mardi 3 avril 2012

ACCOORD (1) : il y a du jeu dans la courroie de transmission

La Chambre régionale des comptes vient de rendre un rapport plutôt salé sur l’ACCOORD , qui gère les centres de loisirs et autres activités sociales de la ville de Nantes.

L’ACCOORD est une association loi de 1901. Cette formule présente un gros avantage : si ça marche bien, c’est grâce à nos sages édiles, si ça marche mal, c’est la faute à la mauvaise organisation de cet acteur indépendant. On est là dans le second cas. Comme le souligne Pascal Bolo, adjoint délégué, dans sa réponse à la Chambre au nom du maire, l’ACCOORD est liée à la ville par une « convention d’objectifs » qui « ne comporte pas un niveau d’exigences aussi élevé que la convention de délégation de service public » : l’ACCOORD peut déraper, les élus s’en lavent (presque) les mains.

« Confrontée depuis 2008 à des déficits successifs, du fait avant tout d’une mauvaise maîtrise de ses charges, particulièrement de personnels, ACCOORD doit réussir à mener à bien des plans de redressement qui ne pourront faire l’économie de mesures sensibles socialement », écrit pudiquement la Chambre régionale des comptes dans son rapport sur la gestion de l’association pour les années 2005 à 2010. En un mot comme en cent, l’ACCOORD était mal gérée. C’est ennuyeux pour une organisation à laquelle la ville verse plus de 15 millions d’euros par an.

Avec l’ACCOORD, la municipalité nantaise avait tenté de créer une courroie de transmission à sa main, débarrassée d’une partie des règles du service public et moins vulnérable aux aléas électoraux. Mais les citoyens sont dérangeants, certains ne veulent pas entrer dans le moule. « Le caractère très perfectible d’une évaluation peu pertinente, notamment pour mesurer l’impact de l’action d’ACCOORD en matière de lien social, ainsi que le développement spontané de nombreuses associations de proximité dans les quartiers, ont affaibli, année après année, le positionnement de l’association », note la Chambre régionale des comptes.

La leçon n’a pas suffi : avec La Fabrique comme avec Le Voyage à Nantes, la municipalité de Jean-Marc Ayrault suit la même démarche de contrôle du terrain. Et obtient le même début de résultat : les groupes les plus épris de liberté se méfient de La Fabrique, malgré ses moyens hors pair. Elle devrait relire la fable du chien et du loup.

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