mercredi 12 juin 2013

Le coup de pied de l’âne de Yannick Guin à Jean-Marc Ayrault

Yannick Guin a été nommé par Jean-Marc Ayrault conseiller scientifique auprès de Louis Gallois, Commissaire général à l’investissement. M. Gallois a été, entre autres, patron de la SNCF et d’EADS. On se demandait quels conseils et quelle science de l’investissement pouvait lui apporter un socialiste septuagénaire qui a fait carrière comme professeur d’histoire du droit et comme adjoint à la culture de la municipalité nantaise. L’occasion d’en savoir plus s’est présentée hier soir : Yannick Guin intervenait au CCO sur le thème « Comment réindustrialiser la France », à l’invitation du conseil de développement de Nantes Métropole.

« Je suis chargé de regarder et de prendre des notes, je ne suis pas dans l’opérationnel », a-t-il cependant précisé d’emblée. À défaut d’apporter beaucoup, l'œil de Matignon a beaucoup appris. Rien d’original à vrai dire : il a découvert que l'industrie française ne se porte pas bien, comme n’importe quel lecteur des Échos le sait depuis longtemps. Mais ce n’est déjà pas si mal, car il ne pratique ni la langue de bois, ni la méthode Coué.

La réindustrialisation, dit-il, suppose que « populairement, on ait une envie d’industrie ». Et pour cela, il faut mobiliser les entreprises et l'administration, bien sûr, mais aussi les intellectuels (dont certains, hélas, comme à Notre-Dame-des-Landes, ne sont pas pour la croissance), les enseignants (« tant qu’on ne fera pas des filières d’excellence, on n’y arrivera pas »), les médias (« Gallois est comme moi, il ne supporte plus ce pays qui se dénigre lui-même »), les artistes, etc. Vaste programme. On dirait qu’il faut rembobiner l’histoire de France jusqu’à Jean Jaurès, si ce n'est jusqu'à Colbert.

Comment réindustrialiser
le Jardin des Fonderies ?
On a gardé la chaudière,
mais on a planté des bananiers.
Yannick Guin aimerait « que Nantes devienne une place forte de l’imaginaire industriel » grâce à un établissement ad hoc installé sur l’île de Nantes. Cela montre que s’il a l’enthousiasme du néophyte, il a aussi de la suite dans les idées. Quand Nantes Métropole a fixé le sort du site des Chantiers, en 2004, Guin avait proposé avec le Conservatoire national des Arts & métiers un projet de « Nefs de l’industrie », à la fois musée des activités d’hier et vitrine de celles de demain. Jean-Marc Ayault l’avait écarté au profit des Machines de l'île : le loisir avait pris le pas sur l'industrie. Reste à espérer que le Premier ministre actuel sera plus clairvoyant que le maire de Nantes de l’époque.

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