mardi 5 décembre 2017

Lobbying pour NDDL (43) Référendum du 26 juin 2016 ? C’est juste pas vrai

De l’eau a passé sous les ponts depuis l’époque où le président de la région des Pays de la Loire cherchait un professionnel du lobbying pour assurer la propagande du projet de Notre-Dame-des-Landes aux frais des contribuables. Il est clair que, de manière plus discrète, des professionnels de la communication sont entrés dans la boucle par la suite.

Depuis quelques mois, il semble qu’ait été recruté un spécialiste de la communication événementielle. Celle-ci vise à organiser des événements plus ou moins spectaculaires qui produiront des retombées presse et des images reprises par les réseaux sociaux. On a ainsi vu un empilement de cartons de déménagement devant la préfecture ou un simulacre de crash aérien devant la cathédrale.

Ces opérations ont rempli leur objectif tactique : elles ont fait causer. Sur le plan stratégique, c’est autre chose : elles ont montré la faible capacité de mobilisation des partisans de l’aéroport, rassemblant au maximum deux cents ou trois cents personnes. Ce que le gouvernement, qui devrait prendre sa décision dans la deuxième quinzaine de décembre, n’aura pas manqué de noter.

Sur le plan éthique enfin, le dernier en date de ces événements pose problème. Les professionnels de la communication aiment à dire que leur métier, c’est « la vérité bien dite ». Mais samedi dernier, l’événement pro-NDDL a consisté à « rebaptiser » la place Royale en « place du référendum du 26 juin 2016 ». Là, on sort carrément de la vérité pour entrer dans l’univers des fake news.

Un marqueur d’ignorance juridique

Le mot « référendum » est souvent utilisé sur les réseaux sociaux à propos du scrutin du 26 juin 2016. C’est en général un marqueur d’ignorance juridique. Ce scrutin était en effet une « consultation locale » et pas du tout un référendum. Un référendum est une procédure décisionnaire. Une consultation est juste… consultative. La première phrase de l’ordonnance du 21 avril 2016, qui a créé la consultation locale, est tout à fait explicite : « L'État peut consulter les électeurs d'une aire territoriale déterminée afin de recueillir leur avis… ».

Consultation : c'était écrit dessus
Recueillir leur avis : on ne saurait mieux dire que le vote était une indication, pas une décision, celle-ci restant de la compétence de l’État, comme tout ce qui concerne le transport aérien. Bien entendu, cela invalide toutes les proclamations sur le thème « le peuple de Loire-Atlantique a décidé que l’aéroport devait être construit ». Le peuple n’a rien décidé du tout, il a juste donné son avis, la décision n’appartenant qu’au gouvernement qui l’avait interrogé. Lequel gouvernement a implicitement décidé de ne pas suivre cet avis puisqu’il n’a rien fait.

Peut-être l’internaute de base ne fait-il pas bien la distinction entre référendum et consultation. En revanche, on ne soupçonnera pas les dirigeants des associations pro-aéroport d’ignorer la loi, dont par ailleurs ils se réclament sans cesse. C’est donc délibérément qu’ils ont falsifié la vérité en communiquant sur le thème du « référendum du 26 juin 2016 » au lieu de la « consultation du 26 juin 2016 ». Tout en rendant compte de leur événement, Ouest France les a assez sèchement recadrés : « Rappelons que c’était une consultation pour avis ».

Cet épisode est peut-être mineur. Mais il oblige à se poser cette question : Si les partisans du projet ne reculent pas devant une falsification aussi patente, se pourrait-il que leurs arguments soient mensongers aussi sur d’autres points ?

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Et si le non l'avait emporté en 2016, on aurait parlé de simple consultation et non de référendum ?

Sven Jelure a dit…

Avec des "si", on mettrait Paris en bouteille ! Comme tout le monde, j'ignore ce qu'auraient dit les adversaires de la construction de l'aéroport si le "non" l'avait emporté. Mais en tout état de cause, légitimer le mensonge bien réel des uns par un mensonge hypothétique des autres serait une démarche plutôt tordue.

VertCocu a dit…

Et si il y avait eu consultation en 2012 ?