René Théophile Laennec est mort le 13 août 1826. Comme on le craignait, Nantes se montre incapable de célébrer ce médecin qui a révolutionné l’anatomie pathologique avec le stéthoscope et les Principes de l’auscultation médiate.
À Paris, le Collège de France, où Laennec fut professeur, a marqué le bicentenaire de la mort de Laennec par une grande exposition organisée dans sa bibliothèque patrimoniale du 4 mai au 31 juillet 2026. Il a aussi publié un article détaillé de Leandro Daza Dadan et Gabrielle Mota dans son bulletin Colligere.
Laennec a été élevé à Nantes par son oncle Guillaume, refondateur et directeur de l’école de médecine, qui a guidé ses premières années d’études. L’essentiel de ses archives scientifiques se trouve à Nantes. En 1981, à l’initiative du doyen Jean-Pierre Kerneis et du docteur Charles Le Séac’h, la ville a célébré le bicentenaire de sa naissance en érigeant un monument devant la fac de médecine.
En 2026, Nantes ne fait rien. La métropole prétend occuper une place dans les technologies médicales. Peut-être ne voulait-elle pas trop rappeler que son projet de « biopark Laennec », à Saint-Herblain, est surtout marqué à ce jour par le départ de Valneva pour Lyon (qui, à propos, a aussi créé un bioparc Laennec !) ; elle vient de racheter ses bâtiments vides, dont elle avait pourtant cofinancé la construction !
Un hommage à Laennec aurait aussi été l’occasion de parler d’autre chose que de la surchauffe caniculaire de Gina, ce bâtiment proche du CHU inauguré l’an dernier à l’intention des medtechs. Même le site web Nantes Métropole Innovation Santé, créé pour faire de la retape envers la profession, ne dit rien de René Théophile Laennec.
Heureusement, la faculté de médecine de Nantes va sauver l’honneur in extremis. Elle organise le 17 novembre à 18 heures, dans l’amphi Kerneis, une table ronde ouverte à tous. Autour du modérateur, le professeur Antoine Hamel, doyen de la faculté, six universitaires de premier plan (les professeurs Jacalyn Duffin, José Maria Urkia, Frédéric Le Blay, Bertrand Cariou, Jean-Noël Trochu et François-Xavier Blanc) mettront en lumière l'ancrage local de Laennec, l'excellence de la recherche et de l'enseignement médical nantais.

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