samedi 14 juillet 2018

Cycliste à Nantes : (8) la continuité cyclable nord-sud interrompue en son milieu

La bande cyclable qui relie le cours des 50 otages au cours Olivier de Clisson en traversant la ligne 1 du tram avait déjà un air un peu étrange, partagée qu’elle était par un poteau de feu tricolore avant d’aboutir côté sud sur un rond-point à la signalisation énigmatique.

Depuis quelques jours, son aménagement est devenu carrément ubuesque. Elle est barrée dans le sens nord-sud par trois balises jaunes interdisant le passage. Les cyclistes doivent effectuer un crochet en pleine circulation, avec la circonstance aggravante du franchissement des rails du tram et de va-et-vient piétonniers anarchiques.

Qui parviendra à fournir une explication logique à ce dispositif incompréhensible et dangereux ?



mardi 10 juillet 2018

Quand le Grand éléphant des Machines de l’île devient un boulet

« Comment gâcher un weekend avec une réservation annulée et du personnel détestable » : tel est le titre d’un commentaire publié sur TripAdvisor voici quelques jours à propos des Machines de l’île. Et son auteur tourangeau d’expliquer : « Apres avoir réservé 3 places, un voyage et une nuit d'hôtel pour voyager en éléphant. On nous annonce très sechement au moment du départ qu'il est en panne depuis hier et qu'aucun dédommagement n'est prévu... »

Même si les commentaires favorables, voire dithyrambiques, sont très majoritaires, ce genre de critique n’est pas à prendre à la légère. Que le Grand éléphant tombe en panne n’émeut pas les Nantais : ils reviendront le voir une autre fois. Mais quand une famille tourangelle vient à Nantes pour un tour dans la machine, c’est un gros revers pour elle.

Or cette famille n’est sûrement pas seule : les pannes du Grand éléphant se multiplient depuis sa rénovation de l’hiver dernier. Après un arrêt planifié du 25 au 29 juin, il n’a pu être remis en service normal. Il a fallu annuler des trajets ce week-end et hier.

Ni international ni de grande qualité

Quand le conseil communautaire de Nantes Métropole a voté la création des Machines de l’île, le 18 juin 2004, il a précisé : « Le projet retenu doit être de grande qualité et capable d’attirer un public à la fois national et international. » Un équipement souvent en panne n’est sûrement pas « de grande qualité ». Quant à « attirer un public à la fois national et international », l’échec est évident : le public des Machines de l’île est en grande partie local et régional. Et il est probable que leurs visiteurs nationaux et internationaux, pour beaucoup, viennent les voir « en passant », sur la route des plages ou du Puy du Fou : elles ne sont pas une attraction en soi.

"Merci de votre compréhension", mais pas un mot d'excuse !
Quand Les Machines de l’île déçoivent un visiteur, la moindre des choses serait de s’en excuser et de se mettre en quatre pour compenser. Un « personnel détestable » est gravissime dans un contexte touristique. Et il est vrai que Les Machines de l’île prennent leur responsabilité à la légère. Une panne, c’est désormais la routine. Quand elles arrêtent l’Éléphant, elles le signalent par une simple pancarte et ne font rien pour cajoler les visiteurs déçus. Elles leur proposent simplement de prendre un billet pour la Galerie des Machines – qui du coup se trouve engorgée par un public trop nombreux.

Il ne serait pourtant pas compliqué d’assurer un accueil spécifique – qui pourrait être confié aux servants de l’Éléphant, puisque les voilà désœuvrés – et de proposer des billets à prix réduits pour le Carrousel, qui tourne presque toujours en sous-régime, ou des consommations au bar. La SNCF fait mieux dans un contexte plus difficile. Hélas, l’imagination dont se targue volontiers Pierre Orefice, patron des Machines, ne s’applique pas au bien-être des visiteurs.

lundi 2 juillet 2018

VAN 2018 : éloge du pas de côté, ou la ligne verte en crabe

L’Éloge de la transgression de Philippe Ramette exposé cours Cambronne par Le Voyage à Nantes a déjà été montré ailleurs, en particulier au Centre Georges Pompidou de Paris en 2011. Quid de l’Éloge du pas de côté visible place du Bouffay, qui sert d’affiche à la manifestation estivale ? Davantage original, il ne l’est quand même pas tout à fait. Ramette a déjà présenté un Éloge du pas de côté à la galerie Xippas de Paris en 2016. Le format était plus petit, le matériau différent, le costume de l’autoportrait plus casual, mais le concept était exactement identique, comme son nom.

Saisir un personnage dans un instant d’équilibre transitoire est une idée vieille comme l’Antique : elle inspirait déjà le Discobole de Myron voici vingt-cinq siècles. Si l’on veut des exemples d’équilibre sur un pied, on en trouvera des quantités, tantôt gracieux (comme les Arabesques d’Edgar Degas) tantôt plus robustes (comme le Sinnataggen de Josef Vigeland).

Mais ce qui intéresse le sculpteur, ici, n’est pas le mouvement, ni l’équilibre, ni la beauté. Peu importe que son personnage rigide et inexpressif s’apprête à se casser la figure – en tombant à droite, horrible détail ! Son souci est conceptuel. À propos de l’Éloge du pas de côté de 2016, Éric Simon, dans le blog Actuart, écrivait qu’il continuait « une des réflexions chères à Ramette, celle autour de la question du socle ». 

Clairement, cette réflexion se prolonge avec Le Voyage à Nantes – chère à Ramette, elle devient coûteuse aux Nantais. « Dédié à la ville de Nantes, Éloge du pas de côté rend hommage à la ville, à son engagement et à son rapport étroit avec la culture », assure le cartel posé place du Bouffay. Qui oserait ne pas s'émouvoir devant tant de bonne grosse flagornerie ?

Le jeu entre la statue et son socle est une idée rigolote mais pas neuve. C’est un classique de la sculpture animalière et de l’art funéraire, par exemple. Ce qui est nouveau, peut-être, chez Ramette, c’est qu’il y va à la serpe, avec un clin d’œil appuyé, afin que le populo ne risque pas de passer à côté. Chez lui, le socle n'est plus seulement un élément de l’œuvre mais son point focal.

Ses prédécesseurs traitaient l’idée de manière plus subtile. Il n’est pas nécessaire d’aller bien loin pour le constater. Tous les Nantais connaissent par exemple le groupe de Charles Correia dont le socle forme un balcon fictif sur la façade arrière du théâtre Graslin. Nos œuvres verniennes illustrent aussi la « question du socle » :

  • Le Buste de Jules Verne, de Georges Bareau, au Jardin des plantes, est juché sur un piédestal qui englobe lui-même deux statues, celles d’une femme et d’un enfant lisant les Voyages extraordinaires, assis sur leur propre socle.
  • Le Michel Ardan, de Jacques Raoult, rue de l’Héronnière, repose sur un socle divisé en quatre parties qui prolongent comme des ailettes l’obus géant de De la Terre à la Lune.
  • Le Jules Verne enfant d’Élisabeth Cibot, qui orne depuis 2005 la montée de la butte Sainte-Anne, est assis sur son socle en forme de banc (dans un mouvement moins raide que celui de l’autoportrait de Ramette).
Toujours à propos de socle, on ira voir L’Épave de Paul Auban, dans le square Maurice-Schwob (le récif sur lequel la Bretonne recueille le corps de son fils noyé), le Gorille enlevant une femme d’Emmanuel Frémiet, au musée d’arts (un rocher sur lequel le grand singe hisse sa proie), La Cigarière, de Jacques Raoult, à la Manufacture des tabacs (des outils du métier), ou Aristide Briand, également de Jacques Raoult, sur la place du même nom (une évocation de l’Europe). Mais personne n’a traité la « question du socle » plus radicalement que Jean Fréour avec son Anne de Bretagne, devant le château. De plain-pied avec ses sujets, la duchesse n’a pas besoin d’un piédestal pour s’imposer.

Au fait, toutes ces sculptures ont un point commun : le parcours du Voyage à Nantes les ignore. Il s’acharne en revanche à signaler des œuvres comme la Canadienne, qui dépare la terrasse du Un (étape 16), L’Absence, qui aggrave l’état esthétique de l’École d’architecture (étape 19) ou le Cours à travers, qui encombre les jardins de l’hôtel de ville (étape 49). Il signale bien sûr le Jardin des plantes mais n’y voit, en fait de statues, que « quelques oeuvres restées permanentes de l'artiste Claude Ponti, telles que les "Bancs processionnaires", le "Banc géant" ou le "Dormanron" une sorte d'ours faisant la sieste sur la pelouse ».

Nantes, avant Blaise, n’existait pas. Éloge du pas de côté, soit, à condition de marcher en crabe le long de la ligne verte !
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P.S. Un lecteur (merci E.L.) signale cette statue de Charles La Trobe par Charles Robb installée à l’université Latrobe de Melbourne (Photo RB30DE sur Wikipedia) :



dimanche 1 juillet 2018

La pancarte du cours Saint-Pierre, girouette au-dessus d’une collection de vieux autocollants

Où en est notre vieille amie la pancarte placée cours Saint-Pierre, juste derrière le chevet de la cathédrale, afin de guider les touristes vers le musée de la rue Clemenceau ?

Il en a été question ici pour la première fois le 29 juin 2015. À l’époque, elle pointait droit vers le Sud, c’est-à-dire vers la tour LU. Ce n’était pas grave puisque le musée, en travaux, ne serait rouvert que deux ans plus tard : les promeneurs avaient bien le temps de faire un détour par le Lieu Unique.

Il avait fallu six mois pour qu’un tournevis municipal fasse opérer un quart de tour à la pancarte, la dirigeant correctement vers l’Est. (Ce tournevis n’était pas allé jusqu’à corriger la pancarte sise au bout du pont Saint-Mihiel, qui indiquait « Foch Cathédrale » dans la direction du monument aux 50 otages alors même que la colonne Louis XVI était visible en arrière-plan.)


 La pancarte du cours Saint-Pierre était donc tournée dans le bon sens à l’heure de l’inauguration du musée. Mais comme elle était libellée « Musée des beaux-arts », il avait quand même fallu la remplacer au printemps 2017, afin qu’elle indique « Musée d’art » : la présence d’un adjectif périmé aurait pu égarer les marcheurs ! (Au passage, le temps de marche indiqué avait été réduit de 3 à 2 minutes, pour un parcours pourtant rigoureusement identique).

Cependant, la bonne disposition de la pancarte n’avait pas duré. À l’automne, elle pointait derechef vers la tour LU

Où en sommes-nous, à l’aube du Voyage à Nantes 2018 ? Eh bien, la pancarte pointe encore vers la tour LU. Caveat touristor !

Au milieu de ces péripéties microscopiques, une chose n’a pas changé : le mat auquel la pancarte est fixée. Il « était déjà très sale en juin 2015 », écrivait-on ici en juin 2017. « Mais il reste dix jours pour le nettoyer avant l’inauguration du musée… » La Méforme d’une ville n’a pas l’influence qu’elle mériterait : rien ne s’était passé.

Et aujourd’hui, rien ne s’est toujours passé. Les cochonneries continuent à s’accumuler sur ce mat dont on espère pourtant que les touristes le regarderont… (Ci-dessous, de gauche à droite : la pancarte fin juin 2015 et fin juin 2018.)

 


vendredi 29 juin 2018

VAN 2018 : Éloge du monte-en-l’air cours Cambronne

Une nouvelle fois, Le Voyage à Nantes propose aux Nantais des œuvres de récupération. La petite fille de Philippe Ramette présentée cours Cambronne était exposée au Centre Georges Pompidou il y a sept ans de cela. Elle était aussi visible à Cagnes-sur-mer l’an dernier. Le musée parisien la décrivait ainsi :

une sculpture publique sur le modèle de celles que l'on voit partout en Inde, représentant les personnages célèbres qui ont marqué l'histoire du pays, tels Gandhi, ou Nehru. Réalisée par différents artisans indiens, cette sculpture met en scène une fillette en train de gravir un socle de pierre, placé au milieu d'une enceinte dont le style est typiquement indien. Le petit corps en bronze est figé dans l'effort de son ascension mais aussi dans sa détermination. Cette fillette peut être interprétée comme la métaphore du pouvoir de demain, dans un pays où les femmes luttent quotidiennement pour leur reconnaissance.


L’enceinte de style « typiquement indien » a disparu au profit d’un décor typiquement nantais. La sculpture a aussi changé de nom. Elle s’appelait alors « Place publique d’intérieur », elle s’appelle à présent « Éloge de la transgression » et représente « une écolière grimpant sur un socle vide. À moins qu’elle ne soit en train d’en descendre ? » Finie donc la métaphore du pouvoir des femmes, complètement anachronique dans une ville gouvernée par une madame le maire, sauf à imaginer que la statue représente le « petit corps en bronze » de Johanna Rolland tentant de se cramponner à son piédestal à l’approche des municipales de 2020.

Le nouveau titre de la statue semble lui-même de seconde main. Commentant l’expo de 2011, Médiapart avait titré : « Philippe Ramette, éloge de la transgression ». Un journaliste français est ainsi venu compléter l’œuvre de « différents artisans indiens », le tout restant néanmoins signé Philippe Ramette.

Le choix du lieu rend l’œuvre plus transgressive encore : présentée sur fond d’échafaudage, elle évoque irrésistiblement une invitation aux monte-en-l’air.

mercredi 27 juin 2018

La navette électrique de Complètement Nantes : un verdoyage complètement nul

« En raison des innovations croisées associant un véhicule 100% électrique, la route, les usages, les objets connectés, c'est une première mondiale », assurait Francky Trichet à La Tribune en inaugurant la navette électrique installée en marge de l’opération Complètement Nantes le 1er juin. Johanna Rolland, à ses côtés, approuvait chaudement les dires de son adjoint « porteur du Nantes City Lab ».

Une première mondiale ! Considère-t-on les Nantais comme si naïfs ? Qui ne sait que les expérimentations de véhicules électriques se comptent par centaines à travers le monde ! Beaucoup d'entre elles sont plus avancées que la nôtre. En fait d’associer « la route, les usages, les objets connectés », la navette se contente d’aller du point A au point B et retour en site propre sur une piste balisée de 650 m, avec un virage en S pour toute complication. Les aspirateurs et les tondeuses robot de nouvelle génération en font davantage, sans parler bien sûr des véhicules autonomes en cours de test chez Tesla, Uber ou BMW.

En plus, elle est très bruyante à cause d’une climatisation mal conçue : rien à voir avec le voluptueux silence d’une Tesla Model S.

« La navette est composée de 25 mètres de panneaux photovoltaïques posés au sol », écrit bizarrement le site web spécialement créé pour l’opération Complètement Nantes. Des panneaux qui, ajoute-t-il, produisent « autant d’électricité, voire plus, que ce qu’elle consomme ». Le site municipal Nantes.fr évoque lui aussi « la route à énergie positive, qui produit autant d’électricité que ce que consomme la navette ». Ces panneaux qui « composent » la navette sont visibles brièvement sur une vidéo déposée sur YouTube par la ville de Nantes.

En réalité, ces panneaux photovoltaïques, la seule vraie innovation de cette expérience, n’ont tenu le coup que quelques jours. « Le revêtement a été endommagé au moment des orages à la fois dans son collage et dans son fonctionnement électrique, ce qui a beaucoup altéré sa production », précise aimablement Valéry Ferber, directeur environnement et innovation de l’Entreprise Charier (Montoir-de-Bretagne).

Ben oui, un test, ça réussit ou ça ne réussit pas. Là, ça n’a pas réussi – et un ratage est parfois riche d’enseignements. Mais le fait est que cette expérience destinée à durer un mois, ce qui est déjà très peu, a perdu l’une de ses caractéristiques essentielles au bout de quelques jours. Les panneaux solaires ont été retirés. Francky Trichet, la ville de Nantes et Complètement Nantes se sont bien gardés de le signaler. Déjà, présenter l’expérience comme « une première mondiale » relevait du « verdoyage », néologisme qui me paraît adapté pour traduire greenwashing. Continuer à prétendre qu’elle « produit autant d’électricité, voire plus, que ce qu’elle consomme » est carrément faux.

Cela dit, il faut reconnaître que l’information est donnée au public, quoique de manière cabalistique, sur la porte du garage de la navette :


Pour fonctionner, la navette a besoin de 2.000 kWh/an. On suppose donc qu’il lui a fallu quelque chose comme 167 kWh pour fonctionner pendant un mois, à raison de six jours par semaine et de six heures par jour seulement – et même moins encore ces derniers jours. L’énergie cumulée produite par la « centrale photovoltaïque » n’a pas dépassé 50 kWh.

La bonne nouvelle, c’est que tout ça n’a pas coûté trop cher aux Nantais, contrairement à Complètement Nantes. Les panneaux solaires ont été financés pour l’essentiel par leur créateur, l’Entreprise Charrier. Quant à la navette, elle aurait été payée par une filiale d’EDF. Combien ? 300.000 euros, assure La Tribune. Une affaire, si l’on songe que le nouveau moteur hybride de l’Éléphant des Machines de l’île a coûté à lui seul 413.000 euros H.T

Sauras-tu retrouver la navette dans cette image ?

mardi 26 juin 2018

La grille du palais de justice va de mal en pis

Quand un des éléments de la grille du palais de justice est tombé en panne voici deux mois, l’incident paraissait mineur. Ridicule, puisqu’il s’ajoutait à la foule des dysfonctionnements antérieurement constatés, mais mineur : à n'en pas douter, la réparation ne tarderait pas.

Or ces jours-ci, ce n’était plus un pan qui était en panne mais quatre ! La justice n’est pas seulement lente, elle part en bottes. Et elle est naïve, par dessus le marché : Quelle mesure a-t-on prise pour protéger le fragile bâtiment contre les incursions nocturnes ? On a barré les espaces béants par du ruban de balisage !

Cependant, le ruban blanc et rouge des origines a été remplacé par du ruban jaune et noir*. Est-ce vraiment plus dissuasif ?

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* Selon les normes internationales, le ruban rouge et blanc signale une interdiction et le ruban jaune et noir un danger. S'approcher de ce bâtiment en mauvais état pourrait en effet être dangereux.

dimanche 24 juin 2018

Le nouveau moteur de l’Éléphant : (6) de l’électricité dans l’air

Visite aux Machines de l’île. L’éléphant mécanique parcourt les Nefs sur toute leur longueur dans un vacarme infernal.

Un vacarme infernal ? Les responsables des Machines avaient pourtant assuré que la grosse machine serait moins bruyante grâce à son nouveau moteur hybride.

Ils avaient trop présumé de leurs copains fournisseurs : le moteur électrique dysfonctionne. Il a même fallu arrêter l’Éléphant plusieurs fois, en particulier début mai, en pleines vacances scolaires, et à nouveau mi-juin.

Depuis une dizaine de jours, on attend paraît-il une pièce qui doit venir d’Italie afin de remplacer un composant défectueux. Du coup, la machine est revenue au tout-Diesel, et tant pis pour les oreilles sensibles.

Petit rappel : le moteur hybride a été installé au cours d’un arrêt de trois mois moyennant une facture de 413.000 euros hors taxes. C’est donc un loupé majeur.

Est-ce en contrepartie que l’Éléphant barrit moins ? Il me semble qu’on ne l’entend plus beaucoup sur son parcours. J’ai noté il y a quelques jours qu’il a perdu ses barrissements puissants du début. Un lecteur anonyme s’en était offusqué, assurant que la qualité du barrissement dépend seulement de « machinistes plus ou moins doués ». Il était mal informé. Voici ce qu’indiquait le mensuel Travail & sécurité en novembre 2013 après avoir rencontré Bertrand Dekeuwer, responsable sécurité des Machines de l’île, et Hervé Grelier, contrôleur sécurité à la Carsat :

« On a aussi modifié le dispositif pour réduire le niveau sonore quand l’éléphant barrit », poursuit Bertrand Dekeuwer. « Avant ces interventions mécaniques, se rappelle Hervé Grelier, le Centre interrégional de mesures physiques de l’Ouest était venu pour faire des mesures et sensibiliser des salariés. Ceux-ci avaient déjà abaissé le niveau sonore du barrissement. »

Les précédents épisodes de la série « Le nouveau moteur de l’Éléphant » :

(1) un très mauvais choix initial

jeudi 21 juin 2018

Plus de clients mais un gros trou pour Les Machines de l’île en 2017

Ah ! c’est bien dur de gérer une entreprise quand on n’est pas prévoyant. Le conseil métropolitain du 22 juin entendra les doléances des Machines de l’île : la subvention versée par Nantes Métropole en 2017 (1,65 million d’euros) était trop basse « et devant de plus couvrir le financement de deux événements importants, non prévus à l’origine, Nantes Maker Campus et les 10 ans des Machines de l’île ».

Les 10 ans des Machines, un événement non prévu à l’origine ? Jean-Marc Ayrault nous aurait donc menti en inaugurant le 30 juin 2007 un équipement « pérenne » destiné à durer moins d’une décennie ?

À moins que les souvenirs des Machines ne s’embrouillent ? On imagine mal les effets d’un alzheimer sur une mémoire d’éléphant mécanique géant… Car le montant de la subvention perçue en 2017 n’a pas été fixé « à l’origine », en 2007, mais en décembre 2016, par un avenant au contrat d'origine couvrant les années 2017-2025. À cette date, beaucoup de gens, y compris Johanna Rolland, étaient capables d’imaginer que Les Machines souffleraient leur dixième bougie six mois plus tard. D’autant plus qu’elles avaient lancé les festivités dès le 1er juillet 2016…

Le compte d’exploitation prévisionnel 2017 des Machines de l’île avait été établi en décembre 2016 sur la base de 660.000 « entrées visiteurs ». En définitive, 674.395 billets ont été vendus. Quant aux ventes de la librairie-boutique et du bar, elles sont 10 % plus élevées que prévu grâce à leurs nouveaux locaux. Le total des recettes des Machines devait atteindre 8,13 millions d’euros en 2017. En réalité, il est proche de 8,53 millions d’euros (subvention de 1,65 million d’euros comprise).

Les Machines de l’île roulent donc sur l’or ? Hélas non ! Au lieu du résultat équilibré prévu par le compte d’exploitation prévisionnel, elles ont perdu 89.000 euros en 2017. Comment est-ce possible alors qu’elles ont vendu plus de billets et de limonade que prévu ? Il n’y a pas de miracle : les dépenses ont augmenté encore plus vite que les recettes. Au lieu des 8,13 millions d’euros prévus par les comptes prévisionnels de décembre 2016, elles approchent en fait les 8,62 millions d’euros à fin 2017, soit environ 6 % de dérapage. Principale explication : la masse salariale supportée par Les Machines a bondi de 10 %.

Le point 33 de l’ordre du jour du conseil métropolitain du 22 juin prévoit une « Modification de la contribution annuelle 2018 ». Les Machines de l’île vont-elles réclamer davantage aux contribuables pour boucher leur trou ? Voilà qui est en principe exclu par l’article L1411-1 du code général des collectivités territoriales. Mais, là aussi, elles pourraient très bien avoir la mémoire qui flanche.

jeudi 14 juin 2018

L’Éléphant des Machines de l’île résiste mieux aux grèves qu’aux intempéries

Les conducteurs de l’Éléphant des Machines de l’île avaient prévu de faire grève aujourd’hui. Et puis finalement non, la grève est suspendue. Parce que des négociations auront lieu dans quelques jours. Ouais. Elles tombent bien, ces négociations, puisque l’engin est en panne : à quoi bon faire grève quand de toutes façons on ne peut pas travailler ?

Quoi qu’il en soit, le résultat est le même pour les usagers, cinquième patte de la machine : pas d’Éléphant. Hier après-midi, mercredi de beau temps, des foules battaient la semelle devant l’engin inerte.

La panne provient des intempéries, a assuré Pierre Orefice à Presse Océan : la pluie a fait griller un compresseur. Stéphane Pajot répercute cette explication dans un tweet : « en raison des grosses averses et des inondations, une pièce de l’éléphant de #Nantes a cramé ». Elle est quand même un peu courte.

« Habituellement on répare ça avec un sèche-cheveux », indique benoîtement le directeur des Machines de l’île. Le problème était donc habituel ? Alors, il y avait fatalement erreur de conception : destiné à circuler en extérieur par tous les temps, l’engin aurait dû être protégé contre l’humidité. À l’instar des machines de travaux publics du genre pelles, chargeurs ou bulldozers.

Et puisque le problème était bien connu, pourquoi n’y a-t-on pas remédié lors des travaux effectués sur l’Éléphant cet hiver ? Sur 770.000 euros de budget, on aurait bien pu en consacrer un ou deux milliers à un capot protecteur. Heureusement, une session de rattrapage est prévue : du 25 au 29 juin, l’Éléphant sera à l’arrêt. Il serait impardonnable de laisser passer l’occasion.