatrième question : l’argent privé

Et puis il y a les financements privés. « Sur les engagements financiers des entreprises, nous en sommes aujourd’hui à près de 3,5 millions d’euros » a assuré Fabrice Roussel, sans citer un seul nom. Comme il faut une douzaine de millions, ce serait à peu près 30 % du chemin de fait depuis la création du Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons voici onze mois (à supposer que le fonctionnement du Fonds ne coûte rien, ce qui n’est pas le cas, évidemment). En décembre 2017, Nantes Métropole s’est donné deux ans pour disposer « des éléments techniques et financiers pour confirmer la réalisation de l’Arbre ». À ce train-là, on n’y arrivera pas. Comment la Métropole compte-t-elle accélérer le mouvement ?

Cinquième question : le fisc

« Nous avons encore quelques dispositions fiscales à régler », a admis Fabrice Roussel à propos des dons des entreprises. De quelles dispositions peut-il s’agir ? Probablement de celles qui permettent aux entreprises de déduire de leurs impôts 60 % du montant de leurs dons destinés à l’achat d’œuvres d’art. Hélas, la loi fiscale a défini ce qu’est une œuvre d’art (article 98 A de l’annexe 3 du code général des impôts). Sur la base de ce texte, la chambre régionale des comptes a expressément affirmé que les éléments du Carrousel des mondes marins « ne constituent pas des œuvres d’art ». On ne voit pas pourquoi ce qui s’applique au Carrousel ne s’appliquerait pas à L’Arbre. Sans réduction fiscale, les dons coûtent deux fois et demie plus cher aux entreprises : comment la Métropole compterait-elle alors les convaincre ?
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* En réalité, c’est dès le 10 février 2017 que Nantes Métropole a voté la réalisation d’études confiées à Nantes Métropole Aménagement. La décision de décembre 2017 a simplement « autorisé » qu’elles soient effectuées en fait par l’association La Machine.
** Argument invoqué : les règles habituelles des marchés publics ne s’appliquent pas aux œuvres d’art. En réalité, il s’agit d’une simple possibilité ouverte par l’article I-3-a du décret 20116-360 du 25 mars 2016. Les acheteurs publics peuvent parfaitement procéder à une mise en concurrence. 

jeudi 4 octobre 2018

L’Arbre aux Hérons, priorité stratégique pour la région des Pays de la Loire

 « L’action se passe dans les Pays de la Loire, c’est-à-dire nulle part »
Sven Jelure, d’après Alfred Jarry, Ubu roi

Si l’information ne venait pas d’Ouest France, on croirait à un canular : Laurence Garnier, au nom de la région des Pays de la Loire, va attribuer une subvention de 4 millions d’euros au projet de L’Arbre aux Hérons. Soit 11,4 % de son coût prévisionnel. La question servira de hors-d’œuvre au conseil métropolitain ce vendredi.

L’étonnant n’est pas que Laurence Garnier arrose L’Arbre aux Hérons. Après l’avoir radicalement condamné en 2014, elle rame pour expliquer que si, quand même, au fond, elle est pour, juste un peu différemment. Par exemple, elle proposait de faire parrainer les feuilles de l’Arbre par des particuliers. L’étonnant est plutôt qu’elle parle au nom de la Région, dont elle est vice-présidente chargée de la culture.

Un aspirateur à subventions ?

L’Arbre aux Hérons relèverait donc de la culture ? Puisque tout fait culture de nos jours, pourquoi pas ? Le budget primitif de la région des Pays de la Loire a prévu 21,5 millions d’euros d’investissements au chapitre « Culture, sport, vie associative, bénévolat et solidarités » en 2018. L’Arbre aux Hérons absorberait donc à lui seul près d’un cinquième du budget régional d’une année pour l’ensemble de cette rubrique. Toutes les associations culturelles, sportives et autres qui voient leurs projets retoqués sauront où l’argent est allé !

Mais ça ne colle pas ! La région a solennellement adopté une « nouvelle stratégie pour la culture » en juin 2017. Une stratégie articulée selon trois axes, « Pour les territoires et les publics », « Pour les artistes, les créateurs et les projets » et « Pour entrer dans la culture du 21e siècle » (au bout de dix-huit ans, il serait temps !). L’Arbre aux Hérons n’entre dans aucune de ces trois catégories.

Un appel à projets bouclé d’avance

Aussi n’est-ce pas dans le budget dont elle a la charge que Laurence Garnier range le projet mais dans la politique contractuelle de la Région. « La Région passe des contrats de territoires avec toutes les communautés de communes, pour venir appuyer leurs politiques », explique la vice-présidente*. « On leur demande quels projets sont prioritaires à leurs yeux. Cela ne veut pas dire qu’on les cautionne. Que n’aurait-on pas entendu si la Région avait choisi certains projets et pas d’autres, se substituant ainsi aux élus métropolitains ? »

La Région serait donc une simple chambre d’enregistrement où les élus métropolitains dicteraient leurs désirs aux élus régionaux, et Laurence Garnier une préposée aux coups de tampon malgré ses presque 4.000 euros mensuels d’indemnité de vice-présidente…

Heureusement, c’est faux. Les contrats passés avec Nantes Métropole, Angers et Le Mans ne sont pas des chèques en blanc. Ils se traduisent concrètement par des appels à projets. « Les thématiques de ces appels à projets seront élaborées en concertation avec les chefs de file des trois territoires sur la base de priorités stratégiques partagées avec la Région », spécifie cette dernière. Qui insiste lourdement : « Dans une logique d’optimisation, la Région recherchera systématiquement la complémentarité avec ses dispositifs sectoriels »

Conclusion logique : si la Région finance L’Arbre aux Hérons, ce n'est pas qu'il lui a été imposé, c’est qu’elle le considère comme une priorité stratégique mitonnée en concertation avec Nantes Métropole ! 
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* Qui d’ailleurs se plante : avec Nantes Métropole, Angers et Le Mans, la Région ne signe des « contrats de territoire » mais des « contrats de développement métropolitain ».

lundi 24 septembre 2018

Arbre aux Hérons : une explication de non-gravure s'impose

Des « récompenses » ont été promises aux donateurs de la campagne menée sur Kickstarter en faveur de L’Arbre aux Hérons. Cinq mois après, elles arrivent au compte-goutte. Mais la plus remarquable manque à l’appel.

lundi 17 septembre 2018

Que doit vraiment coûter L'Arbre aux Hérons ?

Vous pensiez que L'Arbre aux Hérons coûterait 35 millions d'euros ? Moi aussi : depuis au moins cinq ans, ce montant quasi officialisé par Nantes Métropole était cité un peu partout.

Pourtant, La Machine recrute un chargé de mission afin de refaire le calcul à partir de zéro...