vendredi 15 mai 2015

Un rapatriement organisé par Jacques Auxiette

« L’action se passe dans les Pays de la Loire, c’est-à-dire nulle part »
Sven Jelure, d’après Alfred Jarry, Ubu roi

Jacques Auxiette traite son personnel en bon (grand-)père de famille. Quand des troubles ont éclaté à Bujumbura, capitale du Burundi, fin avril, il a aussitôt décidé de mettre à l’abri le personnel du bureau qu’y entretient, pour d’obscures raisons, la région des Pays de la Loire. « Les violences inacceptables qui ont cours sur le territoire burundais et la remise en cause du caractère démocratique de ce pays m’ont amené […] à organiser le rapatriement de notre équipe présente sur place pour de nécessaires raisons de sécurité », écrivait-il sur son blog le 7 mai.
« Organiser le rapatriement », ça consiste en quoi au juste ? En lisant l’interview de Jacques Auxiette par Éric Cabanas parue ce matin dans Presse Océan, on apprend que les agents de la région se trouvent toujours à Bujumbura, « ils attendent un vol mais l’aéroport est bloqué ». Et le patron de la région d’insister lourdement, selon son habitude : « je crois que cette décision, qui pour l’instant n’a pas pu être mise en œuvre, était la seule possible ». Conclusion : organiser le rapatriement, ça consiste à acheter un billet d'avion, et advienne que pourra, quelles que soient les « nécessaires raisons de sécurité ».

Au même moment, toute la presse, reprenant une dépêche de l’AFP, annonce qu’au moins 105.000 Burundais ont quitté leur pays. Eux, ils peuvent, alors qu’au bout de quinze jours les Ligériens sont toujours là ? L’organisation se passe dans les Pays de la Loire, c’est-à-dire nulle part.

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