21 septembre 2011

Pierre Orefice n’a pas une mémoire d’éléphant

Pierre Orefice, patron des Machines de l’île, cultive aujourd'hui un profil plus bas que lors de l’ouverture de son établissement. Mais la langue de bois transparaît encore dans un entretien publié par Guillaume Lecaplain sur le site Nantes-actu.

La fréquentation des Machines en juillet-août 2011 est en hausse par rapport à celle de 2010. Pierre Orefice s’en félicite légitimement. Il feint même l’étonnement : « On pensait qu’en 2010 on avait atteint le top des possibilités des Machines. »

Là, il en fait trop. La capacité des Machines est supérieure à 2.500 personnes par jour. Le « top des possibilités » est donc proche de 160.000 personnes sur les deux mois. Avec 103.500 visiteurs, les Machines n’en sont qu’aux deux tiers.

Et surtout, Pierre Orefice ne pouvait ignorer que le « top des possibilités » était supérieur au score de 2010, soit 96.000 visiteurs. Tout simplement parce que les Machines ont enregistré plus de 110.000 visiteurs en juillet-août 2007 ! Encore un cas d’anosognosie ?

20 septembre 2011

De l’Audencia, encore de l’Audencia, toujours de l’Audencia

Audencia figure en bonne position, au 21e rang, dans le classement 2011 des masters en management européens publié hier par le Financial Times. Mais attention : en 2010, la grande école de gestion nantaise était 18e. En 2009, 13e. Il faut redresser la barre !
Il y aurait bien une solution. Parmi les principaux critères du Financial Times figure l’internationalisation des écoles. Pour une raison mystérieuse, un professeur italien est censé être plus savant en Suisse qu’en Italie, un étudiant belge plus studieux en Hollande qu’en Belgique. Chez Audencia, la proportion d’enseignants étrangers est dans la moyenne ; en revanche, la proportion d’étudiants étrangers est vraiment faible.

Que la Bretagne, la Bretagne intégrale, bien sûr, avec ses cinq départements, déclare son indépendance, et Audencia comptera ipso facto une proportion énorme de professeurs et d’étudiants étrangers venus de France. De quoi gagner d’un coup plusieurs places au classement, peut-être même entrer dans le Top Ten

Après tout, pourquoi pas ? Chez le numéro un du classement, l’Université de Saint-Gallen, 66 % des enseignants et 71 % des étudiants sont étrangers, et la Suisse n’est ni beaucoup plus grande, ni beaucoup plus peuplée que la Bretagne.

18 septembre 2011

Glandeurs sans temple

Nantes n'a plus de temple de la Glande ! Un internaute nantais s'est dévoué voici quelques jours pour nettoyer l'article "Nantes" de la version anglaise de Wikipedia.

Il a du même coup supprimé la photo de la mosquée des Turcs, jugeant sans doute qu'elle n'était pas assez représentative de la ville. Quoique.

Il a pourtant laissé subsister une photo pas davantage représentative : celle du trois-mats goélette Marité en escale au quai de la Fosse en 2004. Lancé et exploité à Fécamp, cet ancien terre-neuvier est aujourd'hui immatriculé à Rouen et fait l'objet de réparations lourdes à Cherbourg et Granville.

29 août 2011

À Nantes, la justice est lente

Cela fait huit mois aujourd’hui que plusieurs baies vitrées du palais de justice ont été brisées. Le coupable n’a toujours pas été attrapé. Et les baies n’ont toujours pas été réparées. Toute une saison touristique sous contreplaqué, cela fait plutôt mauvais genre pour un édifice que les guides officiels présentent comme l’un des bâtiments notables de Nantes.


25 août 2011

Un autre culte nantais

Selon TF1, on l’a dit hier, Nantes compte deux cathédrales. L’édition en anglais de Wikipedia n’en voit qu’une mais, entre la liste des églises et celle des mosquées, elle attribue à Nantes un lieu de culte étrange : le Temple de la glande.


24 août 2011

Nantes et ses deux cathédrales vues par TF1.fr

Le site web de TF1 ne parle pas seulement de télévision. On y trouve un peu de tout, et parfois de n’importe quoi. Dont une présentation touristique de Nantes. Elle s’ouvre sur un conseil judicieux à défaut d’être spécifique : « Lorsque vous faites un voyage à Nantes, la capitale du Loire-Atlantique, essayez de découvrir le plus que vous pouvez de cette ville. »

L’auteur de la notice en a même découvert un peu plus qu’il ne pouvait. Voici selon lui les attractions touristiques principales de « la capitale du Loire-Atlantique » :
  • L’île de Nantes : une ancienne friche navale a été transformée dans un grand projet urbanistique. (…).
  • Le château des ducs de Bretagne : l’emblème de la ville qui est le palais du 15ème siècle (…).
  • Le Musée des Beaux-Arts qui dispose d’une vaste collection des peintures.
  • Le Musée Jules Verne (…).
  • La Cathédrale Saint-Pierre et celle de Saint-Paul qui font partie du patrimoine national de la France.
La mairie de Nantes a longtemps cru que la cathédrale de Nantes avait une flèche. TF1 croit que Nantes a deux cathédrales : le voyage à Nantes réserve décidément bien des surprises. Cela dit, la recherche de notre cathédrale bis fera toujours passer le temps au visiteur qui n’aura pu voir la « vaste collection des peintures » du musée des Beaux-arts : celui-ci ferme dans un mois et rouvrira au mieux fin 2013.

23 août 2011

Des statues belles et rebelles

Certains lecteurs reprochent à La Méforme d’une ville de multiplier les critiques. Mais telle est sa vocation, et d’une. Et il n’y aurait pas de critique s’il n’y avait pas matière à critiquer, et de deux. Mesdames et Messieurs les mécontents sont priés d’adresser plutôt leurs reproches à la Ville de Nantes.

Cela ne signifie pas que tout soit toujours critiquable dans les actes de celle-ci. Tiens, pour montrer qu’on sait apprécier à l’occasion, saluons la belle rénovation récente des quatre statues qui balisent les cours Saint-Pierre et Saint-André – et qui en avaient bien besoin.

C’est d’autant plus louable de la part de la municipalité Ayrault que les quatre personnages sont pour elle des opposants notoires : Anne de Bretagne, Arthur III, Bertrand du Guesclin, Olivier de Clisson, tous rappellent que Nantes est une ville bretonne.

Maintenant, comme on ne peut pas s’empêcher de critiquer quand même, il serait bon de montrer le même souci du patrimoine envers l’hôtel Anne de Bretagne, s’il n’a pas déjà atteint le point de non retour…



17 août 2011

Le fantôme de Sainte-Croix est de retour

Les fantômes ont la vie dure. On avait signalé l'an dernier que celui de l'église Sainte-Croix avait disparu. Mais on n'éradique pas si aisément un spectre. Le voilà revenu, un cran plus haut, avec une auréole en plus.

15 août 2011

Nantes bretonne : le casse-pied marin

Le souffle atlantique, « c’est le nouveau slogan de l’office de tourisme de Nantes métropole », indique Presse Océan dans sa rubrique « Indiscrétions » de samedi dernier. Indiscrétion pour indiscrétion, « le souffle atlantique » ne date pas d’hier.

Il ne manque pas d’agacer ceux qui voudraient nous convaincre que les Pays de la Loire sont une réalité. Hélas pour eux, les faits sont têtus : Nantes est et reste plus atlantique que ligérienne. C’est mondialement officiel. Selon FranceGuide, « Official website of the French Government Tourist Office », Le Voyage à Nantes obéit à la general description suivante : « Nantes, le souffle Atlantique ».

Pour une ville qui se voudrait culturelle, c’est un beau slogan. Il renvoie au vers de José-Maria de Heredia :

Que le souffle atlantique emplisse tes poumons

Mais catastrophe ! ce vers provient d’un sonnet intitulé « Bretagne ». Oui, les faits sont têtus, et les Bretons aussi.

11 août 2011

Le voyage à Nantes au départ de Chantenay passera-t-il par les antipodes ?

C'est une histoire de ponts. Un mystère bien gardé qui plane sur Nantes depuis des années. De temps en temps, un expert imprudent montre le bout de l'oreille, tel Marcel Smets, le 16 juillet 2010, dans Ouest France, à l'occasion d'un entretien avec Philippe Gambert. À une question rituelle sur la création de nouveaux ponts, le nouvel urbaniste-conseil de l’île de Nantes avait apporté une réponse inattendue : « dans le temps, la question d'un pont à l'ouest qui permettrait de relier la gare à Chantenay en passant par l'île se posera ».

« Tôt ou tard, il faudra l’étudier », insistait-il. « Soit passer à travers l’île avec toutes ses conséquences. Soit créer une nouvelle voie au nord de la ville qui pourrait aussi desservir l’aéroport. » Deux hypothèses abracadabrantes, à première vue.

Deux ponts pour relier deux gares situées sur la même rive (en rouge ci-dessous) La gare de Nantes et celle de Chantenay, pour qui l’aurait oublié, sont situées sur la même rive de la Loire. Il existe bien un pont ferroviaire, le pont Résal, entre la rive droite et l’île de Nantes ; on peut le rejoindre depuis la gare de Nantes en partant d’abord vers l’Est pour aller à l’Ouest… Mais à l’autre bout, que pouic ! Les voies se terminent en cul-de-sac à la gare de l’État. Pour aller jusqu’à Chantenay, il faudrait les prolonger par un nouveau pont retraversant la Loire. Il devrait passer entre le Hangar à bananes et le site des chantiers, coupant droit au milieu des anneaux de Buren. Aïe !

Contourner les trois quarts de l’agglomération (en bleu ci-dessous) La deuxième solution évoquée paraît encore plus invraisemblable : pour aller du centre-ville à Chantenay, on contournerait les trois quarts de l’agglomération par l’Est et le Nord – en empruntant, peut-on supposer, le pont ferroviaire de la Jonelière, en grands travaux, puis une voie qui reste à tailler dans le milieu urbain. De quoi multiplier la distance à parcourir et le temps de trajet par trois ou quatre -- et par dix ou douze si le trajet passe par Notre-Dame-des-Landes, comme M. Smets l'envisage. Aïe !

Les propos de Marcel Smets ne peuvent être pris à la légère, compte tenu de ses responsabilités. L'homme n'est sûrement pas un fantaisiste. Alors, pourquoi ces deux solutions apparemment absurdes, chères et brutales pour l’environnement ? Et pourquoi une question aussi importante ainsi mise quasi officiellement sur la place publique n'est-elle pas ouvertement débattue ? On y reviendra.