samedi 23 mai 2015

Les prévisionnels fantastiques de l’Arbre aux hérons : (5) juste déficitaire ou carrément ruineux ?

Construire les Machines a coûté cher aux Nantais. Les faire fonctionner continue à leur coûter cher  puisque leur exploitation reste systématiquement déficitaire chaque année alors qu’elle aurait dû « tendre vers l’équilibre » dès 2009. Sur le plan économique, les Machines sont un désastre. L’Arbre aux hérons améliorerait-il la situation ? Aucun espoir !

Pierre Orefice, directeur des Machines, le dit lui-même. Interrogé par Yves Aumont et Jean-Marie Biette dans Ouest France voici deux ans, il évoquait « des conditions d'exploitations où la subvention publique n'est que de 20 % ». Entre les lignes, cela signifie surtout que l’objectif d’équilibre des comptes est abandonné.

« Avec l'arbre aux hérons, il s'agit de passer de 500 000 billets vendus à plus d'un million », indiquait alors Pierre Orefice. Celui-ci avait alors en main les comptes de son établissement pour l’année précédente (2012), pendant laquelle les Machines avaient vendu 505.861 billets. Les subventions s’élevaient alors à 1,3 million d’euros, soit 21 % des recettes. Autrement dit, le patron des Machines n’espère pas améliorer ses comptes avec l’Arbre aux hérons : malgré le doublement des ventes de billets, il table sur un taux de subvention à peu près identique. Et donc sur un doublement des dépenses à la charge des contribuables.

Les Machines ont vendu près de 600.000 billets en 2014 et l’objectif futur est toujours fixé à un million : c’est donc que l’objectif implicite de l’Arbre aux hérons a déjà été revu en baisse de 20 %, à 400.000 visiteurs au lieu de 500.000. On l’a dit, compte tenu des risques météorologiques et de la conception de l’Arbre, même cet objectif de 400.000 visites paraît téméraire.

Que se passerait-il s’il n’était pas atteint ? Comme l’essentiel des charges serait fixes, l’insuffisance de financement se creuserait vite. Or le trou ne pourrait être compensé par les autres Machines puisque, Pierre Orefice le déclarait récemment à Presse Océan, avec 592.171 billets vendus en 2014, « nous sommes quasiment au maximum de nos capacités d’accueil ». La seule solution serait de faire appel à… devinez qui ? Au contribuable, bien sûr ! La facture monterait vite. De 20 % de subvention, on passerait aisément à 25 ou 30 %. Il faut cependant l’écrire au conditionnel. On dira bientôt pourquoi.

2 commentaires:

Captain Nemo a dit…

Je ne comprends pas pourquoi "on" s'obstine à construire, à Nantes, de ruineuses attractions de fête foraine à grands coups de subventions, alors que les parcs d'attraction (justement !) font beaucoup mieux avec des moyens plus modestes. Simple exemple : le Puy du Fou, aux bornes de Nantes. Autant tout arrêter et offrir aux Nantais des billets gratuits pour aller à Disneyland ou au parc Astérix. Ca pourrait coûter probablement moins cher !

Anonyme a dit…

@Captain,
Voilà une proposition pertinente. Allez la soumettre immédiatement à JR ! Peut-être "réfléchira-t-on" à l'octroi de subventions sans fond (dans les deux sens du terme)