Depuis plus de trois ans, Nantes Métropole bredouille le
même narratif bricolé à propos du futur pont Anne-de-Bretagne : « Une
place ou une promenade ? Un jardin ou un belvédère ? Une piste cyclable ou une
voie de tram ? Un peu de tout ça, c’est ce que sera, fin 2027, le pont
Anne-de-Bretagne. » Un peu de tout ça : mettez ça dans un shaker,
secouez et servez frais, le tout étant d’éviter que le pont soit un pont ;
on note que l’automobile n’a pas sa place dans le « un peu de tout
ça ».
J’ai signalé voici trois ans que le pont nantais pourrait
devenir
le deuxième
pont le plus large du monde, derrière le Bay Bridge de San Francisco.
Nantes Métropole aime mieux être première dans son village que seconde dans Rome :
elle affirme à présent que son pont sera le plus large d’Europe. En réalité, c’est
discutable : le Sinyi Most, le « pont bleu » de
Saint-Pétersbourg, à côté de Saint-Isaac, restera moitié plus large que le
nôtre, quoique trois fois moins long. Ce qui lui permet d’être aussi… un
parking. Vu la difficulté de circulation qui s’annonce sur le pont
Anne-de-Bretagne (toute la circulation automobile devra croiser celle des
trams), quelques places de stationnement n’auraient pas déparé dans le
« un peu de tout ça ».
Mais j’extrapole, là. Ce que le service de com’ de Nantes
Métropole devrait plutôt raconter, en ce moment, c’est comment le pont va venir
jusqu’à nous. Car le gigantesque tablier métallique construit près de Venise, attendu
à Nantes au plus tard cette semaine, patiente depuis trois semaines dans le
golfe de Cadix, tout au sud de l’Espagne. Eh ! faire traverser le golfe de
Gascogne en pleine saison des tempêtes à une charge de 3 000 tonnes posée
sur une barge, ça suppose quelques précautions. Sur lesquelles Nantes Métropole
n’a apparemment pas grand-chose à dire.
Voir
article complet sur Nantes Plus :
https://nantesplus.org/nantes-metropole-4/
La
com’ de Nantes Métropole a du mal à faire le pont