mardi 31 juillet 2018

L’Éléphant des Machines de l’île finit juillet en panne

La Cantine du Voyage ne marche pas très fort, révélait Ouest France hier soir. Elle n’est pas seule. Le Grand éléphant des Machines de l’île n’en finit pas d’enchaîner les pannes. Aujourd’hui encore, en plein milieu de la saison, par un temps idéal, beau mais pas trop chaud, il s’est trouvé mal à côté du Carrousel des mondes marins (qui du coup a vu sa fréquentation remonter subitement). Décidément, le nouveau moteur de la Machine, dont on attendait des merveilles, est un désastre.

Le pronostic n’a pas l’air trop favorable

Pierre Orefice vient constater la situation

jeudi 26 juillet 2018

Les « récompenses » de L’Arbre aux Hérons posent plus de questions qu’elles n’en résolvent

Les promoteurs de l’Arbre aux Hérons bougent enfin ! Les interpellations de donateurs sur la page Kickstarter du projet, relayées ici-même, ont dû causer quelque émoi. Le 25 juillet en fin de journée, les donateurs ont commencé à recevoir leurs « titres de copartage », qui ne leur donnent droit à rien de spécial, et une affiche électronique. On suppose que les récompenses « en dur » suivront.

L’envoi a beau être tardif, il donne pourtant un sentiment d’impréparation. Le projet semble emberlificoté dans une situation juridique complexe où s’entremêlent trois entités en principe distinctes : un établissement public de coopération intercommunale régi par le code général des collectivités locales (Nantes Métropole), une société publique locale régie par le code de commerce (Le Voyage à Nantes) et un fonds de dotation régi par la loi du 4 août 2008 (le Fonds de dotation de L'Arbre aux Hérons). Prêt pour la visite ? Accrochez vos ceintures !

  • Le courriel annonçant l’envoi des récompenses émane de l’adresse contact@arbreauxherons.fr
  • Il contient des liens destinés au téléchargement des récompenses. Ces liens renvoient vers une page du site web des Machines de l’île.
  • Sur cette page des Machines de l’île figurent des liens destinés au téléchargement des récompenses (bis). Ces liens dirigent vers une page dont l'URL commence par arbre-aux-herons sur un autre site géré par l’agence web Troopers Agency. Va-t-on continuer longtemps ce renvoi de balle ?
  • Non : le téléchargement s’effectue enfin. Voici le titre de copartage. Daté du 5 mai, il était donc prêt depuis longtemps. Le délai mis à son envoi suggère que quelque chose ne tourne pas rond, héron, héron, petit patapon.
  • Sur le site web des Machines de l’île, on a aperçu au passage un joli logo symbolisant, on suppose, L’Arbre aux Hérons entouré de la mention : « Les Machines de l’île ». Mais sur le titre de copartage, pourtant à en-tête des Machines de l’île, le même logo est entouré de la mention « Le fonds de dotation ».

En fait de logos, ce titre de copartage daté du 5 mai 2018 en comporte aussi un autre, assez étonnant : « Les Machines de l’île – 10ème année – juillet 2006-juillet 2017 ». Et d’une, 2006-2017, ça fait onze ans et pas dix. Et de deux, juillet 2006 n’a rien à faire là puisque Les Machines de l’île ont ouvert leurs portes le 30 juin 2007. Et de trois, juillet 2017 ne rime plus à rien en juillet 2018. Un indice de la confusion qui règne au sommet de l’Arbre ? Mais ne nous égarons pas, l’histoire est déjà assez compliquée comme ça. Revenons à nos hérons.

  • Sur le titre de copartage figurent les signatures de Bruno Hug de Larauze, « Président du fonds de dotation », de François Delarozière, « Co-auteur », et de Pierre Orefice, « Co-auteur ». Or il n’existe aucun lien juridique entre Les Machines de l’île et le fonds de dotation, pas plus qu’entre ce dernier et les co-auteurs, ni entre François Delarozière et Les Machines de l’île.
  • Les Machines de l’île ne sont d’ailleurs pas une entité juridique mais une marque, propriété de la société Le Voyage à Nantes. Celle-ci n’a aucun rôle officiel dans le projet de L’Arbre aux Hérons. Et Pierre Orefice, qui est à la fois l’un de ses dirigeants et l’un des co-auteurs du projet, doit marcher sur des œufs : toute dépense en faveur de L’Arbre aux Hérons qui ne serait pas faite aussi au bénéfice des Machines de l’île, ou plus largement du Voyage à Nantes, risquerait d’être qualifiée d’abus de biens sociaux*.
  • On suppose donc que les frais de conception, de réalisation et d’envoi des récompenses ont été supportés par le Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons, dont c’est le boulot ; Les Machines de l’île ne seraient là que pour faire joli. D’ailleurs, on l’a dit, le courriel annonçant l’envoi des récompenses venait du site arbreauxherons.fr n’est-ce pas ? Mais en réalité, le domaine arbreauxherons.fr n’appartient pas au fonds de dotation, et pas davantage aux Machines. Il appartient à Nantes Métropole – également propriétaire de la marque « L’Arbre aux Hérons ».

  • Quant à l’agence web Troopers Agency, d’où sont téléchargées les récompenses, elle ne mentionne pas le Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons parmi ses clients. En revanche, elle mentionne Nantes Métropole.
Ouest France, qui a aussitôt signalé l’envoi des récompenses, n’a pas semblé remarquer la moindre anomalie. Il est vrai que cette salade russe ne change rien pour les donateurs : ils ont versé leur argent, ils ont leur titre de coparticipation, ils auront (peut-être) L’Arbre aux Hérons.  Mais pour les citoyens et les contribuables, il en va peut-être autrement, car si la loi permet aux collectivités locales de créer des fonds de dotation, elle leur interdit de les subventionner, même indirectement. Ces bizarreries signalent au moins une vie occulte du projet qui n’annonce rien de bon.
_________________
* Le délit d'abus de biens sociaux est prescrit au bout de trois ans ; 2018 + 3 = 2021, ce qui mène quand même au-delà des prochaines élections municipales. (Remarque sans aucun rapport avec le sujet, NDLR.)

mardi 24 juillet 2018

Arbre aux Hérons : où donc les contributions se sont-elles envolées ?

Le silence des promoteurs de l’Arbre aux Hérons devient vaguement inquiétant pour les 5 511 contributeurs du projet via Kickstarter. En remerciement pour leur argent, ils devaient recevoir des « récompenses » promises initialement en mai ou juin. Au 24 juillet, il semble que tout le monde attend encore.

Sur la page Kickstarter de L’Arbre aux Hérons / The Herons’ Tree, on en est à deux douzaines de commentaires réclamant les contreparties, ou au moins des nouvelles. « Nous sommes déjà fin juillet et toujours rien », écrit par exemple ACW. « Ni récompenses ni même la moindre communication à notre égard. Malheureusement, cela sème le trouble et perturbe un peu notre confiance dans ce si beau projet. »

Pourtant, les interlocuteurs possibles ne manquent pas :

  • M. Bruno Hug de Larauze, président du Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons, désigné par Kickstarter comme responsable du projet et donc des récompenses.
  • Mme Karine Daniel, ex députée socialiste, embauchée par Nantes Métropole comme directrice générale du Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons, dont les fonctions incluent la communication autour du projet.
  • M. Pierre Orefice, directeur des Machines de l’île, qui n’a pas de fonction officielle dans le projet mais a toujours fait comme s’il en était le patron au courrs de la campagne Kickstarter.
  • Mme Johanna Rolland, maire de Nantes, qui a toujours tenu à informer ses électeurs des étapes franchies par le projet.
Toutes ces personnes si empressées quand il s’agissait de faire rentrer l’argent sont-elles parties en vacances en oubliant leur smartphone ? « Les contributions s’envolent », lit-on sur le site web de Nantes Métropole (ci-dessous). On espère quand même qu’elles ne se sont pas envolées à tout jamais.


mercredi 18 juillet 2018

Les donateurs de L’Arbre aux Hérons ne voient toujours rien venir

Les 373.525 euros recueillis pour financer un petit bout* de L’Arbre aux Hérons ont suscité des clameurs enthousiastes voici trois mois. Les clameurs se sont tues. Et des voix plus timides commencent à demander : « Et maintenant ? ».

Comme toute campagne de financement participatif qui se respecte, la campagne L’Arbre aux Hérons / The Herons’ Tree proposait une gamme de contreparties en fonction des montants donnés : du simple remerciement à dix ans d’entrées gratuites en passant par différents goodies du genre casquette ou certificat de propriété dessiné par Muntaner. Les récompenses devaient parvenir aux contributeurs entre mai et juillet 2018.

« Tous les donateurs ont reçu entre autre un titre de copropriété de l’Arbre aux Hérons pour toute la vie de l’Arbre », assure la ville de Nantes. C'est complètement faux. Il semble que personne n’ait rien reçu à ce jour. Depuis une dizaine de jours, le site Kickstarter a commencé à enregistrer des interrogations angoissées de donateurs qui ne voient rien venir. Bon, on n’en compte encore qu’une douzaine. Mais c’est déjà assez significatif en comparaison du nombre total de commentaires exprimés pendant la campagne de financement : 71.


Face à ces interrogations, silence total côté Arbre aux Hérons. Nantes Métropole a pourtant pris soin de créer un Fonds de dotation de L’Arbre aux Hérons, chargé de la communication autour du projet et dirigé par l’ancienne députée socialiste Karine Daniel. Si elle ne montrait pas plus de diligence envers ses administrés, on comprend pourquoi elle n’a pas été réélue.

Une bonne partie des cadeaux prévus consistait pourtant en simples documents papier. Ils étaient déjà conçus puisque leur fac-simile était visible sur le site Kickstarter. Restait à les imprimer et à les envoyer : faut-il vraiment trois mois pour cela ? « N’ayant pas encore reçu la totalité des formulaires, nous ne pouvons pas commencer l’envoi des contreparties », écrivaient les organisateurs début juin. Rien ne les obligeait pourtant à attendre d’avoir tous les formulaires.

Mais au fait, qui est responsable de l’envoi de ces récompenses aux contributeurs ? La règle de Kickstarter est claire : c’est le « créateur » du projet. C’est-à-dire, toujours selon Kickstarter, Bruno Hug de Larauze. C’est à lui, en principe, que Kickstarter a versé l’argent. Cela pourrait bien susciter quelques difficultés comptables. Mais difficultés ou pas, les donateurs, eux, ont apporté leur argent en mars-avril. M. Hug de Larauze, qu’attendez-vous pour honorer votre engagement ?
________________
* Selon Les Machines de l’île, la longueur cumulée des vingt-deux branches de L’Arbre aux Hérons sera de 1.400 mètres, dont 500 mètres seulement accessibles au public, pour un coût total de 35 millions d’euros. La construction reviendra donc à 25.000 euros du mètre linéaire, le financement Kickstarter couvrant un peu moins de quinze mètres. Le donateur moyen (67,78 euros) aura financé 2,7 millimètres d'une branche.

samedi 14 juillet 2018

Cycliste à Nantes : (8) la continuité cyclable nord-sud interrompue en son milieu

La bande cyclable qui relie le cours des 50 otages au cours Olivier de Clisson en traversant la ligne 1 du tram avait déjà un air un peu étrange, partagée qu’elle était par un poteau de feu tricolore avant d’aboutir côté sud sur un rond-point à la signalisation énigmatique.

Depuis quelques jours, son aménagement est devenu carrément ubuesque. Elle est barrée dans le sens nord-sud par trois balises jaunes interdisant le passage. Les cyclistes doivent effectuer un crochet en pleine circulation, avec la circonstance aggravante du franchissement des rails du tram et de va-et-vient piétonniers anarchiques.

Qui parviendra à fournir une explication logique à ce dispositif incompréhensible et dangereux ?




mardi 10 juillet 2018

Quand le Grand éléphant des Machines de l’île devient un boulet

« Comment gâcher un weekend avec une réservation annulée et du personnel détestable » : tel est le titre d’un commentaire publié sur TripAdvisor voici quelques jours à propos des Machines de l’île. Et son auteur tourangeau d’expliquer : « Apres avoir réservé 3 places, un voyage et une nuit d'hôtel pour voyager en éléphant. On nous annonce très sechement au moment du départ qu'il est en panne depuis hier et qu'aucun dédommagement n'est prévu... »

Même si les commentaires favorables, voire dithyrambiques, sont très majoritaires, ce genre de critique n’est pas à prendre à la légère. Que le Grand éléphant tombe en panne n’émeut pas les Nantais : ils reviendront le voir une autre fois. Mais quand une famille tourangelle vient à Nantes pour un tour dans la machine, c’est un gros revers pour elle.

Or cette famille n’est sûrement pas seule : les pannes du Grand éléphant se multiplient depuis sa rénovation de l’hiver dernier. Après un arrêt planifié du 25 au 29 juin, il n’a pu être remis en service normal. Il a fallu annuler des trajets ce week-end et hier.

Ni international ni de grande qualité

Quand le conseil communautaire de Nantes Métropole a voté la création des Machines de l’île, le 18 juin 2004, il a précisé : « Le projet retenu doit être de grande qualité et capable d’attirer un public à la fois national et international. » Un équipement souvent en panne n’est sûrement pas « de grande qualité ». Quant à « attirer un public à la fois national et international », l’échec est évident : le public des Machines de l’île est en grande partie local et régional. Et il est probable que leurs visiteurs nationaux et internationaux, pour beaucoup, viennent les voir « en passant », sur la route des plages ou du Puy du Fou : elles ne sont pas une attraction en soi.

"Merci de votre compréhension", mais pas un mot d'excuse !
Quand Les Machines de l’île déçoivent un visiteur, la moindre des choses serait de s’en excuser et de se mettre en quatre pour compenser. Un « personnel détestable » est gravissime dans un contexte touristique. Et il est vrai que Les Machines de l’île prennent leur responsabilité à la légère. Une panne, c’est désormais la routine. Quand elles arrêtent l’Éléphant, elles le signalent par une simple pancarte et ne font rien pour cajoler les visiteurs déçus. Elles leur proposent simplement de prendre un billet pour la Galerie des Machines – qui du coup se trouve engorgée par un public trop nombreux.

Il ne serait pourtant pas compliqué d’assurer un accueil spécifique – qui pourrait être confié aux servants de l’Éléphant, puisque les voilà désœuvrés – et de proposer des billets à prix réduits pour le Carrousel, qui tourne presque toujours en sous-régime, ou des consommations au bar. La SNCF fait mieux dans un contexte plus difficile. Hélas, l’imagination dont se targue volontiers Pierre Orefice, patron des Machines, ne s’applique pas au bien-être des visiteurs.

lundi 2 juillet 2018

VAN 2018 : éloge du pas de côté, ou la ligne verte en crabe

L’Éloge de la transgression de Philippe Ramette exposé cours Cambronne par Le Voyage à Nantes a déjà été montré ailleurs, en particulier au Centre Georges Pompidou de Paris en 2011. Quid de l’Éloge du pas de côté visible place du Bouffay, qui sert d’affiche à la manifestation estivale ? Davantage original, il ne l’est quand même pas tout à fait. Ramette a déjà présenté un Éloge du pas de côté à la galerie Xippas de Paris en 2016. Le format était plus petit, le matériau différent, le costume de l’autoportrait plus casual, mais le concept était exactement identique, comme son nom.

Saisir un personnage dans un instant d’équilibre transitoire est une idée vieille comme l’Antique : elle inspirait déjà le Discobole de Myron voici vingt-cinq siècles. Si l’on veut des exemples d’équilibre sur un pied, on en trouvera des quantités, tantôt gracieux (comme les Arabesques d’Edgar Degas) tantôt plus robustes (comme le Sinnataggen de Josef Vigeland).

Mais ce qui intéresse le sculpteur, ici, n’est pas le mouvement, ni l’équilibre, ni la beauté. Peu importe que son personnage rigide et inexpressif s’apprête à se casser la figure – en tombant à droite, horrible détail ! Son souci est conceptuel. À propos de l’Éloge du pas de côté de 2016, Éric Simon, dans le blog Actuart, écrivait qu’il continuait « une des réflexions chères à Ramette, celle autour de la question du socle ». 

Clairement, cette réflexion se prolonge avec Le Voyage à Nantes – chère à Ramette, elle devient coûteuse aux Nantais. « Dédié à la ville de Nantes, Éloge du pas de côté rend hommage à la ville, à son engagement et à son rapport étroit avec la culture », assure le cartel posé place du Bouffay. Qui oserait ne pas s'émouvoir devant tant de bonne grosse flagornerie ?

Le jeu entre la statue et son socle est une idée rigolote mais pas neuve. C’est un classique de la sculpture animalière et de l’art funéraire, par exemple. Ce qui est nouveau, peut-être, chez Ramette, c’est qu’il y va à la serpe, avec un clin d’œil appuyé, afin que le populo ne risque pas de passer à côté. Chez lui, le socle n'est plus seulement un élément de l’œuvre mais son point focal.

Ses prédécesseurs traitaient l’idée de manière plus subtile. Il n’est pas nécessaire d’aller bien loin pour le constater. Tous les Nantais connaissent par exemple le groupe de Charles Correia dont le socle forme un balcon fictif sur la façade arrière du théâtre Graslin. Nos œuvres verniennes illustrent aussi la « question du socle » :

  • Le Buste de Jules Verne, de Georges Bareau, au Jardin des plantes, est juché sur un piédestal qui englobe lui-même deux statues, celles d’une femme et d’un enfant lisant les Voyages extraordinaires, assis sur leur propre socle.
  • Le Michel Ardan, de Jacques Raoult, rue de l’Héronnière, repose sur un socle divisé en quatre parties qui prolongent comme des ailettes l’obus géant de De la Terre à la Lune.
  • Le Jules Verne enfant d’Élisabeth Cibot, qui orne depuis 2005 la montée de la butte Sainte-Anne, est assis sur son socle en forme de banc (dans un mouvement moins raide que celui de l’autoportrait de Ramette).
Toujours à propos de socle, on ira voir L’Épave de Paul Auban, dans le square Maurice-Schwob (le récif sur lequel la Bretonne recueille le corps de son fils noyé), le Gorille enlevant une femme d’Emmanuel Frémiet, au musée d’arts (un rocher sur lequel le grand singe hisse sa proie), La Cigarière, de Jacques Raoult, à la Manufacture des tabacs (des outils du métier), ou Aristide Briand, également de Jacques Raoult, sur la place du même nom (une évocation de l’Europe). Mais personne n’a traité la « question du socle » plus radicalement que Jean Fréour avec son Anne de Bretagne, devant le château. De plain-pied avec ses sujets, la duchesse n’a pas besoin d’un piédestal pour s’imposer.

Au fait, toutes ces sculptures ont un point commun : le parcours du Voyage à Nantes les ignore. Il s’acharne en revanche à signaler des œuvres comme la Canadienne, qui dépare la terrasse du Un (étape 16), L’Absence, qui aggrave l’état esthétique de l’École d’architecture (étape 19) ou le Cours à travers, qui encombre les jardins de l’hôtel de ville (étape 49). Il signale bien sûr le Jardin des plantes mais n’y voit, en fait de statues, que « quelques oeuvres restées permanentes de l'artiste Claude Ponti, telles que les "Bancs processionnaires", le "Banc géant" ou le "Dormanron" une sorte d'ours faisant la sieste sur la pelouse ».

Nantes, avant Blaise, n’existait pas. Éloge du pas de côté, soit, à condition de marcher en crabe le long de la ligne verte !
___________________________

P.S. Un lecteur (merci E.L.) signale cette statue de Charles La Trobe par Charles Robb installée à l’université Latrobe de Melbourne (Photo RB30DE sur Wikipedia) :



dimanche 1 juillet 2018

La pancarte du cours Saint-Pierre, girouette au-dessus d’une collection de vieux autocollants

Où en est notre vieille amie la pancarte placée cours Saint-Pierre, juste derrière le chevet de la cathédrale, afin de guider les touristes vers le musée de la rue Clemenceau ?

Il en a été question ici pour la première fois le 29 juin 2015. À l’époque, elle pointait droit vers le Sud, c’est-à-dire vers la tour LU. Ce n’était pas grave puisque le musée, en travaux, ne serait rouvert que deux ans plus tard : les promeneurs avaient bien le temps de faire un détour par le Lieu Unique.

Il avait fallu six mois pour qu’un tournevis municipal fasse opérer un quart de tour à la pancarte, la dirigeant correctement vers l’Est. (Ce tournevis n’était pas allé jusqu’à corriger la pancarte sise au bout du pont Saint-Mihiel, qui indiquait « Foch Cathédrale » dans la direction du monument aux 50 otages alors même que la colonne Louis XVI était visible en arrière-plan.)


 La pancarte du cours Saint-Pierre était donc tournée dans le bon sens à l’heure de l’inauguration du musée. Mais comme elle était libellée « Musée des beaux-arts », il avait quand même fallu la remplacer au printemps 2017, afin qu’elle indique « Musée d’art » : la présence d’un adjectif périmé aurait pu égarer les marcheurs ! (Au passage, le temps de marche indiqué avait été réduit de 3 à 2 minutes, pour un parcours pourtant rigoureusement identique).

Cependant, la bonne disposition de la pancarte n’avait pas duré. À l’automne, elle pointait derechef vers la tour LU

Où en sommes-nous, à l’aube du Voyage à Nantes 2018 ? Eh bien, la pancarte pointe encore vers la tour LU. Caveat touristor !

Au milieu de ces péripéties microscopiques, une chose n’a pas changé : le mat auquel la pancarte est fixée. Il « était déjà très sale en juin 2015 », écrivait-on ici en juin 2017. « Mais il reste dix jours pour le nettoyer avant l’inauguration du musée… » La Méforme d’une ville n’a pas l’influence qu’elle mériterait : rien ne s’était passé.

Et aujourd’hui, rien ne s’est toujours passé. Les cochonneries continuent à s’accumuler sur ce mat dont on espère pourtant que les touristes le regarderont… (Ci-dessous, de gauche à droite : la pancarte fin juin 2015 et fin juin 2018.)