01 février 2010

Qui héritera des Machines ?

Machines encore. Nantes Métropole a discrètement publié le 7 juillet 2009 un appel d’offres portant sur un contrat de concession ainsi décrit : « Construction et exploitation du Carrousel des Mondes Marins imaginé par François Delarozière et Pierre Orefice (et des locaux d'exploitation) dont la mise en service est envisagée été 2011), exploitation de l'équipement existant (Eléphant, Galerie des Machines, boutique et cafétéria) à partir du 1.11.2010. » La date limite de remise des offres était fixée au 26 août à midi.

Depuis lors, rien. Attendra-t-on la fin octobre 2010 pour désigner le futur exploitant des Machines ? Il est vrai que la précédente délégation, au profit de Nantes culture & patrimoine, avait été signée le 25 janvier 2007 pour effet au 1er février 2007 : Nantes Métropole cumule lenteur et précipitation.

31 janvier 2010

Dans deux ans le Carrousel

Lors de l’ouverture du site des Machines, en juillet 2007, le "Carrousel des mondes marins" devait entrer en service en 2009. En juillet 2008, la préfecture a refusé aux Machines une dérogation aux règles des marchés publics. « Le carrousel des Mondes marins ne devrait pas commencer à tourner avant le printemps 2010 » indiquait alors Stéphane Pajot sur les indications de Pierre Orefice (Presse-Océan du 18 juillet 2008).

« Nous ne pourrons pas ouvrir avant la fin 2010, ou plutôt 2011 », disait Pierre Orefice fin 2008 (Ouest France du 30 décembre, interview recueillie par Daniel Morvan). « La mise en service est envisagée été 2011 », signalait l’appel d’offres de Nantes Métropole en juillet 2009. « La livraison est prévue pour fin 2011 », lit-on désormais sur le site des Machines (http://www.lesmachines-nantes.fr/futures.html).

Ainsi, le Carrousel, c’est toujours pour dans deux ans. Cela prouve bien que les Machines ont de la suite dans les idées.



P.S. Au 15 juin 2010, le Carrousel est annoncé pour juillet, voire septembre 2012 : en cinq mois, le programme a pris sept mois de retard supplémentaires, et le Carrousel, c'est encore et toujours pour dans deux ans...

28 décembre 2009

Les Machines finissent l'année moins bien qu'elles ne l'ont commencée

C'est Noël : Pierre Orefice est de retour. Les Machines de l'île auront attiré 265 000 visiteurs en 2009, annonce-t-il à Philippe Corbou (Presse Océan du 28 décembre), soit 10 % de plus qu'en 2008, alors qu'il attendait une baisse de 10 % de la fréquentation.

On espère que c'est une bonne nouvelle pour les contribuables nantais car, on l'a déjà dit (voir post du 25 novembre 2009), une fréquentation des Machines plus élevée que prévue est allée de pair avec un déficit plus élevé que prévu en 2008. L'année 2009 devait être celle de l'équilibre financier, mais de ces vulgaires questions d'argent, le vrai artiste qu'est Pierre Orefice ne dit rien.

En réalité, passer de 243 000 visiteurs à 265 000 représente une progression de 9 % et non 10 %*. Mais surtout, le dossier de presse réalisé pour le deuxième anniversaire des Machines, fin juin, annonçait 20 % de mieux depuis le début 2009 : si la moyenne globale sur l'année n'est que de 9 %, cela signifie que la tendance du deuxième semestre a été beaucoup moins bonne.

Les rares chiffres disponibles le confirment. Le dossier de presse du 2e anniversaire annonçait 550 000 visiteurs depuis l'ouverture au 30 juin 2009. Par soustraction avec le cumul à fin 2008, le nombre de visiteurs du premier semestre 2009 s'établit donc à 113 000 et celui du deuxième semestre, par conséquent, à 152 000. Ce qui confirme que la hausse de a bien été de 20 % au premier semestre, par rapport aux 94 000 visiteurs du premier semestre 2008. Mais elle n'est que de 2 % pour les six mois suivants par rapport aux 149 000 visiteurs du deuxième semestre 2008 !

Examinons de plus près ce second semestre. En juillet-août, selon le bilan de la saison estivale établi par l'Office de tourisme de Nantes métropole, la fréquentation des Machines aurait progressé de 8 %. Comme elle avait été de 80 958 personnes en juillet-août 2008 (Vanessa Ripoche, Ouest-France du 2 septembre 2008), elle aurait donc été d'environ 87 400 visiteurs en juillet-août 2009. Par soustraction, cela donne environ 64 600 personnes pour les quatre derniers mois de 2009 contre un peu plus de 68 000 pour la même période de 2008 : en progression de 20 % en début d'année, les Machines auraient donc fini 2009 sur une baisse de 5 %.
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* Et même un peu moins. Comme d'habitude, Pierre Orefice a fait un peu de gonflette. La fréquentation réelle des machines en 2009 n'a pas été de 265.000 personnes mais de 261.540 (Dossier de presse 2010 des Machines de l'île). La progression d'une année sur l'autre n'a donc été que de 7,6 %.

22 décembre 2009

L'île de Nantes est pavée de bonnes intentions

En a-t-on lu depuis dix ans, des déclarations dithyrambiques sur le magnifique travail effectué la main dans la main par Nantes Métropole, sa société d'aménagement Samoa et l'architecte urbaniste Chemetoff ! Or voilà que soudain tout se détraque. Chemetoff, qui parlait déjà de rendre son tablier, est congédié et envisage un procès (entretien avec Xavier Boussion, Presse Océan du 19 décembre 2009). Et Laurent Théry, patron de la Samoa, de lancer dans le débat l'argument qui fâche : le cabinet de Chemetoff a perçu 10 millions d'euros d'honoraires pour la maîtrise d'oeuvre du projet Ile de Nantes...

Dix millions rapporté à tout ce qui devait être fait lors de l'adoption du projet en 2000, ce n'est pas si énorme. Rapporté à ce qui a été fait en réalité, c'est coquet. Ainsi, la pièce maîtresse du projet Chemetoff, qui avait suscité l'enthousiasme du jury lors de l'attribution du contrat, était le creusement d'un bassin à flot qui servirait de port de plaisance à la place des voies de la gare des marchandises. Dix ans après, il n'est pas question du moindre coup de pioche.

Le bassin, c'est une intention, pas un projet, corrigeait Laurent Théry interrogé par Gaspard Norrito il y a presque trois ans (Ouest France du 29 janvier 2007). Entre le plan-guide qui ne guidait rien et les intentions qui ne mangent pas de pain, on voit les résultats, et encore plus les non-résultats. Il n'y a que l'intention qui compte ? A 10 millions d'euros, c'est cher quand même.

08 décembre 2009

Identité municipale (3) La ville dont le prince est un éléphant

« Le gros con, le grand con et le petit con », disait Charles Pasqua d’un trio de politiciens. Non, il ne désignait pas Jacques Auxiette, Jean-Marc Ayrault et Patrick Mareschal *. La troïka des sommités nantaises n’inspire pas Charles Pasqua, ni personne d’autre d’ailleurs. Ce n’est pas bon signe, pour un homme politique, d’être ignoré des polémistes, humoristes et autres caricaturistes.

Quand on les considère, on se désole, quand on les compare, on se console (presque). Ainsi, Jean-Marc Ayrault ne dépare pas la litanie des maires de Nantes depuis un siècle. L’une des constantes de l’identité municipale nantaise pourrait bien être la couleur muraille des dirigeants locaux. Seul André Morice, ministre important dans une bonne dizaine de gouvernements de la IVème république et maire de 1965 à 1977, sort un peu du lot. C'est sans doute pourquoi il est à peu près le seul à ne pas avoir une rue notable à son nom**. Ceux qui occupent les plus belles cases du Monopoly local ont moins de titres à faire valoir.

Gabriel Guist’hau était un homme pressé ; maire pendant deux ans (1908-1910), il a aussi été cinq mois sous-secrétaire d’État à la marine, un an ministre de l’instruction publique, deux mois ministre du commerce et de l’industrie et un an ministre de la marine. Ce n’est pas si mal si l'on songe qu'en vingt ans de mandat le maire actuel n’a jamais accédé au moindre sous-maroquin (il s'est autoproclamé chef d'un "gouvernement fantôme" en juin 2007, mais même ce spectre s'est vite évaporé). Gaston Veil est resté moins d’un an à l’hôtel de Rosmadec, Adolphe Moitié à peine deux ans, Gaëtan Rondeau un an et demi, Clovis Constant neuf mois. Inutile de dire qu’ils n’ont pas eu le temps de doter Nantes d’un grand dessein municipal. Comment le leur reprocher, quand vingt ans ne permettent pas toujours de faire mieux ?

* Charles Pasqua visait ses collègues Philippe Séguin, Michel Noir et Alain Carignon.
** Certes, l'une des voies les plus longues et les plus fréquentées de Nantes porte son nom : la voie sur berge. Mais comme personne n'y habite, on l'ignore généralement. Il est ainsi victime du stratagème qu'il avait lui-même employé en donnant le nom du général de Gaulle à un boulevard sans habitants.

Identité municipale (2) La ville qui préfère l'industrie à l'administration

Nantes a connu trois grandes périodes de prospérité : au 15ème siècle, au 18ème siècle et vers la fin du 19ème siècle. Aucune des trois n'est due à l'administration publique. Même dans le premier cas, c’est parce que la ville était déjà prospère que François II y a installé sa capitale, de préférence à Vannes. Au 18ème siècle, Nantes n’occupait qu’un rôle secondaire dans l’administration royale. Au 19ème siècle, elle n’était plus qu’un chef-lieu de département.

Aujourd’hui, Nantes est capitale régionale et les administrations de toutes sortes y occupent le haut du pavé. Ne devrait-elle pas, a fortiori, retrouver son lustre d’antan ? Ce n'est pas ce qui se passe. On comprend bien pourquoi. La ville du passé a brillé grâce à ses négociants, à ses entrepreneurs, à ses ouvriers, à ses marins, à ses artistes – jamais grâce à ses fonctionnaires. Devenus dominants, ces derniers ne jouent pas le même rôle moteur : l’administration administre, elle n’est pas douée pour créer.

Quelque chose de cette dualité entre la Nantes industrieuse et la Nantes administrative demeure dans l’enseignement supérieur. En près d’un demi-siècle, les facultés de lettres et de droit de Nantes n’ont pas réussi à se hisser aux premiers rangs. Bien plus prestigieuses sont ses écoles d’ingénieurs, de commerce ou de médecine.


Dans la réflexion sur l’identité municipale de Nantes, une question vaut donc d’être posée : Nantes gagne-t-elle vraiment quelque chose à occuper un rôle administratif majeur ? Celui-ci ne la détourne-t-il pas des occupations dans lesquelles elle excelle ?

Un raisonnement tout différent pourrait s’appliquer à Rennes : le génie de celle-ci s’accorde mieux avec celui des fonctionnaires et des universitaires. Aussi, dans la perspective d’une réunification de la Bretagne, le choix de la capitale de région serait tout indiqué. Loin d’être un désastre, perdre l’administration régionale pourrait être une grande chance pour la Nantes du 21ème siècle.


Identité municipale (1) La ville qui s'attache un boulet à la cheville

"Ces gens sont fous", disait Alphonse Allais en revenant de Londres. "Chez nous, les rues portent des noms de victoire : Wagram, Austerlitz... Là-bas, ils n'ont choisi que des noms de défaites, comme Trafalgar Square ou Waterloo Station." Vous pouvez bien rire ! Quand Nantes se pique de construire un nouveau monument, c'est un mémorial de l'esclavage !


Une fois construit, ce monument sera nécessairement cité dans les guides touristiques, sur le site web de la ville, etc. Il deviendra un élément de l'image que Nantes souhaite donner d'elle-même. A quoi bon entretenir un Office de tourisme si l'on s'acharne à montrer la ville sous son plus mauvais jour ?


Pour un petit clan, le volet "esclavage" du commerce triangulaire est LE fait majeur de deux millénaires d'histoire nantaise, celui qui doit être mis constamment en exergue. Quelques-uns en ont fait un fonds de commerce. On comprend leur logique, l'esclavage rapporte encore à certains quand c'est Nantes qui est esclave de son passé. Mais les autres ? Sans doute ne sont-ils pas très bien dans leur tête, car chez les gens normalement constitués, les souvenirs peu glorieux sont rangés au fond de la mémoire. Ce sont souvent les obsédés sexuels qui parlent le plus de vertu.


Qui est Nantes ? Est-il légitime, est-il sain, est-il responsable de répondre d'abord et avant tout : "Une ville négrière" ? Pour clarifier la question, un débat sur l'identité municipale est au moins aussi nécessaire que le débat sur l'identité nationale.

01 décembre 2009

Estuaire : Lulu sceptique

Dans son n° 66, La Lettre à Lulu, elle aussi, s'est penchée avec stupeur sur le bilan officiel de la biennale Estuaire. "Estuaire, esbrouffe de fréquentation", dénonce-t-elle. Derrière la précision apparente du chiffre global, 723 239 visiteurs, on trouve beaucoup de flou et même de flan. "Pour compter, on a bien compté 60 000 personnes (pas une de plus) pour les anneaux de Buren, alors qu'ils n'ont peut-être fait qu'aller boire une bière dans le lieu branchouille du moment", note ainsi l'irrégulomadaire satirique nantais. Entre autres bizarreries, Estuaire s'est aussi approprié d'autorité les deux tiers des visiteurs des Machines de l'île.

Un seul chiffre pourrait être fiable, assure La Lettre à Lulu : celui de la billetterie de l'Abbaye de Fontevraud. Or il est "trop rond pour être honnête" : 60 000 visiteurs. Ajoutons qu'il est aussi trop gros pour être crédible puisqu'il représente un bon tiers de la fréquentation annuelle de Fontevraud. C'est-à-dire que tous les visiteurs ont probablement été portés au crédit de la biennale pendant la durée de celle-ci, alors que la plupart d'entre eux ne venaient sans doute que pour l'Abbaye et rien d'autre.

25 novembre 2009

Les Machines grincent dangereusement

Les propos pessimistes naguère tenus dans ce blog sur la santé des Machines de l’île étaient mal fondés : les Machines vont « mieux que bien », comme disait jadis Jean-Marie Messier de Vivendi. Du moins si l’on en croit le rapport des représentants de la ville de Nantes au conseil d’administration de ses sociétés d’économie mixte (SEM), annexé à son rapport annuel 2008 (www.nantes.fr/ext/rapports_annuels/rapan_2008/pdf/rapport_sems_2008_web.pdf). « La très bonne fréquentation du deuxième semestre 2007, période d’ouverture, s’est poursuivie en 2008 », y lit-on à propos des Machines. « (…) L’originalité de la proposition, le mélange entre exposition et spectacle vivant, la simplicité et l’efficacité de la scénographie, le concept de sculpture urbaine en mouvement fonctionnent totalement. (…) Le concept unique de bar boutique fonctionne à plein. (…) Le visitorat est là, au-delà même des prévisions de la DSP (200 000 visiteurs attendus par an), au-delà aussi des attentes initiales de Nantes Métropole (entre 160 000 et 180 000 visiteurs). »

Bref, rien à changer. Enfin, presque rien : « les horaires d’ouverture (…) se sont révélés totalement adaptés et ont été légèrement augmentés » : mieux que bien, vous dit-on, et même plus que parfait.

Pourquoi faut-il alors que Nantes Métropole vienne jouer les rabat-joie, comme si Jean-Marc Ayrault tenait à embêter Ayrault Jean-Marc ? La communauté urbaine établit elle aussi un rapport annuel, auquel est également joint un rapport des administrateurs des SEM (www.nantesmetropole.fr/servlet/com.univ.utils.LectureFichierJoint?CODE=1253382837487&LANGUE=0&ext=.pdf). Ce document discrètement publié voici peu est moins réjouissant : « 2008, le premier exercice d’activité plein des Machines de l’île, s’est caractérisé par une contribution de la Collectivité en hausse, les 175 k€ de contribution forfaitaire prévue devant être complétés par 244 k€ de participation au déficit d’exploitation ». En clair, les Machines sont un gouffre financier. Que serait-ce si leur « visitorat » ne dépassait pas les prévisions ! Et si la SEM Nantes Culture et Patrimoine ne leur apportait pas son appui « pour la communication, le marketing, l’administration, les finances, les ressources humaines et la production-exploitation » (sic) !

Cinq semaines pour sauver les meubles

Pour expliquer cette Bérézina, le rapport allègue « des charges nouvelles (…) générant un besoin de financement supplémentaire ». On s’interroge cependant sur ces activités nouvelles que les Machines auraient assumées en 2008 mais non en 2007 : aux yeux du simple visiteur, leur mode de fonctionnement n’a changé en rien. Selon la société Astarté -Atelier bleu, qui a conseillé Nantes Métropole dans la création des Machines, la gestion de celles-ci devait être « rentable et pérenne » avec 145 000 visiteurs par an(http://www.etudes-espaces.com/realisation/800.les-machines-ile-nantes-implantation-atelier-visitable-constrcution-grandes-machines-spectacle.html). Il s’en faut de 175 000 + 244 000 = 419 000 euros avec 243 000 visiteurs !

Rappelons que les chiffres ci-dessus sont ceux de 2008 et que lors de la création des Machines, Nantes Métropole annonçait comme objectif l’équilibre financier en 2009. Pour combler leur trou de 419 000 euros, il aura suffi aux Machines de vendre cette année 64 462 billets supplémentaires à plein tarif (6,50 euros), soit une progression de 26,5 % de leur « visitorat » (ou de 34,5 % si les visiteurs supplémentaires payaient le tarif réduit réservé aux mineurs, étudiants, chômeurs et handicapés). Et si ça n’est pas encore fait, il leur reste encore plus d’un mois pour y parvenir. Les paris sont ouverts.

24 novembre 2009

Peau d’inox et arches en toc


Quand la Délivrance d’Émile Guillaume avait été installée devant le monument aux morts de Nantes, en 1927, l’opposition de droite avait reproché à la statue d’être trop nue. Reprochera-t-on au nouvel immeuble départemental, rue Sully, d’être trop habillé ? Il « adopte pour les façades une double peau d’inox découpé au laser, une technique très tendance », s’émerveillait Éric Cabanas, qu’on a connu mieux inspiré, dans Presse Océan du 19 novembre. En fait, voici comment sera déguisée toute la façade de ce bâtiment :
Ce motif tarabiscoté, s’il faut en croire sa conceptrice, évoque « le feuillage des platanes voisins, leurs ombres projetées et la porte forgée de l’immeuble adjacent ». Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Les enfants des écoles pourront s’amuser aussi à y chercher des évocations subliminales – le portrait de Patrick Mareschal est caché dans ce dessin, sauras-tu le retrouver ?

Résultat de ces afféteries, les occupants de l’immeuble se trouveront enfermés dans une sorte de boîte de conserve trouée, avec une vue minimale vers l’extérieur du bâtiment : claustrophobes s’abstenir ! Certes, il est bon de penser que les fonctionnaires départementaux seront incités à se pencher sur leur travail plutôt qu’à regarder par la fenêtre. Mais n’aurait-il pas été plus simple de construire l’immeuble là où il n’y avait de toute façon rien à voir ? Car le nouvel ensemble occupe un emplacement particulièrement enviable : il donne directement sur le square du Maquis de Saffré, avec en arrière plan le bassin Ceineray et le monument aux 50 otages. Cette perspective exceptionnelle sera délibérément occultée : quel gâchis !

Il n’y a pas que de l’inox en façade : il y a aussi trois arches de pierre. Celles de l’ancienne usine électrique de Nantes, qui s’élevait à cet emplacement, croit savoir Presse Océan. Le mur de la façade « été entièrement démonté et remonté pierre par pierre », assure Éric Cabanas, qui s’est sans doute laissé refiler ce bobard par les communicants du département. Car si un pan de mur de l’usine a bien été conservé -- et non démonté -- par derrière, les arches qui se dressent en façade du bâtiment sont un pur « à la manière de ». Pour tout dire, du toc !