jeudi 21 mai 2015

Maléduiction

Le pont Maudit de l'île Feydeau a été reconstruit plusieurs fois avant de disparaître lors des comblements de la Loire. Les salons Mauduit sont-ils voués au même sort ? Faute d’avoir eu le temps d’étudier la question, on évitera ici les pronostics. En revanche, sur la méthode, le sort des salons Mauduit illustre bien trois tares caractéristiques de l’époque Ayrault :
  1. Procrastination. Les salons avaient été acheté par la ville de Nantes en 1980 ; en fin de mandat, Michel Chauty envisageait leur destruction. Élu en 1989, Jean-Marc Ayrault s’est engagé à les conserver ; des travaux de remise en état sont réalisés. En 1995, une restructuration complète du site est annoncée, un permis de construire est délivré… et rien n’est fait. Encore quelques années et un projet de construction de logements est présenté avec des promoteurs privés… et rien n’est fait non plus. En attendant la présentation du projet actuel. Résultat de cette politique en portes de saloon, la situation n’avance pas mais les locaux se dégradent.
  2. Toc. Face aux rouspétances qui accueillent le projet de construction de logements, la municipalité Ayrault annonce que la grande salle de Mauduit sera reconstruite… en sous-sol ! En clair, elle sera détruite et l’on aménagera quelque chose de vaguement ressemblant. L’époque Ayrault n’assume pas ses pastiches. Aucun site web municipal ne signale que la tour LU est une reconstruction, par exemple. Quant aux arches « conservées » du bâtiment départemental Jean-Baptiste Daviais, elles font plutôt ricaner…
  3. Ignorance. Le dossier Mauduit illustre une méconnaissance manifeste du patrimoine nantais. Jean Blaise a plus d’une fois prétendu que Nantes manque de patrimoine, d’où la création d’une animation estivale pour compenser. Pas assez de patrimoine ? Il faudrait déjà commencer par connaître, respecter et mettre en valeur celui que nous avons !

3 commentaires:

VertCocu a dit…

Pour le coup, ce n'est pas très Ayrault mais très nantais la mauvaise gestion du patrimoine.
Mais quitte à continuer la tradition de ne rien faire pour l'éternité et faire table rase du passé, autant assumer.
Pas comme le Chalet suisse, place Zola (qu'il faudrait rebaptiser place des banques). Ya un espèce de machin, qui part déjà en lambeaux, censé rappeler la façade. Ya dans ces initiatives comme une sorte d'inconvenance, de mal à l'aise voir carrément un manque de respect envers ceux qui regretteront les lieux (on te rappelle qu'on a cassé le machin que t'aimait mais que c'était bien pourri puisqu'on l'a cassé de toute façon mais on a pensé à te consoler petit être, vote pour moi).
On démolit le truc ou on le garde. Mais pas des "reconstitructions" à la con. Quelle pitié.

Sven Jelure a dit…

Bien vu ! Et l'on nous dit à présent qu'on pourrait garder des bouts de la façade de l'hôtel de la Duchesse Anne.

VertCocu a dit…

@Sven Jelure
Qu'on fasse évoluer les bâtiments, c'est bien normal. Et dans le cas de l'hôtel Duchesse Anne, si on conserve l'intégralité de la façade originale, ce ne sera pas un mal.
Ca m'ennuie que le Tribunal soit devenu hôtel de luxe mais au moins le bâtiment extérieur est toujours là (assez moche en soi mais c'est vrai que Nantes n'a pas beaucoup de patrimoine remarquable).
C'est intrinsèque à l'architecture de se réapproprier et/ou faire évoluer un bâtiment.
Mais détruire pour reconstruire une pâle copie, pas exactement au même endroit et sous seuls prétexte d'offrir aux gens un support à leurs souvenirs ça me dépasse.
La même sensation que lorsque je vois les tombes avec les photos des défunts. C'est certainement une question de sensibilité mais je trouve ça malsain.
Le Chalet suisse, je m'en suis désolé. Surtout pour y mettre un magasin Picard. Techniquement rien n'empêchait de conserver la façade (c'est sûr, ça coûte plus cher) même si le lieu perdait son âme d'origine, il y aurait eu signe de respect. Mais ce machin à l'entrée des surgelés qui n'a pas coûté cher m'irrite encore plus que la destruction.
C'est se foutre du monde. Ceux du quartier et même le promoteur qu'on a obligé à ajouter ce truc à la va-vite.