Nommer, c’est posséder : pour nous réapproprier la Loire, appelons-la autrement.
Au début de la Genèse, l’homme à peine créé affirme sa primauté sur la nature en nommant tous les animaux. La toponymie a toujours reflété la volonté humaine. Devenue capitale de l’empire romain sous Constantin, Byzance devient Constantinople. Conquise par les Turcs, la voilà Istanbul. La Révolution transforme Saint-Nazaire en Port-Nazaire, Saint-Père-en-Retz en Fraternité, Le Pellerin en Port-Brutus, etc.
Noms de fleuve : le fleuve. S’il y avait un embryon d’idée dans la biennale Estuaire, c’était bien dans son titre. Elle ne s’appelait pas Loire-quelque-chose. Il y a dans « Estuaire » une énergie sonore que « Loire » n’a pas. Il y a le souffle du large. L’estuaire commence là où pointe la marée, quelque part du côté de Varades. Le fleuve change de nature et de force en entrant en Bretagne. De même que la Gironde n’est plus la Garonne, notre estuaire à nous n’est plus tout à fait la Loire. Donnons-lui aussi un nom qui n'appartienne qu'à lui !
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| Lors de notre Genèse à nous, Adam et Eve n'ont pas rebaptisé l'Estuaire (extrait du site Nantes, la Loire et nous) |
