Reste à savoir ce qu’on compte. « Le seul chiffre important est que l’on augmente les visites de 500.000 unités », dit encore Jean Blaise. Comme on compte plusieurs fois les mêmes visiteurs, au château, place du Bouffay, au jardin des plantes, etc., toute variation des « unités » peut dénoter en fait une variation du nombre de compteurs. Et, comme par le passé, rien ne permet de distinguer touristes et simples passants. Ces deux derniers mois, j’ai traversé au moins soixante fois l’un ou l’autre des trois lieux cités plus haut : pour combien d’unités suis-je inscrit dans les chiffres du Voyage à Nantes ?
Il y a des endroits où les comptages sont moins discutables. Le Nid, par exemple : on ne monte pas par hasard en haut de la tour Bretagne. Bilan 2013 : 113.000 visiteurs. Bilan 2014 : 107.161.
Cela dit, à vu de nez, on a croisé cet été à Nantes bien plus de touristes étrangers que les années précédentes. Un succès du Voyage à Nantes ? Ou plutôt un succès des politiques de rigueur menées en Espagne et au Royaume-Uni ? En tout cas, ceux qui voient un peu plus loin que le bout de la rue Crucy savent que toute la Bretagne a connu une bonne saison touristique 2014. Et pas seulement la Bretagne. Bordeaux a annoncé une forte augmentation du taux d’occupation de ses hôtels de milieu et haut de gamme en juillet. Le parc du Puy du Fou et le Futuroscope ont attiré respectivement 15 % et 17 % de visiteurs en plus cette année. Et là, le comptage est indiscutable : ce sont des gens qui paient.
Évidemment, rien ne permet de dire si la fréquentation touristique aurait été identique ou inférieure (voire supérieure, qui sait ?) sans les machins semés de-ci, de-là par le Voyage à Nantes. Les comparaisons incitent au moins à la modestie. Mais si Jean Blaise a un talent, c’est de savoir tirer la couverture à soi.
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| Certains ont quand même un peu de mal à s'émerveiller |
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