Le conseil municipal de Nantes a-t-il voulu fourguer en vitesse avant les élections des noms de rue qu’une autre municipalité n’aurait jamais validés ? Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation : sa dernière promotion du 30 janvier comprend au moins deux cas très litigieux, dont on n’a probablement pas étudié le pedigree avec assez d’attention.
Le premier est celui de Sanité Bélair (1781-1802). Pas vraiment la « figure de la révolution haïtienne » annoncée au conseil municipal puisqu’elle n’avait que 10 ans en 1791, mais une victime quand même, exécutée par l’expédition Leclerc en 1802 en même temps que son mari le général Bélair. Ce dernier avait d’abord choisi le camp français, puis avait changé de bord. Pour rejoindre sa femme captive, il s’était rendu à son ancien collègue le général Dessalines, futur empereur de Haïti qui, allié des Fançais à cette date, l’avait aussitôt livré au peloton d’exécution. Un souvenir plutôt gênant pour Haïti, donc.
Le second cas est celui de Madeleine Pelletier (1874-1939), présentée comme psychiatre et féministe. On n’avait vraiment pas mieux en magasin ? Mesures chiffrées en main, elle assure que « Les races inférieures [...] ont le maxillaire plus développé que la race blanche » ou que « c'est le crâne masculin qui, beaucoup plus que le crâne féminin, se rapproche de celui du singe ». Elle milite pour l’euthanasie et l’eugénisme. C’était l’ambiance de l’époque, plaident ses partisans. Cette époque était aussi celle d’Alexis Carrel (1873-1944), prix Nobel de médecine, mais Nantes a débaptisé pour cause d’eugénisme le boulevard qui portait son nom. On le re-nomme au prochain conseil municipal ?Lire l’article complet sur Nantes Plus
https://nantesplus.org/nouveaux-noms-de-rues-nantais/
Nouveaux noms de rues nantais :
deux grosses erreurs de casting

Nous pourrions lancer un brainstorming, en français dans le texte, sur le blog La Méforme, si bien sûr vous êtes d'accord...
RépondreSupprimerIl semble qu'il n'y ait pas encore de rue ou de place Camille Claudel ou Clara Schumann à Nantes... Il est vrai que ses femmes ont plus ou moins travaillé dans l'ombre d'hommes. Finalement, pas une bonne idée...
Autre proposition, féminiser des noms anciennement utilisés pour des rues rebaptisées depuis.
Rue Mauricette Thorez ou boulevard Sebastopolette, ça aurait de la gueule sur l'île de Nantes.
Par ailleurs l'un des candidats aux municipales souhaite relancer, redynamiser les Machines par référendum. Si dans le QCM est proposé : "balancer la ferraille afin qu'elle soit récupérée par les Roms" me paraît un bon choix. Et en terme de bidonvilles Roms, les nantais savent de quoi ils parlent.
Merci pour votre commentaire. Au moins, l'imagination n'a pas déserté Nantes...
RépondreSupprimerIl y a surtout beaucoup de Nantais(es) qui mériteraient davantage que Sanité Bélair -- qui comme vous dites a "plus ou moins travaillé dans l'ombre" de son mari -- l'hommage d'une rue !
L'idée du référendum sur l'Arbre aux Hérons est assez cocasse. Je regrette de ne pas l'avoir eue... S.J.
Nous voilà à présent face à un préavis de grève des salariés du nénéphant et du manège pour les vacances scolaires. Oui oui, vivement un référendum pour que tout ce petit monde dégage...
RépondreSupprimerdes fois, il faut se pincer pour y croire... SJ
RépondreSupprimer@Anonyme
RépondreSupprimerPourquoi un référendum ? Il y a des élections municipales.
Quand à ceux qui dégagent, ça serait pour laisser la place à qui ? À ceux qui soutenaient toute la politique mise en place en jouant mollement leurs rôles dans l'opposition ?
Un référendum a un grand avantage : quelle que soit la réponse, on peut faire ce qu'on veut ensuite, comme on l'a vu en 2005. Mais si vous refusez le référendum, on pourrait aussi songer à une consultation, comme celle de 2016 sur le projet d'aéroport. S.J.
RépondreSupprimerAlors pour le référendum de 2005, les Français n'ont absolument pas été floué. En 2007, il y a eu un Président de la République élu; qui s'était prononcé, lui et son camp, pour le OUI, au 2nd tour face à une candidate qui s'était prononcée, elle et son camp, pour le OUI, et qui avait annoncé dans son programme sur lequel il a été élu pour un aménagement legislatif de la Constitution refusée.
SupprimerQue le traitement de ce référendum ait été un détonateur pour certains, c'est très bien.
Maintenant, qu'il ait fallu en arriver là pour se rendre compte de la dimension tragique de la démocratie française depuis, à peu près, sa création, ça n'est que symptomatique du dédain des Français pour celle-ci.
@VertCocu
RépondreSupprimerEn effet, vu comme cela, on ne peut que vous donnez raison quant à votre interprétation.
@Sven
Ici Loire Océan ce matin :
"Abandonné en 2022 en raison de son coût jugé trop élevé, le projet l'arbre au Héron refait surface devant le tribunal administratif. La compagnie La Machine assigne Nantes métropole en justice. Elle réclame réparation pour préjudice financier, dans un contexte préélectoral où l’affaire prend une dimension politique"
La Compagnie La Machine n'a-t-elle pas suffisamment pompé de fric à Nantes Métropole ?
Décidément, ce feuilleton est riche en rebondissements. J'ai publié un peu trop tôt mon livre sur le sujet. Le "préjudice financier" interroge en effet. Peut-être que La Machine avait cru que la poule aux oeufs d'or pondrait toujours et se sent frustrée. En revanche, je maintiens que les conditions de l'abandon du projet ont été très inélégantes, y compris vis-à-vis de MM. Delarozière et Orefice. On peut dans une certaine mesure comprendre leur ressentiment.
SupprimerL'inélegance aurait été d'assumer haut, fort et clair que ces MM. étaient en réalité incapables de livrer un manège opérant pour le budget qu'ils demandaient.
SupprimerEn production et en exploitation.
De l'esplanade des Machines, il a été déplacé dans la carrière Misery pour être protégé des vents (déstabilisant alors une centralité logique autour des attractions existantes et son objet monumental, exigeant qu'il soit vu de loin et dans un environnement dégagé).
Même là-bas, il aurait fallu qu'on le pare de poteaux pour soutenir les branches, ruinant son ambition esthétique de légèreté, sur lequel depuis des années les adultes naïfs fantasmaient. Il faut reconnaître que des illustrateurs talentueux ont été embauché.
Quand on constate l'état de délabrement de l'unique branche ayant porté quelques dizaines de personnes, il devient évident que ce n'était simplement pas techniquement possible pour un prix supportable par la collectivité.
L'erreur fondamentale aura de toute façon de n'a jamais placé le dessinateur industriel et le carnavalier trop sérieux pour le domaine sous l'égide de professionnels des parcs d'attractions. Des anciens ou des ambitieux ayant oeuvré à Europapark, Disneyland, le Pars Astérix ou autres avec la conception et la gestion d'attractions d'envergure.
Aveuglement ou par manque de candidats ? Les professionnels ayant certainement compris qu'ils s'engageraient dans un cul-de-sac.
Non, la municipalité héritière des erreurs de JMA a été au contraire extrêmement généreuse et plus qu'élégante (aussi pour ne pas remettre en cause le mentor, nous serons d'accord) envers les professionnels de l'intermittence, se piquant avec amateurisme au domaine spécifique du parc d'attractions.
Et il y a d'autres ambitieux, qui partagent plus avec les girouettes que les manèges, se chauffant pour 2032 ou 2038, pour jouer aux démagogues en salissant en plus l'esprit démocratique pour proposer des votes sur des futilités pareilles.
Oh, pour 52 millions, il était sûrement possible de construire l'Arbre aux Hérons présenté en juillet 2021, bardé de poteaux, surmonté d'un seul héron et privé d'ascenseur au profit d'un escalier de 173 marches. Qu'il eût été exploitable est plus douteux. Détail : sa situation dans la carrière de Miséry ne l'aurait pas protégé du vent et au contraire l'aurait exposé à des tourbillons. Je pense qu'elle a été surtout déterminée à l'origine parce que le terrain se situait sur la circonscription de Karine Daniel, en difficulté électorale, avant qu'on ne songe à reconvertir Cap44 en Cité des imaginaires. En revanche, je vous rejoins tout à fait quand vous dites que l'erreur fondamentale a été de ne pas faire appel à des professionnels. Pierre Orefice et Jean Blaise, semble-t-il, n'étaient pas d'accord sur tout mais se rejoignaient au moins là-dessus : pas de parc d'attraction. On voit le résultat. J'ai cru voir à un moment un appel du pied du n°2 mondial des parcs d'attraction (https://nantesplus.org/lavenir-des-machines-de-lile-entre-dautres-mains-que-celles-de-nantes-metropole/) et à mon avis la seule solution pour sortir Les Machines de leur mauvaise passe serait de les confier au privé. Il y avait peut-être un embryon d'idée dans Les Machines de l'île en 2004, mais c'est devenu un avorton. SJ
SupprimerFrance 3 ce jour :
RépondreSupprimer- Foulques Chombart de Lauwe qualifie sur ses réseaux sociaux l’abandon du projet de "scandale" et affirme vouloir "sauver les Machines".
Il n'y avait donc pas assez de la gauche locale pour dilapider l'argent du contribuable nantais !?
Pas sûr que la revendication du candidat de droite et du centre lui amènera des voix.
Vouloir faire comme la gauche mais davantage est un vieux syndrome de droite. On se souvient que Laurence Garnier avait fait subventionner l'Arbre par la région. Par ailleurs, la MANIERE dont l'Arbre a été abandonné est un scandale, si l'on veut... Quant à la situation des Machines, parler de "sauvetage" n'est désormais plus exagéré, car la situation est grave. S.J.
SupprimerVotre constat est effrayant, donc quelque soit le bord politique, ils seront toujours là pour sauver le soldat Nénéphant...
RépondreSupprimerÀ défaut de voir disparaître l'insécurité à Nantes, je voyais au moins la disparition de la Compagnie La Machine lors de la prochaine mandature municipale...
Je pense que vous avez raison, n'importe quelle municipalité fera le nécessaire pour sauver l'éléphant, qui jouit d'une grande notoriété et assure l'animation du site. Incontestablement, les enfants l'adorent. Sauver La Machine supposerait de lui confier une nouvelle attraction se substituant à l'Arbre aux Hérons. Mais cela paraît délicat car le recours à l'article R2122-3 du code de la commande publique est de plus en plus contesté. Les contrats avec Calais appartiennent pour l'essentiel au passé. Il faudrait que La Machine trouve de nouveaux clients. C'est son affaire.
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