Nantes et déconnantes : Comment la capitale historique de la Bretagne est en train de gâcher ses meilleurs atouts. Un regard non conformiste - voire franchement satirique - sur Nantes au 21ème siècle. Reproduction autorisée sous réserve de citation de la source, avec lien actif vers l'URL, pour chaque article cité.
10 juin 2014
Royal de Luxe 2014 (2) : Grand-mère sait faire un bon caté
L’intérêt intrinsèque du spectacle de Royal de Luxe est mince. Dans la foule, pourtant, la plupart sont ravis. Manque de discernement ? Pas seulement. Royal de Luxe relève moins du spectacle que de la liturgie. L’important n’est pas dans ce qu’on voit mais dans la communion populaire autour d’une même idole.
En Espagne, en Sicile et en bien d’autres lieux, on promène au cours de la Semaine sainte d’immenses effigies de la Vierge ou du Christ présentées épisodiquement à l’adoration des foules. Là-bas aussi, ces processions accompagnées d’une musique lancinante et entrecoupées de reposoirs provoquent une grande ferveur populaire. Là-bas aussi, il ne fait pas bon ne pas se prosterner au passage de la statue. La cérémonie a un caractère identitaire : le mécréant qui ne communie pas se désigne lui-même à la détestation publique. Il s’offre aux regards noirs, aux insultes, voire aux coups des zélotes.
Vous n’y croyez pas ? Essayez donc de prononcer à haute voix au milieu de la foule nantaise : « Royal de Luxe, c’est nul ! » Cela sera pris non comme une opinion mais comme un blasphème, une imprécation. Il ne faut pas que les enfants entendent ça ! Royal de Luxe tu encenseras : ça ne se discute pas, c’est un acte de foi, c’est un dogme.
09 juin 2014
Royal de Luxe 2014 (1) : enthousiasme admiratif, marasme créatif
« Voilà la reine ! Voilà la reine ! »
s’écrie un petit garçon sur le cours des 50 otages en apercevant la grand-mère
géante. On espère qu’il confond avec le Carnaval et non avec S.M. la reine
Elizabeth, qu’il vient sans doute de voir à la télévision pour l’anniversaire
du D-Day. L’énervement monte dans un service d’ordre nombreux mais
brouillon, la foule se presse en masse. Pour voir quoi ? C’est bien là
l’étonnant : vu de Sirius (ce qui est légitime quand on vient de derrière
le mur de Planck), il y a beaucoup moins de spectacle que de spectateurs !
Dans son fauteuil roulant, la grand-mère roule en roulant les yeux. Bof. On dirait un char du carnaval décroché du défilé. Tout compte fait, la grue qui la suit est plus impressionnante. Quand elle se lève – la grand-mère – ses sphincters la trahissent. Très drôle et du meilleur goût. Royal de Luxe est-il subventionné par les fabricants de couches pour seniors ?
La petite géante avait déjà fait le coup du pipi public dans le passé. Le petit géant noir est aussi du déjà vu, tout comme le mur de lumière. Il y a vingt ans que Royal de Luxe fait des géants, et les premiers de la famille étaient autrement spectaculaires. Le spectacle de 2014 comprend quasiment zéro innovation. Les textes semblent puisés pour l’essentiel chez Stéphane Pajot, mais il est difficile d’en être certain : une sono mal calibrée les rend presque incompréhensibles. Seuls les sourds-muets les auront bien saisis grâce à la traduction simultanée.
Jean-Luc Courcoult proclame à l’envi sa propre créativité. Sincèrement, on voit mal ce qu’il en fait. Peut-être a-t-il eu les lunettes (encore) plus grosses que le ventre ? En réalité, la troupe « fait le job » mais ne crée plus grand chose ; elle a perdu une moitié de son génie en se fonctionnarisant, et une bonne partie du reste quand François Delarozière l’a quittée.
Dans son fauteuil roulant, la grand-mère roule en roulant les yeux. Bof. On dirait un char du carnaval décroché du défilé. Tout compte fait, la grue qui la suit est plus impressionnante. Quand elle se lève – la grand-mère – ses sphincters la trahissent. Très drôle et du meilleur goût. Royal de Luxe est-il subventionné par les fabricants de couches pour seniors ?
La petite géante avait déjà fait le coup du pipi public dans le passé. Le petit géant noir est aussi du déjà vu, tout comme le mur de lumière. Il y a vingt ans que Royal de Luxe fait des géants, et les premiers de la famille étaient autrement spectaculaires. Le spectacle de 2014 comprend quasiment zéro innovation. Les textes semblent puisés pour l’essentiel chez Stéphane Pajot, mais il est difficile d’en être certain : une sono mal calibrée les rend presque incompréhensibles. Seuls les sourds-muets les auront bien saisis grâce à la traduction simultanée.
Jean-Luc Courcoult proclame à l’envi sa propre créativité. Sincèrement, on voit mal ce qu’il en fait. Peut-être a-t-il eu les lunettes (encore) plus grosses que le ventre ? En réalité, la troupe « fait le job » mais ne crée plus grand chose ; elle a perdu une moitié de son génie en se fonctionnarisant, et une bonne partie du reste quand François Delarozière l’a quittée.
08 juin 2014
Sur le même thème
Si l'on consulte ce dimanche l'article intitulé "Le port antique de Ratiatum se dévoile aujourd'hui" sur le site web de Presse Océan, on se voit proposer aussi les lectures suivantes :
Le palais de justice de Jean Nouvel, qui n'a pas quinze ans, est déjà réduit au rang d'objet archéologique !
06 juin 2014
Est-ce que je te demande si ta grand-mère fait du Bicloo ?
La question s'adresse à Royal de Luxe. Et la réponse, de toute évidence, est non : une quinzaine de stations Bicloo du centre-ville étaient fermées ce vendredi à cause du spectacle. Il en sera de même demain matin, puis le nombre de stations fermées ira en diminuant. La mémé géante en fauteuil roulant n'aime pas les vélos.
04 juin 2014
Enfin un signe de vie autour de l’Hôtel de la Duchesse Anne
Il y aura dix ans dans quelques jours, l’Hôtel de la
Duchesse Anne, fierté de l’industrie touristique nantaise, était ravagé par un
incendie. Depuis lors, ses ruines désolées se dressent entre la gare et le
château, entre la tour Lu et la cathédrale, pénible symbole d’une ville gérée
d’une main de velours dans un gant de fer. L’acte le plus énergique de
Jean-Marc Ayrault, en 2011, avait été d’envoyer une lettre aux propriétaires « pour
leur demander de bouger ».
L’an dernier le groupe Giboire avait apposé sur la façade ruinée un panneau disant : « Ici, le Groupe Giboire investit pour la préservation du patrimoine ». Le panneau est toujours là, Quant aux travaux, qui auraient dû commencer en octobre 2013, il ne s’est rien passé. Jusqu’à lundi dernier ‑ car on vient de poser des barrières, de déposer des matériels, dans l’intention apparente, enfin, de faire quelque chose.
Mais il ne faudrait pas en féliciter Giboire trop vite. Les travaux visent seulement à « conforter » le retour de façade rue de Richebourg. Et l’entreprise Lefèvre Rénovation (ça c’est Utile !), qui en est chargée, est mandatée par… la direction du bâti de Nantes Métropole !
Qu’en conclure ? Que Giboire a refilé le mistigri à la collectivité locale… ou bien que Johanna Rolland a su faire en deux mois ce que Jean-Marc Ayrault n’avait pas fait en huit ans ?
L’an dernier le groupe Giboire avait apposé sur la façade ruinée un panneau disant : « Ici, le Groupe Giboire investit pour la préservation du patrimoine ». Le panneau est toujours là, Quant aux travaux, qui auraient dû commencer en octobre 2013, il ne s’est rien passé. Jusqu’à lundi dernier ‑ car on vient de poser des barrières, de déposer des matériels, dans l’intention apparente, enfin, de faire quelque chose.
Mais il ne faudrait pas en féliciter Giboire trop vite. Les travaux visent seulement à « conforter » le retour de façade rue de Richebourg. Et l’entreprise Lefèvre Rénovation (ça c’est Utile !), qui en est chargée, est mandatée par… la direction du bâti de Nantes Métropole !
Qu’en conclure ? Que Giboire a refilé le mistigri à la collectivité locale… ou bien que Johanna Rolland a su faire en deux mois ce que Jean-Marc Ayrault n’avait pas fait en huit ans ?
02 juin 2014
Un palais royal de luxe pour la justice
Le palais de justice de Nantes va bientôt colmater ses
fuites. « Le chantier de restauration des couvertures a été confié à la
société Ote Ingénierie de Rezé », assure Presse
Océan ce matin. C’est peut-être aller un peu vite en besogne puisque
l’appel d’offres, publié voici une quinzaine de jours, court jusqu’au 11 juin.
À moins que, par l’un de ces miracles dont les commissions d’attribution des
marchés ont le secret, les résultats ne soient connus à l’avance ?
Le budget annoncé est de 3 millions d’euros, ce qui n’a rien d’étonnant puisqu’il s’agit de remplacer plus de 7.000 m² de toitures en zinc, soit la taille d’un terrain de football, plus 1.150 m² d’étanchéité et 450 m² de menuiseries extérieures.
Mais le contribuable n’en aura pas fini pour autant avec l’œuvre (im)périssable de Jean Nouvel. Un autre appel d’offres en cours porte sur le chauffage par ventilo-convecteurs ainsi que l’isolation des sols et des menuiseries. Cela va encore coûter un bras. Puis il faudra refaire les parements extérieurs qui menacent de dégringoler sur les passants. Enfin, le rafraîchissement des peintures ne saurait tarder ; elles ont très mal vieilli, et le gris pisseux de ce bâtiment censé être noir fait peine à voir.
Cet édifice symbolise la majesté de la justice française, pontifient régulièrement les thuriféraires de Jean Nouvel. Ce n’est que trop vrai, hélas.
Le budget annoncé est de 3 millions d’euros, ce qui n’a rien d’étonnant puisqu’il s’agit de remplacer plus de 7.000 m² de toitures en zinc, soit la taille d’un terrain de football, plus 1.150 m² d’étanchéité et 450 m² de menuiseries extérieures.
Mais le contribuable n’en aura pas fini pour autant avec l’œuvre (im)périssable de Jean Nouvel. Un autre appel d’offres en cours porte sur le chauffage par ventilo-convecteurs ainsi que l’isolation des sols et des menuiseries. Cela va encore coûter un bras. Puis il faudra refaire les parements extérieurs qui menacent de dégringoler sur les passants. Enfin, le rafraîchissement des peintures ne saurait tarder ; elles ont très mal vieilli, et le gris pisseux de ce bâtiment censé être noir fait peine à voir.
Cet édifice symbolise la majesté de la justice française, pontifient régulièrement les thuriféraires de Jean Nouvel. Ce n’est que trop vrai, hélas.
27 mai 2014
Quand te reverrai-je, tableau merveilleux… ?
Les travaux du musée
d’art de Nantes commencent à peine. Des panneaux, sur site,
insistent : le
musée des beaux-arts devient le musée d’arts. La disparition de la beauté est
déjà de mauvais augure. Il ne faudrait pas que les œuvres en fassent autant.
Or, un appel d’offres lancé par Nantes Métropole voici quelques jours autorise les pires alarmes. Il porte sur un « traitement de désinsectisation par anoxie dynamique d'une partie des collections infestées ou suspectées d'infestation du Musée des Beaux art [sic] et du Muséum d'Histoire Naturelle ». La désinsectisation par anoxie dynamique consiste à enfermer les pièces infestées dans une grande poche remplie d’un gaz neutre pendant une durée d’au moins une vingtaine de jours afin d’asphyxier les bestioles et leurs larves.
Cela conduit à s’interroger sur les conditions de stockage des collections. On sait qu’elles ont été remisées dans un local de repli pendant la durée des travaux. Mais ceux-ci auraient dû être achevés en 2013. Si la présence des insectes avait été avérée au moment du déménagement des œuvres, on suppose que le traitement aurait été effectué avant la fin 2013. Si l'on s'en soucie à présent, c’est probablement que l’infestation est apparue postérieurement.
Décidément, la transformation du musée des beaux-arts en musée d’art s’annonce comme un succès sur toute la ligne…
insistent : le
musée des beaux-arts devient le musée d’arts. La disparition de la beauté est
déjà de mauvais augure. Il ne faudrait pas que les œuvres en fassent autant.Or, un appel d’offres lancé par Nantes Métropole voici quelques jours autorise les pires alarmes. Il porte sur un « traitement de désinsectisation par anoxie dynamique d'une partie des collections infestées ou suspectées d'infestation du Musée des Beaux art [sic] et du Muséum d'Histoire Naturelle ». La désinsectisation par anoxie dynamique consiste à enfermer les pièces infestées dans une grande poche remplie d’un gaz neutre pendant une durée d’au moins une vingtaine de jours afin d’asphyxier les bestioles et leurs larves.
Cela conduit à s’interroger sur les conditions de stockage des collections. On sait qu’elles ont été remisées dans un local de repli pendant la durée des travaux. Mais ceux-ci auraient dû être achevés en 2013. Si la présence des insectes avait été avérée au moment du déménagement des œuvres, on suppose que le traitement aurait été effectué avant la fin 2013. Si l'on s'en soucie à présent, c’est probablement que l’infestation est apparue postérieurement.
Décidément, la transformation du musée des beaux-arts en musée d’art s’annonce comme un succès sur toute la ligne…
22 mai 2014
Trop de crocodiles dans le marigot
Dimanche, le patron de Royal de Luxe s’en prend aux Machines
de l’île dans
le blog du dessinateur de Presse Océan, mardi, les patrons des
Machines et de La Machine répondent dans
Presse Océan, mercredi, le patron du Voyage à Nantes rappelle dans
Presse Océan qu’il n’est pas mort car il Blaise encore… L’un après
l’autre, les grands vassaux de Jean-Marc Ayrault entrent en campagne pour
défendre des postes et des budgets princièrement attribués par l'ancien maire. Ils savent bien que si Johanna Rolland veut
imposer son style et son autorité, elle doit sacrifier au moins l’un d’entre
eux. Et chacun d’eux préfère que ce soit le voisin.
21 mai 2014
Courcoult fait sa pub
Un titre sur quatre colonnes à la Une et deux pleines pages
intérieures : Presse Océan n’a pas lésiné hier sur la place
consacrée aux aigreurs de Jean-Luc Courcoult envers les Machines de l’île.
Lesdites aigreurs ont été exprimées dans le
blog du dessinateur et polémiste Éric Chalmel. Or, à en croire celui-ci, le
patron de Royal de Luxe, « souhaitait
publier son texte en achetant une page de publicité dans la presse locale qui a
refusé ». Ainsi, Presse Océan
aurait refusé de vendre une page pour finalement en consacrer deux au
sujet ? Bizarre…
Dommage aussi : il aurait été cocasse de voir Royal de Luxe, qui vit essentiellement de subventions*, utiliser l’argent des contribuables nantais pour s’offrir une page de publicité critiquant Les Machines de l’île, propriété des collectivités locales et financées elles aussi en grande partie par des subventions publiques !
_________
* « Royal de Luxe dans sa philosophie reste gratuit pour les gens », écrit M. Courcoult. Gratuit pour les gens, peut-être, mais ruineux pour les contribuables. Et bien entendu, lucratif pour le patron de la boîte : philosophie bien ordonnée commence par soi-même.
Dommage aussi : il aurait été cocasse de voir Royal de Luxe, qui vit essentiellement de subventions*, utiliser l’argent des contribuables nantais pour s’offrir une page de publicité critiquant Les Machines de l’île, propriété des collectivités locales et financées elles aussi en grande partie par des subventions publiques !
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* « Royal de Luxe dans sa philosophie reste gratuit pour les gens », écrit M. Courcoult. Gratuit pour les gens, peut-être, mais ruineux pour les contribuables. Et bien entendu, lucratif pour le patron de la boîte : philosophie bien ordonnée commence par soi-même.
30 avril 2014
Ultime Alstom
Alstom occupe ces jours-ci les colonnes et les temps d'antenne de la presse nationale. General Electric ou Siemens ? Essor ou repli ? Délocalisation ou renforcement ? Nantes a peut-être son idée sur la question. Voici, au 29 avril, l'état des halles Alstom sur l'île de Nantes :
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