mardi 8 novembre 2011

Nantes, la belle endormie ? (5) Une anesthésie qui laisse des traces

Dans toute bonne école de com’, on enseigne que les messages négatifs sont périlleux. Si l’on dit « Nantes n’est plus une belle endormie », certains comprendront inévitablement que Nantes est une belle endormie. Ça n’a pas loupé. Voici quelques exemples récents :
  •  « Nantes, surnommée la Belle endormie, est une très belle ville à visiter sans modération » -- Sixt (loueur de voiture), communiqué du 19 août 2011.  
  • « L'image de Nantes 'la belle endormie', en prend un gros coup » -- Hugues Frioux, président d’une association de commerçants nantais, à propos du meurtre de Laëtitia Perrais, dans Le Journal des entreprises, 4 avril 2011.  
  • « Nantes, la belle endormie qui rève d'une gare moderne, comme celle de Rennes (10 ans après) » -- un participant au forum du Web des cheminots, 19 octobre 2010. 
  • « Et ça a commencé par un premier retour dans ma ville de cœur, Nantes, belle endormie, Venise de l’Ouest » -- Yllwngg, auteur du Da Yllwngg Blog, 30 mai 2011.  
  • « Toutes saisons confondues 'La belle endormie' fourmille, essaime et récolte son nectar artistique à point nommé » -- Idîle, magazine de Nantes et sa région, 12 octobre 2011.  
  • « Pour The Cash Stevens, l’opportunité de jouer a changé et ils sont conscients de la baisse de représentation qu’il peut y avoir aujourd’hui quand il y a 20 ans on pouvait encore jouer à loisir dans les bars de Nantes. Nantes qu’ils appellent ‘La belle endormie’. » -- Media-web, site web d’informations régionales, 30 août 2011.  
  • « Régine Vix vit à Nantes dans cette ville dite la belle endormie aux contrastes et lumières tous les jours renouvelés. » -- Zee-art, site web de critique artistique, 4 novembre 2011.
« La belle endormie » figure aussi, au présent, à propos de Nantes dans des sources d’informations plus générales comme la « Liste de périphrases » du site web Écholalie ou la « Liste de périphrases désignant des villes » de Wikipédia.

Ainsi, la ville est plus souvent considérée comme assoupie aujourd'hui qu'à l'époque mythique où l'on dit qu'elle l'a été ! Ceux qui ont lancé la fable de la belle endormie ont finalement causé du tort à l'image de Nantes.

4 commentaires:

JEER VEL SUN a dit…

j'aime beaucoup les travaux obsessionnels et accumulatifs, de ceux qui grattent, grattent encore et encore jusqu'à érosion, à l'os, du sujet. Je lis régulièrement ce blog qui fait la part belle au verbe (ah le billet sur la notion de "Voyage à...", à la mémoire et la culture littéraire, notamment. Bref, je vous inflige le titre de champion de je ne sais quoi. Champion de la belle endormie peut-être, mais au baiser pour le moins qui n'éveille pas, mais nous la met K.O pour le coup. Bravo.

Sven Jelure a dit…

Merci -- et en particulier d'avoir noté le travail "littéraire" de ce blog. Mon titre, La Méforme d'une ville, le dit bien : ma démarche n'est pas celle de Julien Gracq. Il y aura 60 ans début décembre, ce dernier refusait le prix Goncourt. Eh ! bien, je vous le dis tout net : si l'on veut me le donner, je le prendrai !

Leblanchet a dit…

probablement que la formulation : "Nantes, label endormi" aurait illustré une époque.
Aujourd'hui Nantes se positionne en 37ème position mondiale pour l'innovation d'après le site australien www.2thinknow.com/ et en 19ème position européenne.

Sven Jelure a dit…

Merci pour cette intéressante information. C'est un beau résultat pour Nantes.