mardi 3 septembre 2019

Royal de Luxe, et même de mollesse

Qui a dit que Royal de Luxe ne se renouvelait pas ? La troupe vient de faire une chose qu’elle n’avait pas faite depuis 2013 : elle a publié ses comptes pour 2018 !

Ils ne sont pas vraiment mauvais. Le chiffre d’affaires dégringole et le matériel vieillit, mais la troupe a pu être payée assez généreusement pour une activité pas débordante. En revanche, le marasme de 2019 n’annonce rien de bon.




dimanche 21 juillet 2019

Cafouillage à Nantes

Corniches qui s’écrasent sur la ligne verte, statues qui cassent sur la place Royale, nids en forme de radeau de la Méduse, le Voyage à Nantes 2019 semble placé sous le signe de la décrépitude.





lundi 8 juillet 2019

Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons : qui s’excuse s’accuse

Il suffisait de demander : à peine l’irrégularité de la publication de ses comptes au Journal officiel signalée, le Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons l'a rectifiée dans les règles de l’art, avec le rapport de son commissaire aux comptes.

Pourquoi ne pas avoir commencé par là ? Forcément, on se pose la question, et on lit le rapport avec d’autant plus d’attention.

Si des événements, même postérieurs à la clôture de l’exercice (31 décembre 2018 en l’occurrence) risquent de compromettre l’avenir, le commissaire aux comptes doit « attirer l’attention » des lecteurs sur eux. Sur quoi donc a-t-il attiré l’attention ici ?

Pour ceux qui donneraient leur langue au chat, voir mon


vendredi 5 juillet 2019

Vous reprendrez bien un peu de pierre reconstituée ?

Régulièrement, le Voyage à Nantes tente le coup. Il nous présente des créations « originales » déjà vues ailleurs, comme les petits bonshommes en ciment moulé d’Isaac Cordial, ou les statues de Ramette l’an dernier.

Du temps d’Estuaire, déjà, il y avait eu le Serpent d’Estuaire, jumeau de ceux exposés par Huang Yong Ping à New York et Brisbane, ou encore le Canard jaune ingonflable, sur un modèle multiplié par Florentijn Hofman dans le monde entier.

Cette année, ça recommence. On a déjà évoqué les « Nids » de Kawamata. Pour être plus spectaculaire, l’installation de Vigny place Royale est-elle plus originale ?




mardi 2 juillet 2019

Financement de l’Arbre aux Hérons : ça ne va pas du tout

Qu’a rapporté la campagne de dons sur Kickstarter en faveur de l’Arbre aux Hérons ? Vous pensez à 373.525 euros, montant indiqué depuis la fin de campagne. En fait, le montant net reçu pour la construction de l’Arbre n’est que de 320.788 euros. C’est l’une des révélations des comptes 2018 publiés hier au Journal officiel par le Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons.

Mais ces comptes ont bien plus de choses à raconter. En particulier à propos des dons provenant des mécènes. Les promesses de dons des entreprises atteignent 4 millions d’euros, avait dit Pierre Orefice. Il l’avait même répété plusieurs fois depuis un an, ce qui semblait indiquer que le montant plafonnait. Il plafonne peut-être, mais pas à 4 millions d’euros, loin de là : la réalité des comptes est impitoyable.

Les presque 12 millions de financements privés nécessaires pour que l'Arbre soit construit restent-ils un objectif réaliste ? C'est désormais très douteux à cause d’une très mauvaise nouvelle venue de Bercy. Et que Pierre Orefice s'était bien gardé de proclamer.


samedi 29 juin 2019

Les grands donateurs de l’Arbre aux Hérons doivent se serrer pour s’asseoir

« Les NOMS des 250 grands donateurs seront GRAVÉS SUR LES BANCS installés sur le site des Machines de l'île ! », avait promis le Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons, lors de sa campagne de levée de fonds sur Kickstarter au printemps 2018.

Faits de métal découpé, deux bancs ont enfin été installés voici quelques semaines, sous les Nefs des chantiers navals et non au beau milieu du site. C’est mieux ainsi : par ces chaleurs, en fait de bancs, ce seraient plutôt des planchas.

On y lit en creux, percés au laser, les noms des généreux donateurs d'au moins 1.000 euros, bien moins nombreux que prévu. Certains étaient attendus : François Delarozière, Pierre Orefice, Bruno Hug de Larauze. En revanche, d'autres tout aussi attendus n’y sont pas…


vendredi 28 juin 2019

Pourquoi la P.J. vient-elle si tard aux Machines de l’île ?

La police judiciaire enquête sur les Machines de l’île, annonçait Ouest France hier soir. L’étonnant n’est pas que la P.J. enquête, c’est qu’elle s’y prenne si tard.

Ouest France*, qui a interrogé Jean Blaise, estime que l’enquête fait suite au rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion du Voyage à Nantes, dont les Machines de l’île sont l’une des activités. La Chambre n’avait pas tout décortiqué, mais elle avait étudié en détail la construction du Carrousel des mondes marins. Pour cette seule opération, elle avait trouvé pas moins de dix infractions aux règlements.

Pour lire le rapport d’observations définitives de la Chambre, cliquer sur ce lien : https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2017-12/ROD-2017-238-SPL-Voyage----Nantes.pdf. On lira les p. 25 et suivantes du rapport, en particulier le tableau de la p. 34. Voir aussi les annexes 5 et 6.

Oh ! la Chambre n’avait pas montré une grande férocité. Elle s’était même laissé convaincre que la construction du Carrousel avait respecté le budget prévu, ce qui n’était pas le cas. Mais certains des « manquements » qu’elle avait signalés pouvaient tomber sous le coup de la loi. Seulement, ils dataient d’avant l’inauguration du Carrousel des mondes marins en 2012.  

Si certains faits étaient délictueux, ils sont prescrits (le délai de prescription des délits est de six ans). La justice a mieux à faire que d’enquêter sur des dossiers dont elle sait déjà qu’il ne sortira rien. Alors, pourquoi aujourd’hui, si longtemps après le rapport de la chambre régionale des comptes ? Parce que la situation politique a évolué ? Parce que le projet de l’Arbre aux Hérons éveille des soupçons ? À suivre…

(Sur ce sujet, il est utile de lire les enquêtes de Médiacités, en particulier "Les Machines de l'île, ingénieuse machine à transformer l'argent public".)
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* Innocente question annexe : pourquoi Presse Océan; en général si friand de tout ce qui concerne les Machines de l'île, ne dit-il rien de cette enquête ?

samedi 22 juin 2019

Vocations et complications des Fonds de dotation nantais

Harmonie Mutuelle est l'un des mécènes du Fonds à
vocation culturelle de Nantes et Nantes Métropole
Outre le Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons, Nantes Métropole a créé un Fonds à vocation culturelle de Nantes et Nantes Métropole (2017) et un Fonds de dotation pour le développement culturel (2010). Forcément, une structure à triple fonds, ça complique.

Nantes Métropole ne cherche pas à faire semblant : ces fonds sont des outils à sa disposition pour récolter auprès de mécènes des fonds qu’elle dépensera à sa guise. La Loi avait tenté d’éviter ce genre d’instrumentalisation : même créés par des collectivités, les fonds de dotation devaient être autonomes et leurs comptes certifiés par un commissaire aux comptes puis publiés au Journal officiel.

Le Fonds à vocation culturelle de Nantes et Nantes Métropole vient de publier ses comptes 2018. Est-il vraiment dans les clous pour autant ? Pas vraiment…


Lire aussi sur Nantes + : Promis c'est gratuit, l'éditorial de Victor Hublot sur la "gratuité" des transports publics selon Johanna Rolland.

lundi 10 juin 2019

Un belvédère pour voir pas grand chose

Nantes Métropole semble faire grand cas du « belvédère » bientôt inauguré rue de l’Hermitage, sur la butte Sainte-Anne. Un belvédère à 1,3 million d’euros, censé être artistique parce que Tadashi Kawamata va camoufler ses pylônes à l’aide de quelques planches.

L'idée vient du Voyage à Nantes : qui dit belvédère dit touristes. Mais les touristes viennent-ils pour le belvédère ou pour la vue ?

Ici, l'équipement soulève un point d’interrogation majeur. La table d'orientation de la montée de l'Hermitage offre une vue bien plus étendue et intéressante. Le seul avantage du belvédère est qu'on y verra mieux la circulation sur le quai du marquis de l'Aiguillon.

Plus de belvédère à Nantes… mais pas plus de vue pour autant

samedi 8 juin 2019

Favet Neptunus Tabularii

Le plus compliqué, dans L’Arbre aux Hérons, ce n’est pas la conception, ce n’est pas la construction, ce n’est pas la tenue au vent, ce n’est pas la sécurité, ce n’est même pas l’exploitation : c’est la comptabilité. Du moins celle du Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons. La loi l’oblige à publier ses comptes 2018 avant début juillet. Mais certaines écritures pourraient donner des migraines à son cabinet comptable, Strego, et à son commissaire aux comptes, RSM.

Du moins si ces prestataires n’ont pas changé. L’an dernier, les comptes du Fonds à fin 2017 avaient bien été publiés au Journal officiel, mais ils étaient hors délai et, surtout, ils n’étaient pas certifiés par le commissaire aux comptes, comme la loi l’exige. Eau dans le gaz ou simple erreur de transmission ?

Depuis lors, le Fonds s’est engagé dans des opérations autrement plus compliquées. On attend donc avec impatience le Journal officiel.