27 juillet 2020

La fontaine miraculeuse du pont Anne de Bretagne

La Bretagne compte littéralement des milliers de fontaines miraculeuses. Depuis quelques semaines, elle en a une de plus, trop jeune pour avoir été recensée dans Fontaines de Bretagne, l’ouvrage de référence d’Albert Poulain et Bernard Rio paru chez Yoran Embanner. Celle-ci coule à Nantes, sous le pont Anne de Bretagne.

Étrange fontaine venue de nulle part en période de sécheresse mais dont la vocation miraculeuse paraît claire : réaliser la réunification de la Bretagne pour sauver le Voyage à Nantes. Ou vice-versa.

Plus de chutes d’eau à Nantes : un miracle en période de sécheresse touristique



19 juillet 2020

Demain, l’Orgue aux Hérons ?

La transformation du Fonds de dotation Arbre aux Hérons en Fonds de dotation Arbre aux Hérons ET Jardin Extraordinaire pourrait bien présager la fin prochaine d'un projet mal pensé dès le départ.

Mais que faire de l'argent versé au Fonds, une petite demi-douzaine de millions d'euros peut-être ? Se présente justement l’occasion de le rediriger utilement et visiblement : on aura sûrement besoin de mécènes pour rebâtir le grand orgue de la cathédrale de Nantes. 

Johanna Rolland et Nantes Métropole peuvent encore prendre le train en marche :  il leur suffit de rebaptiser une nouvelle fois leur organe collecteur, qui deviendrait Fonds de dotation Arbre aux Hérons et Jardin Extraordinaire et Grand orgue de la cathédrale.

13 juillet 2020

Statuts déboulonnés pour l’Arbre aux Hérons


La Loi impose à tout fonds de dotation de publier ses comptes au Journal officiel dans les six mois suivant la fin de son exercice. L’Arbre aux Hérons aurait dû publier les comptes de son exercice 2019 avant le 1er juillet. À ce jour, il ne l’a pas fait. Mais il a quand même publié quelque chose.
Le Journal officiel du 4 juillet annonce que le « Fonds de dotation Arbre aux Hérons » devient le « Fonds de dotation Arbre aux Hérons et Jardin Extraordinaire ». L’inflation du nom et du périmètre a été validée par le conseil métropolitain du 4 octobre 2019, puis par le conseil d’administration du Fonds le 19 décembre. Le Fonds avait alors trois mois pour déclarer la modification de ses statuts à la préfecture de Loire-Atlantique. Il lui en a fallu six.
Le changement peut répondre à deux hypothèses à la fois opposées et convergentes :
1) Si par bonheur le Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons croulait sous des dons supérieurs aux besoins de la construction, autant que le Jardin Extraordinaire, c’est-à-dire Nantes Métropole, profite de cette manne.
2) Si par malheur la réalisation de l’Arbre aux Hérons devait être abandonnée, autant que le Jardin Extraordinaire, c’est-à-dire Nantes Métropole, profite de l’argent qui resterait en caisse.
Le conseil métropolitain évoquait « un projet global : l’Arbre aux Hérons dans le Jardin Extraordinaire ». Le Jardin n’était donc pas envisageable sans l’Arbre, et réciproquement. Mais dans les nouveaux statuts du Fonds, le global est devenu une juxtaposition. Il s’agit juste de « participer au financement de l'"Arbre aux Hérons" et du jardin extraordinaire ». Il n’y aura pas d’Arbre sans Jardin, mais il peut très bien y avoir un Jardin sans Arbre...
Le mutisme de Kickstarter
On le sait, les dons des entreprises n’atteignent même pas la moitié du budget nécessaire. Pourquoi prétendre participer en plus au financement du Jardin Extraordinaire si l’on n’a déjà pas de quoi financer l’Arbre aux Hérons ? Le changement des statuts augure donc mal de l’avenir du projet.
Les choses pourraient s’aggraver. Une modification des statuts n’est opposable aux tiers qu’à partir de sa publication. Ici, donc, à partir du 4 juillet. Les mécènes du Fonds qui ont signé avant cette date pourraient demander à récupérer leurs billes, faisant valoir qu’ils se sont engagés sur autre chose. Ils se dégageraient du même coup d’un projet devenu beaucoup moins consensuel à Nantes depuis que les écolos n’en veulent plus.
À la trentaine d’entreprises concernées s’ajoutent les 5 511 contributeurs de Kickstarter. En découvrant le changement des statuts, plus d’un aura l’impression de s’être fait empapaouter. Mais personne ne les a avertis jusqu’à présent, pas plus le Fonds que le créateur officiel du projet, Bruno Hug de Larauze. Qui, d’après les règles de Kickstarter devrait les rembourser si le projet initial n’était pas réalisé. Kickstarter va-t-il intervenir pour défendre ses ouailles ? Même à dos de héron, c’est encore loin l’Amérique.