vendredi 10 novembre 2017

Le nouveau moteur de l’Éléphant : (3) recalé à la session de rattrapage

On dirait que Pierre Orefice a été piqué au vif par les deux billets publiés ici ces derniers jours à propos du changement de moteur du Grand Éléphant : « Un très mauvais choix initial » et « Beaucoup de rien pour bruit ». Emmanuel Vautier et Stéphane Pajot, lui prêtent aujourd’hui leur plume dans Presse Océan pour tenter de remettre son discours d’aplomb.

Hélas, le patron des Machines de l’île se montre une fois de plus brouillé avec les chiffres. Il réaffirme que l’Éléphant, dont le circuit « fait environ 1 km » aurait parcouru 20.000 km en dix ans.  « Comment les Machines aboutissent-elles à 20.000 km ? » demande le quotidien. « Nous avons fait une moyenne : 9 voyages sur 300 jours par an », répond le patron des Machines. On n’a donc pas pensé à équiper l’Éléphant d’un compteur kilométrique ? Cela aurait été plus prudent, car ce calcul à la louche est faux.

Si par « voyages » Pierre Orefice désignait autant de circuits, il devrait revendiquer un kilométrage 35 % plus élevé, 27.000 km parcourus et non 20.000. En effet, de notoriété publique, 9 voyages x 300 jours x 10 ans x 1 km = 27.000 km. Comment se tromper dans un calcul aussi élémentaire ? (La question s'adresse aussi à Emmanuel Vautier et Stéphane Pajot, qui auraient dû repérer l'erreur au premier coup d'oeil.)
Le verdict de Google Earth : des Nefs au Carrousel, l’Éléphant parcourt 327,63 m.
Mais l'erreur la plus grave est ailleurs. Les neuf « voyages » par jour désignent en réalité des « embarquements » pour des trajets de moins de 350 mètres chacun en moyenne, allant soit des Nefs au Carrousel, soit du Carrousel à la passerelle, soit de la passerelle aux Nefs, qui mis bout à bout forment un circuit complet. Pierre Orefice aurait donc dû annoncer 9 voyages x 300 jours x 10 ans x 0,350 km = 9.450 km. Les 20.000 km revendiqués sont bidons pour plus de la moitié !

Si l’on voulait entrer dans les détails, il faudrait préciser que de 2007 à 2012, les trajets étaient un peu plus longs car le Carrousel n’existait pas. Mais ils étaient aussi moins nombreux : ils variaient de quatre embarquements en basse saison à huit en haute saison. La moyenne de neuf voyages par jour retenue par Pierre Orefice est donc erronée. Il faudrait aussi noter que si les Machines sont bien ouvertes environ 300 jours par an, le nombre de jours de fonctionnement de l’Éléphant est inférieur. Du fait des pannes, des révisions et des intempéries (en théorie, l’Éléphant ne devrait pas fonctionner quand le vent souffle à plus de 50 km/h, soit une cinquantaine de jours par an), il faudrait retrancher du total plusieurs centaines de kilomètres. 

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Mené par un seul machiniste, le Grand Éléphant de Nantes effectue 3 à 12 voyages par jour d’ouverture. Jusqu’à 50 visiteurs peuvent voyager sur son dos !
http://www.nantes.fr/home/ville-de-nantes/culture/les-lieux-culturels/le-grand-elephant.html

23 000 voyages !!!
http://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/nantes-elephant-arret-14-semaines-long-ma-prend-relais-1349997.html
SOIT 7,6 VOYAGE par jour
on s'y perd !!!

Sven Jelure a dit…

Tout s'explique si l'on appelle "voyages" chacun des trois tronçons du parcours accompli par l'Elephant pour boucler la boucle des Nefs aux Nefs. Ainsi entendu, il effectue bien 3 à 12 "voyages" chaque jour, c'est-à-dire 1 à 4 boucles complètes, et le nombre de 23.000 "voyages" est plus ou moins plausible. Mais comme ces "voyages" font moins de 350 mètres, le total ne fait pas 20.000 km !
Ce qui est vraiment cocasse est que Pierre Orefice lui-même n'a pas l'air de se rendre compte que les "voyages" dont il parle ne forment pas une boucle mais un tiers de boucle.