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| L'Institut d'études avancées dirigé par M. Supiot est agréablement logé par les contribuables dans le nouveau quartier Marcel-Saupin |
M. Alain Supiot est professeur au Collège de France et président de l’Institut d’études avancées, un machin destiné à recevoir à
Nantes des intellectuels « bien pensants » et financé par les contribuables
(sa construction a déjà coûté 16 millions d’euros). Il a accueilli en
résidence, par exemple, le professeur Massimo Amato, père
spirituel de la SoNantes, qui elle-même est en
train de nous coûter très cher – mais c’est une autre histoire.
M. Supiot, qu’on a connu beaucoup plus à gauche, a publié sur le site du Figaro une tribune sur « le grand
délitement de la démocratie ». Et franchement, c’est n’importe quoi. Voici
ce qu’on y lit :
« Pressé de dire s'il reconnaîtrait l'éventuelle
victoire de sa concurrente Hillary Clinton, M. Donald Trump a répondu “J’accepterai sans réserve les
résultats de cette élection présidentielle — si je gagne”. (…) Les
Européens auraient tort de moquer cette déclaration d'apparence bouffonne, car
elle témoigne d'un délitement de la démocratie dont nul pays n'est exempt. »
Hélas, la bouffonnerie est du côté du digne professeur. En
effet, trois hypothèses se présentent :
a) il ne comprend pas l’anglais ;
b) il n’a pas écouté la déclaration du candidat et a seulement
lu dans
le New York Times une phrase coupée de son contexte ;
c) il bidonne délibérément en se disant que ses lecteurs
n’iront pas vérifier ses propos.
Car voici exactement ce qu’a déclaré Donald Trump le 20
octobre :
« I will totally accept the results of this great
and historic presidential election ‑ if I win. Of course, I would accept a
clear election result but I would also reserve my right to contest or file a
legal challenge in the case of a questionable result. Right ? And always I
will follow and abide by all the rules and traditions of all of the many
candidates who have come before me, always. »
Ce qui signifie à peu près :
« J’accepterai sans réserve les résultats de cette
magnifique et historique élection présidentielle – si je gagne. Bien entendu,
j’accepterais le résultat s’il est clair, mais je réserve aussi mon droit de le
contester ou de l’attaquer en justice s’il est douteux. D’accord ? Et
toujours je suivrai et je me conformerai aux règles et traditions des nombreux
candidats qui se sont présentés avant moi, toujours. »
Donald Trump est un homme de spectacle, animateur
d’émissions de télévision. La première phrase de ce passage est une accroche
pour mettre le public en appétit. Elle ne signifie ABSOLUMENT PAS que Donald
Trump prévoyait de contester le résultat en toute hypothèse s’il ne gagnait
pas. Au contraire, il dit expressément qu’il acceptera un résultat clair… et
qu’il contestera un résultat douteux, ce qui est la moindre des choses,
non ? Toutes les démocraties, y compris en France et aux
États-Unis, prévoient des recours contre les irrégularités électorales. Le candidat démocrate Al Gore y a eu recours en 2000. M. Trump a simplement
refusé de se lier les mains par avance comme on l’y invitait. Rien de plus
normal.
Volontaire ou involontaire, ce bidonnage est pour M. Supiot
le prétexte d’un rapprochement acrobatique avec les débats autour de
Notre-Dame-des-Landes. Je passe sur les détails : inutile de décortiquer une comparaison dont l’un des termes est si clairement faussé.
Cependant, une remarque s’impose.
M. Supiot écrit : « le Président de la
République a, au terme d'années d'atermoiements, solennellement annoncé en
février 2016 que la question serait tranchée par un référendum local. A sa
surprise probablement, à celle sûrement d'une classe médiatique ayant
unanimement soutenu les adversaires du projet, ce dernier fut approuvé par 55%
des électeurs du département concerné. » Apparemment, il lui a échappé
que le scrutin du 26 juin n’était pas le « référendum local »
annoncé par le président de la République. C'était une « consultation
locale », type de scrutin nouveau concocté en vitesse par Manuel
Valls.
Comme son nom l’indique, cette consultation était consultative et non
décisionnelle ainsi que l’aurait été un référendum. Pour un juriste, la
différence est capitale. M. Supiot est juriste. Ce professeur au Collège de France parle doctement d'un sujet dont il avoue ignorer un pan essentiel !













