29 mai 2026

Vocation touristique de Nantes : animatronique ta mémère

« Une innovation spectaculaire », s’enthousiasme Nantes Métropole, « un éléphant animatronique », « création unique », « touche de magie, d’émerveillement et de fantastique », « expérience immersive sans précédent ». Tout juste si l’on n’appelle pas à la rescousse Jules Verne et Léonard de Vinci... Depuis quelques années, les éléphants animatroniques se multiplient à travers le monde, et aussi les tigres, dinosaures et autres dragons – et voilà qu’ils viennent à Nantes narguer avec la complicité de la Métropole nos Machines de l’île, dont la singularité est en train de s’effilocher.


Ainsi va la technologie... Depuis 2012 et l’ouverture du Carrousel des mondes marins, les Machines de l’ïle n’ont pas fondamentalement évolué. On a juste installé quelques attractions nouvelles dans la Galerie – rien de bouleversifiant.

Elles étaient, avec Royal de Luxe, encore plus encalminé, le fer de lance de la stratégie de Jean-Marc Ayrault visant à faire de Nantes une destination touristique. En vingt ans, cet effort a coûté aux Nantais et péri-Nantais des centaines de millions d’euros. Avec au bilan de modestes réalités et une réputation fragile. Or dans ce domaine du culturo-divertissement, des réputations peu entretenues ne durent pas longtemps. Quant à l’industrie nantaise des machines de spectacle, son avenir devient incertain.

Voir l’article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/machines-de-lile-3/

Machines de l’île : la concurrence montre le nez à la Beaujoire


12 mai 2026

Vous trouvez que la manucure coûte cher ? Essayez l’ignorance !

Jean Blaise a toujours refusé de dire combien les œuvres exposées par Le Voyage à Nantes coûtaient aux métropolitains. On le découvre quelquefois par la bande, et ça peut être consternant.

En 2021 a été exposée à la HAB Galerie une statue hyper-réaliste de Gilles Barbier. Elle représentait l’artiste vêtu de noir posé à l’envers sur le dossier de deux chaises et brandissant des panneaux indiquant le titre de l’œuvre : I had something sort of interesting to say... It’s Stupid but... I can’t remember! (défense de rire). Si vous voulez voir une photo, c’est par là. La tête et les mains étaient des moulages en cire de celles de l’artiste.

étude de mains par Baccio Bandinelli (1493-1560)
Palais des beaux-arts de Lille, domaine public, via Wikimedia

Las ! Le soleil printanier inondant la vitrine de la HAB Galerie a fait fondre les mains et provoqué la chute des panneaux qui ont fendu le crâne de la statue. Le Voyage à Nantes a fait procéder aux réparations avec l’accord de l’artiste, qui a prêté ses mains pour un nouveau moulage – en résine, cette fois, histoire de mieux résister à la chaleur. Mais quand le Voyage à Nantes a voulu restituer l’œuvre en fin d’exposition, Gilles Barbier s’y est opposé : elle n’était plus identique à l’original puisque ses jeunes mains moulées en 1995 avaient été remplacées par ses vieilles mains de 2021.

Vous avez du mal à y croire ? Le tribunal de Nantes a pourtant donné raison à l’artiste marseillais. Voici quelques semaines, il a condamné Le Voyage à Nantes à l’indemniser à hauteur de 85 000 euros, plus 1 500 euros pour le préjudice moral et 3 000 euros de frais. Ajoutez-y 14 140 euros de réparations, et la note atteint déjà 117 796 euros. Il faut y ajouter les frais de transport et d’installation, la prime d’assurance (qui excluait les dégâts liés à la chaleur!), les honoraires d’avocats, les frais de justice...

Lire le récit complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/voyage-a-nantes-5/

Des mains ruineuses pour Le Voyage à Nantes



Erratum : ce n'est pas l'artiste qui a refusé la restitution de l'oeuvre mais le particulier qui en était propriétaire et l'avait confié au VAN. Toutes mes excuses à Gilles Barbier.


Illustration : étude de mains par Baccio Bandinelli (1493-1560), Palais des beaux-arts de Lille, domaine public, via Wikimedia