dimanche 18 mars 2018

La boîte en contreplaqué qui accueille les visiteurs à Nantes

Les dizaines de milliers de participants, supporters et bénévoles d’Odyssea ont pu admirer ce matin l’une des curiosités architecturales de la ville de Nantes, époque Jean-Marc Ayrault : l’édicule par lequel les piétons accèdent au parking cathédrale depuis le cours Saint-André.

Pour altérer le moins possible la belle enfilade des cours de part et d’autre de la colonne Louis XVI et du chevet de la cathédrale, on a construit en 2007 un parallélépipède entièrement vitré qui ne cachait rien du fonctionnement de l’ascenseur. Un décor sablé lui ajoutait un brin d’élégance.

Hélas, le cours reste utilisé de temps en temps comme parking, et surtout il accueille chaque année deux fêtes foraines. Un malencontreux coup de pare-chocs et bing ! l’une des vastes vitres s’étoile. Les dégâts commencent dans les mois suivant l’ouverture du parking.

Quelques remplacements de pans du vitrages ont lieu épisodiquement. Mais la situation se dégrade inexorablement. On ne remplace plus les vitrages que par des panneaux de contreplaqué qui prennent vite un aspect sale et vétuste. Il aurait pourtant suffi de pas grand chose pour protéger l’édicule. Étrangement, la grille d’aération qui la jouxte a eu droit à plus d’égards : on l’a entourée de plots en béton pour éviter les roues imprudentes. Ils n’ont fait que rendre l’ensemble plus hideux encore.

Depuis des années, Nantes semble avoir baissé les bras. Aujourd’hui, l'élégant parallélépipède vitré s'est entièrement mué en une construction de bidonville souillée de graffitis. Les touristes venus de loin, de l’étranger peut-être, pour contempler la « belle ligne » du toboggan « posé sur le château », comme dit Jean Blaise, et qui se garent au parking cathédrale ont pour première vision de Nantes, une fois descendus de voiture, cette grosse boîte malpropre en contreplaqué.

Le cours compte plus de 80 arbres, chacun entouré de quatre potelets peints en vert nantais – y compris quand deux auraient suffi, pour tous les arbres protégés d’un côté par le muret du cours. Sur plus de 320 potelets, on aurait aisément pu en mettre de côté une vingtaine pour protéger discrètement à la fois l’édicule et la grille d’aération. Il faut croire que l’idée était trop compliquée pour Nantes Métropole.

11 commentaires:

Anonyme a dit…

bon voyons une petite pancarte
oeuvre d'art contemporaine : réinterprétation d'un parallélépipède vitré servant d'entrée à un parking souterrain

pas mieux que :
CLAUDE CLOSKY "Toutes les façons de fermer une caisse en carton" 1989
http://artathome.canalblog.com/albums/oeuvres_d_art_contemporain/photos/6883358-claude_closky__toutes_les_facons_de_fermer_une_caisse_en_carton_.html
mais avec une bonne com'

Sven Jelure a dit…

Et à deux pas du musée d'arts, en plus, excellente idée ! Depuis dix ans que l'édicule existe, on a vu un grand nombre de façons de casser les vitres : une seule côté sud, deux côté ouest, etc.

Anonyme a dit…

Entendue sur France Inter ce matin, promotion du dernier ouvrage d'Érik Orsenna "La formidable transformation des villes" Nantes semble y être citée... La machinerie de la motte Saint-André serait-elle l'une de ces architectures en transformation ?

Anonyme a dit…

L'extraordinaire eût été un discours moins laudatif : Mr Orsenna est un vieil ami de la maison PS. Nettoyer correctement les tags, ce serait un bon début ; le touriste pourrait croire à un accident récent. L'échantillon bidonvillesque signe une pérennité du plus mauvais effet, en effet. Les aménageurs semblent n'avoir toujours pas compris que le verre est un matériau fragile, provocateur. La moindre rayure le déspiritualise définitivement, tandis que sa relative transparence jure avec les environnements anciens, plus qu'elle ne permet d'oublier les aménagements récents...

Sven Jelure a dit…

La disposition des lieux n'était pas trop défavorable, l'installation en verre se trouvant à l'écart du bâti sur l'esplanade relativement vaste du cours Saint-André. Mais la nécessité de la protéger aurait dû sauter aux yeux. Et vous avez raison, autant le bâtiment en verre a été éphémère, autant le bidonville s'incruste.

BreizhUrbex a dit…

Le cours est surtout sur le trajet de toutes les manifs, et est régulièrement cassé par notre ultra-gauche locale que la galaxie nous envie. Après des tas de remplacements, les vitres ont été remplacés par des contre-plaqués.

ça marche aussi pour les abribus, régulièrement cassés, certains à Rezé et Clos-Toreau n'ont plus de vitre, définitivement. A Orvault-Plaisance, un autre a vu ses vitres remplacées par des grilles, plus solides, plus prison...

Anonyme a dit…

a breizurbex

bon voyons
utilisons les grilles de sécurité en symboles sociaux et artistiques de la crise migratoire et de la montée du nationalisme et gardons les grilles.... c'est du decaux pour les abribus de newyork et c'est de l'art contemporain alors un peu d'imagination

http://www.jcdecaux.com/fr/blog/lart-contemporain-tient-laffiche-avec-le-soutien-de-jcdecaux-north-america

Anonyme a dit…

Le "monde" étant ce qu'il est (anomique et violent), le verre n'est pas le matériau idéal pour les aménagements urbains. Peut-être faudrait-il que les aménageurs finissent par en convenir, oubliant, pendant quelques minutes, leurs lunettes correctrices sur le bord de leur vaste bureau. Cinq minutes de lucidité (de dé-dénégation) pourraient faire économiser pas mal de dizaines de milliers d'euros. Quitte à trafiquer ensuite les images du centre ville dédiées aux touristes ; un petit coup de Photoshop, et la ville redeviendra la ville-où-il-fait-bon-vivre, toute de transparence enjouée. Une Fake-politique vertueuse, en quelque sorte...

Sven Jelure a dit…

Quand même, on imagine mal un centre ville sans vitrines ! En l'occurrence, la boîte en verre du cours Saint-André n'était pas trop exposée sur un espace d'où la municipalité avait décidé de bannir les voitures. Sauf que JMA et JR ont toujours consenti des exceptions, pour les fêtes foraines, pour la période du VAN et... pour celle des soldes ! Or il suffit d'une fois, un simple coup de pare-chocs suffit. Les potelets omniprésents sont une calamité, mais voilà bien un cas où ils auraient pu être utiles. Or on en met partout et pas là, allez comprendre...

Anonyme a dit…

N'excluons pas la probabilité que l'Architecte des Bâtiments de France ait mis son veto à la pose de protections autour de l'aquarium. Les arcanes du pouvoir décisionnaire (et discrétionnaire !) de ces étranges personnages sont insondables ; même Dieu semble avoir du mal à savoir ce qui leur passe par la tête. Rien pour attacher les vélos sur la place Graslin, parce que c'est moche. Alors que les voitures et scooters qui y squattent en permanence ne semblent pas défriser le fameux ABF. Parions que les potelets verts du Cours Saint André lui aient hérissé le poil. Mais que la caisse en contreplaqué le laisse indifférent. Ainsi sont faits les ABFs.

Sven Jelure a dit…

L'ABF n'a d'ailleurs pas eu à donner son avis sur le contreplaqué, je suppose, puisqu'il (le contreplaqué) est sûrement considéré comme "provisoire". Quant à expliquer l'absence de potelets par une position de l'ABF, je suis dubitatif. Les plots en béton qui protègent la grille sont autrement plus moches que des potelets. Et puis, vous citez en exemple la place Graslin... mais je compte environ 80 potelets sur cette seule place !