10 mars 2015

Les Pays de la Loire tweetent mou

« L’action se passe dans les Pays de la Loire, c’est-à-dire nulle part »
Sven Jelure, d’après Alfred Jarry, Ubu roi

La région des Pays de la Loire vient de publier un appel d’offres portant sur la « gestion des communautés web ». La nature propagandiste du boulot est évidente. « Le titulaire du marché devra […] véhiculer les valeurs de la Région dans les contenus », souligne la région, au cas où son intention n’aurait pas été assez claire.

Cependant, ce marché n’est pas spécifiquement lié à la perspective des élections régionales comme le pense l’Observatoire et laboratoire de la démocratie locale (OBSLAB). En fait, la région a passé des marchés quasi identiques en 2012 et 2014. Tous deux ont été attribués au même prestataire : Mille Watts.

Or justement, le site eTerritoire a publié fin février un palmarès des régions les plus suivies sur Twitter. Avec 5.647 suiveurs, les Pays de la Loire pointent en 16ème position sur 23, entre la Corse (5.869) et le Poitou-Charentes (5.624). À l’échelle des populations, le Poitou-Charentes, moitié moins peuplé que les Pays de Loire est donc deux fois plus efficient et la Corse (300.000 habitants) l’est douze fois plus ! Et devinez qui occupe la première marche du palmarès ? La Bretagne administrative à quatre départements, moins peuplée que les Pays de la Loire mais 5,6 fois plus suivie sur Twitter.

Pourtant, Mille Watts fait son travail. eTerritoire a aussi établi un palmarès des régions les plus actives sur Twitter. Les Pays de la Loire se classent à la 9ème place avec 147 tweets en février. La Bretagne ne vient qu’en 16ème position avec 74 tweets. Avec deux fois moins d’effort, la Bretagne obtient 5,6 fois plus de résultats…

Conclusion : ce n’est pas le prestataire qui est nul, c’est le produit qui est mauvais (et la présence de Jacques Auxiette à sa tête n’aide pas). Pour acquérir un semblant d’existence, la région gaspille l’argent de ses contribuables.

09 mars 2015

La cohérence selon Jean-Marc Ayrault, c’est du long terme

C’était en novembre 2007, Jean-Marc Ayrault visite le chantier du nouveau stade Marcel Saupin. Le compte rendu est encore lisible sur le blog de l’ancien maire. Après la visite il prononce un petit discours et, « dans l’optique d’une rénovation future de la gare, il insiste sur le fait que ces ‘projets ont une cohérence’ ».

Qu’il y ait une « cohérence » entre la rénovation de la gare et de Marcel-Saupin, distants de 400 mètres, c’est la moindre des choses, non ? Aussi a-t-on été un peu étonné en 2013 qu’une consultation soit lancée sur la rénovation de la gare de Nantes, longtemps après l’achèvement du stade, alors qu’une « cohérence » était supposée exister depuis tant d’années.

Or voilà que Nantes Métropole recherche un prestataire pour une « mission de planning
ordonnancement des études opérationnelles du projet de pôle d'échange multimodal de la gare de Nantes ». Un intermédiaire pour (a) planifier les (b) études d’un (c) projet ? C’est dire à quel point on est avancé ! La mission du prestataire s’étendra d’ailleurs sur 36 mois, ce qui nous mène en 2018.

Onze ans pour boucler une « cohérence ». Ça prouve à quel point Jean-Marc Ayrault voyait loin, non ?

03 mars 2015

Bolopoly (19) : la monnaie nantaise est franche et loyale

Bien entendu, le site SoNantes consacré à notre future monnaie locale et « complémentaire » enjolive un peu les choses. Par exemple, on l’a dit ici, à propos de son modèle le WIR suisse. Cependant, il n’hésite pas à afficher des informations défavorables au projet.

Ainsi, dans une vidéo accessible dès la page d’accueil, Pascal Bolo déclare : « on se lance à l’été 2013, si c’est à l’automne ça ne sera pas très grave ». On en déduit que se lancer à l’hiver 2014, et a fortiori au printemps 2015, EST très grave. Le site a néanmoins laissé subsister cette remarque décourageante.

Cette transparence semble vraiment être dans la culture maison. Ainsi, à propos de la conférence de Bruxelles dont il a déjà été question ici, le site SoNantes reproduit un tweet maison qui évoque « un afflux de questions pertinentes, constructives ». Il est illustré par une photo du public : douze personnes en tout et pour tout, qui semblent être des étudiants pour la plupart.

SoNantes ne passionne peut-être pas les foules, mais au moins, la franchise règne. Pour une fois que l'occasion se présente de dire du bien, ne nous en privons pas.

02 mars 2015

Nantes et la Loire (9) : La Loire n’est pas un long fleuve tranquille

Quatrième contribution au Grand débat

Pour que la Loire existe, pour qu’elle nous inspire, il ne suffit pas qu’elle soit un élément de décor. Il nous faut des usages liés à la Loire. Mieux : il nous faut des rites. Il faut qu’elle irrigue notre vie.

D’abord, le baptême : innombrables sont les religions et les sectes pratiquant un rite d’accueil des nouveaux-nés (ou des nouveaux-renés, pour les convertis) par aspersion ou par immersion. Nantes pourrait mettre à leur disposition un lieu au contact de la Loire, d’où l’eau proviendrait directement. Bon, soyons réaliste, une petite filtration serait probablement utile pour les bébés au système immunitaire balbutiant. Veolia ou Eurofins ne sponsoriseraient-ils pas volontiers ce genre d’équipement ?

Ensuite, les obsèques : à défaut des bûchers de crémation et des ghâts façon Bénarès naguère proposés ici, on pourrait aménager un lieu dédié à la dispersion dans le fleuve des cendres de ses défunts. Là aussi, soyons réaliste : compte tenu des vents dominants, si l’on ne veut pas sniffer mémé, il vaudrait mieux que la Jetée du souvenir se trouve côté CRAPA et non côté hangar à bananes. Un site d’élimination, où les gangsters jetteraient leurs traîtres après leur avoir coulé les pieds dans le ciment, aurait un intérêt esthétique certain (qu’on songe au canal de Suez dans OSS 117 : Le Caire nid d’espion) mais les obstacles juridiques paraissent difficilement surmontables.

Entre les deux, la vie : on a déjà évoqué dans ce blog, et même plus d’une fois, les cadenas d’amour. Un peu partout dans le monde, les édiles des villes fluviales déplorent de les voir envahir leurs ponts. Régulièrement, ils s’en débarrassent discrètement. On en rencontre déjà quelques-uns à Nantes, accrochés à la passerelle des Victimes de la Terreur nantaise*. Le site des Chantiers ne manque pas de place pour tendre des filins où des milliers d’amants pourraient boucler leurs sentiments à jamais avant de jeter la clé dans la Loire et de dîner en amoureux sur le Nantilus ou au 1. Ces cadenas-là ne seraient pas des gêneurs, ils seraient protégés, choyés, sollicités. Avec un peu de volontarisme, on pourrait faire du Quai de l’éternel amour une attraction touristique mondiale.

Et puis, le mariage : les Salons Loire aménagés dans le palais régional une fois la Bretagne réunifiée seraient bien sûr un cadre privilégié. Sans attendre, Nantes pourrait instaurer un rite des photos de mariage en bord de Loire. Facile : on créerait un concours de la meilleure photo, désignée chaque année par les votes des internautes. Chaque jeune couple inciterait tous ses amis à voter pour lui : un buzz formidable pour pas cher ! On pourrait étendre le concept : concours de la meilleure photo de classe sur fond de Loire, concours du meilleur selfie sur fond de Loire…
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* La passerelle métallique qui passe sous le pont Anne de Bretagne, près du lieu des « baignades républicaines » et autres « déportations verticales », c'est-à-dire les noyades de prisonniers ordonnées par Jean-Baptiste Carrier en 1794.

27 février 2015

Bolopoly (18) : SoNantes, monnaie angélique ou transsexuelle ?

Les SoNantes, c’est comme les anges. D’abord on peut en débattre sans en avoir jamais vu. Et puis leur dématérialisation renouvelle la fameuse question de la théologie médiévale : « combien d’anges peuvent-ils tenir ensemble sur la pointe d’une épingle ? » Enfin, leur sexe n’est pas très certain.

Dans la monnaie locale nantaise, La Méforme d’une ville a toujours vu un mâle, pour une bonne raison : l'annonce en avait été faite au masculin. Mais depuis quelque temps, notre futur(e) SoNantes est devenu(e) femelle. Aujourd’hui, le site sonantes.fr la mentionne systématiquement sans article ou au féminin. Il n’en a pas toujours été ainsi. Le moteur de recherche de Google garde la trace d’une mention au masculin qui a été modifiée depuis lors :
Cette mutation coupe court aux jeux de mots indésirables sur le Sot Nantes (on a qualifié ici la monnaie locale de « monnaie-croupion »  ; on a loupé le sot-l’y-laisse). Il est vrai que quand on s’appelle Bolo, on a dû entendre plus souvent qu’à son tour des calembours idiots du genre Bolopoly !

23 février 2015

Bolopoly (17) : pourquoi le SoNantes pourrait marcher quand même

MM. Pascal Bolo et Jacques Stern présentent leur monnaie locale ce soir. Ne vous précipitez pas sur votre agenda : la conférence n’a pas lieu à Nantes mais dans les salons de l’hôtel Renaissance à Bruxelles... On s’en voudrait de leur couper leurs effets et de gâcher l'anniversaire du premier, 53 ans aujourd'hui. D’autant plus que l’investissement en temps et en argent, financé in fine par les contribuables, n’est pas négligeable*. Alors, essayons de positiver : malgré tout, le SoNantes pourrait marcher quand même.
On a tous joué à la marchande et au Monopoly®. On adore échanger des ersatz de monnaie. On a aimé, en 2012, cette vidéo où la monnaie locale prenait la forme d’un Petit Beurre (qui n’était apparemment pas de chez LU : déjà de la fausse monnaie ?). Bristol ne cache pas que les billets somptueux de sa monnaie locale, le Bristol Pound, visent à séduire les touristes ; certains les conservent en souvenir au lieu de les dépenser, c’est tout bénef’. Le seul problème, c’est que le SoNantes sera une monnaie virtuelle, dématérialisée : ni pièces, ni billets. Il faut trouver autre chose.
Facile : puisque le SoNantes est dématérialisé, on pourra le trimballer dans un porte-monnaie électronique. On a tous vu un peu partout le logo Monéo, on dirait bien que ça marche, ça ! En fait, non, ça boite. Lancé en fanfare en 1999, Monéo a commencé à décliner dès 2004. Pendant quelque temps, la carte d’étudiant de l’Université de Nantes a été une carte Monéo. Elle a été abandonnée en 2013. Quid de l’ancienne carte ? « Si elle est encore valide, vous pourrez toujours utiliser le porte-monnaie Monéo chez les commerçants qui l'utilisent encore », répond l’Université de Nantes. Quel enthousiasme ! Il faut trouver autre chose.
La carte Pass’Sup Monéo de l’Université de Nantes a quand même fonctionné quelque temps, comme dans d’autres universités. Tout simplement, les étudiants n’avaient pas le choix. Sans elle, pas de repas au resto U. De même, si vous voulez bénéficier du tarif de sationnement résident à Nantes, vous devez utiliser la carte Monéo remise par Nantes Gestion Équipements. La leçon est claire : pour que le SoNantes marche, il suffit que des gens soient obligés de l’utiliser. Et Nantes Métropole est une métropole suffisamment puissante pour tordre un peu le bras à certains de ses partenaires et administrés. CQFD.
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* Prix approximatifs au 22 février, par personne :
- Nantes-Bruxelles A/R en avion (HOP!) : environ 750 euros
- Nantes-Bruxelles A/R en train, 1e classe : environ 520 euros
- 1 nuit à l’hôtel Renaissance : à partir de 200 euros
La conférence sera suivie d’un buffet ; le Renaissance propose des formules buffet à partir de 52 euros par personne.

21 février 2015

Nantes Métropole a besoin qu’on lui dise quoi contredire

Le billet du 17 février sur le thème « Nantes Métropole a besoin qu’on lui dise quoi dire » n’est pas passé inaperçu. En 48 heures, ce site a reçu un millier de visites. Au point que la communauté urbaine a cru devoir publier une mise au point via un article paru hier dans Presse Océan sous les initiales J.-D.F.

Recourir à un conseil en communication stratégique ne serait pas contestable pour trois raisons :
  1. « Parce que la prestation ne concerne pas la présidence mais l’entité métropolitaine. » Ah ! oui, et ça change quoi ? La présidence serait-elle un Olympe intouchable, loin du menu peuple métropolitain ? Le prestataire recherché devra « conseiller les responsables de Nantes Métropole » : on est surpris d’apprendre que Johanna Rolland n’en fait pas partie…
  2. « Parce que cette recherche de prestation n’est pas nouvelle dans l’univers des grandes agglomérations français. » Autrement dit, pourquoi se gêner puisque d’autres l’ont déjà fait ? Et il est vrai que Jean-Marc Ayrault avait déjà sa consultante attitrée. Les têtes changent, les habitudes restent.
  3. « Enfin, et surtout, parce que la métropole […] a besoin d’organiser et de faire connaître les fonctions qui lui incombent désormais. » On vient de dire qu’une telle prestation n’est pas une nouveauté, et l’on dit maintenant qu’elle répond à un besoin nouveau… Hélas, « l’entourage de Johanna Rolland » qui a soufflé cet argument à Presse Océan n’a pas bien lu l’appel d’offres de Nantes Métropole (preuve peut-être que la présidence est vraiment coupée de « l’entité métropolitaine »). La mission du prestataire n’a rien à voir avec les nouvelles fonctions de la métropole : elle est de « conseiller les responsables de Nantes Métropole dans leurs choix de communication sur des sujets d’actualité ou des questions de fond ».
Mais après tout, si Nantes Métropole ne sait pas quoi contredire, ça prouve à quel point elle a besoin d’un conseil en communication.

20 février 2015

Bolopoly (16) : pourquoi le SoNantes ne marchera pas

À quoi servira le SoNantes ? Pas à supplanter l’euro : « il ne s’agit en aucun cas de le remplacer », a cru devoir préciser Pascal Bolo au conseil municipal du 19 décembre ! Pourtant, ses ambitions sont grandes. Du moins les décrit-on avec de grands mots : « échanges solidaires », « consommation éthique », « développement local »...

La réalité est plus prosaïque. « On pourra, avec la monnaie locale, acheter un ticket de bus », a précisé Pascal Bolo, « on pourra se garer dans les parkings de NGE, on pourra payer certaines prestations du Voyage à Nantes ». Et si l’on n’a pas de SoNantes ? Eh ! bien, on paiera en euros… Alors, pourquoi ne pas commencer par là ? Au lieu de se compliquer la vie à payer son ticket de bus avec une carte de paiement en SoNantes, on sera tenté d’utiliser plutôt la monnaie qu’on a en poche.

Le SoNantes se veut utile mais il se veut aussi monnaie croupion, qui sert à vendre et acheter mais ne s’épargne pas. « Toute sa valeur réside dans l’échange », a souligné Pascal Bolo. « Elle ne peut pas se thésauriser, elle ne rapporte aucun intérêt. C’est une monnaie qui est faite pour être dépensée. » Là, l’adjoint aux finances de la municipalité nantaise en dit trop ou pas assez. En effet, une monnaie qui n’est pas dépensée dans l’instant se trouve forcément « thésaurisée » pendant un certain temps. Comment empêcher que ce temps se prolonge, si ce n'est par quelque moyen coercitif ?

La question se pose d’autant plus que Pascal Bolo insiste : « D’habitude, quand on veut acheter quelque chose, on vérifie que l’on a assez de sous dans son portefeuille avant de l’acheter. Là, avec la monnaie locale, avant d’en accepter en règlement d’un service, d’un salaire ou de quoi que ce soit, on vérifie que l’on aura bien la capacité de le dépenser. » Si j’ai le moindre doute sur ma capacité à dépenser des SoNantes, pourquoi accepterais-je d’en recevoir à la place de ces « sous » familiers, utilisables à ma guise ?

Étrangement, le grand argentier nantais semble considérer ce couple contrainte+incertitude comme un avantage. Pour l’utilisateur lambda, ça ressemble plutôt à un vice rédhibitoire.

19 février 2015

L’Hôtel de la Duchesse Anne finira bien par dégringoler un jour

Que se passe-t-il derrière les palissades de chantier de l’Hôtel de la Duchesse Anne ? Réponse : rien du tout. La ruine est au point mort entre la gare et le château. Un bel ornement pour une ville qui se veut touristique !

Rappel des épisodes précédents. L’hôtel, vieille institution nantaise, brûle en juin 2004. Propriétaires et assureurs se disputent sur les indemnisations et le sort des restes. Las de réclamer ses factures impayées, le fournisseur de l’énorme palissade qui protégeait ce qui pouvait encore l’être retire son matériel. Le temps et les intempéries font leur œuvre. Plus de sept ans après l’incendie, en septembre 2011, Jean-Marc Ayrault se décide à lever un sourcil : il écrit aux propriétaires « pour leur demander de bouger », puis se rendort. Aujourd’hui, plus de dix ans après l’incendie, sœur Anne ne voit toujours rien venir.

Ou plutôt, pour être exact, plus rien. À l’été 2013, le Groupe Giboire avait accroché sur la façade une pancarte annonçant des travaux. Et l’avait retirée une fois les élections municipales passées. Il existe bien une SCI Nantes Duchesse Anne constituée dès 2007 et reprise par le Groupe Giboire en mai 2013 ; présidée par Michel Giboire, elle existe toujours sur le papier mais n’a pas d’activité. Le groupe rennais, qui gère plusieurs projets immobiliers à Nantes, ne dit pas un mot de celui-là. Sur le site n’est affiché ni permis de construire, ni permis de détruire, rien d’autre que des graffitis.

Sans doute attend-on que la Duchesse s’effondre afin de pouvoir faire place nette ? Mais elle résiste, la bougresse ! Pendant ce temps-là, la rue de Richebourg reste fermée par les palissades. Lesquelles ne protègent que modérément les passagers du Busway, au cas où la façade se déciderait à s’abattre soudain.

17 février 2015

Nantes Métropole a besoin qu’on lui dise quoi dire

Nantes Métropole a publié vendredi dernier au Bulletin officiel des annonces des marchés publics (BOAMP) une annonce portant sur une « Prestation de conseil et d’accompagnement en communication stratégique ». La mission du prestataire telle que décrite par le cahier des clauses techniques particulières consiste à « conseiller les responsables de Nantes Métropole dans leurs choix de communication sur des sujets d’actualité ou des questions de fond ». On découvre ainsi que nos responsables ne savent pas très bien quoi dire sur les sujets d’actualité… À moins que, horrible soupçon, il ne s’agisse de faire payer par les contribuables leurs conseils en marketing politique ?

Une mission de ce genre s’adapte nécessairement aux circonstances. Le CCTP indique donc que « les conseils demandés au titulaire pourront être de toute nature dans le domaine de la communication stratégique ». La forme des prestations attendues n’est pas plus précise : « échanges téléphoniques sur des sujets urgents, organisation et animation de réunions, production de rapports ou de notes, recherches documentaires, supervisions d'études... » Les points de suspension laissent la question largement ouverte.

Cette imprécision n’a pas empêché nos sages édiles de fixer comme principal critère de jugement des offres (40 points sur 100, contre 25 points pour le prix) la « pertinence des modalités d’organisation et d’exécution proposées pour la prestation et, notamment, les engagements du candidat en termes de disponibilité, les modes de réponse qu’il propose aux commandes qui lui seront adressées, son approche quant au besoin de la direction de la Communication et son analyse des enjeux que recouvrent l’objet du marché »..

Autrement dit, les candidats sont censés apporter des réponses précises et actuelles à des demandes floues et futures. C’est ce qu’on appelle du pipeau.