Le grand éléphant, on l’a dit hier, est une fois de plus arrêté pour réparations. « La machine est fiable », assure néanmoins Pierre Orefice à Stéphane Pajot, qui reproduit sans rire cette déclaration dans Presse Océan (21 septembre 2010). « Seuls treize voyages sur cinq cents ont été annulés », précise le patron des Nefs, oubliant de signaler que l’arrêt en cours entraîne à lui seul l’annulation de dix-huit voyages supplémentaires !
À ce train-là, avancer avant la fin septembre un chiffre de fréquentation global pour l’année est un exercice aléatoire. Pierre Orefice s’y livre quand même : « nous atteindrons 280.000 visiteurs, soit 20.000 de plus qu’en 2009 », annonce-t-il. Le gain ne serait en réalité que de 18.550 voyageurs par rapport aux 261.450 de 2009, mais cela représenterait quand même une progression de 7 % d'une année sur l'autre. Pas mal… si ce n’est que les Machines affichaient une hausse de 32,5 % au premier trimestre et de 20 % à la mi-juin (http://lameformeduneville.blogspot.com/2010/06/du-mou-dans-la-hausse.html). L’été n’a donc pas été bien fameux.
Ce que confirme le nombre des visiteurs étrangers, 10.000 sur la période estivale, indique Pierre Orefice. Ce chiffre est à rapprocher de celui livré par le même à Philippe Gambert (Ouest France, 15 juin 2010) pour 2009 : 26.000 étrangers, soit près de 10 % des visiteurs*. Comme la fréquentation estivale représente plus de la moitié de l’activité des Machines, cela signifie soit que le nombre total de visiteurs a baissé cet été, soit que la proportion des visiteurs étrangers est en chute libre.
Mais le pire reste à venir. Comment la fréquentation évoluera-t-elle après la mise en service du Manège des mondes marins en 2012 ? « On mise sur plus de 400.000 visiteurs », dit Pierre Orefice à Stéphane Pajot. Au début de l'été, il déclarait pourtant : « Nous visons 500.000 visiteurs pour 2013, première année d’exploitation » (Ouest France du 22 juin 2010, propos recueillis par Daniel Morvan). Le vote de Nantes Métropole en faveur de la réalisation du Manège a été obtenu sur cet objectif du demi-million de visiteurs. Ainsi, avant même la pose de la première pierre, la fréquentation a déjà chuté de 20 % en moins de trois mois !
______________
* La fiabilité de ce chiffre est cependant douteuse. Selon le rapport annuel 2009 de Nantes Métropole, « la part de touristes étrangers atteint (…) 6 % de la fréquentation annuelle, dont 10 % pendant l’été », ce qui ferait en réalité moins de 16.000 étrangers sur l’année et non 26.000.
Nantes et déconnantes : Comment la capitale historique de la Bretagne est en train de gâcher ses meilleurs atouts. Un regard non conformiste - voire franchement satirique - sur Nantes au 21ème siècle. Reproduction autorisée sous réserve de citation de la source, avec lien actif vers l'URL, pour chaque article cité.
21 septembre 2010
20 septembre 2010
L'éléphant, un problème pour l'image de Nantes ?
En définitive, l'arrêt pour maintenance observé par l'éléphant de l'île de Nantes le 7 septembre n'était peut-être pas un congé-maladie de complaisance. Les Machines de l'île annoncent l'annulation de tous les voyages de l'animal jusqu'à jeudi.
Après son « check-up total » du mois de janvier, son « arrêt technique » du mois de juin et sa « maintenance » d’il y a moins de quinze jours, sans parler des réparations lourdes de l'an dernier, voilà la machine à nouveau hors service. On dirait qu'elle se porte vraiment mal.
Si ce n'était que le prétexte d'un nouveau ricanement de la part de ce blog, ce ne serait pas grave. Mais la municipalité de Jean-Marc Ayrault a tant misé sur cet équipement touristique « structurant » pour façonner l'image de Nantes que son manque de fiabilité aura fatalement des répercussions négatives.
Après son « check-up total » du mois de janvier, son « arrêt technique » du mois de juin et sa « maintenance » d’il y a moins de quinze jours, sans parler des réparations lourdes de l'an dernier, voilà la machine à nouveau hors service. On dirait qu'elle se porte vraiment mal.
Si ce n'était que le prétexte d'un nouveau ricanement de la part de ce blog, ce ne serait pas grave. Mais la municipalité de Jean-Marc Ayrault a tant misé sur cet équipement touristique « structurant » pour façonner l'image de Nantes que son manque de fiabilité aura fatalement des répercussions négatives.
14 septembre 2010
Navibus, Pédibus, détritus
Les rives de l’Erdre s’enorgueillissent de charmants édicules, les abribus du Navibus, installés à grands frais par Nantes Métropole quelques mois avant l'abandon de la desserte fluviale. Depuis lors, ils n’ont plus d’utilité.
Ce qui devait arriver est arrivé : l’une de ces frêles constructions a été vandalisée. Problème : faut-il la réparer ou la supprimer ? Voilà un dilemme intéressant pour la communauté urbaine.
Puisque de toute façon ces abris ne servent plus à rien, c’est un choix entre deux gâchis. La seule certitude est que les choses ne peuvent rester en l’état : juste devant l’hôtel du département, ça fait désordre.
Parions que les abribus erdriques seront conservés, en témoignage de la prévoyance intercommunale – une prévoyance d’autant plus admirable qu’elle n’a pas servi à grand chose. Les restes du Navibus feront ainsi pendant à ceux du Pédibus, un succès encore plus remarquable : installés juste avant la suppression du service, la plupart de ces totems sont restés totalement inemployés.
Parions que les abribus erdriques seront conservés, en témoignage de la prévoyance intercommunale – une prévoyance d’autant plus admirable qu’elle n’a pas servi à grand chose. Les restes du Navibus feront ainsi pendant à ceux du Pédibus, un succès encore plus remarquable : installés juste avant la suppression du service, la plupart de ces totems sont restés totalement inemployés.
07 septembre 2010
L'éléphant ? Il se maintient...
La loi n’a pas prévu de service minimum pour le grand éléphant de l’île de Nantes. Allait-il faire grève ce mardi 7 septembre ? Difficile pour cet engin emblématique d'une communauté urbaine socialiste de travailler un jour de grande manif'. D'un autre côté, faire grève signifie une journée de salaire perdue... Fort heureusement, la santé médiocre de l'animal a fourni une solution qui met tout le monde d’accord : une fois de plus, il doit faire l’objet d’une « maintenance » imprévue. Ce n'est pas une grève, juste un congé maladie qui tombe à pic.
02 septembre 2010
La disparition des abeilles sur l'île de Nantes
La Fête de l’abeille prévue du 10 au 12 septembre est encore annoncée à cette heure sur le site de la mairie de Nantes (www.nantes.fr/decouverte/actualites-decouverte/2010/fete_abeille) mais, apprend-on par ailleurs, elle est annulée.
Sur les raisons de l’annulation, l’Union des apiculteurs de Loire-Atlantique n’est pas très diserte. « Par manque de moyens humains et techniques, l'équipe de l'UNAPLA n'est plus en mesure d'assurer un tel événement », indique-t-elle seulement. Comme si la mairie de Nantes n'avait pas tous les moyens humains et techniques nécessaires pour organiser les événements qui ont l'heur de lui convenir !
Bien sûr, c’était trop beau : pour une fois qu’un événement utile et intéressant devait avoir lieu sous les Nefs de l’île de Nantes…
Sur les raisons de l’annulation, l’Union des apiculteurs de Loire-Atlantique n’est pas très diserte. « Par manque de moyens humains et techniques, l'équipe de l'UNAPLA n'est plus en mesure d'assurer un tel événement », indique-t-elle seulement. Comme si la mairie de Nantes n'avait pas tous les moyens humains et techniques nécessaires pour organiser les événements qui ont l'heur de lui convenir !
Bien sûr, c’était trop beau : pour une fois qu’un événement utile et intéressant devait avoir lieu sous les Nefs de l’île de Nantes…
22 août 2010
Des éco-détails qui clochent
Non, on n’a pas tout dit sur De temps en temps.
À une époque où l’on se demande comment réduire la consommation électrique des éclairages publics, l'oeuvre de François Morellet va exactement dans le mauvais sens. Son message météorologique est peut-être correct, son message écologique ne l’est sûrement pas.
Il en va de même des anneaux de Buren. Alors que Nantes se voudrait l’une des métropoles les plus écolos d’Europe, les « oeuvres pérennes » d'Estuaire lui tirent une petite balle dans le pied.
Quant aux Machines de l'île, leur bilan écologique n’est probablement pas glorieux. De l’éléphant, on regarde plutôt la trompe que le pot d’échappement, bien sûr. Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly et les autres ne l'ont sans doute pas remarqué l'autre jour en visitant le site, mais sa fumée noire est spécialement antipathique.
Ni l’électrophagie d’Estuaire ni les flatulences de l’éléphant ne pèsent lourd dans le bilan écologique global de la ville. Pourtant, vu l'importance symbolique que leur attache la municipalité actuelle, elles relativisent les prétentions vertes d'icelle. Le diable est dans les détails et pas seulement à Notre-Dame-des-Landes.
À une époque où l’on se demande comment réduire la consommation électrique des éclairages publics, l'oeuvre de François Morellet va exactement dans le mauvais sens. Son message météorologique est peut-être correct, son message écologique ne l’est sûrement pas.
Il en va de même des anneaux de Buren. Alors que Nantes se voudrait l’une des métropoles les plus écolos d’Europe, les « oeuvres pérennes » d'Estuaire lui tirent une petite balle dans le pied.
Quant aux Machines de l'île, leur bilan écologique n’est probablement pas glorieux. De l’éléphant, on regarde plutôt la trompe que le pot d’échappement, bien sûr. Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly et les autres ne l'ont sans doute pas remarqué l'autre jour en visitant le site, mais sa fumée noire est spécialement antipathique.
Ni l’électrophagie d’Estuaire ni les flatulences de l’éléphant ne pèsent lourd dans le bilan écologique global de la ville. Pourtant, vu l'importance symbolique que leur attache la municipalité actuelle, elles relativisent les prétentions vertes d'icelle. Le diable est dans les détails et pas seulement à Notre-Dame-des-Landes.
20 août 2010
Harmonie Atlantique du soir
On ne peut parler de l’immeuble d’Harmonie Atlantique (http://lameformeduneville.blogspot.com/2010/08/les-disgraces-du-quai.html), me dit-on, sans évoquer aussi De temps en temps, l’œuvre artistico-météorologique de François Morellet. Soit, vous l’aurez voulu.
De temps en temps est une cerise manquée sur ce gâteau manqué. Tentant sans doute de faire oublier la raide horizontalité du bâtiment, elle donne dans le courbe et l’oblique, mais la masse de l'immeuble domine ses lignes graciles. Ses trois couleurs, bleu, blanc et rouge, seraient-elles aussi destinées à faire oublier l’anthracite et le verdâtre du support ? Vu le résultat, on n’ose le croire...
Il est vrai que la nuit venant, quand les sons et les parfums tournent dans l’air du soir, la lumière peut s’exprimer indépendamment du bâtiment. Et là, on a beau savoir que François Morellet est un artiste minimaliste, on a l’impression qu’il manque quelque chose. Ça n’est pas Time Square, dame non !
Néon grillé
François Morellet manie les tubes au néon depuis pas loin d’un demi-siècle. Pendant ce temps-là, le monde a évolué. Beaucoup des bâtiments les plus en vue – et le siège d’Harmonie Atlantique en est un – servent de support à des enseignes lumineuses géantes. En 2010, du néon sur un toit, non seulement ça n’épate plus personne, mais on attend que ça flashe, que ça pulse, que ça bouge. Devant les quelques lueurs statiques d’Harmonie Atlantique, on se dit fatalement : « Tiens, il y a des tubes qui ont claqué ».
« Rustre ! Béotien ! Pedzouille ! c’est de l’Art, pas de la pub ! » entonne aussitôt le chœur des bobos indignés. Ainsi, parce que le néon est payé par le contribuable et non par le consommateur, il faudrait par principe se pâmer d’admiration ? Du bobo au gogo, le chemin n’est pas long.
Un, deux, trois, nuages
Hélas, Morellet lui-même a savonné la planche de ses thuriféraires en relativisant le statut artistique de sa composition. De temps en temps est « quelque chose qui sera utile » déclarait-il naguère à Guillaume Lecaplain*. Il s’agit en réalité d’un indicateur météorologique avec trois messages au choix, et trois seulement : « il va faire beau », « il va y avoir des nuages » ou « il va pleuvoir », selon qu’on voit un arc de cercle rouge, des arcs de cercle blancs ou des segments de droite obliques bleus, symbolisant respectivement le soleil, les nuages et la pluie. Voilà de l'utile en effet.
Franchement, à une époque où la moindre enseigne de pharmacie donne la date, l’heure et la température ambiante, qui cela peut-il émouvoir de savoir grosso modo quel temps il va faire en consultant la façade d'une mutuelle ? Et, à une époque où l’on trouve des bulletins météo partout, dans le journal, à la radio ou sur internet, qui fera le détour par l’île de Nantes pour savoir que, dans quatre heures**, le temps devrait être nuageux ?
_________
* Presse Océan, 1er mars 2010.
** « Une œuvre à découvrir à la tombée de la nuit ! » conseille la mairie de Nantes (http://nantes.fr/culture/actualites-culturelles/estuaire-les-oeuvres-perennes/morellet). Les Nantais auront ainsi le privilège de savoir si le soleil brillera au milieu de la nuit.
De temps en temps est une cerise manquée sur ce gâteau manqué. Tentant sans doute de faire oublier la raide horizontalité du bâtiment, elle donne dans le courbe et l’oblique, mais la masse de l'immeuble domine ses lignes graciles. Ses trois couleurs, bleu, blanc et rouge, seraient-elles aussi destinées à faire oublier l’anthracite et le verdâtre du support ? Vu le résultat, on n’ose le croire...
Il est vrai que la nuit venant, quand les sons et les parfums tournent dans l’air du soir, la lumière peut s’exprimer indépendamment du bâtiment. Et là, on a beau savoir que François Morellet est un artiste minimaliste, on a l’impression qu’il manque quelque chose. Ça n’est pas Time Square, dame non !
Néon grillé
François Morellet manie les tubes au néon depuis pas loin d’un demi-siècle. Pendant ce temps-là, le monde a évolué. Beaucoup des bâtiments les plus en vue – et le siège d’Harmonie Atlantique en est un – servent de support à des enseignes lumineuses géantes. En 2010, du néon sur un toit, non seulement ça n’épate plus personne, mais on attend que ça flashe, que ça pulse, que ça bouge. Devant les quelques lueurs statiques d’Harmonie Atlantique, on se dit fatalement : « Tiens, il y a des tubes qui ont claqué ».
« Rustre ! Béotien ! Pedzouille ! c’est de l’Art, pas de la pub ! » entonne aussitôt le chœur des bobos indignés. Ainsi, parce que le néon est payé par le contribuable et non par le consommateur, il faudrait par principe se pâmer d’admiration ? Du bobo au gogo, le chemin n’est pas long.
Un, deux, trois, nuages
Hélas, Morellet lui-même a savonné la planche de ses thuriféraires en relativisant le statut artistique de sa composition. De temps en temps est « quelque chose qui sera utile » déclarait-il naguère à Guillaume Lecaplain*. Il s’agit en réalité d’un indicateur météorologique avec trois messages au choix, et trois seulement : « il va faire beau », « il va y avoir des nuages » ou « il va pleuvoir », selon qu’on voit un arc de cercle rouge, des arcs de cercle blancs ou des segments de droite obliques bleus, symbolisant respectivement le soleil, les nuages et la pluie. Voilà de l'utile en effet.
Franchement, à une époque où la moindre enseigne de pharmacie donne la date, l’heure et la température ambiante, qui cela peut-il émouvoir de savoir grosso modo quel temps il va faire en consultant la façade d'une mutuelle ? Et, à une époque où l’on trouve des bulletins météo partout, dans le journal, à la radio ou sur internet, qui fera le détour par l’île de Nantes pour savoir que, dans quatre heures**, le temps devrait être nuageux ?
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* Presse Océan, 1er mars 2010.
** « Une œuvre à découvrir à la tombée de la nuit ! » conseille la mairie de Nantes (http://nantes.fr/culture/actualites-culturelles/estuaire-les-oeuvres-perennes/morellet). Les Nantais auront ainsi le privilège de savoir si le soleil brillera au milieu de la nuit.
19 août 2010
Les disgrâces du quai
La réhabilitation de l’immeuble d’Harmonie Atlantique, ex Mutuelle Atlantique, au coin du pont Anne de Bretagne, ne sera achevée que dans plusieurs mois*. Mais on peut déjà se faire une idée du résultat final. Il n’est que trop évident : d’une mocheté du 20ème siècle, on aura fait une mocheté du 21ème siècle. D’une verrue simple, on aura fait une verrue tarabiscotée.
On imagine bien l'intention : il s'agissait d'enfermer le vieux bâtiment miteux sous un sarcophage plus présentable. Peine perdue : la laideur irradie. Les vitrages sérigraphiés amélioreront peut-être le confort des occupants. Mais vue du dehors, la nouvelle façade est sans grâce et sans unité. On voit trop que l’empilement d’accessoires relève du camouflage. Comme dans un film de Lautner, la fausse barbe dénonce plus qu’elle ne dissimule.
« Cet immeuble, il y a quelques années, j’étais partisan de sa démolition », a un jour avoué Alexandre Chemetoff à la revue Place publique (n° 4). « J’ai mis du temps à l’accepter, à l’adopter. Maintenant, on va l’aider à être beau. » Que ne s’en est-il tenu à sa première idée ! Mais c’est la logique du plan-guide : quand les événements vous échappent, feignez de les organiser.
Des ratages architecturaux, on en a vu d’autres. Le problème est qu’avec une façade tournée vers les Chantiers et une autre vers le Mémorial de l'esclavage, ce bâtiment tartignole sera l’élément architectural le plus en vue du tourisme façon Blaise.
Les héritiers de François Mitterrand avaient déjà réussi à réunir sur le quai auquel ils ont donné son nom « l’école d’architecture la plus moche d’Europe »** et le palais de justice le plus lugubre de France. Le siège d’Harmonie Atlantique revu et corrigé ne joue sans doute pas dans la même catégorie, mais il complète bien le tableau.
_______
* Le site officiel de l’île de Nantes annonce toujours une livraison en mars 2010, mais la Lettre d’information de la Samoa indique mars 2011.
** Dixit Emmanuel Guimard (www.vudenantes.com/2010/02/big-sky.html)
On imagine bien l'intention : il s'agissait d'enfermer le vieux bâtiment miteux sous un sarcophage plus présentable. Peine perdue : la laideur irradie. Les vitrages sérigraphiés amélioreront peut-être le confort des occupants. Mais vue du dehors, la nouvelle façade est sans grâce et sans unité. On voit trop que l’empilement d’accessoires relève du camouflage. Comme dans un film de Lautner, la fausse barbe dénonce plus qu’elle ne dissimule.
« Cet immeuble, il y a quelques années, j’étais partisan de sa démolition », a un jour avoué Alexandre Chemetoff à la revue Place publique (n° 4). « J’ai mis du temps à l’accepter, à l’adopter. Maintenant, on va l’aider à être beau. » Que ne s’en est-il tenu à sa première idée ! Mais c’est la logique du plan-guide : quand les événements vous échappent, feignez de les organiser.
Des ratages architecturaux, on en a vu d’autres. Le problème est qu’avec une façade tournée vers les Chantiers et une autre vers le Mémorial de l'esclavage, ce bâtiment tartignole sera l’élément architectural le plus en vue du tourisme façon Blaise.
Les héritiers de François Mitterrand avaient déjà réussi à réunir sur le quai auquel ils ont donné son nom « l’école d’architecture la plus moche d’Europe »** et le palais de justice le plus lugubre de France. Le siège d’Harmonie Atlantique revu et corrigé ne joue sans doute pas dans la même catégorie, mais il complète bien le tableau.
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* Le site officiel de l’île de Nantes annonce toujours une livraison en mars 2010, mais la Lettre d’information de la Samoa indique mars 2011.
** Dixit Emmanuel Guimard (www.vudenantes.com/2010/02/big-sky.html)
17 août 2010
À la recherche du % perdu
« L’éléphant de l’île attire toujours plus de monde (…) Le site engrange 10 % de visiteurs supplémentaires chaque année », lit-on p. 11 de Presse Océan ce 17 août sous la signature de J.U. « Pour le grand éléphant le nombre est stable car la capacité maximale du pachyderme est souvent atteinte », et la hausse de la fréquentation totale est de 1 % écrit de son côté, p. 8, Philippe Corbou, qui évoque aussi une « progression de plus de 20 % entre 2008 et 2009 ». Alors, plus de monde ou autant pour l’éléphant ? 1 %, 10 % ou 20 % de hausse pour les Machines de l’île de Nantes ?
Décidément, les chiffres font partie du volet fantastique des Machines… Rappelons que loin de gagner 10 % de visiteurs supplémentaires « chaque année », les Machines en avaient perdu 35 % entre l’été 2007 et l’été 2008. Elles n’en ont récupéré qu’une partie en 2009 avec une hausse de 7,6 % (265.000 contre 243.000) et non de 20 % par rapport à 2008.
Alors, ce gain de 10 % pour 2010 est-il envisageable ? L’année n’est pas finie. Cependant, au vu du chiffre publié pour juillet, soit 41.354 visiteurs, la prudence s’impose. Ce serait 1 % de plus qu’en 2009. Mais c’est encore 20 % de moins qu’en juillet 2007. Et cela malgré l’augmentation de la capacité d’accueil des Machines, qui parviennent à vendre plus de 2.500 billets les bons jours alors qu’elles étaient limitées à 2.200 visiteurs quotidiens en 2007.
Décidément, les chiffres font partie du volet fantastique des Machines… Rappelons que loin de gagner 10 % de visiteurs supplémentaires « chaque année », les Machines en avaient perdu 35 % entre l’été 2007 et l’été 2008. Elles n’en ont récupéré qu’une partie en 2009 avec une hausse de 7,6 % (265.000 contre 243.000) et non de 20 % par rapport à 2008.
Alors, ce gain de 10 % pour 2010 est-il envisageable ? L’année n’est pas finie. Cependant, au vu du chiffre publié pour juillet, soit 41.354 visiteurs, la prudence s’impose. Ce serait 1 % de plus qu’en 2009. Mais c’est encore 20 % de moins qu’en juillet 2007. Et cela malgré l’augmentation de la capacité d’accueil des Machines, qui parviennent à vendre plus de 2.500 billets les bons jours alors qu’elles étaient limitées à 2.200 visiteurs quotidiens en 2007.
16 août 2010
Manny se protège contre le soleil du Nord
Les parois métalliques sont devenues très tendance dans l'immobilier nantais ces dernières années. Ce ne sont pas des nouveautés : revêtus d’alu, de titane ou d’inox, l’Institut du monde arabe de Paris (1987), le Guggenheim de Bilbao (1997) voire l’usine Aplix du Cellier (1999) avaient depuis longtemps montré la voie.
Manny, l’immeuble du groupe Coupechoux, sur l’île de Nantes, est sûrement le témoin le plus remarquable de cette mode. « Sa façade hyper sophistiquée sert de filtre solaire », explique le site web de la ville de Nantes (http://www.nantes.fr/culture/actualites-culturelles/estuaire-les-oeuvres-perennes). Comme nul visiteur ne se hasarde dans le boyau antipathique qu’est le mail du Front populaire, si l’on parle façade de Manny, on songe à son adresse officielle, rue La Nouë Bras-de-fer, face au palais de justice. Elle est orientée plein Nord. Mais qu'importe, les soleils imaginaires ne sont pas les moins brûlants.
Et pour filtrer, elles filtrent, les lames d’aluminium* perforées de Manny. Au point que même en plein après-midi du mois d’août, y compris côté sud, les éclairages intérieurs sont généreusement allumés.
* Le choix de l’alu, métal terne et grisâtre, n’est peut-être pas très judicieux. Cet immeuble ne va « pas nuire à la réputation de Nantes la grise », comme l’écrivait Yves Pérennou dans le blog « Vu de Nantes » (http://www.vudenantes.com/2009/12/la-fourrure-alu-de-limmeuble-coupechoux.html)
Manny, l’immeuble du groupe Coupechoux, sur l’île de Nantes, est sûrement le témoin le plus remarquable de cette mode. « Sa façade hyper sophistiquée sert de filtre solaire », explique le site web de la ville de Nantes (http://www.nantes.fr/culture/actualites-culturelles/estuaire-les-oeuvres-perennes). Comme nul visiteur ne se hasarde dans le boyau antipathique qu’est le mail du Front populaire, si l’on parle façade de Manny, on songe à son adresse officielle, rue La Nouë Bras-de-fer, face au palais de justice. Elle est orientée plein Nord. Mais qu'importe, les soleils imaginaires ne sont pas les moins brûlants.
Et pour filtrer, elles filtrent, les lames d’aluminium* perforées de Manny. Au point que même en plein après-midi du mois d’août, y compris côté sud, les éclairages intérieurs sont généreusement allumés.
* Le choix de l’alu, métal terne et grisâtre, n’est peut-être pas très judicieux. Cet immeuble ne va « pas nuire à la réputation de Nantes la grise », comme l’écrivait Yves Pérennou dans le blog « Vu de Nantes » (http://www.vudenantes.com/2009/12/la-fourrure-alu-de-limmeuble-coupechoux.html)
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