Chapeau bas devant les vignerons du pays nantais. Après des décennies d’efforts, ils ont fait du muscadet un grand vin. Leur démarche culmine avec dix dénominations communales : Clisson, Gorges, Le Pallet, Goulaine, Château-Thébaud, Mouzillon-Tillères, Monnières-Saint-Fiacre, La Haye Fouassière, Vallet et Champtoceaux. « Chaque "communale" possède une personnalité qui lui est propre » souligne la Fédération des vins de Nantes. « Le terroir est bien là pour les différencier les uns des autres, et leurs signes distinctifs se ressentent dans le verre. » Issus de vignes à faible rendement, ils sont élevés sur lie pendant au moins vingt-quatre mois.
Le Voyage à
Nantes a décidé de faire exactement l’inverse : des vins issus de cinq
terroirs mélangés dans une cuve unique cinq mois après la vendange. Zéro
différenciation. Les négociants en vin pratiquent de tels assemblages depuis
plus d’un siècle. Leur produit n’est pas forcément mauvais : il est « générique »,
un adjectif pas exactement flatteur.
Le Voyage à Nantes se pique de « promotion culinaire ». Son dernier-né n’aura été sélectionné ni par un vigneron, ni par un négociant, ni par un œnologue mais par un journaliste. Il s’appellera le Muscadet du Voyage. Le risque est évidemment que le touriste pressé le considère comme « le » muscadet de référence et reparte avec le sentiment d’un petit vin. Et dire que, cet été, Le Voyage à Nantes avait présenté à l’admiration des foules, place Royale, une statue hyperréaliste de Jo Landron, l’un des vignerons les plus représentatifs de la démarche des « communales »…
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