mercredi 16 septembre 2015

Des Nantais prolixes avec GO Leaks ?

Nantes est une ville en pointe dans le numérique… mais elle le doit surtout à des initiatives privées. Les institutionnels tentent de ramener la couverture à eux. Mais ils ne la ramèneront pas trop avec GO Leaks, le Wikileaks à la nantaise (GO signifie « Grand Ouest »).

Cette plate-forme de leaks (révélations anonymes de secrets concernant un large public) est présentée par le magazine Fragil dans un entretien avec un hacker nantais, Datapulte, recueilli par Pierre-Adrien Roux. Normal : l’un des inspirateurs de GO Leaks est Romain Ledroit, rédacteur en chef de Fragil.

GO Leaks sera « un espace web sur lequel des citoyens, des sources, vont déposer des documents de manière anonyme en direction de journalistes ». L’objectif est de protéger les sources des journalistes : sur GO Leaks, un « lanceur d’alerte » pourra faire « fuiter » des informations sensibles sans perdre son emploi. Sur quel sujet ? « L’exemple phare, c’est Notre-Dame-des-Landes », dit Datapulte. « C’est typiquement le genre de sujets où on aimerait avoir des infos. » Autre exemple : « le Voyage à Nantes qui reste extrêmement discret sur ses financements et ses dépenses ».

Notre-Dame-des-Landes, Le Voyage à Nantes : deux dossiers dont les promoteurs, pourtant, communiquent énormément. Les créateurs de GO Leaks auraient-ils des raisons de penser que cette communication n’est pas toujours franche et loyale ?

5 commentaires:

Cyril44 a dit…

Les Français sont très "conservatifs".
Il suffit de voir sur Twitter où plus de 80% des demandes de suppression de tweet proviennent...de la France.

Sur Wikileaks ou une autre plate forme, des données concernant des policiers avaient été divulguées : une demande du ministère de l'intérieur pour son retrait avec été effectuée.

Dans tous les dossiers, c'est peine perdue de restreindre l'accès aux données sensibles http://www.fragil.org/focus/2589 : d'un autre côté, si de nombreuses personnes tentent d'accéder à certains dossiers, c'est que les dossiers en question sont douteux.

Pour éviter les soucis, il faudrait plutot commencer par monter des projets "honnetes" non ?

Leblanchet a dit…

louable intention, mais les journalistes relaieront-ils plus qu'ils ne le font aujourd'hui des infos gênantes pour le pouvoir local dont ils sont dépendants? Vous l'avez souligné à plusieurs reprises sur votre blog, les journalistes de la PQR sont piégés par les politiques et les institutions qui détiennent et délivrent les infos à leurs seuls contacts fiables. Comprendre à ceux qui ne trahissent pas le deal : je te donne l'info ais tu ne fouilles pas dans affaires sensibles Souvenez-vous de Nicolas de La Casinière ostracisé durant des années pour cause de questionnements inopportuns au sujet de Jean-Marc Ayrault et du suicide d'Yves Laurent. Un exemple qui a marqué durablement les rédactions locales. Et ni Dominique Luneau, ni OF, ni PO (qui appartiennent au même groupe) qui prendront le risque de scier la branche sur laquelle.. Trop de compromissions et d'intérêts croisés, et puis Fragil dépend aussi des subventions de la Ville. Les "leaks" s'ils présentent un intérêt trouveront-ils un relais,la réponse dès que les lanceurs d'alerte maîtriseront Tor.

Sven Jelure a dit…

Vous avez raison -- et au passage, vous soulignez le courage de Fragil (à moins que, changement de maire aidant, il n'ait obtenu des assurances, voire des encouragements, ou hypothèse inverse, qu'il n'envisage de renoncer aux financements publics au profit de l'investigation -- j'exclus bien sûr la troisième hypothèse, celle du téléguidage selon le principe "puisque ça arrivera un jour, autant que ça se passe dans des conditions encadrées"). Vous êtes sûrement mieux placé que moi pour juger de la timidité de la PQR envers les apporteurs d'information, élus et fonctionnaires locaux mais aussi police et justice. N'est-ce pas un fait acquis, hélas ? Auquel cas, il ne faudrait plus se la représenter comme au siècle dernier, désormais elle joue plutôt un rôle de relais que d'informateur. Cependant, il n'y a pas que la PQR, je suppose que GO Leaks pourra être utile à la presse d'investigation et satirique nationale.

Datapulte a dit…

Je suis Datapulte, le hacker à l'origine de GoLeaks. Tout d'abord, merci de relayer l'info et merci d'avoir commenté, nous sommes avides de retours. Nous avons rencontré quelques journalistes à qui nous avons parlé de notre initiative et ce qui est apparu c'est qu'aucun des journalistes ne semblaient frileux à l'idée d'exposer des infos venant de notre plateforme. Reste que, comme vous le dites, ce sont rarement les journalistes qui décident ou non de ce qui doit être publié surtout en ces temps de concentration des médias au sein de grands groupes industriels. Cependant, nous voulons avant tout créer l'opportunité et nous pousserons les journalistes à exploiter les documents que leur ont été confiés. GoLeaks est une première et donc une expérimentation, nous verrons ce que cela peut donner.

Sven Jelure a dit…

Merci pour votre commentaire, et tous mes voeux de succès dans votre initiative.
Je ne peux pas vous indiquer de retour précis, car la structure de mon blog est très sommaire : la plupart des visiteurs arrivent sur la page d'accueil, qui contient dix articles, et il est impossible de savoir ce qu'ils lisent. Cependant, à cette heure, la page consacrée à GO Leaks (http://lameformeduneville.blogspot.fr/2015/09/des-nantais-prolixes-avec-go-leaks.html) a reçu 54 visites en direct. C'est évidemment beaucoup moins que pour celles traitant de NDDL ou du cheval-dragon, mais par référence à des posts antérieurs, c'est un début correct pour un sujet spécialisé.